Louis-Jean Cormier Archives - Le Canal Auditif

Le Festif! 2017 : jour 2

Ma deuxième journée dans la bucolique ville de Baie St-Paul s’annonçait chargée. Tout commençait tôt (vers midi) et se poursuivait jusqu’aux petites heures du matin. Mais comme on ne recule devant rien pour couvrir un festival, j’étais prêt mentalement et physiquement (surtout mon foie).

Jay Kearney / Le Festif

Les pieds pendant au bout du quai

J’exagère, mais c’était pas mal ça. Nous étions conviés sur le coup de midi pour un spectacle de Louis-Jean Cormier sur le quai de Baie St-Paul. L’homme semblait en pleine forme faisant de nombreuses blagues et boutades entre ses chansons. Cormier avait l’air presque (il jouait quand même des chansons, son métier) en vacances que les spectateurs. Il a enchaîné principalement des chansons des Grandes Artères, dont Saint-Michel et La Fanfare. Il a aussi livré une excellente Tout le monde en même temps et Le Pyromane de Karkwa. Comble de la joie pour les mélomanes, il a même donné un premier aperçu de son nouvel album avec une nouvelle chanson bien tournée et touchante.

Après Louis-Jean Cormier, nous étions invités à continuer à avancer sur le quai pour rejoindre Peter Henry Phillips installé au bout de celui-ci. Entouré d’eau, de montagne et de plage, Pierre-Philippe Côté a joué une bonne heure. C’était un des concerts les plus relaxants que j’ai vus de ma vie. Entre son folk doux et mélodieux et le paysage surréel, il était tentant de se pincer pour s’assurer qu’on ne rêvait pas. Pilou s’est même fait voler le show de la plus cute des façons possibles alors que sa fille a décidé qu’elle ne laisserait pas son père seul sur scène. Son aise sur scène prouve que la pomme n’est pas tombée très loin du pommier (la mère étant comédienne aussi). Il nous joue Hold That, The Night, Henry et quelques autres chansons de The Origin. Il en rajoute avec Bloom et Secret issu du premier EP homonyme. C’était parfait et doux.

Jay Kearney / Le Festif

Quand les shows secrets prennent le dessus

En après-midi, mon premier arrêt consistait à Violett Pi, en concert-surprise, perché sur un balcon décoré de drapeaux québécois sur lequel Karl Gagnon chantait en solo. Il avait pour l’occasion échangé sa chaise pour un balcon. Quelques petits bogues ont pollué la chanson Fleur de Londres, mais Violett Pi est comme les chats, il retombe sur ses pieds. On le sentait un peu nerveux, mais il a traversé tout ça avec aplomb. Fidèle à son habitude, il nous a graciés de plusieurs blagues dont une gorgée de bière dans un pichet : « Mon verre a l’air gros… mais c’est parce que j’ai des petites mains. » Sacré Violett Pi!

Je me suis dirigé ensuite vers la scène du Pantoum où se donnait un spectacle du groupe De la reine. Le trio à la soul chaude et bien composée a bien fait groover la foule. J’ai eu le temps d’attraper les cinq dernières chansons. Parmi celles-ci on retrouvait une adaptation d’une chanson de Radiohead. Le tout était pas mal plaisant pour les oreilles et je suis certain que ce n’est pas la dernière fois qu’on entend parler du trio.

Caroline Perron / Le Festif

Puis, je me suis dirigé du côté d’un autre concert-surprise, celui de Dany Placard. Le barde barbu a joué des nouvelles et d’anciennes chansons avec une implication émotionnelle que je ne lui avais jamais vue. C’est ouvert et vulnérable qu’il s’est présenté devant nous. Entre les moments touchants, il en profitait pour nous envoyer quelques blagues dont une sur sa pédale de chorus qui change toutes les chansons en tubes des années 80. Les quelques pièces de son album, à paraître le 29 septembre prochain, étaient convaincantes, dont Sleeping Bag. On peut en dire de même pour Chanson populaire issue de son répertoire.

