métal Archives - Le Canal Auditif

Critique : Cormorant – Diaspora

Le groupe Cormorant, de San Francisco, a lancé son nouvel album, Diaspora, le 11 août dernier. Il s’agit de leur quatrième album studio, et ils ont également un EP à leur actif. Formé du bassiste et chanteur Marcus Luscombe, des guitaristes Nick Cohon et Matt Solis, et du batteur Brennan Kunke, ce groupe de métal progressif existe depuis 2007. Depuis ses débuts, le groupe est resté férocement indépendant. Ils mélangent plusieurs styles : black métal, blues (!), rock progressif, death métal et folk.

Avec Diaspora, Cormorant présente quatre pièces massives de plus de 7 minutes chacune (la dernière pièce approche même la demi-heure!). Une substance charnue, dense, qu’il faut mastiquer longtemps pour bien comprendre. De la musique profonde, exigeant temps d’analyse et de réflexion. Devant nos yeux se déroulent des épopées houleuses ou sereines… Loin de suivre un tracé linéaire, Cormorant fait voyager dans de multiples détours, et on apprécie l’inattendu, voulant être pris de court.

Profil détaillé.

La pochette, une œuvre surréaliste/symboliste, inspirée de The Temptation of Saint Anthony, par Dali, est à l’image de l’album. Bien assis sur les chevaux surréalistes de l’artiste Jeff Christensen, on traverse différents paysages sonores, tantôt tempétueux, tantôt lascifs. Les personnages au dos courbé, qui traînent des forteresses sur leur dos, rappellent comment nos propres épaules s’affaissent sous le poids de cet album (c’est positif!). La pâleur du ciel incarne d’ailleurs les éléments plus aériens, plus légers.

Diaspora est un album construit comme une courtepointe, où les transitions entre les riffs sont bien menées. Il y a souvent trois guitares dans les chansons, et chose importante, malgré le nombre de couches, ça ne « beurre » jamais trop épais. Toutefois, les guitares sonnent un peu désaccordées à certains endroits, ce qui rend l’écoute un peu difficile. Par ailleurs, tout au long de l’album, la batterie est incroyablement rapide et technique, avec beaucoup de passes et de petits détails alambiqués… Et la basse est bien présente et intéressante, avec ses nombreuses extrapolations des riffs de guitare. Il y a des changements de tempo fréquents, comme on peut s’y attendre lors d’une telle épopée musicale. D’ailleurs, la signature rythmique n’est pas toujours en 4/4, ce qui mène à des endroits inusités et agréables.

L’ouverture de la première pièce, Preserved in Ash, est angoissante et rapide, et typiquement black métal. On se fait donner toute une « volée », vraiment efficace — surtout au niveau de la batterie, qui est sans merci! Puis, après 1 min 30, on tombe dans un black/folk métal, un peu plus festif. Mais vers quatre minutes, les choses se gâtent. Un lourd nuage gris démoniaque à la Satyricon apparaît. À 7 min 21, il y a un « breakdown » inattendu, où les guitares hurlent une lente agonie. La basse est élaborée à ce moment-là, et on aime ça — la chanson devient encore plus luxuriante. Toutefois, l’intention de vouloir ajouter un solo par-dessus la guitare rythmique donne un résultat plus ou moins bon, car le passage est dissonant. Preserved in Ash finit après 10 minutes de magnifique souffrance, sur des effets de guitare atonaux. On apprécie d’ailleurs les longs passages instrumentaux. Les voix sont aussi toujours placées de façon très appropriée.

Ensuite, nous continuons le voyage, avec Sentinel où on entend des voix « clean » pour la première fois à 2 mins 35. Ils sont vraiment bien placés par rapport aux instruments, et ce, tout au long de l’album. Ils font penser aux excellents chants de Blackcrown Initiate. Sentinel change souvent de « mood »… À écouter lorsqu’il pleut très, très fort. Quelques autres dissonances, bonnes passes de basse, et la chanson continue dans la plus pure tradition black métal. Vers 6 mins 46 (après un riff un peu trop répétitif), la guitare « clean » et le violon créent une ambiance à la fois inquiétante et fascinante, semblable à un Unexpect très épuré.

