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Critique : The Melvins – A Walk With Love & Death

Les Melvins sont infatigables. Une fois de plus, la bande à Buzzo garde le rythme en faisant paraître un nouvel album intitulé A Walk With Love & Death. Le groupe américain avait fait paraître Basses Loaded en 2016 et de cette initiative aux basses fréquences lourdes et groovy, ils ont gardé Steven McDonald. Cet impressionnant album double est en partie album en bonne et due forme (les 9 premières chansons) et en partie une bande originale d’un court métrage portant le même nom (les 14 suivantes).

Quoi faire de tout ça? Eh bien, c’est une question qu’après plusieurs écoutes, on se pose toujours. La moitié intitulée Death nous offre du Melvins correct. C’est efficace, bien écrit et intéressant, mais pour le fan qui connaît un tant soit peu la discographie du duo Crover/Buzzo, il n’y a pas de titres qui surprendront. On est dans les mêmes eaux où baigne le groupe depuis Nude With Boots avec quelques variantes. Malgré le manque de réinvention pour un album de Melvins, ça reste des compositions solides aux atmosphères riches.

Sober-dellic est un bon exemple de la lourdeur toujours de circonstance du groupe. Un lent riff qui s’énerve à certains moments, de longs solos et une cadence qui donne envie de se faire aller le porte-chapeau. Flaming Creatures est sans doute la chanson la plus typique du groupe et en même temps, il est difficile de ne pas tomber sous le charme de la voix théâtrale de Buzz Osborne. On y trouve aussi What’s Wrong with You, une chanson qui laisse le micro à Steven McDonald. Son rythme vocal nous entraîne dans un univers punk qui laisse un peu sur sa faim.

Passons à la deuxième partie, la fameuse bande originale du court métrage A Walk With Love and Death. Soyons honnêtes, ce n’est d’aucun intérêt pour le mélomane. C’est une suite de discussion en bruit de fond sur lesquelles le groupe ajoute parfois un peu de piano et parfois un peu d’effets électroniques. Ça reste entièrement inintéressant à l’écoute sans avoir accès au dit film. Street Level St Paul est l’exception à la règle avec sa guitare bruyante, mais on est très loin d’une expérimentation longuement réfléchie. On a plutôt l’impression d’écouter un trip de pédale à effet en studio. Ça laisse froid. La vraie question est : mais pourquoi coucher ça sur album?

Enfin, ce Walk With Love & Death manque un peu de panache pour un album de Melvins. Surtout, pourquoi avoir publié la bande originale du film alors que prise hors contexte, elle est d’une platitude totale? Au moins, on peut se consoler avec les 9 chansons qui la précède qui sans nous offrir les œuvres les plus inspirées de Melvins dans les dernières années, comporte quelques bons tubes lourds et plaisants pour les tympans. Mais il est tout de même difficile de ne pas sourire à l’audace des Melvins de publier une telle œuvre.

Ma note: 5,5/10

The Melvins
A Walk With Love & Death
Ipecac Recordings
82 minutes

https://www.facebook.com/melvinsarmy/

10 albums à surveiller en juillet 2017

Broken Social Scene – Hug of Thunder (7 juillet)

Broken Social Scene, ce super-groupe de la scène indé canadienne, est de retour en action collective. Hug of Thunder est le premier album depuis Forgiveness Rock Record en 2010. Pas moins de 17 musiciens différents ont joué sur le nouvel opus. Parmi ceux-ci, on compte Emily Haines et Jimmy Shaw de Metric, Amy Millan et Evan Cranley de Stars, Charles Spearin et Ohad Benchetrit de Do Make Say Think ainsi que Leslie Feist.


 

Melvins – A Walk With Love & Death (7 juillet)

Les Melvins sont réguliers comme l’horloge. L’an dernier, le trio nous avait gracié de Basses Loaded. Voici que Buzz Osborne, Dale Crover et Steve McDonald sont de retour avec un album double. On y retrouve des pièces chantées par Osborne et McDonald. On peut s’attendre certainement à une épopée rock peu ordinaire comme à d’habitude.


