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Les 3 Étoiles: semaine 91

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NAVET CONFIT – TON VOYAGE

Le grand Navet Confit lance un autre vidéoclip hétéroclite, mais cette fois-ci, c’est pour la pièce Ton Voyage qui apparaissait sur LOL. Celle-ci se retrouvera aussi sur un nouvel EP qui paraîtra en mai sur lequel on retrouvera de nouvelles chansons et quelques versions alternatives. N’est-ce pas magnifique? Et puis, est-ce que c’était bien ton voyage?


 

LUH – BENEATH THE CONCRETE

En prévision de Spiritual Songs For Lovers To Sing qui paraîtra le 6 mai prochain, LUH nous livre Beneath The Concrete, une pièce qui prouve encore qu’ils sont capables de faire gros avec peu. Les premiers simples sont très intéressants et l’on commence à avoir de plus en plus hâte à la sortie de ce premier album d’un des ex-membres de WU LYF, Ellery Roberts en compagnie de sa complice Ebony Hoorn. C’est tout à fait colossal.


 

Champion – What A Life

Maxime Morin, alias Champion, arrive avec son nouvel album, Best Seller, le 6 mai prochain. Il partage What A Life pour nous mettre en appétit sur laquelle on retrouve deux choses que le québécois affectionne particulièrement: des guitares bien salopées et du soul en grande quantité. Ça donne d’autant plus envie d’entendre le reste de l’album.

Une entrevue avec Navet Confit

photo_nom762Navet Confit fait paraître son septième album et nous l’avons rencontré pour en parler. On en a profité en même temps pour jaser de la vie, de théâtre, de ce que représente aujourd’hui le monde musical.

LP: Comment ça s’est passé pour la composition de l’album? Est-ce que ce sont des pièces que tu avais accumulées avec le temps ou est-ce que tu t’es arrêté pour composer? Parce que Mannequin de magasin, ça fait un petit bout de temps que tu la joues en spectacle.

NC: Ouais, y’a des tounes qu’on avait déjà monté depuis un bout de temps. L’année passée, j’ai eu un été vraiment occupé et à l’automne je me suis réservé une semaine dans un chalet sans internet, sans téléphone pour préparer l’album et écrire les chansons. J’étais tout seul avec une basse, une guitare, un micro et mon «pro-tools». C’était vraiment minimal, mais j’ai quand même réussi à faire du punk avec ça. C’était un défi que je m’étais lancé, un genre d’exercice de style.

LP: Parce que c’était vraiment un choix que l’esthétique sonore plus crade? T’as toujours été bruyant, mais là, c’est le ton qui est punk.

NC: Oui, c’est particulièrement plus radical. Mon booker m’avait appelé pour un spectacle dans un festival ou j’étais dans une série découverte alors que ça fait dix ans que je la fais et ça m’a un peu découragé. C’est comme si je me rendais compte qu’il ne s’est rien passé depuis dix ans et que j’étais encore à la même place. C’est comme si on n’allait jamais être considéré comme «émergé» ou respecté pour le sérieux de notre démarche. C’est là que j’ai répondu à mon booker: c’est correct, je vais faire un show punk. C’est comme une joke devenue réalité. C’est souvent ça mes albums d’ailleurs… Mais j’avais quand même un peu de Mannequin de magasin, de Février (pas comme la chanson de Vincent Vallières) et ça s’est tout réuni sur l’album. Pis Carl-Éric avait des chansons qu’on a «grungisées» et Annie-Claude (Deschênes) avait un texte d’écrit. On a commencé par monter ça pour le spectacle punk et la transition pour l’enregistrer a été super simple à faire.

LP: Butterscotch Nuts, est-ce que c’est le début de ton virage à la Céline Dion?

NC: Non.

LP: T’es sûr que tu ne veux pas conquérir l’Amérique et avoir un show à Vegas?

NC: Arrête de niaiser cr****

LP: Ok. Crisse que t’es conne, ça vient d’où?