Un gros show pour des grosses pipes

C’est Laura Sauvage qui avait la tâche d’ouvrir une soirée qui se culminera par le spectacle de Xavier Rudd. On reviendra à ce dernier un peu plus tard. En attendant, Sauvage, fidèle à son habitude, a lancé son concert sans cérémonial et une bonne dose de désinvolture. Entourée de Dany Placard, Jonathan Bigras et Nicolas Beaudoin, elle a livré des chansons de son premier album, Extraordinormale, et quelques nouvelles chansons. J’ai malheureusement manqué une partie de spectacle en raison de la pluie et de l’absence d’imperméable dans mes bagages. BRAVO LP.

Je ressortis du terrier à temps pour attraper la moitié du spectacle de Plants and Animals. Le groupe montréalais comme toujours était solide. Ceux-ci ne donnent jamais de mauvais spectacle. La seule chose qui est dommage est que l’écoute du public était plus ou moins au rendez-vous. Les gens étaient là pour Xavier Rudd et ne semblait n’avoir que faire de l’indie-rock un peu abrasif de la formation.

Mais bon, le gros nom c’était Xavier Rudd, non? Mon souvenir le plus rapproché de Rudd est en 2005 quand il était un gentil dude un peu peace qui jouait du didgeridoo en même temps que de la guitare et de battre la mesure avec son pied. Le gentil hippie a dû se retrouver devant la mare comme narcisse parce que ses pipes semblent plus importantes que sa musique aujourd’hui. Par où commencer? Tout d’abord, il est maintenant en trio sur scène et pour être honnête, il ne joue plus beaucoup d’instruments. Une slide-guitare par-ci, un petit bout de didgeridoo par-là… Ce dernier servant parfois à faire des chansons électros à saveur EDM. Misère. Avec ses chorégraphies, sa mise en scène et son lent effeuillage planifié, Xavier Rudd ressemble plus à un poster boy pour un peace and love à deux piastres qui expédient du reggae cheap qu’à un adepte de la paix mondiale authentique. Malgré ses interventions qui appellent à une unité mondiale de TOUS les peuples, ça ne passe pas. Rudd est rendu aux hippies ce que la psycho-pop est à la psychologie.

Mais peut-être que c’est moi le problème parce que la foule semblait apprécier le spectacle et j’ai quasiment envie de croire l’animatrice quand elle dit que c’est l’artiste le plus demandé à l’organisation du Festif. M’enfin.

Jay Kearney / Le Festif

Danse ta vie, sue ta bière

La fin de soirée s’annonçait plus prometteuse. Mon premier arrêt était avec les funkés de Le Couleur. Voilà un groupe qui ne déçoit jamais. Le trio (quatuor en live) nous a livré ses pièces sans interruption. Une heure de musique sans arrêt qui te donne envie de fêter comme si c’était ton anniversaire. Underage, La fuite de Barbara, L’Amour le jour, Concerto rock et Voyage amoureux ne sont que quelques-unes des pièces sur lesquels les festivaliers ont dansé. Et dansé, ils ont. Sous la tente Radio-Canada, la foule compacte se shakait le popotin allègrement sur les rythmes contagieux du groupe. Laurence Giroux-Do ne s’est pas gênée pour remercier le public à plusieurs reprises. C’était un beau dance party.

Parlant de parté, je me suis par la suite dirigé du côté de Qualité Môtel. La formation alternative de Valaire fait un party de cuisine pour gens nés dans les années 80. Le groupe mélange blague et gros tubes avec une aisance déconcertante. On passe de I Think of You de Gregory Charles à Can’t Touch This en passant par Who Let the Dogs Out. Tout ça avec la formation habillée dans leurs plus beaux habits de ginos roumains. C’est magnifique. Bien qu’une part d’improvisation fait partie du concert, les cinq garçons n’ont jamais laissé un moment de silence ou manqué un mix. Du gros travail. Pendant ce temps, le public dansait et mosh-pittait comme s’il n’y avait pas de lendemain. Rapidement, une partie du public s’est retrouvée sur scène. Un gars ramasse un micro et lance : « C’est pas du romarin, c’est du basilic ». Mantra répété ad vitam aeternam par la foule et Qualité Môtel.

