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Critique : Das Mörtal – Always Loved

Das Mörtal est le projet solo du montréalais d’origine chilienne Cristóbal Cortes, actif sur la scène synthwave depuis quelques années, en fait depuis la composition de la trame sonore du film Naissance d’un zombie (2014). La palette sonore de celle-ci n’est pas seulement une référence aux années 80, elle l’est tout simplement, comme si Vince Clarke et John Carpenter avaient collaboré. Ça se poursuit sur les deux EP Hotline Miami II (2014) et Never Forgotten (2014) avec des structures qui passent facilement du new wave au techno (maximaliste par moment) et une façon de faire taper du pied qui se transfert bien sur la piste de danse. Quatre simples plus tard, Cortes nous est revenu en juin avec son premier album, Always Loved, et un hommage au synthwave romantique des années 80, teintes fluorescentes et manches de veston remontées incluses.

Midnight Rendez-vous donne le ton avec son atmosphère de je-danse-seul-dans-une-soirée-darkwave. Il est accompagné par French Fox (Julien Manaud) à la voix, sur une ligne de basse qui donne envie de la mixer avec Done Deal d’Octave Minds. L’arpège pétillant de Backseat Love Affair reste solidement attaché au sol par le kick et la basse jouée à l’octave; la mélodie se développe en séquences synthétiques qui plongent à la fin dans un échantillon de vagues. On imagine facilement une jeune Anne Clark chanter là-dessus. Bedtime Intimacy ouvre également sur un arpège scintillant qui mène cette fois-ci à une suite d’accords à saveur disco house; la basse oscillante apporte une ponctuation rythmique très efficace.

Dark Valley Intercourse ralentit le tempo, un peu comme une balade darkwave au rythme saccadé et à la texture brillante. Le son saturé de Jennifer s’enchaîne au kick et renouvelle son souffle sur un glissando dissonant. La pièce prend une pause d’algorithmes rétro pour se rapprocher des traitements numériques du jour, ça fait changement, au point de me faire penser à Levitation sortie plus tôt cette année. Risking my life repose sur un duo kick et basse, Ghost Twin collabore à la voix et apporte une ligne mélodique aérienne qui plane au-dessus de la trame synthétique.

L’arpège en boucle de Youth Escape sert de base mélodique à la voix trafiquée numériquement au vocodeur; c’est pas mal cute. The Curse part sur une ligne de basse en boucle, le rythme ancre la suite dans le béton jusqu’à ce que la pièce explose en bombe acid house. Il y a (enfin) une résolution mélodique qui nous propulse parmi les étoiles tellement les harmoniques brillent. Final Survivor Girl continue dans la mélodie en boucle sous forme de techno qui sert à faire vibrer chaque fibre du corps; version rave fin 90. Midnight Rendez-vous (Outro) conclue en reprenant le thème mélodique de la première pièce, avec une nouvelle boucle de clavecin trafiqué.

Cortes a résolument développé un talent pour les sonorités et structures rétro inspirées du new wave et du techno. Maintenant que nous avons un album entier à savourer, on peut apprécier davantage les mouvements qui tendent vers le disco ou le darkwave. Always Loved est en ce sens très bien produit, et même si certaines oreilles trouveront la finition un peu trop luisante par moment, celui-ci devrait se retrouver tout naturellement sur les listes d’écoutes des fans de Com Truise, Vitalic et autres projets électros qui font danser en 2017.

MA NOTE: 7/10

Das Mörtal
Always Loved
Lisbon Lux Records
37 minutes

https://dasmortal.bandcamp.com