Loyle Carner Archives - Le Canal Auditif

Les nominations au prix Mercury 2017

Le prestigieux prix Mercury vient de dévoiler sa liste de nominations pour l’édition 2017. Pour ceux qui ne seraient pas au courant, le prix Mercury est un peu l’équivalent du prix Polaris pour l’Angleterre. Roulement de tambours, les nommées sont :
 
 
 
 

Alt – J – Relaxer
Blossoms – Blossoms
Dinosaur – Together, As One
Ed Sheeran – ÷
Glass Animals – How To Be A Human Being
J Hus – Common Sense
Kate Tempest – Let The Eat Chaos
Loyle Carner – Yesterday’s Gone
Sampha – Process
Stormzy – Gang Signs & Prayer
The Big Moon – Love In The 4th Dimension
The xx – I See You

Le gagnant sera annoncé le 14 septembre prochain lors de la cérémonie de remise du prix.

https://www.mercuryprize.com/

Les 50 meilleurs albums de 2017… à date…

Voici donc ce moment si plaisant de l’année où on vous fait un inventaire des sorties remarquées. Parmi celles-ci, on retrouve que des albums ayant obtenu la note de 8 ou plus. Rien de moins! On vous offre la crème de la crème sur un plateau. Pour vous faciliter la tâche, nous avons regroupé les albums par genre tout en faisant une catégorie spéciale pour nos bons produits locaux, qu’ils soient anglophones ou francophones. Bonne écoute.
 
 

From Québec with love

Peter Peter – Noir éden
Colin Stetson – All This I Do For Glory
Philippe B – La grande nuit vidéo
Kid Koala – Music To Draw To : Satellite
Tim Darcy – Saturday Night
Leif Vollebekk – Twin Solitudes
Mat Vezio – Avant la mort des fleurs cueillies
Samuele – Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent
TOPS – Sugar at the Gate

Hip-Hop / R&B

Run The Jewels – Run The Jewels 3
Loyle Carner – Yesterday’s Gone
Sampha – Process
Thundercat – Drunk
Kendrick Lamar – Damn.
Vince Staples – The Big Fish Theory
Lomepal – Flip
Ho99o9 – United States of Horror
Jay-Z – 4:44

Folk

Mount Eerie – A Crow Looked At Me
Fleet Foxes – Crack-Up

Rock

Nine Inch Nails – The Fragile : Deviations I
Polaroid3 – Rivers
Slowdive – Slowdive
Oxbow – Thin Black Duke
Flotation Toy Warning – The Machine That Made Us
The XX – I See You
Ty Segall – Ty Segall
Foxygen – Hang
The Sadies – Northern Passages
Dirty Projectors – Dirty Projectors
Vagabon – Infinite Worlds
Future Islands – The Far Field
Feist – Pleasure
King Gizzard & The Lizard Wizard – Flying Microtonal Banana

POP

Lorde – Melodrama

Punk/Hardcore

Meat Wave – The Incessant
Pissed Jeans – Why Love Now
USA Nails – Shame Spiral
Priests – Nothing Feels Natural

Métal / Post-Rock

Grails – Chalice Hymnal
Pallbearer – Heartless
King Woman – Created in the Image of Suffering

Électronique / expérimental

Clark – Death Peak
Arca – Arca
Xiu Xiu – Forget
Pharmakon – Contact
Tigran Hamasyan – An Ancien Observer
Jlin – Black Origami
Bonobo – Migrations
Com Truise – Iterations

Bonne deuxième moitiée (déjà entamée) de 2017 les mélomanes!

Critique : Loyle Carner – Yesterday’s Gone

« Le hip-hop britannique devient finalement sérieux – et Loyle Carner mène la charge. »

Voilà comment se termine la critique du NME concernant le premier album de Loyle Carner, Yesterday’s Gone, un opus qui enflamme les publications anglaises en ce début d’année. De ce côté-ci de l’Atlantique, on ne connait pas vraiment le jeune londonien de 22 ans. Mais cela devrait changer dans les prochains mois. Car oui, le gars a du talent. Beaucoup. Et en écoutant sa plaquette de 15 chansons, on peut dire qu’il a fait ses devoirs et qu’il connait déjà bien la musique.

L’album s’ouvre avec The Isle Of Arran, au rythme référencé, récupéré de It’s All on Me, œuvre de Dr.Dre entendue sur l’album Compton, sorti il y a deux ans. Une musicalité similaire qui se veut être un hommage au travail d’un rappeur important de la scène américaine. Mais là s’arrête la comparaison : si Dr.Dre peint les travers de L.A. à l’aide de paroles bien musclées et hargneuses, Loyle Carner, lui, revient sur son enfance à Londres, sur le départ de son père, le tout dicté sans arrogance dans une mélancolie qui, au final, se veut la ligne directrice de son offre musicale.

« My mother said, « There’s no love until you show some »
So I showed love and got nothing, now there’s no-one
You wonder why I couldn’t keep in tow, son?
I wonder why my dad didn’t want me, ex didn’t nee me. »
— The Isle of Arran

Mélancolie. Sensibilité. Histoires personnelles. Acceptation. L’album porte bien son titre. Loyle Carner, n’est peut-être âgé que dans la jeune vingtaine, mais il possède déjà un bagage personnel, disons, intense. Et au détour de ses revers amoureux, du départ de ses amis, de la maladie, de l’abus d’alcool, de l’abandon de son père (qui est finalement de nouveau présent dans sa vie… et sur l’album), mais aussi de l’amour de sa mère (également entendue sur cet album), on apprend à mieux connaitre le rappeur anglais. Et d’où lui vient sa détermination.

« I don’t ever worry ’bout my next step
Or ever even worry ’bout my next check
Like it’s the best bet, trying to protect neg
Living in this hurry, only worry is my next breath. »
— No Worries

Musicalement, Carner joue dans de nombreuses talles. Aux rythmes langoureux et sans excès, ajoutons du spoken word, du jazz, du folk, du gospel et du R&B-bluesy, qui enrobent ses paroles dictées avec précision, sans envolées lyriques, sans démesure, mais qui marque à chaque coup. Mariage réussi entre les paroles et la musique. Symbiose.

Loyle Carner ne crie pas au monde son mal intérieur sur Yesterday’s Gone, comme on l’entend (trop?) souvent sur la scène rap. Non. Lui, il l’extirpe, le décortique, nous l’offre, calmement, un souvenir à la fois. Et il fait la paix avec ses démons intérieurs. Un album rempli de souvenirs partagés généreusement par l’un des artistes à surveiller de près cette année. Absolument.

Ma note: 8,5/10

Loyle Carner
Yesterday’s Gone
AMF Records
43 minutes

http://loylecarner.com/