Caroline Perron / Le Festif

Quelques moments de puissance pure ont ponctué la performance. Hey Ya d’Outkast a fait danser la foule, Libérez le trésor a été lancé à plusieurs reprises comme un appel vital et quelques tounes d’Alaclair Ensemble pour compléter le tout. Pour terminer un deuxième soir de Festif, c’était parfait. Tous sont repartis avec un gros sourire dans le visage et de la sueur plein les cheveux. Merci Qualité Môtel.

La Fête Nationale à Laval : encore une soirée réussie

Voilà quelques années que le spectacle à grand déploiement le plus intéressant se tient à… Laval. Ben oui, dans le Centre de la Nature défile les vedettes indépendantes, les artistes undergrounds et quelques chanteurs ainsi que chanteuses pop établis et de la relève. Le tout donne un spectacle varié et éclectique, mais toujours très rassembleur.

Des grosses pointures indépendantes

Si vous suivez le moindrement la carrière de Louis-Jean Cormier, vous savez qu’il est un grand amoureux de la nation québécoise. J’imagine qu’il n’a pas été trop difficile à convaincre lorsqu’on lui a offert un des rôles prépondérants avec ses amies Marie-Pierre Arthur et Ariane Moffatt. Le trio dynamique a rocké dès les débuts avec St-Michel de Cormier, Debout de Moffatt et Rien à faire d’Arthur. Philippe Brach était aussi de la fête et nous a chanté Crystel pour enchaîner avec une version convaincante de Julie des Colocs. Les minces d’Alaclair Ensemble étaient aussi à Laval avec un Medley efficace qui compostait ses chansons en commençant par Mon Cou. Évidemment, ils ont joué la populaire Ça que c’tait devant une nombreuse foule. Finalement, c’est Valaire qui a fait aller sa magie pendant que le ciel s’illuminait de mille feux d’artifice.

Des classiques qui sont toujours aussi efficaces

Il faut se souvenir que Marie Carmen a vendu 750 000 disques à l’époque… c’est énorme! Tous ces albums qui se sont retrouvés dans les chaumières québécoises ont marqué une génération de jeunes et hier soir, tout le monde chantait haut et fort L’aigle noir et Entre l’ombre et la lumière. Oui, oui, les cyniques trouveront des moyens de tourner au ridicule ce moment de communion à Laval, mais c’était tout simplement beau. Marie-Michèle Desrosiers était aussi à Laval pour chanter des classiques de Beau Dommage dont Dimanche au soir à Châteauguay et J’ai oublié le jour. L’increvable Nanette Workman a aussi fait vibrer la foule avec sa voix ronde. On a aussi assisté à un moment touchant lorsqu’Ariane Moffatt s’est assise au piano avec Clémence Desrochers pour revisiter ses textes.

À tous ces artistes se sont greffés Alexe Gaudreault et Matt Holubowski qui ont aussi bien livré les pièces de leurs albums respectifs. Les petits chanteurs de Laval ont appuyé plusieurs des artistes dans leur prestation tout comme un groupe de musicien aguerri parmi lesquels on comptait José Major, Philippe Brault et Alex McMahon. Marc Béland, Queen Ka et Émilie Monnet ont livré un discours patriotique enflammé.

Bref, c’est une autre édition de la Fête Nationale qui devient rapidement l’événement à ne pas manquer le 24 juin. On se revoit en 2018!

Périple au festival Santa Teresa

Le festival Santa-Theresa amorçait sa première édition jeudi passé avec une programmation assez charnue dispersée dans six bars, une place extérieure et une église. Franchement, c’était un solide line-up, il y en avait beaucoup à voir, et l’accueillant centre-ville de Sainte-Thérèse était l’endroit rêvé pour un tel évènement.

