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Concours : Gagne ta copie vinyle d’À jamais privé de réponses de Paupière

Paupière a fait paraître À jamais privé de réponses en septembre dernier. Voici que les vinyles sont disponibles! Lisbon Lux et Le Canal Auditif sont très heureux de vous offrir la chance d’en gagner une copie! Pour ce faire, vous n’avez qu’à répondre à la question suivante :

Nommez l’un des membres du groupe

Indice

Le concours en vigueur du 21 au 27 octobre 2017 à midi. La personne gagnante sera contactée par courriel et devra aller chercher sa copie aux bureaux de Lisbon Lux à Montréal, Québec.

Ce concours est maintenant terminé. Merci à tous d’avoir participé.

Critique : Paupière – À jamais privé de réponses

Paupière est débarqué avec son premier EP, Jeunes instants, en janvier 2016 après quelques spectacles donnés à Montréal. Ce projet attirait l’attention tout d’abord à cause de ses membres bien connus dans la communauté artistique de la métropole : Pier-Luc Bégin de We Are Wolves, Julia Daigle issue des arts visuels et Éliane Préfontaine aussi comédienne. Le résultat de leur association versait dans l’électro-pop qui tire ses influences du new wave tout en y ajoutant une bonne dose de poésie et de textes qui rappellent la chanson française.

L’EP était bien, quoique pas exceptionnel. On y trouvait quelques bons premiers jets de mélodie, mais ça manquait de raffinement. Sur À jamais privé de réponses, c’est une tout autre chose. L’album fait le pont parfait entre la chanson et l’électro-pop à coup d’airs intoxicants, de percussions intéressantes et claviers scintillants et mélodieux. Le trio livre un album bien calibré qui nous rassasie sans nous soûler avec un 43 minutes où ils évitent les faux pas.

Aux travers de mes paupières
Je perçois l’univers
D’une autre manière
Même si ça m’indiffère
De voir le monde à l’envers
D’une autre manière
D’une autre manière

Le refrain de la première chanson d’À jamais privé de réponses explique un peu ce qu’est Paupière. Un trio de romantique, dans le sens Lamartinesque du terme, qui exprime à travers ses chansons un monde qu’ils ne comprennent pas totalement. Sans jamais tomber dans la critique sociale comme telle, Paupière se pose bien des questions sur eux-mêmes et sur cette société qui les entoure sur Cours toujours.

L’amour détient une place de choix dans leurs préoccupations. Sans elle emprunte des éléments au cold wave en rajoutant des claviers saturés et une mélodie franchement efficace. L’échange de voix entre Bégin et Préfontaine fonctionne à merveille. Brûler Bruyamment prend un chemin plus atmosphérique alors que Julia Daigle démontre ce qu’elle est capable de faire vocalement sur Les fleurs.

Et j’ai déjà
Des prétendants
Tinder fera
Le choix pour moi
Les fleurs

Parce que même si Paupière chante l’amour contemporain, c’est beaucoup plus au niveau des relations désenchantées de la vingtaine qu’ils s’aventurent. Parce qu’encore qu’on ait la clé des sous-vêtements de quelqu’un, cela ne veut absolument pas dire que la porte de son cœur est ouverte.

Tout ça pour dire que Paupière n’a pas raté son coup avec À jamais privé de réponses. Le groupe fait une entrée par la grande porte et saura plaire aux publics des deux côtés de l’océan. Le trio maîtrise bien ses mélodies et compose avec goût, ce qui donne des tubes aux multiples facettes intéressantes.

Ma note: 8/10

Paupière
À jamais privé de réponses
Lisbon Lux
43 minutes

Site Web

Critique : Das Mörtal – Always Loved

Das Mörtal est le projet solo du montréalais d’origine chilienne Cristóbal Cortes, actif sur la scène synthwave depuis quelques années, en fait depuis la composition de la trame sonore du film Naissance d’un zombie (2014). La palette sonore de celle-ci n’est pas seulement une référence aux années 80, elle l’est tout simplement, comme si Vince Clarke et John Carpenter avaient collaboré. Ça se poursuit sur les deux EP Hotline Miami II (2014) et Never Forgotten (2014) avec des structures qui passent facilement du new wave au techno (maximaliste par moment) et une façon de faire taper du pied qui se transfert bien sur la piste de danse. Quatre simples plus tard, Cortes nous est revenu en juin avec son premier album, Always Loved, et un hommage au synthwave romantique des années 80, teintes fluorescentes et manches de veston remontées incluses.

Midnight Rendez-vous donne le ton avec son atmosphère de je-danse-seul-dans-une-soirée-darkwave. Il est accompagné par French Fox (Julien Manaud) à la voix, sur une ligne de basse qui donne envie de la mixer avec Done Deal d’Octave Minds. L’arpège pétillant de Backseat Love Affair reste solidement attaché au sol par le kick et la basse jouée à l’octave; la mélodie se développe en séquences synthétiques qui plongent à la fin dans un échantillon de vagues. On imagine facilement une jeune Anne Clark chanter là-dessus. Bedtime Intimacy ouvre également sur un arpège scintillant qui mène cette fois-ci à une suite d’accords à saveur disco house; la basse oscillante apporte une ponctuation rythmique très efficace.

Dark Valley Intercourse ralentit le tempo, un peu comme une balade darkwave au rythme saccadé et à la texture brillante. Le son saturé de Jennifer s’enchaîne au kick et renouvelle son souffle sur un glissando dissonant. La pièce prend une pause d’algorithmes rétro pour se rapprocher des traitements numériques du jour, ça fait changement, au point de me faire penser à Levitation sortie plus tôt cette année. Risking my life repose sur un duo kick et basse, Ghost Twin collabore à la voix et apporte une ligne mélodique aérienne qui plane au-dessus de la trame synthétique.

L’arpège en boucle de Youth Escape sert de base mélodique à la voix trafiquée numériquement au vocodeur; c’est pas mal cute. The Curse part sur une ligne de basse en boucle, le rythme ancre la suite dans le béton jusqu’à ce que la pièce explose en bombe acid house. Il y a (enfin) une résolution mélodique qui nous propulse parmi les étoiles tellement les harmoniques brillent. Final Survivor Girl continue dans la mélodie en boucle sous forme de techno qui sert à faire vibrer chaque fibre du corps; version rave fin 90. Midnight Rendez-vous (Outro) conclue en reprenant le thème mélodique de la première pièce, avec une nouvelle boucle de clavecin trafiqué.

Cortes a résolument développé un talent pour les sonorités et structures rétro inspirées du new wave et du techno. Maintenant que nous avons un album entier à savourer, on peut apprécier davantage les mouvements qui tendent vers le disco ou le darkwave. Always Loved est en ce sens très bien produit, et même si certaines oreilles trouveront la finition un peu trop luisante par moment, celui-ci devrait se retrouver tout naturellement sur les listes d’écoutes des fans de Com Truise, Vitalic et autres projets électros qui font danser en 2017.

MA NOTE: 7/10

Das Mörtal
Always Loved
Lisbon Lux Records
37 minutes

https://dasmortal.bandcamp.com