Les Cowboys Fringants Archives - Le Canal Auditif

Les Cowboys Fringants – Break Syndical

Été 2003, je termine mon secondaire. Mes occupations à ce moment-là sont plutôt simples : je travaille comme commis dans l’épicerie du coin, je rêve de devenir comédien, je ne me peux plus d’attendre l’automne qui veut dire début du Cégep St-Laurent et les soirées, je les passe avec ma gang d’amis dans le sous-sol de Simon. On fait nos expériences d’ados, les premiers pétards, on se trouve cool parce qu’on boit de la téquila (ouache) et on finit par passer la majorité de notre temps à écouter de la musique et des films. Bref, mes parents auraient trouvé que je ne faisais pas grand-chose de ma carcasse et pourtant… ces moments-là m’ont ouvert l’esprit et m’ont profondément marqué.

Il faut dire que pendant la fin de mon secondaire j’étais un métalleux, j’écoutais du Iron Maiden, je portais un coat de cuir (que je porte toujours d’ailleurs) et je ne voulais rien savoir de la guitare acoustique. Ça, c’est jusqu’à ce que je tombe sur En Berne. Il faut se replacer en contexte, j’ai 17 ans, je découvre le nationalisme et le contexte politique, mon identité d’adulte et je commence à me fâcher contre la société : trop de grandes entreprises qui se foutent de leurs employés, trop de pollution, trop de laxisme de la classe politique… vous me direz que ça n’a pas changé. Vous avez malheureusement trop raison. Mais, à ce moment-là, quand je tombe sur En Berne, j’ai l’impression que Jean-François Pauzé a écrit ça pour moi :

«C’est ça l’problème de ma patrie
Y’a pas personne pour s’indigner
Contre la fausse démocratie
Qui sert les riches et les banquiers
Dans cette contrée peuplée d’ignares
‘Faut pas trop s’rappeler d’son histoire
Ici y’a juste les plaques de char
Qu’y ont encore un ti-peu d’mémoire…»
– En Berne

Et c’est aussi comme ça que toute ma gang a découvert Les Cowboys Fringants. On est tombé dans la marmite tous en même temps, et Break Syndical a été notre porte d’entrée dans le monde à la fois engagé, ironique et mélodieux des Cowboys… pis tous les gars avaient un petit kick sur Marie-Annick, mais ça c’est un autre affaire et c’est pas mal moins important. Encore aujourd’hui, quand La Manifestation part, je me rappelle des moments passés dans la rue devant le cégep St-Laurent à dénoncer les compressions des prêts et bourses du gouvernement Charest. C’était l’époque juste avant Libérez-nous des Libéraux de Loco Locass. Nous étions jeunes, dynamiques, rebelles et on voyait bien que le gouvernement en place était en train de dilapider nos biens à la manière d’un syndic de faillite.

Pendant que j’écris ces lignes, Toune d’automne se met à jouer avec son air réconfortant. Il va sans dire que je connais encore les paroles par cœur. En tant que fan aillant beaucoup traîné dans les concerts du groupe je substitue : « Jure-moi donc que c’fois là tu restes à maison pour de bon » pour « Jure-moi donc qu’t’es pas devenue fédéraliste ma petite crisse ». Ça parle aussi de Simon, parallèle si facile à faire avec mon Simon chez qui on végétait le soir en se posant pas mal de questions sur la vie. J’ai toujours beaucoup aimé les chansons mélancoliques des Cowboys. L’Hiver Approche récit d’une personne cassée, m’a souvent résonné dans la tête pendant l’université quand j’avais de la misère à arriver et que le Kraft Dinner était la seule chose que je pouvais me payer pour souper. C’est aussi sur Break Syndical qu’on trouve la poignante Ruelle Laurier avec ses paroles crues qui expose un univers familial dysfonctionnel et violent. Une des rares chansons écrites par Karl Tremblay plutôt que Jean-François Pauzé. Encore aujourd’hui, ça me donne des petits frissons quand le violon de Lépine embarque et que le texte se fait particulièrement dur :

« Ma mère vivait ça tranquillement
En faisant semblant d’l’aimer
Angoisée tout en sachant
Qu’y allait r’venir pour son péché

Elle fermait les yeux doucement
Pendant qu’y a prenait par les cheveux
L’a faisait mettre à genoux devant l’divan
Assouvir ses instincts vicieux