Le festival a commencé sur une fausse note, avec une performance de Jesse Mac Cormack au bar Prohibition qui fut retardée de plus d’une heure, au grand bonheur de ses fans qui constituaient la moitié du bar qui ne parlait pas pendant l’entièreté du spectacle. Il était un peu décevant de le voir performer dans ces conditions médiocres, d’autant plus qu’il n’était accompagné que de sa guitare acoustique. De ce que j’ai cru entendre, c’était une bonne performance, Les louanges et Lydia Képinski ont eu de meilleures conditions pour leur spectacle, dans un Saint-Graal assez bien rempli et majoritairement silencieux. Les Louanges nous a offert une performance solo un peu fragile, mais bien colorée d’accords jazzés et de quelques acrobaties vocales pour la plupart très bien exécutées. On a même eu droit à un solo de shaker aux influences free-jazz de Lydia Képinski en guise de solo de batterie!

Képinski et son groupe ont ensuite enflammé les saintes planches de leur pop klôpelgag-esque aux tendances électroniques bien originales. L’altiste/claviériste (Blaise Borboën) nous remplissait le spectre harmonique de belles basses profondes, que ce soit avec son Moog ou avec son alto trafiqué par un gigantesque ensemble de pédales. Pendant ce temps, Képinski jouait de sa guitare comme si elle s’était métamorphosée en synthétiseur. Malheureusement, la chanteuse avait quelque peu de misère à garder la tonalité en tête quand tout le groupe jouait, ne pouvant pas s’entendre correctement dans le petit bar. Ça donnait un bon spectacle tout de même. Somme toute, c’est une formation originale, très prometteuse et bien le fun à voir jouer.

Je suis allé terminer ma soirée au mythique Montecristo, en premier lieu en compagnie de Corridor. Le groupe nous a surtout joué de la nouvelle musique, un peu moins dense et saturée, tirée de leur prochain album. C’était pas pire, mais sans plus, un peu comme We Are Wolves, qui ont donné une très bonne performance physique, mais ce au détriment de leur performance musicale. Le groupe était loin de leur studio au Montecristo, où les batteries électroniques sonnaient toutes comme si elles étaient échantillonnées directement d’un drum machine cheap des années 80 – 90… dans chacune de leurs pièces. Ça finissait par être lassant, d’autant plus que les rythmes qui en sortaient n’ont pas la vertu d’être très authentiques. Le batteur aura beau monter sur sa batterie tant qu’il voudra, musicalement ce n’était pas égal à leur album.

Le lendemain, je me suis faufilé dans l’église Sainte-Thérèse-D’Avila pour aller voir Safia Nolin, qui nous a livré une performance un peu monotone, dont un cover de Between the Bars d’Elliott Smith auquel on a enlevé toute pertinence, et ce malgré le gilet de sauvetage vocal de Patrick Watson. Louis-Jean Cormier lui a succédé pour nous interpréter quelques-unes de ses pièces, mieux écrites et surtout beaucoup mieux livrées. Il nous a fait monter beaucoup plus haut que l’on s’y attendrait d’un acte homme-guitare, avec une belle maîtrise de son instrument et de sa voix… Inutile de préciser aussi qu’une église, ça sonne bien en maudit pour ce type de spectacle là.

