Nadia Essadiqi Archives - Le Canal Auditif

Critique : La Bronze – Les corps infinis

La Bronze, c’est le projet musical de Nadia Essadiqi, musicienne, parolière et actrice. Les corps infinis est une ode à la pop, un disque abouti après un premier album homonyme en 2014 et l’EP Rois de nous en 2016.

L’album démarre en force avec Canicule, une pièce mi-dansante mi-trouble. La mélodie s’accroche au corps et la structure classique couplet+refrain colle aux tympans.

C’est l’été dans les veines
L’hiver dans la canicule
Les baisers sur la peine
Il nous serre fort le crépuscule
Canicule

Un tube pop à la Nevsky, avec une finale de « ouhouhohoh ».

Suit On danse par en dedans, le premier extrait paru avec un clip chorégraphié par Dave St-Pierre. Les paroles dissèquent une relation tortueuse.

Tu m’as aimé
Dans un bain de sang puis
Tu voulais me sombrer avec toi
Mais je dansais
Avec Dieu déjà
On danse par en dedans

Dans la pièce titre, Les corps infinis, on a (encore) un refrain accrocheur qui revient en boucle. La force mélodique permet de s’accommoder de la faiblesse générale des textes, de leurs images un peu trop faciles :

Les corps Infinis
Se déposent dans la nuit
Ils éclatent
En bouquets de gâteaux
Ils éclatent
En banquets de faisceaux
Les corps infinis

À certains moments, la voix d’Essadiqi rappelle celle d’Amylie, en plus mature. Il faut avouer que La Bronze ne chante pas toujours tout à fait juste, qu’elle a une portée limitée, mais que l’artiste en semble consciente et joue dans sa zone de confort.

Musicalement, La Bronze cosigne plusieurs arrangements avec Francis Brisebois et Clément Leduc, mais en majorité, la musique, c’est elle. Mathieu Pelgag a composé les arrangements de cor français (décidément, cet instrument a la côte dans la musique québécoise ces dernières années!) sur trois pièces sur l’album (Vertige, Walt Disney et Promis juré), et franchement, c’est réussi. L’instrument ajoute cette touche de grandiose qu’un synthétiseur ne parvient pas — à moins de s’appeler Woodkid — à insuffler.

À mi-parcours de l’album, une pièce en arabe intitulée Khlakit fkelbek (Je suis née dans ton cœur), fait honneur aux origines marocaines des parents de La Bronze. La première partie est un chant de célébration partagé avec sa mère, qui se termine par des traditionnels youyou, puis la deuxième partie semble enregistrer de façon amateur, au bord d’un feu. Si l’on aurait aimé un son plus cohérent avec le reste de la qualité de l’album, l’authenticité du moment se transmet bien et permet de découvrir une La Bronze plus posée. On l’entend d’ailleurs lancer « Hey excusez, j’avais le goût de brailler » à la fin de la pièce. On avoue qu’on l’avait un peu aussi.

« Nous sommes si beaux/nous sommes plus beaux/bien plus beaux/que ce que tu crois », chante en La Bronze, appuyée par la voix chaude de Jean-Sébastien Houle dans une chanson baume. Et la pièce se termine en chœur rassembleur chanté par Les Petits Chanteurs de Granby : « Mes yeux ne voient plus le noir/depuis qu’ils ont vu/qu’il n’existe pas ». Un peu de feel good.

Somme toute, La Bronze n’est ni une chanteuse à voix ni une parolière extraordinaire : elle est une excellente mélodiste. Les refrains parasitent le cerveau et donnent envie de danser, de cracher, de jubiler. Les corps infinis passent le test et nous fera certainement écouter les prochains albums de l’artiste.

Ma note: 7,5/10

La Bronze
Les corps infinis
Kartel Musik
43 minutes

Site Web

CCF 2017 : De la musique des prairies et le lancement de La Bronze

J’ai commencé ma semaine en bonne compagnie avec les gens de Manitoba musique qui présentaient l’événement : Rame à la rencontre. On oublie trop souvent que si c’est difficile vivre de sa musique en français au Québec, le Canadien français, lui est vraiment laissé pour compte. Heureusement, il y a des organisations comme Manitoba musique et l’APCM qui continue de les soutenir.

Des cordes, plus de cordes

La première à prendre la scène était Vareo. Mene par une jeune femme qui est arrivée comme une lionne et a entonné des airs aux claviers, le trio était complété par une violoncelliste et un batteur. Au début, ce n’était pas totalement convaincant. Il reste du travail à faire au niveau des textes et des traces de pop convenu traînent dans son répertoire. Après une ou deux chansons à la guitare, elle a sortie de son étui, un violon. Soudainement, tout ce qu’elle faisait se magnifiait. Si la jeune femme n’est pas la plus grande virtuose,
elle contrôle son violon avec habileté. Des notes simples, interprétées avec intelligence et nuance ont tôt fait de faire fondre les cœurs. Lorsqu’elle se campe dans une pop orchestrale, son côté sentimental prend le dessus et c’est très efficace.

