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Concours des Fêtes 2016

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En collaboration avec BonsoundDare To Care/Grosse BoîteSix Media, Sony et Projet Caravelle, Le Canal Auditif vous propose de participer à son concours annuel du temps des Fêtes.

En effet, courez la chance de gagner une collection de CD, gracieuseté des labels mentionnés précédemment.

+ The Cat Empire – Rising With The Sun
+ Basia Bulat – Good Advices
+ Betty Bonifassi – Lomax
+ Sia – This Is Acting
+ David Bowie – Blackstar
+ Macklemore & Ryan Lewis – This Unruly Mess I’ve Made
+ Moderat – III
+ Domo Genesis – Genesis
+ Plants And Animals – Waltzed In From The Rumbling
+ Bob Weir – Blue Mountain
+ De La Soul – And The Anonymous Nobody
+ Tegan And Sara – Love You To Death
+ Benoit Paradis Trio – T’as-tu toute?
+ RYMZ – Petit Prince
+ Jean-Michel Jarre – Electronica 2/The Art Of Noise
+ Deftones – Gore
+ Motel Raphaël – System
+ Mickey 3D – Sebolavy
+ Agnes Obel – Citizen Of Glass
+ We Are Wolves – Wrong
+ KNLO – Long jeu
+ Fjord – Textures
+ Violett Pi – Manifeste contre la peur
+ Les Dales Hawerchuck – Désavantage numérique
+ Les Hôtesses d’Hilaire – Touche-moi pas là
+ Duchess Says – Sciences Nouvelles
+ Misc – Misc
+ Safia Nolin – Reprises Vol.1
+ Lisa Leblanc – Why You Wanna Leave, Runaway Queen?
+ Groenland – A Wider Space
+ Dead Obies – Gesamtkunstwerk
+ Les Deuxluxes – Springtime Devil
+ Kroy – Scavenger
+ Fred Fortin – Ultramarr
+ Chocolat – Rencontrer Looloo
+ Antoine Corriveau – Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s’arrêter
+ Klô Pelgag – L’étoile thoracique

Pour participer, répondez à la question suivante en cliquant sur l’onglet «laisser un commentaire»:

QUEL EST VOTRE ALBUM PRÉFÉRÉ DE 2016?

Le tirage sera effectué le vendredi 23 décembre prochain. Bonne chance les mélomanes!

Et l’heureux gagnant de notre concours des fêtes est : Nicolas Lecomte !

CONCOURS TERMINÉ

Digitalism – Mirage

Le groupe électro allemand Digitalism a été fondé en 2004 par Jens Moelle et Ismail Tüfekçi. Je les ai découvert l’année suivante avec leur simple Zdarlight (2005), une pièce coulée dans le EBM armé qui, avec Waters of Nazareth de Justice, allait satisfaire les fans de Daft Punk qui avaient moins accroché à Human After All cette année-là. On retrouve la pièce sur leur premier album Idealism (2007), dont la sonorité house saturée prenait beaucoup de place, mais en laissait tout de même au techno et à un autre genre qui n’a rien à voir avec le reste : du post-punk. I Love You, Dude (2011) comportait davantage de pistes utilisant une structure couplet/refrain, avec Moelle aux paroles et chant, et une palette sonore définitivement plus riche. Le duo est revenu à la charge cette année avec Mirage, un disque qui donne suite au triangle amoureux entre le house, le techno et le post-punk, ainsi que quelques références au disco et au funk. Bref, il y en a pour tous les goûts.

Arena commence l’album comme un hymne dansant house entendu mille fois, avec la voix vocodée qui aboutie à « why don’t we spend some time? ». Une ouverture beaucoup moins satisfaisante que Stratosphere l’avait fait sur l’album précédent. Battlecry reprend la puck et compte un but, ça fait hyper pop, il y a des bulles et ça sent la Coupe; Anthony Rossomando en remet avec ses « yeah yeah yeah yeah », un peu facile, mais efficace. On retrouve la base post-punk sur Go Time, avec un mélange rythmique réussi entre les guitares et les claviers. Utopia prend la direction house baléare, montée sur une boucle mélodique qui se déplace d’un instrument à l’autre. Destination Breakdown démarre sur un beat disco et des accords de guitare salis par les effets; le refrain propulse la pièce dans la stratosphère sur un hymne rock de stade. Les clappements de main espagnols, les accords de piano et le refrain répété sert de long pont jusqu’au deuxième mouvement, plus cru, et une conclusion prog rock qui aurait pu s’éterniser.