NC: C’est un monologue intérieur avec moi-même et puis je suis accompagné de la chorale féministe de Mansonville qui est composée de mes ami(e)s qui se sont fait niaiser aussi un moment donné. T’sais quand tu te fais niaiser pour vrai. Ce qui est le fun c’est que c’est quelque chose qu’on est habitué de se dire à soi-même tout bas, mais là c’est amplifié et crié tout haut.

LP: Ça rentre au poste.

NC: Ça a été un album demandant, mais pour ceux qui n’aiment pas ça, ça ne restera pas de même, c’est juste une phase. Par contre, c’est vraiment le fun pour la tournée le trip «noisy». C’est le fun de partir en power-trio, sur la route, pour faire du grunge. C’est le fun. On est des vieux amis, on se connaît, on a du fun. C’est léger. Mais là, je vais peut-être me mettre à triper jazz, ou je vais peut-être faire un album avec Les Sœurs Boulay. Full folk. J’aimerais ça faire des collaborations inusitées.

LP: Dans ma critique, je dis que je te trouve post-moderne dans tes textes.

NC: Ah oui, je ne savais pas que je l’étais. Mais ça veut dire quoi?

LP: C’est surtout que tu fais la réappropriation de symboles culturels pop comme Kevin Bacon, Vincent Vallières et que souvent c’est lié à un humour absurde. Je fais surtout référence à l’utilisation des symboles culturels que tu vires à l’envers, à l’absurde.

NC: C’est important sinon, j’aurais enregistré Février à la SOCAN pis ça aurait été super mêlant pour eux si je n’avais pas ajouté la parenthèse (pas comme la chanson de Vincent Vallières) pis les paroles ont un peu découlé de ça. Je ne cherchais pas tant que ça à «name-dropper» Vincent Vallières. Puis, là je me suis rendu compte qu’il y avait aussi une toune de Félix Leclerc, c’est pour ça que je précise dans le dernier paragraphe que c’est vraiment MA chanson. Ça vient souvent de jeu que je fais avec Géraldine ou encore tout seul dans ma tête. Ce qui est encore pire. Mais je ne tiens pas à ce que j’écris soit intemporel, j’aime mieux prendre ce qui m’entoure et l’utiliser. En même temps, plus ça va et j’essaie d’avoir le moins de mots possible. J’essaie de faire des grandes images avec très peu de mots.

LP: Et la radio commerciale?

NC: Oui?

LP: «Ça me donne envie de fumer du crystal dans mon vomi, de me tirer une balle entre les sourcils»?

NC: Mais ça, c’est réel. À chaque fois que je vais à l’épicerie et que la radio joue, ça me fait capoter. Je me demande souvent comment les caissières font pour ne pas devenir suicidaires. Je trouve que c’est une insulte à l’intelligence humaine, les chansons, surtout les publicités et le ton lobotomisé des présentateurs. C’est incompatible avec moi même si j’ai étudié en radio au Cégep de Jonquière. J’ai même travaillé momentanément à la radio commerciale, mais j’ai été incapable longtemps. Je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas une job plus loin de la musique que de travailler à la radio.

LP: Et puis, comment t’es-tu retrouvé au théâtre?

NC: Guillaume (Tremblay) m’a approché pour les Gerrys puis il y a eu Clotaire Rapaille. On se connaissait depuis le Cégep et on s’est retrouvé à Montréal. Sarah Berthiaume? Elle a tripé sur la musique de Géraldine et elle voulait travailler avec moi. Maintenant, j’ai même une compagnie de théâtre avec Guillaume et Olivier (Morin). Eille, c’est Kiss From A Rose qui joue? J’aimerais ça que tu parles de Seal dans ton entrevue.

LP: D’accord.

NC: Ah oui et je voulais dire que je suis vraiment fier de la pochette et que de mettre des faces de chats sur des êtres humains c’est fou. Quand j’ai vu la pochette pour la première fois quand elle est arrivée de l’imprimerie, j’étais excité comme une jeune fille après son premier baiser.

LP: Merci beaucoup Navet.