Je me suis gardé Watson pour le lendemain, par contre, pour courir voir Hoan au Montecristo, qui nous ont offert un spectacle qu’on aurait aussi espéré moins monotone. Techniquement, c’était bien. Les moments les plus subtils étaient assez bien exécutés, mais quand ça avait à monter mettons que ça manquait de jus. Ils auraient avantage à sortir de leur esthétique hipster blasés par moments. La soirée a vraiment commencé avec Suuns, qui a donné un des meilleurs spectacles du festival (sinon le meilleur). Ces gars-là ont tout compris à comment mélanger le dance et le post-rock tout en gardant une esthétique bien punk déglinguée. Les grosses basses de leurs synthés et les énormes rythmes de batteries ont complètement réussi à réchauffer l’assistance. Techniquement, c’était impeccable, presque tout était au quart de tour, le batteur est une machine (il a été parfaitement synchro avec le drum machine pendant tout le long du spectacle… sans clic), le chanteur est démoniaque, le claviériste et le guitariste/bassiste sont plus renfermés dans leur équipement, mais ils n’en sont pas moins excellents… L’énergie était là, l’ambiance était là, on avait le goût que ça dure toute la soirée.

La barre était donc haute pour les excentriques Duchess Says, qui ont relevé le défi avec un spectacle complètement sauté et partiellement ésotérique. Annie-Claude Deschênes, qui constitue l’essence de leur esthétique live, n’a pas attendue longtemps pour aller se promener dans le pit et ce, jusque dans le fond de la salle. Elle y est restée essentiellement tout le spectacle, en lançant des bonbons et des serviettes aux fans, les coiffant d’une casquette déguisée en tête d’animal étrange, etc. Ça donnait l’impression d’être dans une secte par moment. Somme toute, c’est un excellent groupe en live, bien que la musique soit quelque peu négligée par moments.

La dernière journée s’est entamée au bar Prohibition avec Peter Henry Phillips, qui nous a fait une belle performance dans, bar oblige, de piètres conditions. Vraiment, c’était presque insultant pour lui d’avoir autant de gens crier par dessus les haut-parleurs… Un choix de salle étrange de la part des organisateurs.

Je suis ensuite passé voir Alaclair Ensemble, qui n’était pas à leur meilleur dans la froideur du printemps, avant d’aller me rasseoir sur les bancs de l’église de Sainte-Thérèse pour assister à la performance de Wilsen et de Patrick Watson (pour vrai cette fois là). Comme je m’y attendais, Wilsen n’a pas beaucoup réchauffé la salle avec leur performance en grande partie monotone, et même lassante. Soit les quatre musiciens croyaient vraisemblablement qu’ils étaient encore en studio, soit ils étaient pétrifiés devant la magnificence de la salle dans laquelle ils jouaient.

Une chose est sûre, ils ont des croûtes à manger pour accoter Patrick Watson et ses acolytes. Ils ont donné comme toujours une performance presque sans lacunes… Bien des groupes auraient à apprendre d’eux; ils utilisent à la perfection toutes les émotions pouvant être soutirées à leur musique, zigzaguant entre les passages ultra-puissants, le volume dans le fond, et ceux plus doux parfois mêmes se défaisant de leurs micros, avec une agilité hors du commun. Évidemment, une grosse partie de la job est faite quand on s’entoure de tels musiciens, autant versatiles qu’expérimentés (pour la plupart)… La seule vraie lacune de son spectacle, c’est son dernier album. Les pièces de celui-ci sont vraiment moins intéressantes, et vu qu’une grande partie du set est composé de pièces de son dernier album, ça brise un peu la fluidité et l’excellence de la chose. Ils ont aussi joué deux nouvelles pièces qui ne semblent pas vouloir être bien différentes, il faut espérer que son prochain soit à la hauteur de ses anciens, pour que son prochain spectacle soit au maximum de son potentiel. Mais c’est là qu’on voit le talent de la bande : même avec des pièces moins intéressantes, il réussit à captiver et à donner le meilleur spectacle possible.

Le festival s’est terminé pour moi avec Dilly Dally. Leur post-punk lo-fi et guttural, donne une performance intéressante… sans plus. C’était bien exécuté, ça groovait, mais ça devenait long rapidement. Peut-être la chanteuse était-elle trop préoccupée par l’hémorragie qui l’a frappée à l’index vers le début du spectacle. Si c’est le cas, ce n’est pas très punk.