La forme house instrumentale revient sur Power Station, un bonbon pour la piste de danse avec ses basses qui font taper du pied. Open Waters continue dans la même direction, la guitare ramène la sonorité super pop entendue sur Battlecry, très joyeuse et rassembleuse donc. Mirage (part 1) se développe en un long crescendo harmonique qui aboutit sur un rythme lourd. Mirage (part 2) conserve la même cadence, bien que les synths proposent des passages accélérés, mais finit par rallonger le thème musical un peu trop à mon goût.

Indigo Skies donne suite sous forme de balade avec un refrain terriblement pop, bien monté, quoique cheesy à souhait. Dynamo nous ramène sur la piste de danse sur un fond hard house et une atmosphère de party rave. The Ism surprend avec sa structure rap électro et Anthony Wilson clamant à la voix, excellente idée. Shandrila retombe dans la balade pop 80s, également cheesy mais tout aussi efficace que la source d’inspiration. Une autre belle surprise qu’est No Cash avec ses échantillons disco et funk, ça nous rappelle un autre projet que l’on a déjà nommé. Blink termine l’album en boucle ultra pop, dans la bonne humeur.

À défaut de vouloir plaire à beaucoup de monde, Mirage marque un pas en avant pour Digitalism. Les arrangements ont gagné en masse harmonique et la qualité du montage assure que les « hameçons » accrochent bel et bien l’oreille à chaque fois. C’est un album efficace donc qui s’écoute facilement au complet malgré quelques pistes un peu faciles.

MA NOTE: 8/10

Digitalism
Mirage
PIAS Recordings
76 minute

http://www.thedigitalism.com

King Gizzard & The Lizard Wizard – Nonagon Infinity

King Gizzard & The Lizard WizardComme vous le savez tous, cette période de l’année est fertile au jaillissement des multiples listes de fin d’année… et LCA n’échappe pas à la règle, même si, certains jours, je doute du bien-fondé de l’exercice. Mais autour d’une bonne bière, on pourra peut-être un jour en débattre ensemble, qui sait? Cela dit, en scrutant les listes de nos compétents collaborateurs, j’ai vu apparaître quelques fois l’album d’une formation australienne inconnue de votre humble critique: King Gizzard & The Lizard Wizard.

Ce groupe existe depuis 2011 et possède déjà à son actif 8 albums studio… avec 5 autres à paraître en 2017. Rendu là, je n’appelle plus ça «productif», c’est juste démentiel. Ce septuor est également réputé pour offrir des concerts extatiques à leurs fans. Bref, pas beaucoup de commentaires négatifs autour du King Gizzard. En avril dernier, la bande faisait paraître Nonagon Infinity; disque qui porte bien son titre, car chacune des pièces de ce puzzle musical s’imbriquent les unes dans les autres. Les gars poussent le concept assez loin en fusionnant la conclusive Road Train à l’introductive Robot Stop. Le résultat? Comme le dit si bien le meneur de la formation, Stu McKenzie, vous vous retrouverez devant un «endless album».

Même si les tempos sont homogènes d’une pièce à l’autre, même si les procédés rythmiques sont identiques, même si la voix est doublée et dans les vapes, ça fonctionne pas à peu près! La section rythmique béton fait un travail formidable, les guitares sont parfaitement fuzzées et les mélodies cannabisantes sont efficaces, ce qui fait qu’on se fout totalement de réécouter l’album en boucle. Et pour moi, ce Nonagon Infinity relève de l’exploit. Pourquoi? Parce que malgré cette impression de similarité, chacune des chansons a sa propre personnalité. On appelle ça du gros talent.

Le seul homologue avec lequel je peux lier ces Australiens, c’est avec Ty Segall, quand celui-ci joue la pédale au plancher. Même encore, je considère cette comparaison boiteuse. King Gizzard & The Lizard Wizard est un groupe encore plus compétent que les accompagnateurs du rockeur états-unien. C’est pour dire!

