Nine Inch Nails Archives - Le Canal Auditif

Les EP à LP du mois de juillet 2017

Holy Fuck – Bird Brains

On est rarement déçu lorsqu’Holy Fuck lance un album. Et la règle se poursuit pour les EP. Voici que la formation canadienne nous catapulte Bird Brains, une collection de quatre chansons qui mettent de l’avant leur électro aux tendances violentes. Le groupe a enregistré le tout live en studio et c’est cette énergie brute qui se fait sentir sur les quatre titres. Que ce soit la pièce-titre ou la quasi dansante New Dang, c’est réussi pour le groupe.


 
 

DJ Shadow – The Mountain Has Fallen

Le vétéran des tables tournantes DJ Shadow a fait paraître The Mountain Will Fall en 2015. Voici qu’il rapplique avec un EP de quatre chansons sur lesquelles on retrouve des collaborations de Danny Brown et Nas! Ce dernier offre une savoureuse Systematic, qui nous rappelle à quel point il est efficace avec les mots et habile à peindre des toiles limpides. Danny Brown de son côté livre une performance de niveau sur Horror Show, une pièce noire et inquiétante.


 
 

Zen Bamboo – Juvénile Vol.1

Le combo Zen Bamboo était déjà présent sur les planches depuis quelques mois. Le quatuor est composé de Simon Larose, Léo Lewhite, Xavier Touikan et Cao. Ils sont jeunes, ils sont fous (même que Simon s’est cassé la clavicule au lancement) et ils sont énergiques. Le rock porte des relents de Jean Leloup et des Colocs, mais avec pas mal plus de guitares dissonantes et plus de bruits. C’est pas mal plaisant pour les oreilles. Un groupe qu’il va falloir garder à l’œil et à l’oreille. En plus, ce n’est le premier qu’une suite de volumes qui formeront en fin de compte un album.

Nine Inch Nails – Add Violence

Ce nouvel EP de Nine Inch Nails, qui a fait paraître Not the Actual Events à la toute fin de 2016, prend une route passablement différente. C’est un peu plus doux et beaucoup plus mélodieux. On retrouve Trent Reznor et sa bande dans un trip post-Downward Spiral sans le côté expérimental qui avait tendance à nous perdre. C’est aussi beaucoup plus conventionnel dans la construction de chanson. Honnêtement, c’est du Nine Inch Nails facile à écouter et totalement satisfaisant. Ce ne sont pas leurs meilleures chansons en carrière, mais ça fait la job.


 
 

Martel Solo – Salade Mentale

J’avais manqué de temps et de place pour parler de ce délicieux EP en mai passé. Martel Solo fait paraître un quatre-titres qui a de la gueule. Entre l’électro-pop noir de Les ouananiches et la légèreté de Le monde est fucké icitte, on retrouve un Martel Solo en pleine possession de ses moyens. C’est toujours très mélodieux et souvent très bizarre. On aime, c’est une bébitte unique et intéressante que Martel Solo.
 
 
 

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Les 50 meilleurs albums de 2017… à date…

Voici donc ce moment si plaisant de l’année où on vous fait un inventaire des sorties remarquées. Parmi celles-ci, on retrouve que des albums ayant obtenu la note de 8 ou plus. Rien de moins! On vous offre la crème de la crème sur un plateau. Pour vous faciliter la tâche, nous avons regroupé les albums par genre tout en faisant une catégorie spéciale pour nos bons produits locaux, qu’ils soient anglophones ou francophones. Bonne écoute.
 