On s’envole, ici, on décolle réellement. Lascivement. On devient superhéros. Les forteresses dorsales qu’on supportait depuis le début sont disparues. On vit une envolée nocturne dans un paysage urbain, moderne, clinquant. La batterie apparaît ensuite, par petites touches. La basse nous fait languir avec son bel agencement avec la guitare, qui fonce droit dans la nuit. Ensuite, le tout devient de plus en plus léger, comme si on avait bel et bien oublié l’existence des châteaux qui nous rendaient bossus. La batterie est aussi saupoudrée de petits sons percussifs, faits par un xylophone. Vers 11 minutes, il y a des dissonances de la part des cordes, et un crescendo dans lequel les archets de violon nous lacèrent la peau. Puis, finalement, les violences reviennent, avec une guitare acoustique vraiment inattendue. Puis, l’incroyable cri final (pensez Devin Townsend ici!) met fin à cette pièce très diversifiée.

La troisième pièce, The devourer, commence avec un riff de picking rapide typique au black métal. On ressent la « grimness » la plus vicieuse, jusqu’au fond de nos os! La chanson comporte beaucoup de riffs de ce type, mais ce n’est pas nécessairement répétitif, car ils sont poignants et bien ficelés. À 1 min 15, le vocal clean, quasi-soyeux, est très bien placé. Il est d’une telle beauté, et on aimerait qu’il se prolonge encore plus…

À 3 mins 43, se trouve un des meilleurs moments de l’album : amalgame de trois couches de guitare (une acoustique, et deux électriques), deux épaisseurs de vocal clean, et motifs de batterie très poussés… On aimerait que ce moment s’éternise encore plus; Cormorant est concis à l’extrême. Il gagnerait parfois à plus s’éterniser! Après la chaleur de ce passage, on retourne ensuite dans les forêts norvégiennes glaciales, avant d’atterrir dans un passage lourd à 6 mins 31, saupoudré d’une couche de guitare aérienne.

Migration, quatrième et dernière pièce, commence dans une ambiance inquiétante et un riff très désespéré, d’une beauté cruelle. Les voix profondes semblent venir du centre de la Terre. On sent le poids de la gravité qui s’abat lourdement sur nos frêles épaules.

Monumentale et immersive, Migration nous emmène à plein d’endroits très différents en 26 minutes. Dans les dix premières minutes, on vogue entre l’espoir mélancolique, où tout est un peu plus léger, avec de magnifiques voix clean, et des passages purement black métal, où les solos de guitare sont un peu superficiels. On aurait pu se passer de certains d’entre eux, sans que les chansons soient dénaturées. On apprécie les solos lorsqu’ils sont plus subtils; ils deviennent alors pleins d’émotion, comme vers les 18 minutes, dans cette même chanson.

Une partie clean et tranquille apparait vers les 12 minutes, comme un courant d’eau au milieu d’une vallée. Ce moment fait d’abord étrangement penser à des groupes de post-hardcore, tels que The Used, AFI ou From Autumn to Ashes (oui, ça ressort de loin!). À noter que le tone du clean est vraiment excellent; il contient la juste quantité de délais. Aussi, le travail est très bien fignolé au niveau des deux guitares, et la basse est bien sentie.

On a l’impression de se coucher dans la crinière d’un gigantesque cheval, enrobé de son velours, sous les étoiles protectrices. Chaque pore de notre peau apprécie le contact soyeux et réconfortant de la crinière diaphane et brillante, qui ondule dans le vent frais. Liberté totale, et acceptation de toutes choses. Évasion compète — retour aux sources. Sentiment paradoxal de tomber en amour… Élévation et racines. Cieux et sols fertiles.

Vers les 22 minutes de Migration, on quitte le courant limpide pour aller rejoindre la rive rocailleuse, où la distorsion réapparait, ainsi que le growl puissant du chanteur. L’effet est très bien mené — les frissons se font insistants! Après un breakdown (le plus pesant de l’album), et un passage rapide, la chanson se termine merveilleusement avec un crescendo.