C’est en forgeant qu’on devient forgeron

La Bronze nous attendait dans un endroit surprenant et peu familier. Une forge. Oui, après une promenade en autobus pendant une douzaine de minutes en nous laissant peu d’indices sur notre destination, nous avons finalement atterri dans une forge située à la limite du Vieux-Port et de Griffintown. À l’intérieur, des forgerons étaient à l’œuvre avec ce qui vient de feu, de coups de marteaux et de chaleur. Un beau clin d’œil à son nom de scène… La bronze… les trucs forgés… t’as pognes -tu?

Mais c’est surtout pour Nadia Essadiqi et ses nouvelles chansons qu’on en avait. La jeune femme n’a pas déçu. Faisait son chemin à travers la foule dense (on était environ 120 élus dans un lieu relativement minuscule), elle est montée sur scène pour interpréter le premier simple du nouvel album, On danse par en dedans. Puis, elle s’est gâtée en passant à travers Les corps infinis. Nous avons même eu droit à une délégation de quatre cors français à quelques chansons du rappel.

Plongée dans des éclairages fort réussis, La Bronze a brillé de mille feux, en démontrant son savoir-faire. Surexcitée par moment et visiblement émue des gens présents, elle a réitéré son amour pour tous. Après les pièces de son nouvel album très attendu, elle nous a filé deux pièces en rappel : La jeunesse féline et Formidable de Stromae qu’elle a reprise en arabe. Une soirée de lancement tout à fait réussie.

On se retrouve sous peu pour la suite des événements.

Les 10 albums à surveiller en novembre 2017

Converge – The Dusk In Us (3 novembre)

Penser que Converge se calmera un jour est vivre dans un déni total. Le brutal quatuor américain lancera The Dusk In Us le vendredi 3 novembre et on peut déjà affirmer que ça ne sera pas de tout repos. Les deux simples parus à dates semblent indiquer que le groupe essaie même de nouvelles avenues musicales. Comme quoi, faire du surplace est tout simplement impossible pour la bande de Kurt Ballou.


 
 

La Bronze – Les corps infinis (3 novembre)

Il s’est passé beaucoup de choses depuis la sortie du premier album de La Bronze. Elle est dorénavant une artiste établie. Son EP Roi de nous a notamment démontré qu’elle avait toujours le désir d’essayer de nouveaux sons. On retrouve un mélange des sonorités de l’EP et les mélodies pop du premier album sur le premier simple : On danse par en dedans.


 
 

Philippe Brach – Le silence des troupeaux (3 novembre)

Mais qu’est-ce que Philippe Brach nous prépare avec Le silence des troupeaux? Le premier simple nous envoie un riff de guitare et un air qui sont très radiophoniques. Un peu trop même pour le jeune auteur-compositeur-interprète émérite. Et que dire de la vidéo promo, où l’on voit des artistes surprenants travailler avec le jeune homme. En tout cas, il risque de nous en mettre plein la vue!


 
 

Electric Wizard – Wizard Bloody Wizard (10 novembre)

Electric Wizard avait fait paraître l’excellent Time to Die en 2014. La bande de doom métal fortement influencée par Black Sabbath s’apprête justement à lancer un album dont le titre fait directement référence au mythique groupe anglais. Le premier simple See You in Hell donne un bon indicatif de ce qu’on y retrouvera.


 
 

Loud – Une année record (10 novembre)

Un tiers de Loud Lary Ajust lancera à son tour son premier album après son acolyte Lary Kidd qui a lancé Contrôle un peu plus tôt cette année. L’album arrive peu de temps après la sortie d’un EP, New Phone, au printemps. Les deux premiers simples à paraître son très différent et intéressant pour des raisons différentes. On a un petit faible pour Hell, What A View avec sa solide trame et ses vers aussi nuancés qu’efficaces. Bonne nouvelle, il est déjà disponible pour écoute sur le web!

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Les 3 étoiles du 6 octobre 2017

Dear Criminals – Waste Land

Non seulement Dear Criminals lance cette nouvelle chanson assez succulente, merci! Ils nous annoncent du même coup que leur premier album sort aujourd’hui même! Fatale est son titre, et gageons que les fans qui les suivent depuis un bon bout de temps seront contents d’enfin avoir un long jeu au complet à se mettre sous la dent. En attendant de vous le procurer ou de lire la critique, Waste Land est une chanson qui se construit tranquillement pour ensuite se déconstruire tout aussi progressivement. Rajoutez à cela une bonne dose de noise et de sonorités intéressantes et le tour est joué.


 

Chastity – Chains

On suit Chastity depuis ses débuts. L’artiste ontarien s’apprête à lancer un deuxième EP titré Chains le vendredi 13 octobre. En attendant que la collection soit disponible, il nous offre la chanson-titre. C’est dans un univers sombre, limite lugubre, coiffé d’un riff lourd et d’une bonne dose de bruit que le jeune homme nous entraîne. On commence à trouver des influences grunge dans le travail de Chastity et ce n’est pas déplaisant du tout!

La Bronze – On danse par en dedans

Le projet musical de la comédienne Nadia Essadiqi offre de la bonne électro-pop depuis un bon bout de temps. Voici que la grande frisée est de retour avec un premier simple tiré de Les corps infinis, son deuxième album, à venir le 3 novembre. On danse par en dedans fait un peu le pont entre les sonorités de l’excellent EP Rois de nous et son premier album. Ça fonctionne à merveille et on a hâte d’entendre le reste!