Loud Archives - Le Canal Auditif

Critique : Loud – Une année record

Loud a lâché son Année record en surprise, le 27 octobre passé, alors qu’il était censé paraître le vendredi 10 novembre. Le jeune homme avait déjà fait paraître New Phone cet été, un EP fort réussit qui affichait le virage de sonorités qu’il prenait par rapport à Loud Lary Ajust. Comment ça se passe pour Loud à l’extérieur du trio?

On va se le dire, assez bien, merci! Loud a gardé Ajust à ses côtés et s’est aussi allié à Ruffsound pour la production des trames. Elles sont assez réussies de bord en bord d’Une année record. De plus, Loud brille sous les feux de la rampe. Il aurait pu se sentir un peu perdu sans son acolyte à ses côtés, mais c’est tout le contraire qui arrive. Loud offre des textes intéressants doublés d’un débit nuancé, varié et très efficace.

On se demande un peu la relation entre Loud et Lary Kidd avec la séparation de Loud Lary Ajust au moment où le groupe était au sommet de sa gloire. Loud nous offre quelques réponses :

Ça fait 2-3 ans que j’attends mon boy
Parait qu’il est resté coincer dans le trafic
Depuis que la Volvo a dérapé
Cinq ans in and out en thérapie
Des fois, j’ai l’impression qu’y’a rien appris
But these things they take time
TTTTT

La relation semble être bonne entre les deux, parce qu’à la chanson précédente, Il était moins une, Loud envoie une pique directement à Maybe Watson. Le membre d’Alaclair Ensemble aurait-il insulté son ami? Est-ce qu’on va se retrouver avec une petite guerre de mots dans le rap québécois? Ce serait divertissant, même si l’on est plus partisans de l’amour. Loud aussi, comme le démontre SWG (ft. Lary Kidd).

C’est un peu ce qu’on peut reprocher à Une année record. On passe de sujets pertinents et traités avec originalité à une superficialité totale. Reflet d’une génération? Possible. N’en reste que Hell, What A View accumule les références religieuses et possède une profondeur intéressante. Le prérefrain est aussi particulièrement marquant :

Dans la vie there’s something you gotta know
Tu peux pas changer les hoes en Kent Nagano
Tu peux pas sauver les kids, t’es pas Jean Reno
L’ennemi est parmi nous, parole de parano
Hell, What A View

C’est aussi dans cette même pièce qu’on remarque à quel point Loud a été influencé par Kanye West. Parfois, il peine à se distancier de ses influences. Ça amène de belles choses, dont une fluidité impressionnante dans son débit. Mais ça vient aussi avec les fameux « ha » qui ponctuent et repris ad nauseam depuis quelques années par l’ensemble de la scène rap mondiale. Par contre, Loud réussit là où Yes McCan et Joe Rocca n’ont pas encore trouvé leur voix. Loud fait un rap velouté aux touches mélodieuses et R&B, particulièrement évident sur On my life (ft. 20some et Lary Kidd).

Une année record est un bon album de rap qui fait la job et offre la chance à Loud de prendre toute la place. Honnêtement, ça lui rend service parce qu’il est doué de la plume et derrière le micro. C’est un album qui s’écoute tout seul et qui coule doucement avec de bonnes trames.

Ma note: 7,5/10

Loud
Une année record
Joyride Records
38 minutes

Site Web

CCF 2017 : Loud, Shash’U, Automelodi et Xarah Dion

C’était la deuxième soirée du Coup de cœur francophone 2017, ce vendredi 3 novembre. Au menu? Un arrêt au Club Soda pour Shash’U et Loud qui lançait Une année record pour ensuite filer à l’Esco où Ellemetue, Automelodi et Xarah Dion joueraient successivement.

Une longue première partie

Le choix de mettre Shash’U avant Loud était particulier, surtout avec l’heure de prestation qu’il a offerte. Ce n’est pas par manque de talent, mais avec un concert qui commence avec une demi-heure de retard, une heure de DJ set parfois hyper réussi, parfois qui tombait à plat, une autre demi-heure de changement et finalement Loud qui apparaît sur scène, la patience était mise à l’épreuve. N’en reste que Shash’U est l’un des DJ et producteur montréalais les plus talentueux de la scène.