 

Public Service Broadcasting – Every Valley (7 juillet)

Le duo anglais de J. Willgoose Esq. et Wrigglesworth revient après le succès de The Race for Space avec Every Valley. Celui-ci est un album-concept qui se penche sur l’histoire contemporaine et l’on y aborde le thème de l’automatisation, de la robotisation, de l’idée de progrès et des changements que cela implique pour les relations interpersonnelles. Pour l’enregistrement, le groupe s’est enfermé dans une ancienne usine d’acier et a travaillé avec des musiciens celtiques : James Dean Bradfield, Lisa Jen Brown et Tracyanne Campbell ainsi que le groupe anglais Haiku Salut.


 

Dasher – Sodium (14 juillet)

Dasher est un groupe dans lequel c’est le batteur qui chante. Oui, et ça ne l’empêche absolument pas de piocher sur un moyen temps. Kylee Kimbrough amène une approche intéressante avec des compositions qui partent d’abord des tambours et de la mélodie vocale. On y retrouve des influences de hardcore telles que The Blood Brothers. C’est criard, bruyant et tout de même assez mélodieux pour retenir l’oreille. Sodium est le premier album du groupe et on croit qu’ils seront à surveiller.


 

Laibach – Also Sprach Zarathustra (14 juillet)

Le groupe slovène d’électro-industriel Laibach lancera à la mi-juillet son 9e album. On peut s’attendre encore une fois à de la qualité et de la musique avec une bonne dose de marginalité et de sonorités riches. Les chansons ont été composées pour une production théâtrale parisienne inspirée du roman philosophique de Friedrich Nietzsche qui porte le même nom. Attendez-vous à une œuvre colossale et dérangeante.


 

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Critique : Crystal Fairy – Crystal Fairy

Crystal Fairy est un premier album sorti un peu de nulle part pour le quatuor improbable du même nom. Il est composé de Dale Crover et Buzz Osborne des Melvins, de la charismatique Teri Gender Bender (Le Butcherettes) et d’Omar Rodriguez-Lopez (At The Drive-In, Mars Volta) qui officie ici à titre de bassiste de luxe.

Un premier effort qui, comme on l’attend de ces musiciens d’exception, ne laisse rien au hasard. C’est gras, punché et groovy, mais sans réprimer pour autant une intention punk certaine. L’expéditive Chiseler s’occupe justement de nous le faire comprendre en lever de rideau. On reconnaît bien sûr la signature des Melvins sur l’ensemble des titres grâce à ce son si distinctif de la guitare du bon Buzz qui, il faut le mentionner, s’exerce ici à la six cordes comme dans les beaux jours de Houdini et Stoner Witch.

Le jeu de basse de Rodriguez-Lopez n’est pas juste impeccable, il est omniprésent et contribue à donner de la texture aux compositions tout en ajoutant une rondeur, ou un côté sucré, à l’assemblage de Crystal Fairy. Et par-dessus le jeu des gars, on découvre une Teri Gender Bender qui connecte avec sa PJ Harvey intérieure et qui prend le plancher avec une séduisante confiance. Les amateurs de Le Butcherettes la découvriront donc moins rageuse et plus sexy dans sa livraison. Mais attention, un charme invitant, parce que dangereux : Gender Bender montre les dents à plusieurs reprises aussi sur l’album et cet élément de danger n’est jamais loin lorsqu’on lit les paroles qu’elle a concoctées pour l’exercice. Fine parolière, sa plume est aiguisée tout juste comme le jeu du bon Dale, toujours impérialement précis derrière les tambours.

Les meilleurs moments sur ce premier album, ou du moins, ceux qui se démarquent le plus de l’ensemble cohérent, sont probablement Moth Tongue pour son lent groove suave et les cris plaintifs de Gender Bender, Necklace Divorce et Secret Agent Rat pour leurs costauds riffs melvinsesques, Vampire X-Mas et sa charge heavy métal ou encore la pièce titre sur laquelle tous les membres brillent par leur performance.

Dans l’ensemble, Crystal Fairy est un disque furieusement réjouissant dans la région. Voilà donc un « super-groupe » qui ne se contente pas que de livrer un produit rock satisfaisant et qui étonne plutôt en ratissant large à l’intérieur de ce que les membres font de mieux : un stoner rock protéiné, intelligent et accrocheur. C’est toujours mieux que d’exploiter peu d’idées dans un large spectre de sonorités que vous me direz? Eh bien, vous aurez parfaitement raison.

Crystal Fairy est peut-être qu’un « one shot deal », mais contrairement à trop d’albums de « super-groupes », le quatuor a réussi à pondre un disque qui nous garde sur le rebord de notre siège (quand on n’est pas carrément debout à faire de l’air guitare) et plus important encore, un album auquel on reviendra souvent pour ses qualités beaucoup plus que par nostalgie de cette improbable association de musiciens-chouchous.

