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Coup de Coeur Francophone 2017 : la programmation complète

Ça s’en vient déjà. Dès le 2 novembre prochain, ce sera reparti pour 11 jours de plaisir auditif au Coup de Cœur Francophone. Nous connaissons maintenant la programmation complète, en voici quelques éléments dignes de mention!

Tout frais, tout show

Il y aura plusieurs lancements dans le cadre de CCF cette année, dont le plus attendu, celui de Philippe Brach le 6 novembre au Club Soda. Mais ce n’est pas tout. La Bronze, Loud, La Famille Ouellet, Tendre, Étienne Fletcher, Mara Tremblay, Coco Terreur et Totem Tabou lanceront aussi des albums dans le cadre du festival. Disons que ça ne manque pas de nouveauté pour le mélomane qui ne veut rien manquer de neuf. Ça nous rappelle qu’il reste encore beaucoup d’albums à paraître d’ici la fin de 2017!

Des grosses pointures

L’an dernier, il y était avec Les Goules, cette année, Keith Kouna est de retour en solo. Il présentera la soirée d’ouverture en compagnie de Mon Doux Saigneur le 2 novembre au Club Soda. Canailles prendra la scène pour présenter un spectacle assurément festif alors que Les Dales Hawerchuk vont livrer leur gros rock. Martin Léon va se faire aller le piano et on fêtera les 20 ans du Verre Bouteille le 5 novembre. Le 6 novembre, c’est l’événement De tout cœur avec Petite-Vallée qui sera à l’affiche. Damien Robitaille sera suivi de DJ Janime Jeanine le 8 novembre au Lion d’Or pendant que Daran sera au Club Soda. Le lendemain, ce sera Julien Sagot au Lion d’Or et les Sœurs Boulay au Club Soda. Eman et Vlooper auront une grosse soirée le 10 novembre en faisant la première partie de… Alaclair Ensemble.

De la relève de qualité

Anatole reprend du service le 2 novembre à l’Esco alors que Fuudge sera à Vinyle Chope et Bermudes au Quai des Brumes. Paupière sera accompagné de la formation française Juniore le 4 novembre au Lion D’Or. Double Date With Death s’est francisé le nom et jouera en compagnie de Victime plus tard en soirée. Medora présentera les chansons du réussi Ï alors que Laura Babin et Mélanie Venditti seront dans le même spectacle en compagnie de Mathias Bressan. Samuele et Julie Aubé seront à la Sala Rossa le 8 On compte aussi sur Tendre, Pure Carrière, Le Winston Band, MCC, Mathieu Bérubé, Chassepareil, Matiu, Nicolet, De la Reine, Marie-Claire, Mat Vezio, Louis-Philippe Gingras, Look Sacré, Zouz, Loïc April, La Fête, Martel Solo, Valery Vaughn et Miss Sassoeur et les Sassys.

La marge a de la place

Une soirée Frimat sera organisé et compte sur des artistes intéressants de l’Abitibi : Geneviève & Matthieu, Nanochrome et Carapace. Ce n’est pas tout, la direction de CCF a osé en programmant la talentueuse Xarah Dion avec Automelodi et Ellemetue. On pourra aussi voir Violett Pi reprendre sa chaise épeurante alors que Guillaume Mansour donnera un 5 @ 7 en jouant ses coups de cœur francophones. La soirée à ne pas manquer est celle du festival de la musique énervante en compagnie de Navet Confit, Crabe, Le monde dans le feu et Cou coupé mais qui joue OH MISÈRE en même temps que PONI et Dany Placard. La délicieuse française Halo Maud sera en terre québécoise pour un spectacle avec Corridor. Les fans de country pas convenu seront servis avec Menoncle Jason et Sarah Dufour le 10 novembre alors qu’IDALG fermera le tout en beauté le 12 novembre.

Bref, ce sera une grosse édition pour CCF.

POP Montréal 2017 : Soirée du 14 septembre #3

Ambiance de marché aux puces pour le lancement de Nicolet

C’est dans un White Wall Studio assez rempli et humide (de chaleur!) que la formation montréalaise Nicolet lançait le très bon Hochelaga. Devant un public assez attentif, le groupe, mené par Étienne Hamel, a fait défiler les chansons de sa plus récente galette de manière efficace, malgré une durée de performance assez limitée. Selon une ambiance de marché aux puces, le ton de l’évènement était plutôt bien donné. Les garçons ont joué devant un grillage en bois type « clôture de jardin », accompagné de petites guirlandes de lumières. Assez créatif comme décor. Accompagné de ses fidèles acolytes, Hamel a livré une performance éclatée en lançant quelques blagues spontanées par-ci, par-là. Le tout a su faire tenir l’auditoire en haleine. À vrai dire, on sentait beaucoup de fébrilité en l’air pour ces jeunes gens. L’opus Hochelaga s’est mérité plusieurs mentions favorables de la part des critiques, et avec raison. Sur scène, les chansons sont pertinentes, plutôt bien exécutées et rafraichissantes. Les élans instrumentaux sont poignants et passionnés. Pas des farces, ça donnait le goût de se vêtir de chemises fleuries et de se balancer de tout bord, tout côté. Honnêtement, le talent est bien là. On leur souhaite que du bon pour la suite.