Quoi? Déjà?! Le voyage est déjà terminé? Non… Pas tout de suite! On ne veut pas quitter nos chevaux métaphoriques… Cormorant, revenez-nous vite, mais avant, apprenez-nous comment vous avez si bien dressé vos animaux purs races!

Ma note: 8,5/10

Cormorant
Disapora
Indépendant
61 minutes

Site Web

Critique : Ex Eye – Ex Eye

T’es tu déjà dit: « Hey, il me semble que Colin Stetson est, de par son style, presque prédestiné à shreadder dans un band de métal!» ? Ben moi non plus! Pourtant, nous y voici. Ex Eye est le nouveau groupe du saxophoniste manifestement débordé, qui nous a offert plus tôt cette année un autre album solo. Virtuose de la musique répétitive et minimaliste ainsi que des modes de jeux les plus poussés de son instrument, Stetson est acclamé dans toutes les sphères de la musique, de l’électronique au jazz… en passant maintenant par le métal.

On reconnait dès les premières minutes le style de Stetson, avec son sax volatile et virtuose, et il réussit à l’appliquer avec une étonnante aisance au métal shoegazé qui en ressort. Par moments d’ailleurs, ça peut faire penser à du Ghost Bath ou à du Deafheaven, comme avec l’entrée des blast beats délavés d’une mer de réverbération dans Anaitis Hymnal; The Arkose Disc. La sonorité de son sax se marie bien avec le reste des instruments, particulièrement dans les registres extrêmes. Les aigus rappellent parfois un certain scream, et les graves se rapprochent de sons de synthèse, procurant beaucoup de profondeur au mix. Mais malgré tout ça, il manque un peu de puissance et de plénitude à l’album. Ça ne rend pas la chose complètement monotone, l’œuvre contient quand même de belles nuances, elle exploite souvent bien le contraste entre le style épuré des envolées de Stetson, mais la partie métal de la chose manque parfois de dynamisme. Peut-être est-ce tout simplement un problème de production.

Le bagage jazz de Stetson et de ses musiciens (qui y sont tous reliés de près ou de loin) se fait bien sentir par moment. L’intégration subtile de métriques irrégulières et de progressions d’accord poussées et complexes (sans pour autant obstruer la musique de masturbation mentale) est bien réussie. Le travail mélodique est assez simple, mais très beau en général, ça donne une touche pop un peu moins ésotérique à leur musique. Ex eye garde notre attention tout au long de l’album par divers moyens, tous assez fonctionnels, mais sans devenir pour autant un album captivant. C’est immersif, cathartique par bout, mais ça reste de nature plutôt atmosphérique. Il n’y a pas de moments où l’album provoque de gros wow. Toute la recherche sonore est bien exécutée, mais on ne sent pas l’extrême perfectionnisme qu’on connaît à Stetson se refléter sur ce projet là. Certains passages semblent même avoir manqué d’attention, comme la fin de Form Constant; The Grid, qui est un peu redondante. Il est certainement facile de camoufler ces passages derrière l’aspect lent, évolutif et introspectif de leur musique, mais les passages n’en demeurent pas moins lassants à la longue.

Le style de la formation est somme toute assez intéressant et résolument original, mais quelque peu décevant. Ça donne le goût de le réécouter une couple de fois, mais sans plus. La formation a fait du bon travail, surtout pour un premier album. Avec un peu plus de temps passé à faire murir leur style, je ne serais pas surpris de les voir sortir un prochain album beaucoup plus affirmé et intéressant.