Il a alterné entre ses compositions, des remix et quelques chansons plus connues. Cela donnait un set qui était plus adapté à une soirée dansante qu’un Club Soda qui attendait Loud. Cela s’est aussi traduit avec des moments où les gens dansaient avec entrain et d’autres moments où la foule décrochait et parlait de sa fin de semaine. Il aurait été plus judicieux de couper ça à une bonne demi-heure de bon réchauffement tissé serré, il me semble. Mais vraiment, Shash’U, lui a livré avec solidité, lançant au passage des remix de Ça que c’tait d’Alaclair Ensemble et F.P.T.N. de Yes McCan.

Le phénomène surprenant de Loud

Voilà environ une semaine qu’Une année record est disponible pour écoute. Et ça n’a certainement pas pris plus de temps à la foule nombreuse (le Club Soda affichait complet à l’entrée) pour apprendre les paroles. J’ai même été soufflé par l’ampleur du mouvement. Si l’on savait que Loud Lary Ajust avait son public, Loud ne semble pas plus mal pris en solo. Avec ses rimes souples et veloutées ainsi que sa verve intelligente, il a doublement charmé le public présent. Le jeune homme n’a rien à envier aux musiciens les plus établis. Il est arrivé sur la scène en plein contrôle et n’a jamais donné une seconde de répit aux spectateurs.

Il a enchaîné les chansons de New Phone et d’Une année record, dont les deux succès déjà parus Nouveaux Riches et Hell, What a View avec son complice Ajust aux platines surélevés dans les airs du Club Soda. Lary Kidd est aussi venu lui rendre visite, le temps de quelques chansons pour se remémorer le bon vieux temps. Un concert réussi haut la main et qui valait entièrement l’attente.

Musique faite et livrée dans l’obscurité de la nuit

À l’Esco, je suis arrivé à temps pour attraper Automelodi, devant faire mon deuil des dernières chansons de Loud et de la performance de Ellemetue. Paraît que c’était bon selon le public présent. Automelodi, pour sa part, est duo montréalais qui mélange New Wave et musique Dance. La recette fonctionne bien et le duo ne se perd pas dans des méandres de compositions. Les pièces sont envoyées directement et ne s’étirent pas inutilement. C’est intéressant et on gardera les oreilles ouvertes à l’avenir.

C’est surtout pour Xarah Dion que je m’étais déplacé à l’Esco. Avec Fugitive, la jeune femme commence à obtenir la reconnaissance qui lui est due. Cette année, elle a fait la longue liste du prix Polaris avec raison. Elle nous a d’ailleurs livré ses pièces d’électro-pop expérimentales avec une assurance impressionnante. La talentueuse musicienne n’arrête pas un instant sur scène, pianotant par-ci, bidouillant par-là et chantant en prime. C’est ce qu’on appelle du multitasking. Vraiment, Dion a tout simplement offert une performance parfaite et délicieuse de la première à la dernière note.

On se revoit lundi pour les résumés de la soirée occupée de samedi soir!

Les 10 albums à surveiller en novembre 2017

Converge – The Dusk In Us (3 novembre)

Penser que Converge se calmera un jour est vivre dans un déni total. Le brutal quatuor américain lancera The Dusk In Us le vendredi 3 novembre et on peut déjà affirmer que ça ne sera pas de tout repos. Les deux simples parus à dates semblent indiquer que le groupe essaie même de nouvelles avenues musicales. Comme quoi, faire du surplace est tout simplement impossible pour la bande de Kurt Ballou.


 
 

La Bronze – Les corps infinis (3 novembre)

Il s’est passé beaucoup de choses depuis la sortie du premier album de La Bronze. Elle est dorénavant une artiste établie. Son EP Roi de nous a notamment démontré qu’elle avait toujours le désir d’essayer de nouveaux sons. On retrouve un mélange des sonorités de l’EP et les mélodies pop du premier album sur le premier simple : On danse par en dedans.


 
 

Philippe Brach – Le silence des troupeaux (3 novembre)

Mais qu’est-ce que Philippe Brach nous prépare avec Le silence des troupeaux? Le premier simple nous envoie un riff de guitare et un air qui sont très radiophoniques. Un peu trop même pour le jeune auteur-compositeur-interprète émérite. Et que dire de la vidéo promo, où l’on voit des artistes surprenants travailler avec le jeune homme. En tout cas, il risque de nous en mettre plein la vue!


 
 

Electric Wizard – Wizard Bloody Wizard (10 novembre)

Electric Wizard avait fait paraître l’excellent Time to Die en 2014. La bande de doom métal fortement influencée par Black Sabbath s’apprête justement à lancer un album dont le titre fait directement référence au mythique groupe anglais. Le premier simple See You in Hell donne un bon indicatif de ce qu’on y retrouvera.