Somme toute, les organisateurs de Santa-Theresa ont bien fait ça pour une première édition : ils ont choisi une belle brochette d’artiste assez varié, ont mis beaucoup de très bons artistes undergrounds en premier plan et ont choisi un beau site avec des salles pour la plupart adéquates pour les spectacles qui s’y trouvaient (sauf le maudit bar Prohibition)… Vraiment, ça fait du bien un autre festival qui ne fonctionne pas uniquement sur l’apport de capital des artistes, comme certains le font à excès. C’est une bonne première aventure qui, je l’espère, sera suivie par plusieurs autres encore plus variées!

http://www.santateresa.ca/

La programmation du Festif! 2017

Comme à chaque année, le Festif! accueillera les festivaliers vers la fin juillet, du 20 au 23 pour être plus précis. Pour ceux qui ne sont pas encore familiers avec celui-ci, le Festif! est un événement qui met de l’avant la musique émergente et indépendante, un peu à la manière du FMEAT, en mélangeant les artistes établis à ceux qui sont plus verts. Cette année, la programmation est encore une fois de calibre. À 50 minutes de Québec, le festival a lieu dans la ville de Baie St-Paul, petit joyau de Charlevoix.

Quelques noms établis valent le détour cette année, dont une soirée où Bernard Adamus, Lisa Leblanc et Daniel Bélanger s’enchaînent. Tout cela se passera en extérieur sur la scène Desjardins qui accueillera aussi Caravan Palace, Xavier Rudd, Plants and Animals, Valaire, Laura Sauvage ainsi que les deux gagnants des Cabarets Festifs! de la relève : Miss Sassoeur & les Sassys et Émile Gruff. Parmi les autres artistes établis qui fouleront le sol de Baie St-Paul, on compte Martha Wainwright, Louis-Jean Cormier en solo, Xavier Caféïne qui fête les 10 ans de Gisèle et Groovy Aardvark.

Certains artistes qui viennent de lancer ou qui lanceront prochainement un album seront de la partie. Leif Vollebekk, Timber Timbre, Beyries et Peter Peter amèneront leurs nouvelles ritournelles sur la route de Charlevoix. Philippe B est de ceux qui lanceront un album peu de temps avant l’événement estival. Quelques valeurs sûres feront plaisir aux mélomanes : la voix grave d’Antoine Corriveau, la pop déjantée et orchestrale de Klô Pelgag, la disco intoxicante de Le Couleur, les rockeurs de Chocolat, les capables des Dales Hawerchuck, le sympathique Karim Ouellet et les lourds de chez Voïvod.

Le hip-hop ne sera pas en reste, les minces peuvent se réjouir. Alaclair Ensemble, Rednext Level et KNLO seront tous de la fête cette année. On y ajoute les vétérans de Loco Locass et le retour-surprise de Bran Van 3000. Dans le volet étonnant, notons la présence de l’excellente formation torontoise Weaves et Yonatan Gat avec qui ça devrait déménager. Finalement, la relève obtient aussi sa part du gâteau. Le trio Paupière, Sarah Toussaint-Léveillée, Tintamarre, Chassepareil, De La Reine, Bad Dylan, Renard Blanc et Les Viandes Froides seront sur place.

Une édition 2017 assez affriolante pour le Festif! On s’y voit du 20 au 23 juillet prochain!

http://lefestif.ca/

Écoute exlusive : Cédrik St-Onge – Ici

Cédrik St-Onge a fait paraître le sympathique EP Les yeux comme deux boussoles à la fin janvier. Voici que le jeune homme lance le vidéoclip pour la mélancolique et mélodieuse Ici. Histoire de jeune homme qui fait le ménage dans ses démons, encabané, St-Onge nous transmet le sentiment avec une belle justesse. Il faut dire que la pièce est réalisée par Louis-Jean Cormier, passé maître à bien canaliser la mélancolie. Le vidéoclip construit d’images d’une cabane qui a été maltraitée par le temps est une réalisation de Tiphaine Roustang.