Mercredi soir après le hockey
J’vas attendre mon père chez l’vieux Dugas
Quand y va prendre la ruelle Laurier
J’vas m’arranger pour qu’y en sorte pas…»
-Ruelle Laurier

Pratiquement toutes les chansons de Break Syndical sont devenues des classiques pour quiconque suit le groupe. De Joyeux Calvaire à l’humoristique Heavy Métal en passant par le premier chapitre de l’histoire de Jay-Pee Labrosse intitulé La noce. C’est l’album qui a permis au groupe de devenir un phénomène de société qui les a menés en France et qui a culminé le 30 décembre 2003 au Centre Bell. Un phénomène qui s’est construit par le bouche-à-oreille et par la ferveur de ses fans. Ce soir-là, on était là, toute la gang à danser dans les rouges avec des milliers d’autres jeunes adultes qui avaient envie que les choses changent. On était content d’entendre Dom Lebo nous conter des blagues entre, et souvent pendant, les chansons et voir Jérôme Dupras groover comme jamais à la basse. Dupras, c’est un maudit bon bassiste, on l’oublie souvent.

Aujourd’hui, on a la trentaine. J’espère qu’une partie de cette utopie-là vit toujours en nous; celle de vouloir faire de notre société un monde plus juste et équitable, plus vert et plus respectueux. Je dois aux Cowboys Fringants de m’avoir accompagné à travers la myriade de questions qu’on se pose au début de l’âge adulte. Quand on essaie de comprendre qui on est et comment on a l’intention d’aborder la société et le monde. Aujourd’hui, certaines chansons viennent encore me chercher, me mettre à fleur de peau, me chambouler et je connais encore chacune des paroles de chacune des chansons de Break Syndical. Merci gang. C’était un pas pire record que j’aime encore beaucoup.

Les Cowboys Fringants
Break Syndical
La Tribu
2002

http://www.cowboysfringants.com/

La programmation du FEQ

Du 6 au 16 juillet prochain, Québec sera une fois de plus en fête pour le Festival d’été de Québec. Chaque année, la programmation du FEQ fait de bons coups musicaux et 2017 ne sera pas l’exception à la règle. On retrouve plusieurs noms intéressants, locaux comme internationaux. Les têtes d’affiche sont impressionnantes alors que Kendrick Lamar viendra faire « bouncer » la capitale. Notons aussi que Metallica s’est sans doute acheté un condo en basse-ville étant donné qu’ils y sont tous les trois mois. Muse y fera aussi un arrêt avant de performer à Osheaga. Que feront-ils entre les deux? Se louer un chalet dans Charlevoix? Aller visiter Chibougamau? Ou passer deux semaines à Drummondville? Mystère…

Revenons à la programmation, plusieurs artistes internationaux intéressants feront leur tour sur les plaines et dans la Capitale. DJ Shadow fera aller ses platines alors que Migos sera un autre moment fort pour les amateurs de rap. Quelques groupes feront autant le festival d’été qu’Osheaga, outre Muse. Phantogram et Andy Shauf seront aussi des deux fêtes. Notons la présence notable de l’excellent Flume et du groupe américain Pink Martini.

Les talents locaux seront aussi à l’honneur pendant le festival. Ça va swinger avec Bernard Adamus et Lisa Leblanc qui ont l’habitude de faire lever le party. Le hip-hop maison sera bien représenté par Dead Obies et Rymz alors que Les Cowboys Fringants prendront les plaines pour une énième fois. Fred Fortin, Groenland et Les Sœurs Boulay valent aussi le détour. On compte sur la présence des drôles de bardes des Trois Accords et la présence de The Barr Brothers et Yann Perreau. Bref, de la grande qualité! Une légende montréalaise sera aussi à l’honneur : Men Without Hats vont te faire danser en toute sécurité avec ses rythmes new wave.

