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Critique : Timber Timbre – Sincerely, Future Pollution

Un des aspects qui rend Timber Timbre si intéressant est le refus catégorique de faire du surplace. Alors que Creep On Creepin’ On était généralement assez noir et rythmé, Hot Dreams prenait déjà une approche un peu plus folk et majestueuse. Voici qu’avec Sincerely, Future Pollution le groupe incorpore des claviers des années 80 dans leur son. On pourrait croire qu’ils font pour être à la mode et pourtant, la formation les déforme et les utilisent avec intelligence et originalité. Il est impossible de se plaindre.

Grifting est sans doute le meilleur exemple du génie de Mathieu Charbonneau aux claviers. Il nous envoie des sonorités semi-funk, semi-motown passées à travers un filtre. C’est délicieux pour les oreilles. Encore plus lorsqu’on tombe dans un calme plat avec de longues notes vaporeuses pendant le refrain. La dichotomie entre les deux atmosphères est parfaite et tissée d’une main de maître. Sewer Blues, le premier extrait, nous plongeait déjà dans une atmosphère plus sombre qui se retrouve à quelques endroits sur Sincerely, Future Pollution. C’est une teinte qui colle à la peau à merveille à Timber Timbre. La voix de Taylor Kirk est faite sur mesure pour ce genre de situation. De plus, le refrain de la chanson est un peu plus léger et d’une efficacité hors pair. C’est même un peu sexy, cette trame-là, mais également dangereux. Comme Basic Instinct… mettons.

Dans les chansons plus atmosphériques de l’album, Velvet Gloves & Spit est particulièrement réussie. On y trouve une basse (jouée par Simon Trottier?) avec un son tout droit sorti d’une pièce de David Bowie, une batterie d’Olivier Fairfield, comme à son habitude simple, mais ô combien efficace. La chanson-titre pour sa part, nous offrent des sonorités bizarres. Timber Timbre sont les champions de l’atmosphère bizarre et le démontre avec éloquence. Skin Tone est un autre bon exemple. La chanson oscille entre les sonorités légères des cloches, des claviers funk, une basse hachurée et accrocheuse ainsi qu’un riff de guitare porteur. Une chanson instrumentale, à l’instar de Bleu Nuit.

Sincerely, Future Pollution réaffirme ce qu’on sait déjà, Timber Timbre, c’est des solides. Plus séquoias qu’épinettes noires, le groupe nous démontre son savoir-faire dans un album qui fait plaisir aux oreilles du début à la fin. On pourrait apposer sur leurs albums une petite étiquette : valeur sûre, que ça ne serait pas exagéré.

Ma note: 7,5/10

Timber Timbre
Sincerely, Future Pollution
41 minutes
Arts & Crafts

http://www.timbertimbre.com/