Ma note: 7/10

Ex Eye
Ex Eye
Relapse Records
37 minutes

http://relapse.com/ex-eye/

Critique : Sepultura – Machine Messiah

Rares sont les groupes qui continuent de faire autant de bruits que Sepultura. La formation l’avait prouvé avec son dernier album, The Mediator Between Head and Hands Must Be the Heart, paru en 2013. Trois ans et demi, c’est le plus long laps de temps entre deux albums que Sepultura. On peut les comprendre, entre la vie de tournée et leurs corps qui ne rajeunissent pas, il est normal que la bande doive prendre des vacances ici et là. L’influence des deux frères Cavalera est maintenant bien révolue. Tout comme le côté tribal qui avait fait les beaux jours de Roots. Aujourd’hui, la formation fait un métal hyperactif, mélodieux dans ses guitares et tout simplement brutale vocalement avec le gentil géant Derrick Green au micro.

Quoi dire de Machine Messiah. Ce n’est pas l’album le plus inspirant de la formation. Alors que les percussions ont toujours été un élément central de la formation, cette fois-ci les pièces vraiment intéressantes se font rares. Sepultura n’offre pas un navet non plus, mais disons que les fans du groupe n’y trouveront pas un album marquant. Le son des Brésiliens semble au neutre et n’évolue pas. Le groupe nous offre des compositions qui sentent un peu le pilote automatique.

La prémisse de l’album était pourtant prometteuse : la robotisation de notre société et la venue d’un messie robotique qui fermera la boucle. En tenant pour acquis que l’humain vient d’une machine à la base. Bon. OK. C’est un peu intense, mais c’est une avenue intéressante et riche thématiquement parlant. Malheureusement, la musique ne possède aucunement les stigmates de la robotisation. Les rythmes ne sont pas soudainement hachurés ou inspirés du métal industriel. Alethea est sans doute ce qui se rapproche le plus de la mécanisation, mais ça reste du Sepultura comme on en a déjà entendu des centaines de fois. Si au moins le groupe nous envoyait ses meilleures compositions! Non, ça sent un peu le réchauffé.

Green se débrouille quand même bien au micro faisant preuve de nuance et de polyvalence, comme le démontre la pièce-titre. On peut aussi dire qu’Andreas Kisser offre quelques bons moments dont l’intéressante Cyber God. S’il est toujours capable de nous pondre des riffs brutaux, il nous laisse quand même un peu sur notre faim. Ça manque cruellement de renouveau. Resistant Parasites, c’est comme enfiler des pantoufles. C’est confortable et chaud, mais ça ne nous donne pas envie d’aller les flasher en public.

Est-ce que Sepultura est dépassé? Absolument pas! Cependant, Machine Messiah manque un peu de nouveauté. Ce sont de bons musiciens qui même sur le pilote automatique frappent plus fort que la plupart des groupes. On reste tout de même sur sa faim.

Ma note: 6/10

Sepultura
Machine Messiah
Nuclear Blast
51 minutes

http://www.sepultura.com.br/

Critique : The DRX – Throughout Within

The DRX est un projet musical mené par Dan Romans. Celui-ci fait partie depuis un bon bout de temps de la scène underground new-yorkaise et son projet à travers les années a compté sur des collaborateurs actifs dans différentes formations en vues : Kayo Dot, Buke & Gase et Psalm Zero. The DRX propose du rock/métal d’avant-garde où la musique classique se frotte sans arrêt au Black et au Death Metal. C’est un alliage qui se fait assez facilement, le métal ayant toujours été le cousin le plus près de la musique orchestrale.

Dans Throughout Within, Romans nous envoie plusieurs pièces épiques sur lesquelles il chante avec une fragilité émotionnelle claire et limpide. On y retrouve une panoplie d’instruments traditionnellement réservés aux orchestres : la clarinette, le bugle, le violoncelle et autres. Ces instruments ne sont pas là pour accompagner la trame principale, mais prennent part active dans la construction des chansons.

Un bon exemple est la chanson The End of Avoiding Consequence. La guitare électrique et les saxophones sont également présents dans le tapis sonore du refrain. Cela crée une base solide et puissante pour les chœurs qui font exploser le tout avec des envolées contrôlées entrecoupées de la voix de Romans. Ce dernier semble soudain seul et d’autant plus vulnérable. C’est très réussi. Monsters Wearing Nice Ties qui ouvre Throughout Within s’entame sur une simple guitare, des synthétiseurs et la voix du chanteur. Le tout est très beau et se termine dans une orgie de son lorsque les instruments se multiplient et que le chœur vient faire son tour.