C’est solide du début à la fin avec des pointes d’appréciation plus élevées pour les furieuses Robot Stop et Big Fig Wasp, pour l’harmonica dans Gamma Knife, pour la très sixties Mr. Beat (on pense à Eric Burdon & The Animals, John Mayall et autres consorts de l’époque) ainsi que pour la pause jazzy dans Invisible Face.

Votre amateur de rock de poteux préféré ne pouvait terminer l’année sans vous avoir jasé de ce disque; l’un des grands crus de l’année, catégorie garage rock psychédélique. Fanatiques de Segall et Thee Oh Sees, vous allez vous rouler en petite boule tout près de votre chaîne stéréo en écoutant Nonagon Infinity. Du gros bonheur rock.

Ma note: 8/10

King Gizzard & The Lizard Wizard
Nonagon Infinity
Flightless Records
41 minutes

http://kinggizzardandthelizardwizard.com/

My Bloody Valentine – Loveless

Fin 1997 : Premier contact avec une intrigante affiche placardée dans le Secteur 8 de Midgar.

1998 : Achat d’une copie de Loveless et d’un nouveau lecteur de disque compact Sony.

2002-2006 : Loveless devient un fidèle compagnon lors des longues nuits d’étude.

2007 : My Bloody Valentine se réunit. Le groupe annonce leur premier concert aux États-Unis en 16 ans au festival ATP New York. J’achète immédiatement un billet avec un groupe d’amis.

Septembre 2008 : grippé et engourdi par la pseudoéphédrine contenue dans le Drixoral qui me maintient temporairement en vie, j’assiste incrédule au fameux holocauste sonore (You Made Me Realize). Certains s’aventurent à retirer leurs bouchons. Mauvaise idée.

2010-2012 : Je fais l’acquisition d’une Jazzmaster et d’une Jaguar.
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Janvier-février 2013 : Personne n’y croyait. La suite de Loveless existe vraiment et elle se nomme m b v. Le soir où le disque doit être diffusé en version numérique, le 2 février, je ne dors pas. Le site Internet officiel du groupe connaît des ratées. J’y parviens. Je réalise deux écoutes complètes de l’album sans interruption.

6 novembre 2013 : My Bloody Valentine s’arrête au Métropolis à Montréal dans le cadre d’une tournée promotionnelle de m b v. En raison du travail, je ne peux assister au spectacle. Je m’en veux encore.

4 novembre 2016 : Loveless célèbre ses 25 ans d’existence. J’envisage rédiger un texte pour souligner l’événement, mais je m’écroule devant mes responsabilités. Ce n’était que partie remise.

Écrire à propos de Loveless de My Bloody Valentine est à la fois une tâche simple et complexe. La simplicité de l’exercice s’explique par le fait qu’il y a tellement de choses à raconter à propos de ce chef-d’œuvre. Paradoxalement, c’est aussi pour cette même raison qu’il s’avère difficile de rester pertinent en regard du nombre incalculable de textes, analyses, entrevues et éditoriaux qui ont été produits au fil des années. Des livres ont été écrits et certains auteurs ont payé le prix de la crucifixion publique pour avoir sombré dans « le mythe » plutôt que de célébrer la rigueur journalistique. À ce sujet, pour les curieux, je vous invite à faire une petite recherche à propos d’un certain David Cavanagh, auteur du très controversé ouvrage The Creation Records Story : My Magpie Eyes Are Hungry For The Prize.

Il existe un consensus historique : Loveless, pour les initiés, est aujourd’hui porté au pinacle de la « scène qui se célébrait elle-même ». L’exercice est simple, il suffit de consulter n’importe quelle liste énumérant les albums shoegaze les plus influents de l’histoire et Loveless trônera toujours au sommet. Peu de groupes peuvent se targuer d’avoir atteint un tel niveau de légitimité. Lorsque certains avoueront préférer Nowhere de Ride ou Souvlaki de Slowdive, à titre personnel, ceux-ci n’oseront jamais pousser l’audace de remettre en question la Couronne. Pour les anticonformistes, cela a de quoi faire froncer leurs sourcils. Pourtant, l’autorité de la bande de Dublin est si convaincante que même les plus sceptiques finissent toujours par se rallier à l’opinion dominante.