 
 

Loud – Une année record (10 novembre)

Un tiers de Loud Lary Ajust lancera à son tour son premier album après son acolyte Lary Kidd qui a lancé Contrôle un peu plus tôt cette année. L’album arrive peu de temps après la sortie d’un EP, New Phone, au printemps. Les deux premiers simples à paraître son très différent et intéressant pour des raisons différentes. On a un petit faible pour Hell, What A View avec sa solide trame et ses vers aussi nuancés qu’efficaces. Bonne nouvelle, il est déjà disponible pour écoute sur le web!

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Les 3 étoiles du 20 octobre 2017

Loud – Hell, What A View

Loud lance le premier simple de son album Une année record à paraître le 10 novembre prochain dans le cadre du Coup de cœur francophone. Ce premier nous offre quelques vers assez surprenants comme : « tu peux pas changer les hoes en Kent Nagano ». On peut le dire sans gêne, Loud offre une prestation tout à fait réussie. Ça augure bien pour la suite.


 
 

Dylarama – Chantal

Dylarama a fait belle figure avec son simple Saison estivale un peu plus tôt cette année. Il remet ça avec Chantal, une autre pièce qui donne envie de se shaker le « moneymaker ». Dylarama trouve le moyen de nous faire danser avec goût et originalité. C’est frais, plaisant pour les tympans et intelligent. Vivement un EP ou LP!


 

!!! (chk chk chk)- The Long Walk

Le groupe !!! se poppifie sur The Long Walk qui se retrouvera sur l’EP Shake the Shut Up qui sera disponible lors de leur tournée prochaine. Ils ne passeront malheureusement pas par Montréal ni Paris. Mais bon, The Long Walk est une vidéo tournée en live et ça un prix de consolation assez plaisant pour les tympans. En attendant le prochain passage du combo, ça devrait vous permettre de vous déhancher allègrement.

Les EP à LP du mois de juin 2017

Fuudge – Man!

Après un premier EP réussi, la formation Fuudge revient à la charge avec Man! Ce deuxième mini-album garde un peu de grunge du groupe, mais continue de faire du rock mélodieux qui rentre au poste. Le groupe nous offre aussi quelques chansons un peu plus atmosphériques comme Caller un magicien qui flotte dans la stratosphère avant de nous frapper d’un gros riff de guitare. Satan pour sa part nous donne une bonne dose de lourdeur efficace.
 
 

Louis-Philippe Gingras – La rangée des popsicles

Après son troisième rangée réussi, Louis-Philippe Gingras nous livre une couple de chansons assez plaisantes pour les oreilles dont la mélancolique et douce Sutton. Gingras nous chante aussi Rouyn-Noranda et sa folie quotidienne. Son folk rock se fait aussi efficace sur la Calvette du Saint Graal qui rappelle la grande tradition de la chanson américaine. C’est quelques chansons de plus qui s’ajoutent à son répertoire déjà bien plaisant pour les tympans.
 
 

Brown – Popluv

Le trio familial Brown est de retour avec un EP. On alterne sur Popluv entre le plus traditionnel sur Should I’ve Been There et une production hyper contemporaine sur What About You. Si vous avez déjà aimé le premier album, vous risquez d’avoir autant de plaisir à écouter cet EP qui recèle des chansons qui explorent un peu plus loin dans les différents recoins du hip-hop et des styles connexes.
 
 
 

Bernice – Puff

Tu veux de la bonne pop alternative qui mélange un ensemble de genre du dance au R&B? Bernice est là pour toi. Dès les premières notes de St Lucia, on est happé par la voix magnifique de Robin Dann. La bande de Toronto regroupe des collaborateurs d’Owen Pallett, Bahamas et Diana. Leurs chansons sont à la fois veloutées et poignantes. Et c’est résolument l’un des groupes les plus sous-estimés en ce moment sur la scène canadienne.


 

>Loud – New Phone

Pendant que son collègue Lary Kidd lançait son premier album Contrôle, Loud préparait une sortie de son bord aussi avec New Phone. Avec des chansons aussi veloutées que 56K, le jeune homme propose des textes efficaces et bien construits avec des débits intéressants. Loud a une facilité à créer des mélodies accrocheuses dans ses rimes et Le Pont de la rivière Kwaï, une histoire de rupture approchée avec un angle bien intéressant qui donne tout le sens au titre.

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