Se confesser avec Vagabon

Direction vers l’Église St.John The Evangelist pour y croiser l’Américaine Vagabon (de son vrai nom Laetitia Tamko) et ses deux musiciens. Quelque temps après la parution de son album Infinite Worlds, la chanteuse revient en sol montréalais pour présenter ses plus belles chansons rock dans un décor… qui, ma foi, était bien catholique pour l’occasion. Même si, à quelques reprises, Tamko s’est montrée un peu timide, elle a tout de même bien livré la marchandise. Pendant le titre Cold Apartment, les murs vibrent fort. Le plancher craque. La caisse claire donne le tempo. Les éclairages changent d’intensité au fur et à mesure. Le rythme est là. Quant à Alive and A Well, la sensibilité de l’Américaine atteint son apogée. Seul derrière sa guitare, Tamko chante cette magnifique ballade avec un timbre touchant. Difficile de ne pas verser quelques larmes au fil des paroles. Plus tard, le groupe joue sur différentes émotions, différentes tonalités : la joie/la colère, le fort/doux. Minneapolis dégage une énorme intensité derrière ses motifs de guitare rugueux et parfois distordus. The Embers reste pleine de douceur et monte tout en intensité par la suite. Le tout pour capter l’attention de l’auditoire. Ça a très bien fonctionné. Aucun parasite sonore ne s’est fait entendre. Le silence se faisait des plus complets. Pas de discussion de chasse et pêche… ou de série télévisée… ou de journée de travail. Eu-re-ka. Tamko a compris comment gagner son public. En étant extrêmement naturelle et sympathique. Confesser avec Vagabon? Plutôt se confier. Elle était là pour panser tous les tracas de chacun d’entre nous. Il fallait tout simplement se concentrer sur sa musique. Du début, jusqu’à la fin.

Réchauffer la salle avec Nnamdi Ogbonnaya

Originaire de Chicago, c’est Nnamidi Ogbonnaya qui a ouvert pour Vagabon avec son jazz/hip hop instrumental très particulier retrouvé sur sa plus récente offrande DROOL, paru en mars dernier. Quel était le mot d’ordre? Festif. L’Américain s’est montré bien dynamique dans l’église en interprétant plusieurs titres qui donnaient la bougeotte. Pas question d’être assis sur son banc d’église du début jusqu’à la fin de la prestation. Véritable bête de scène, le meneur de jeu incitait le public à participer au concert en bougeant sur des rythmes dansants. Seul petit point, le jeu des lumières était peut-être un peu abusif… Les yeux pouvaient se retrouver rapidement agressés. Simple petit bémol parce que sinon, côté musique, tous les éléments étaient là pour assurer une bonne première partie. Pétillant, vous dites? Oui. Une autre belle découverte du label Father/Daughter Records.

La playlist à Boubi de septembre 2017

Salut!

Pour la playlist du mois de septembre, vous trouverez Matthew Dear, Yumi Zouma, Alex Cameron, Wolf Parade, Men I Trust, Destroyer, Milk & Bone, Hundred Waters et pleins d’autres. Notez que vous trouverez en plus les nouveaux morceaux de St. Vincent, Nicolet, Amélie Mandeville, Jason Bajada et Frank Ocean (et bien plus!) sur la version Spotify de la playlist !

Bonne écoute !

 

Critique : Nicolet – Hochelaga

Nicolet mettait vendredi en liberté son deuxième album, Hochelaga, trois ans après Le Quatrième. Le montréalais a un style assez particulier, zigzagant constamment à mi-chemin entre le rétro et l’actuel. Ça donne parfois l’impression qu’il est de l’avant-garde du temps de The Smiths. Comme un groupe qui serait la plupart du temps dans le style de ses contemporains, à l’exception de la production futuriste de certains passages. Autant certains sons de synthèse et certaines compositions semblent très nostalgiques, autant certains passages et certaines sonorités sont foncièrement actuels.

Cet arrangement hétéroclite entre le vintage et le nouveau n’est cependant pas sans me laisser perplexe par moments. J’ai tendance à penser qu’il aurait avantage à assumer un côté où l’autre. En considérant que personne n’apprécie les différentes esthétiques de la même façon, le frottement perpétuel des deux côtés ne se fait pas sans égratignures par-ci par-là. Un exemple assez représentatif de l’œuvre serait La Mystification, une pièce très différente lorsqu’on la considère d’une façon ou de l’autre. D’un point de vue rétro, c’est une pièce pop fort intéressante, non sans rappeler la fin des années psychédéliques, avec une forme assez simple, un refrain, etc. Mais justement, le refrain est à la fois le point fort de la pièce et son tendon d’Achille. Il se distingue beaucoup du reste de la pièce par son esthétique plus actuelle — avec des harmonies vocales complexes et une texture plus réverbérée — et quand on regarde la pièce du point de vue du refrain, mieux produit et plus actuel, le reste de l’œuvre semble soudain moins intéressant. Ses synthés sonnent le déjà-vu et son rythme est un tantinet générique. Quand on goûte à des sonorités plus travaillées et plus intéressantes, on a plus le goût de revenir à de vieux sons déjà surutilisés. D’adhérer de manière plus intègre à une esthétique dominante serait une bonne manière de minimiser ce type d’incohérences. Ce n’est probablement pas impossible de faire cohabiter les deux esthétiques, mais c’est certainement risqué. Je ne dis pas que l’esthétique rétro est à éviter, mais bien qu’elle doit être maîtrisée davantage avant de pouvoir se l’approprier artistiquement sans accrocs.