À sa sortie, Loveless en a déstabilisé plus d’un. Bien que certaines caractéristiques stylistiques assez particulières avaient déjà été mises en lumière en 1988 sur Isn’t Anything, peu de gens s’attendaient à vivre une révolution de paradigme. Le choc fut brutal sans pour autant être instantané. Souvenons-nous qu’un certain Nevermind, figure emblématique du « son de Seattle » – la nouvelle voix d’une génération – frappait de plein fouet le monde quelque mois précédant la sortie tumultueuse de Loveless.

Comble de l’ironie, les racines unissant le grunge de Nirvana et l’identité de My Bloody Valentine (et par extension, celle de Swervedriver, par exemple) s’avéraient être en bonne partie les mêmes. En fait, plusieurs groupes qui sont maintenant catégorisés comme du shoegaze étaient à l’époque perçus par la presse musicale comme des formations de musique psychédélique ayant un penchant pour le rock alternatif tout en s’inspirant en bonne partie des idoles du punk et du noise rock américain des années 80 (Husker DüSonic YouthDinosaur Jr., etc.). Le terme « shoegazing » ne fut qu’une expression reprise par le New Musical Express (NME) afin de catégoriser cette grappe de groupes britanniques gravitant autour des bureaux de Creation Records et de 4AD et qui accordaient une attention très particulière à leurs pédales d’effets… Car en plus d’affectionner les lampes surchauffées des amplificateurs d’outre-mer, les premières formations shoegaze entretenaient aussi une histoire d’amour bien assumée avec les sonorités planantes de certains de leurs compatriotes européens. Pensons ici à The Smiths ou aux Cocteau Twins.

L’autre point de convergence se situe dans l’appropriation des guitares Jaguar et Jazzmaster de Fender par les ténors du noise rock (J. MascisThurston Moore ou Lee Ranaldo) ce qui aura très certainement inspiré la formation irlandaise. Le lien est si évident que Kevin Shields développera la signature sonore de Loveless précisément autour d’une utilisation tout à fait ingénieuse du système de trémolo desdites guitares. Cette fascination se traduira par la publication d’un maxi au nom évocateur (Tremolo) qui avait pour but de préparer la venue de Loveless. Le disque sera finalement présenté au monde à l’intérieur d’une pochette au visuel désormais légendaire : le fameux plan rapproché d’une Jazzmaster – complètement floue – se superposant à un emblématique fond rose. L’image est d’une puissance remarquable.

Ce qui se dégage principalement de Loveless, que ce soit à la première ou à la centième écoute, c’est ce sentiment de flottement généralisé porté par les ondulations du trémolo et les multiples couches et textures vocales qui se combinent aux innombrables feedbacks de guitares contrôlés à la perfection. Le travail de production de l’album joue d’ailleurs ici un rôle fondamental : Kevin Shields, par son perfectionnisme excessif et sa vision non conventionnelle de la musique, n’a absolument rien laissé au hasard. Selon les dires de Shields lui-même (McGonigal, 2007 : 43), la majorité des ingénieurs ayant touché à l’album (à noter ici que les deux seuls producteurs sont Kevin Shields et Colm Ó Cíosóig en ce qui concerne la pièce Touched) était incapable de saisir la portée réelle du projet. Des dizaines de personnes créditées à titre d’ingénieurs et d’assistants, la majorité n’aurait que préparé des infusions de thé et déplacé des pieds de microphones. On apprend que ce serait alors Alan Moulder qui aurait finalement été l’un des seuls ingénieurs ayant bénéficié de la pleine confiance de Kevin Shields. En guise d’anecdote, Trent Reznor et Billy Corgan, impressionnés par Loveless, feront appel aux services de Moulder pour les productions respectives de The Downward Spiral (1994) et Mellon Collie And The Infinite Sadness (1995).