 

From Québec with love

Peter Peter – Noir éden
Colin Stetson – All This I Do For Glory
Philippe B – La grande nuit vidéo
Kid Koala – Music To Draw To : Satellite
Tim Darcy – Saturday Night
Leif Vollebekk – Twin Solitudes
Mat Vezio – Avant la mort des fleurs cueillies
Samuele – Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent
TOPS – Sugar at the Gate

Hip-Hop / R&B

Run The Jewels – Run The Jewels 3
Loyle Carner – Yesterday’s Gone
Sampha – Process
Thundercat – Drunk
Kendrick Lamar – Damn.
Vince Staples – The Big Fish Theory
Lomepal – Flip
Ho99o9 – United States of Horror
Jay-Z – 4:44

Folk

Mount Eerie – A Crow Looked At Me
Fleet Foxes – Crack-Up

Rock

Nine Inch Nails – The Fragile : Deviations I
Polaroid3 – Rivers
Slowdive – Slowdive
Oxbow – Thin Black Duke
Flotation Toy Warning – The Machine That Made Us
The XX – I See You
Ty Segall – Ty Segall
Foxygen – Hang
The Sadies – Northern Passages
Dirty Projectors – Dirty Projectors
Vagabon – Infinite Worlds
Future Islands – The Far Field
Feist – Pleasure
King Gizzard & The Lizard Wizard – Flying Microtonal Banana

POP

Lorde – Melodrama

Punk/Hardcore

Meat Wave – The Incessant
Pissed Jeans – Why Love Now
USA Nails – Shame Spiral
Priests – Nothing Feels Natural

Métal / Post-Rock

Grails – Chalice Hymnal
Pallbearer – Heartless
King Woman – Created in the Image of Suffering

Électronique / expérimental

Clark – Death Peak
Arca – Arca
Xiu Xiu – Forget
Pharmakon – Contact
Tigran Hamasyan – An Ancien Observer
Jlin – Black Origami
Bonobo – Migrations
Com Truise – Iterations

Bonne deuxième moitiée (déjà entamée) de 2017 les mélomanes!

Les EP à LP de janvier 2017

Dear Criminals – Nelly

Le film Nelly, basé sur la vie de l’écrivaine-trouble Nelly Arcand d’Anne Emond, ne reçoit peut-être pas que des fleurs, mais la musique composée par Dear Criminals se débrouille très bien. On retrouve sur cet EP des compositions originales, mais aussi une adaptation de Le temps des fleurs chanté à l’époque par Dalida. Vous y trouverez aussi une version assez intense d’In The Pines, chanson composée par Lead Belly et popularisée Nirvana. La chanson-titre de l’EP se développe toute en douceur et beauté. Dear Criminals sait créer de chansons fragiles et émotionnelles, ce qu’ils font encore une fois avec brio.


 
 

Nine Inch Nails – Not the Actual Events

En fin décembre, Nine Inch Nails a fait paraître un nouvel EP intitulé Not the Actual Events. C’est sans aucun doute les compositions les plus agressives et punchées que Reznor ait fabriquées depuis The Downward Spiral. Branches/Bones est saturée d’une distorsion bruyante et The Idea of You est lourde à souhait. Burning Bright (Field on Fire) est pour sa part bruyante comme pas une alors que Dear Gone emprunte une approche plus froide et électronique. Des titres bien intéressants de la part de Nine Inch Nails.


 
 

Ariel Pink & Weyes Blood – Myths 002

L’idée même d’Ariel Pink et Weyes Blood qui collaborent est avant même de l’écouter séduisante à souhait. On peut confirmer que c’est tout aussi convaincant lorsqu’on l’écoute. La paire s’est retrouvée dans le désert pour une résidence de création en mars dernier et le résultat est les quatre titres convaincants qu’on retrouve sur Myths 002. De la surprenante Tears on Fire à la mélodieuse et un peu troublante Daddy Please Give a Little Time to Me, on est très loin de compositions radiophoniques… mettons.


 
 

K8A – Unfolding

Paru en début janvier, le premier EP de Katarina A., alias K8A, est une belle surprise. La jeune femme possède une voix soul chaude et ronde et Unfolding nous envoie des grooves convaincants par la tête. On sent les influences de Thundercat et Flying Lotus à travers des chansons délicieuses comme Astro. Sur la galette, joue entre autres Nicolas Gaudreault (Eliza) et Jay Essiambre qui est en train de se faire un nom en tant que réalisateur à Montréal. Par bout, ça s’approche un peu plus de ce qu’Alicia Keys fait, sur 8-100, entre autres.