Par moment, les trames de The DRX ont cette même portée que les psaumes catholiques lors de la messe. Ils sont puissants, entraînants et invoquent le mystique. En contrepartie, on trouve aussi des pièces à la brutalité sans équivoque comme la sombre Ancient Life et ses chants gutturaux. Il réitère sur la magnifique Eyes of Myself qui possède une mélodie de saxophone très réussie. Les chansons excèdent presque toutes la marque des cinq minutes, ce qui n’est pas très habituel non plus.

The DRX fait belle figure avec son particulier, mais ô combien appréciable Throughout Within. Le fan de métal aventureux y trouvera un album intéressant qui flirte avec les codes de la musique baroque comme ceux du Death et du Black Métal. Ça demande une certaine ouverture d’esprit et un investissement de soi, mais ça vaut le coup.

Ma note: 7,5/10

The DRX
Throughout Within
Nefarious Industries
58 minutes

http://danromans.com/

Critique : Uniform – Wake In Fright

Uniform est un duo new-yorkais qui s’est formé quand deux amis, Michael Berdan et Ben Greenberg, se sont rendu compte qu’ils vivaient sur la même rue. La proximité géographique doublée d’une affinité pour la musique thrash, hardcore et industrielle rendait la collaboration inévitable.

Vous connaissez peut-être déjà Greenberg. Il a réalisé et enregistré divers groupes noise rock new-yorkais au cours des dernières années (Pop. 1280, Destruction Unit, Zs, White Suns). Il a notamment remplacé le bassiste du groupe The Men quand ce groupe a décidé de faire du roots-rock fade au lieu du punk dévastateur qu’il avait fait auparavant… Bon, ce dernier détail est un « pet peeve » très personnel, mais je ne blâme pas forcément Greenberg. Il a su capter des groupes exceptionnels lors d’enregistrements mémorables, et il a fait partie de Pygmy Shrews, un excellent groupe. Quant à Berdan, c’est un chanteur à la voix de fiel qui a sévi au sein du groupe Drunkdriver. Bref, le duo arrive avec un enviable pedigree de rock poisseux.

Uniform nous offre du pur noise rock, alors? Pas du tout. On a plutôt droit à du métal industriel qui rappelle le travail de Ministry, Nine Inch Nails et Pitchshifter au début des années 90. Il y a un éventail intéressant d’intensités entre l’industriel gothique d’une pièce comme The Light at the End et le gros riff thrash de The Killing of America, Greenberg arrivant à parcourir plusieurs recoins d’un espace stylistique somme toute assez limité.

Les dynamiques, les rythmes et les riffs qui s’étendent sur les huit pièces de l’album ne sont pas sans une certaine efficacité, mais on ne peut pas dire que ce sont des idées très originales. Similairement, la voix de Berdan unit l’album et lui donne un fil conducteur, mais elle pourrait facilement être confondue avec la voix de quelques dizaines de chanteurs hardcore (j’ai sérieusement cru en entendant Tabloid que Matt Korvette de Pissed Jeans avait changé de groupe).

La musique industrielle de l’âge d’or du genre me semblait mystérieuse par sa complexité technologique. Qu’un musicien seul ou un duo arrive à synchroniser différents appareils analogiques pour créer une immense masse de bruit, ça tenait de la sorcellerie à mes oreilles. La technologie a beaucoup changé, un duo peut faire de la musique très semblable à temps perdu dans son appartement avec une infime fraction des connaissances et des moyens que possédaient les maîtres du genre il y a 25 ans. Ce que Uniform nous démontre, c’est que le pastiche et l’impression d’authenticité sont particulièrement faciles à recréer de nos jours. Un bon riff et un gros beat, c’est bien. Ça fait passer un bon moment. Mais ça n’en fait pas de la grande musique.

Ma note : 6,5/10

Uniform
Wake in Fright
Sacred Bones Records
37 minutes

https://www.sacredbonesrecords.com/collections/uniform