Pour ma part, et pour celle d’un millier d’autres, j’en suis certain, Loveless représente l’apothéose d’un style qui n’a à ce jour pas encore été surpassé. Combien de groupes au fil des années ont tenté d’émuler cette magie faisant d’Only ShallowCome in Alone ou Soon des classiques intemporels? Réussira-t-on un jour à transcender les sommets atteints en 1991? Le déclin du grunge et l’émergence de la britpop au milieu des années 90 auront eu un effet dévastateur sur le développement du style. La vague « nu-gaze » (un concept assez contesté) du début des années 2000 n’aura quant à elle pas été très concluante. Heureusement, certains joyaux s’inspirant fortement des prouesses de My Bloody Valentine ont tout de même émergé ici et là au cours des vingt-cinq dernières années. Pensons ici à 23 de Blonde Redhead (produit par devinez qui…) et Future Perfect d’Autolux. Ceci dit, il ne faut pas perdre espoir, car une toute nouvelle génération de « shoegazeurs » semble prête à porter à nouveau le flambeau. J’ai certains noms en tête, si cela vous intéresse…
 
RÉFÉRENCE :

McGonigal, M. (2007). Loveless. 33 1/3, Continuum International Publishing Group.

*Cet ouvrage dresse un portrait assez intéressant du contexte entourant la création de Loveless. Kevin Shields a été consulté dans le cadre du projet.

My Bloody Valentine
Loveless
Sire Records
1991

https://www.mybloodyvalentine.org//home?hs=1

The Brian Jonestown Massacre – Third World Pyramid

The Brian Jonestown MassacreAu printemps 2015, ce merveilleux fou qu’est Anton Newcombe faisait paraître l’excellent Musique de film imaginé; une trame sonore quasi instrumentale qui rendait hommage aux cinéastes de la Nouvelle Vague (Truffaut, Godard, etc.). L’année précédente, The Brian Jonestown Massacre nous proposait également le très bon Revelation aux accents folk rock/krautrock. Avec le véhicule créatif de Newcombe, on se trompe rarement.

À la fin du mois d’octobre dernier, l’hyperactif compositeur était de retour avec Third World Pyramid, un 15e album à l’abondant compteur du Brian Jonestown Massacre. Enregistré dans le tout nouveau studio de Newcombe, on retrouve l’artiste dans ses bonnes vieilles pantoufles, s’éloignant un peu de la tendance new wave/krautrock des derniers efforts, mettant ainsi en valeur l’immense talent de créateur chansonnier qui l’habite.

Certaines fines bouches diront que c’est du «pareil au même» et ils n’auront pas tout à fait tort. Mais on parle ici de «pareil au même» d’exception, car ce Third World Pyramid, c’est du Brian Jonestown Massacre à son summum. Le vétéran est en pleine maîtrise de son art, misant sur la qualité des chansons plutôt que sur de nouveaux arrangements ou encore sur un virage stylistique faussement original.

Donc, les fans de Newcombe se retrouveront en terrains connus, mais à la différence que les chansons sont totalement au rendez-vous. Des exemples? L’entrée en matière, chantée par l’épouse du créateur, Katy Lane, et titrée Good Mourning, est parfaitement embrumée. Don’t Get Lost est l’une des grandes chansons de toute l’histoire du Brian Jonestown Massacre. La pop psychédélique Government Beard est accrocheuse et la beatlesque The Sun Ship est sublime.

Et ce n’est pas tout. J’ai adoré le petit côté shoegaze évoqué dans Third World Pyramid, l’instrumentale Oh Bother fait lever les poils sur les bras et Lunar Safe Graveyard fait penser à du Portishead… mais sur l’acide! Finalement, la conclusion hypnotique d’Assignement Song est mémorable. De quoi s’en rouler un p’tit et se perdre dans les méandres de nos réflexions (je pense que je suis crissement dû!).

Honnêtement, quand on jase de rock psychédélique en 2016 (et Dieu sait qu’on en entend de toutes sortes dans cette foisonnante catégorie…), la référence ultime, en ce qui me concerne, demeure The Brian Jonestown Massacre. Disque après disque, malgré l’hyperactivité créative de Newcombe, on se retrouve toujours devant des créations de qualité. Disons qu’aux côtés de ces salopards de Thee Oh Sees, The Brian Jonestown Massacre fait partie de l’élite du rock de poteux à l’américaine.

Ma note: 8/10

The Brian Jonestown Massacre
Third World Pyramid
‘a’ records
39 minutes

https://thebrianjonestownmassacre.com/