NC: Merci à toi.

http://navetconfit.com

Navet Confit – LOL

Navet ConfitJean-Philippe Fréchette, alias Navet Confit, lance son septième long jeu intitulé LOL. Non! Ce n’est pas la trame sonore de l’émission de télé, si cela peut vous rassurer. L’auteur-compositeur-interprète-faiseur-de-bande-sonore-de-tous-genres-comédien-touche-à-tout revient deux ans après le célébré LP6. Au moins, quelques personnes et/ou compagnies et/ou médias prennent encore le risque de promouvoir la diversité dans l’industrie de la musique au Québec en 2013 (ou «si je vends pas plus que 500 copies j’arrête de faire de la musique»).

Mais parlons de LOL musicalement. Navet a toujours apprécié le bruit et injecte régulièrement de la guitare rock dans ses compositions. Par le passé, on restait tout de même dans le registre pop champ gauche. Sur ce nouvel album, le jeune homme se jette dans un punk rock plus agressif. Butterscotch Nuts chanté en compagnie d’Annie-Claude Deschênes (Duchess Says, Pypy) est un bel exemple de la nouvelle tendance. C’est lourd, c’est bruyant, ça rock, mais la mélodie est toujours très présente. On peut en dire tout autant de Combien de cafés?

Le côté plus indie-rock qui flirte sans gêne avec la pop est toujours là. Ton voyage/Toi tu voulais de la pluie est un bon exemple ou encore la douce Février (pas comme la chanson de Vincent Vallières). Cette dernière est un bel exemple que Fréchette donne dans le post-modernisme. C’est plutôt rare en musique, mais les paroles du Montréalais mélangent les références tout en les réorganisant, une caractéristique du mouvement littéraire. Oui, Navet est pour les lettrés. Et c’est aussi bon pour les illettrés!

On a droit à certains petits bijoux sur LOL. Mannequin de magasin qui revient à trois reprises… exactement comme Pierre qui renie Jésus dans la Bible! On remarque aussi la lourde Crisse que t’es conne, la mélodieuse et dissonante JP in the sky with guépards ou encore la décapante La radio commerciale qui compte sur la phrase suivante: «La radio commerciale me donne envie de fumer du crystal dans mon vomi, de me crisser une balle entre les sourcils». J’ai comme l’impression que ça ne jouera pas à Radio NRJ

Vraiment, c’est mission accomplie pour Navet Confit avec ce nouvel album. Non seulement il se trempe les orteils dans le punk rock, mais en plus il nous offre des textes absurdes d’une qualité artistique supérieure. Il ose le bizarre, le différent et la marge sans forcer la note. Ça semble se faire tout naturellement. Ce qui revient à dire que le «dude» est champ gauche. Pis on l’aime comme ça.

Ma note: 8/10

Navet Confit
LOL
La Meute
47 minutes

http://navetconfit.com/

Les 3 Étoiles: semaine 64

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NAVET CONFIT – MANNEQUIN DE MAGASIN

Navet Confit fera paraître son prochain album, LOL, vendredi prochain. Ceux qui ont vu ses dernières performances reconnaîtront Mannequin de magasin qui faisait déjà partie de son spectacle. Ça vaut le détour simplement pour le vidéoclip hallucinant où vous aurez droit à: des chats en bobettes, Navet Confit avec des fleurs dans les cheveux, un tigre en peluche et des sous-marins sandwiches. C’est fou fou fou!


 

SIMON PARADIS – CORBEAU

Simon Paradis est un visage bien connu de la scène de la Capitale nationale. Celui-ci fait partie du groupe Anatole et a déjà lancé un premier album en anglais intitulé Chasing Birds. Voici que l’homme revient avec L’issue du soir qui paraîtra le 25 septembre prochain. Son folk sombre et mélodieux comporte une bonne dose de piano, de chœurs et d’air accrocheur.


 

SOLDIERS OF FORTUNE – NAILS

T’avais besoin d’une bonne dose de rock? On a pensé à toi avec Soldiers Of Fortune. La formation regroupe en son sein Kid Millions (Oneida), Barry London (Oneida), Matt Sweeney (Zwan), Jesper Eklow (Endless Boogie), Brad Truax (Interpol) et Mike Bones (Oneida). Le premier simple est tellement percutant que tu risques d’en perdre une dent. Pas de farces. Si tu tripes comme nous, t’auras hâte au 6 novembre prochain pour la parution de leur album Early Risers.