Néanmoins, la composition est à la hauteur de son dernier album, parsemé de progressions intéressantes et de belles mélodies accrocheuses. La production est aussi beaucoup mieux exécutée que dans Le Quatrième, qui était fait maison. Ce dernier était aussi près de deux fois plus court qu’Hochelaga, qui est néanmoins sans longueurs et intéressant du début à la fin. Les sons rétro ainsi que le phrasé du chanteur sont efficaces en soi et bien dans le style quand il y a lieu. À l’opposé, les parties de la production et de la composition qui se veulent plus actuelles le sont tout aussi efficacement. On a dans l’album tout ce qu’on pourrait espérer d’un album de pop : des formes et des rythmes simples et efficaces, une variété bien modérée de styles, quelques vers d’oreilles assez tenaces, des paroles claires et au moins une fois le mot « Doppleganger » mentionné (prérequis intrinsèque en tout album réussi). On passe de Ratio, une pièce rock bien entraînante, à Tempérance, pièce plus calme qui tend plus vers la chanson ou la ballade. On termine avec Il tombe toute la nuit une neige étincelante sur Hochelaga-Maisonneuve, solo-épilogue bien hivernal à la guitare, et ce sans perdre de vue une seconde le fil conducteur flexible qui relie le tout ensemble.

Somme toute, l’album est assez bien réussi. Malgré que la clutch manque parfois d’huile dans les changements de vitesse stylistiques, ça ne brise pas vraiment la fluidité de l’album. Des 43 minutes qui composent l’album, aucune n’est redondante, aucune n’est ennuyante. C’est un bel album avec une belle balance de déhanchement et de hanchement (le contraire de déhanchement). Il ne lui reste plus qu’à définir s’il veut continuer d’explorer le passé ou converger vers l’avenir. Quant à moi, le plus dur sera de choisir, parce qu’il est déjà capable de faire les deux — individuellement.

Ma note: 7,5/10

Nicolet
Hochelaga
Chivi Chivi
43 minutes

https://nicoletmusique.bandcamp.com

Les 10 albums à surveiller en août 2017

Dead Cross – Dead Cross (4 août)

Dead Cross est un nouveau groupe de punk hardcore à apparaître sur la scène californienne. La formation est composée de membres qui ont tous fait leurs preuves auparavant : Mike Patton (Faith No More et Fantômas), Mike Crain (Retox), Justin Pearson (Retox et Head Wound City) et Dave Lombardo (ex-Slayer et Fantômas). Patton est toujours aussi excentrique et ses maniérismes vocaux collent à merveille à la musique brutale du groupe.


 
 

Oneohtrix Point Never – Good Times OST (11 août)

Le musicien Danien Lopatin lancera à la mi-août la trame sonore du film Good Times, un drame judiciaire réalisé par Ben et Josh Safdie et qui a été sélectionné pour la compétition officielle de la Palme d’Or à Cannes. D’ailleurs, Oneohtrix Point Never a remporté le prix de la meilleure trame sonore de film pour celui-ci lors du festival. En attendant le reste de l’album, vous pouvez vous remplir les oreilles de la touchante et émouvante The Pure and the Damned sur laquelle chante Iggy Pop.


 
 

Photay – Onism (11 août)

Photay est le nom de scène d’Evan Shornstein. Ce jeune compositeur de musique avait fait tout un tabac avec son premier EP en 2014. Voici qu’il lancera un premier album en bonne et due forme, le 11 août prochain. Si l’on se fie aux simples parus à ce jour, le jeune homme réussi toujours à naviguer dans les eaux de l’électronique d’avant-garde tout en y insérant un minimum de mélodie. C’est très convaincant.


 
 

Cloakroom – Time Well (18 août)

Cloakroom est un groupe à la mélancolie pesante qui avait fait paraître le très appréciable Further Out en 2015. Voici qu’ils reviennent avec Time Well qui semble se poursuivre dans la même veine de tristesse distorsionnée. Seedless Star exulte ce son qui se se rapproche des chansons plus douces de Deftones et celles des groupes emo des années 90 comme Sunny Day Real Estate et Pedro The Lion.


 
 

Grizzly Bear – Painted Ruins (18 août)

Le groupe américain Grizzly Bear s’apprête à lancer son 5e album, Painted Ruins, en août. Ceux qui avaient très bien fait sur Shields sauront-ils offrir un autre album d’aussi grande qualité? Quatre simples sont apparus sur le net dans les deux derniers mois et à date, on peut dire que c’est très satisfaisant pour les tympans. Leurs mélodies vocales sont toujours aussi riches, leurs trames originales et leur son nuancés.


 
 

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