Grosse programmation de la part du Festival d’été de Québec. On ira assurément faire notre tour au FEQ pour se rincer un peu les oreilles. Ah oui, les Backstreet Boys y seront aussi… malheureusement, nous serons bien occupés ce soir-là… Voici l’affiche avec la programmation complète à date!

http://www.infofestival.com/

Le prix hommage RIDEAU : Les Cowboys Fringants

Les Cowboys Fringants recevront le prix hommage de RIDEAU le 16 février prochain. Tu ne sais pas ce qu’est RIDEAU? C’est le Regroupement indépendant des diffuseurs d’événements artistiques unis. Grosso modo, si tu as été voir un spectacle d’un artiste dans une salle de spectacle au Québec, il y a de grosses chances que ce soit un membre de cette association. Lors de la Bourse RIDEAU, un événement qui met en contact les artistes et les diffuseurs, ils offrent un prix hommage à un artiste qui a su rouler sa bosse dans les différentes salles de spectacles. Si tu n’as jamais assisté à une prestation des Cowboys Fringants, tu ne peux pas comprendre à quel point c’est une expérience unique. Ceci devrait soit te faire revivre de beaux moments ou te donner envie de t’acheter un billet dans les prochains instants. Voici 10 spectacles et moments marquants de la carrière des Cowboys.
 

La brasserie La Ripaille (août 1996)

En 1996, un jeune Jean-François Pauzé et un svelte et imberbe Karl Tremblay participent à un concours amateur à la brasserie La Ripaille à Repentigny. Ceux-ci font la demi-finale et convainquent Marie-Annick Lépine de venir jouer du violon en leur compagnie. Par la suite, elle embarquera Jérôme Dupras dans l’aventure, qui a son tour convaincra un certain batteur comique du nom de Dominique Lebeau. Voici un petit vidéo d’anthologie où la paire originale offre une version brute de Gaétane. On apprécie déjà le dévouement des fans qui crient énormément.


 
 

Le Zest (finale des Francouvertes en 2000)

En 1999-2000, Les Cowboys Fringants tentent une percée montréalaise. Fort de deux excellents albums : Sur mon canapé et 12 grandes chansons, ils s’inscrivent au concours Les Francouvertes. Ils terminent deuxièmes derrière Loco Locass, comme quoi l’engagement était dans l’air du temps! Peu de temps après avoir participé à la finale, ils lanceront l’album Motel Capri.
 

Le Spectrum et le Metropolis en décembre 2002 (Attache ta tuque!)

Après le succès de Break syndical, Les Cowboys Fringants décident d’enregistrer un premier album live lors de deux spectacles donnés au Spectrum et au Metropolis. À ce moment, la bande jouit d’une popularité grandissante surtout dans les Cegep et les universités du Québec. Une armée de fans fidèles suit alors le groupe partout où il passe et cela donne des moments incroyables. Aller voir les Cowboys, c’est un peu faire une sortie en famille. Les gens dansent, chantent les paroles et vouent un culte au groupe.
 

Le Centre Bell (30 décembre 2003)

Le 30 décembre 2003, le groupe remplit le Centre Bell. Oui, tu sais ce que même Arctic Monkeys et The Black Keys ne réussissent pas à faire. Dumas assure la première partie et Les Cowboys Fringants invitent les gens pour une grande fête. Notre LP Labrèche national y était : « pendant un moment de calme, Karl a demandé à tout le monde de s’asseoir pour qu’on jase de la tournée et de la folie des derniers mois. C’était ça les Cowboys, une grande famille. Imagine le parterre du Centre Bell au complet qui s’assoit pour écouter un chanteur parler de la fin d’une tournée. C’était complètement absurde. C’était aussi la dernière journée qu’Isabelle Lachance qui travaillait avec eux et on a tous crié : on t’aime Isa ensemble. 20 000 personnes qui crient le nom d’Isabelle en même temps, c’est quelque chose. » Par la suite, sur Awikatchikaen la foule s’est soulevée de plus belle et a repris la danse et les chants. Un spectacle mémorable immortalisé sur DVD.


 
 

Les 14 spectacles de suite à La Tulipe (17 janvier au 22 février 2005)

En début d’année 2005, alors qu’ils ont le vent dans les voiles, Les Cowboys Fringants font 14 spectacles à La Tulipe qu’ils remplissent aisément. Cette fois-ci, ils sont portés par le succès de La Grand-Messe qui leur a permis de cimenter leur popularité. Les Cowboys Fringants ne sont plus seulement un groupe pour les jeunes, il y a de tous les âges qui viennent les voir. Ça n’empêche pas les salles de sentir le tabac qui fait rire.
 
 

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