Ma note: 8/10

Crystal Fairy
Crystal Fairy
Ipecac Records
44 minutes

https://crystalfairy.bandcamp.com/

Melvins – Basses Loaded

MelvinsUn peu plus tôt cette année, le productif duo Melvins a fait paraître Three Man And A Baby, originalement enregistré presque entièrement en 1999 et en collaboration avec Mike Kunka de godheadSilo. Ramenant le groupe en arrière de 17 ans, nous étions à même de voir à quel point ils avaient évolué, non dans un sens de meilleur ou moins bon, mais simplement en termes de changement. Basses Loaded est une tout autre paire de manches. Le concept derrière l’album est très simple: une collaboration avec des musiciens qui ont fait partie du groupe dans les dix dernières années en mettant l’accent sur les bassistes. En plus de faire appel à Kris Novoselic, Melvins présente leur nouvel acolyte: Steven Shane McDonald de Redd Kross et Off!

Sur les douze titres, 9 sont aussi parus sur des maxis en édition limitée (Beer Hippy et War Pussy) et dans un «split» avec Le Butcherettes. Malgré ses multiples sources, Basses Loaded est un album qui se tient bien ensemble et qui laisse voir le côté plus sludge de la formation. Sans être révolutionnaire, l’opus n’est pas décevant et recèle quelques pièces bien intéressantes.

Parmi les plus étonnantes, la légère collaboration avec Kris Novoselic et son accordéon n’est pas vilaine aux oreilles bien que ce soit du Melvins Lite. On retrouve d’ailleurs Trevor Dunn et sa contrebasse du Melvins Lite sur Planet Distructo. Cette dernière sonne un peu plus grunge que sludge, mais demeure très champ gauche avec ce son rond et précis de contrebasse. Les nouvelles pièces avec McDonald sont bien intéressantes. Hideous Woman est délicieuse pour les oreilles. On peut en dire autant de la lente et appuyée The Decay Of Lying qui ouvre Basses Loaded.

Basses Loaded est une collection de chansons bien satisfaisante du groupe américain. On ne se retrouve pas devant leurs créations les plus marquantes, mais on y trouve du solide rock généralement mélodique. De quoi se sustenter avant la prochaine sortie du groupe qui ne saurait tarder, car Melvins laisse rarement les mélomanes sécher plus d’un an.

Ma note: 7/10

Melvins
Basses Loaded
Ipecac Recordings
46 minutes

http://themelvins.net/

Les 3 Étoiles: semaine 66

LCA_Les3etoiles
 

LOUIS-PHILIPPE GINGRAS – FORTUNE COOKIE

Louis-Philippe Gingras, c’est une petite bête bien unique et son premier vidéoclip est à son image. Il s’est rendu à la résidence Murray pour tourner avec les résidents. Vous y verrez un paquet de belles personnes qui font le party sur le country- slacker du gars de l’Abitibi. Ah oui! Ça pis une guirlande faite de couche pour adulte vierge… tout ça et bien plus dans Fortune Cookie.


 

LE VOLUME COURBE – RUSTY

Le Volume Courbe, c’est le projet de Charlotte Marionneau qui est française d’origine, mais qui vit à Londres depuis plusieurs années. En 2005, son premier et seul album, I Killed My Best Friend avait fait des vagues sur internet. Bon, c’est sûr qu’avoir Kevin Shields (My Bloody Valentine) comme collaborateur aide à s’attirer les projecteurs. 10 ans plus tard, elle est de retour avec I Wish Dee Dee Ramone Was Here With Me qui paraîtra le 30 octobre prochain. En attendant, voici l’excellente Rusty.


 

MELVINS FEAT. TERI GENDER BENDER – REBEL GIRL

Quand Melvins et Teri Gender Bender (Le Butcherettes, Bosnian Rainbows) s’unissent pour reprendre une chanson, tu sais que ce ne sera pas tout doux. Pour la série Almost Live At Joyful Noise, ils ont repris Rebel Girl, une chanson du groupe Bikini Kill. Ça rentre au poste, c’est quand même très rythmé et comme d’habitude la distorsion de Buzz Osborne est dans le tapis. Bref, c’est le fun pour les tympans.