 
 

Maison Brume – La saison d’être, Partie I : Carnet d’hiver

Maison Brume avait fait paraître La vie sabbatique en août 2013, puis avait participé aux Francouvertes en 2014. Trois ans plus tard, Florian Seraul réapparaît avec son projet de folk à tendance cinématographique. On remarque immédiatement la maturité et l’assurance que le jeune homme a prise dans ses compositions. C’est toujours aussi fragile, mais il s’affirme avec verve et mélodie sur l’accrocheuse Coeurs Obliques. L’éclaircie nous offre de beaux moments musicaux et la voix douce et touchante de Seraul se couche sur la mélodie à la perfection. Notons que Simon P. Castonguay (Tambour) a coarrangé l’EP.

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Critique : Nine Inch Nails – The Fragile : Deviations 1

Septembre 1999. Après 5 ans d’attente, Trent Reznor lance le troisième album de son projet principal, Nine Inch Nails. C’est un album double étouffant et très peu accessible qui laisse les critiques de l’époque perplexes. Je me souviendrai toujours de la critique de Claude Rajotte qui l’avait descendu en flammes à l’époque, lui préférant de loin le travail de Marilyn Manson sur Mechanical Animals.

Le temps a passé et The Fragile est devenu un classique culte parmi les fans de NIN. Certains vont même jusqu’à le considérer comme étant supérieur à The Downward Spiral. Je ne vous cacherai pas que je suis le premier à faire partie de ceux-là. Pour moi, ce disque-fleuve est le seul album double de l’histoire du rock irréprochable. Enfin presque. J’ai toujours eu de la difficulté à aimer Starfuckers Inc., simple ajouté à la dernière minute sur l’album par peur de l’échec commercial qui détonne beaucoup trop avec l’ensemble. Pour faire court, j’ai passé les 17 dernières années à le faire tourner régulièrement. Je connais les moindres racoins de l’édifice et je pourrais réciter toutes les paroles de l’album sans même l’entendre.

Décembre 2016 : Reznor annonce la sortie d’un nouvel EP et la réédition intégrale de sa discographie en vinyle. La cerise sur le sundae : on sait désormais que la version retravaillée de The Fragile mentionnée maintes fois en entrevue s’intitule The Fragile : Deviations 1 et qu’elle sera remplie de titres inédits, en plus d’être totalement instrumentale et uniquement offert en album vinyle quadruple, pour un total de plus de 2 heures et demie.

Shut up and take my money.

Avec ce Deviations 1, on se retrouve devant une œuvre encore plus dense, éditée et modifiée par Reznor et Atticus Ross, partenaire créatif de longue date et nouveau membre en règle de NIN. Certaines modifications subtiles ont été ajoutées par-ci par-là à certaines pièces alors que d’autres sont des prises alternatives des versions originales. Le vrai fun ici, par contre, c’est de découvrir les 12 titres inédits qui ajoutent assez de valeur à l’œuvre originale pour que l’on considère cette nouvelle version au-delà d’une simple réédition. Le choix d’écarter complètement les voix de l’œuvre est également très intéressant et permet à l’auditeur de (re) découvrir toutes les subtilités du travail de Trent Reznor, Alan Moulder, Adrian Belew et les autres, même si l’on a parfois l’impression d’être dans un karaoké.

Pour le fan de longue date, Deviations 1 fera l’effet de lire le roman original, enfin, après avoir vu le film plus de 500 fois. Pour les autres, ce ne sera peut-être pas la porte d’entrée la plus facile pour s’initier à l’univers de NIN. Cela dit, pour les connaisseurs, c’est très difficile de ne pas se mettre à hurler «The clouds will part and the sky cracks open and god himself will reach his fucking arm through just to push you down, just to hold you down» pendant The Wretched. J’aurais vraiment aimé ne pas connaître l’original avant de faire l’écoute de cette version, ne serait-ce que pour découvrir les paroles après les avoir préalablement inventés dans ma tête, dans le char, de Montréal à Québec, pendant deux heures et demie, à répétition.

MA NOTE: 8,5/10

Nine Inch Nails
The Fragile: Deviations 1
Null Corporation
154 Minutes

www.nin.com