Laurence Castera Archives - Le Canal Auditif

La programmation du festival Santa Teresa

Le festival Santa Teresa lance aujourd’hui la programmation pour sa première édition. Ce nouvel événement avait précédemment annoncé la venue de Patrick Watson et City and Colour sur la Rive Nord. Est-ce que les programmateurs allaient s’arrêter à ces deux noms d’envergure? Oh que non. Santa Teresa compte sur des artistes très intéressants qui valent le détour.

Dès le jeudi 27 avril, les spectateurs pourront se frotter à de la relève de qualité. Au Saint-Graal, le plateau double Les Louanges et Lydia Képinski vous donnera l’occasion de faire votre rattrapage sur l’édition 2017 des Francouvertes. We Are Wolves sera au Montecristo alors que Xavier Caféïne fêtera les 10 ans de Gisèle au Cha Cha.

Le vendredi 28, Mon Doux Saigneur et Philemon Cimon seront au Saint-Graal alors qu’HOAN, Suuns et Duchess Says joueront au Montecristo. Une solide soirée de rock attend les festivaliers. Au Cha Cha, c’est Ralph et Geoffroy qui feront plaisir aux amateurs d’électro-pop de qualité. Et Beyries sera en prestation à La Protestante dans un spectacle présenté par Culture Cible!

Finalement, samedi le 29, la scène extérieure s’animera avec Rymz, Alaclair Ensemble, The Franklin Electric, July Talk et A Tribe Called Red! Oui, oui, ça va swinger sur un temps à Sainte-Thérèse. À l’Église Sainte-Thérèse-d’Avila, ce sera la jeune sensation Wilsen qui sera d’office en première partie de Patrick Watson. Au Saint-Graal, c’est Mathieu Bérubé et Laurence Castera qui prendront la scène alors que Stevenson, Helena Deland et Dilly Dally seront au Montecristo. Du côté du Cha Cha, on aura droit à Aliocha. Finalement, la fin de soirée se passera au HB Bar avec Husser (The Posterz) et Lou Phelps.

Une solide programmation pour cette première édition du festival Santa Teresa. On a bien hâte d’aller virer sur la Rive Nord à la fin avril!

http://www.santateresa.ca/

Critique : Laurence Castera – Le bruit des mots

Laurence Castera a commencé sa carrière comme chanteur du groupe Automat. Ça n’a rien à voir avec le brillant duo d’électronique allemand par contre. Celui-ci s’est fait connaître des masses en participant à la populaire émission La Voix. D’ailleurs, le jeune homme est taillé sur mesure pour ce genre d’émission. Il sait composer une musique pop accessible, bien exécutée avec une bonne dose d’âme.

Dans Le bruit des mots, Laurence Castera nous propose du bon, du correct et du moins bon. Dans l’ensemble, c’est un album pour lequel, il n’a pas à rougir. Plusieurs de ses chansons frappent la cible et nous propose une pop-rock efficace, mélodieuse, bien écrite et magnifiquement interprétée. C’est sûr que Castera reste en territoire connu et sauf. Ce n’est pas la pop la plus aventureuse, mais c’est quand même des lieux plus intéressants que du Marc Dupré, mettons.

Il y a quelques pièces vraiment bien tournées sur Le bruit des mots. La pièce-titre avec son air efficace, son texte bien imagé et sa trame qui gagne en puissance tout au long est bien appréciable. Avant la fin, on se surprend à chanter à tue-tête le refrain avec le jeune homme. Il nous montre aussi qu’il est capable de soutenir une chanson assez décharnée avec la douce et veloutée Rien. L’horloge fait mouche avec sa mélodie poignante. Mille choses se débrouille aussi malgré sa grosse guitare qui fait un peu plaqué et son traitement qui nous rappelle le début des années 2000.

C’est sûr qu’en pop québécoise, il y a l’avant et l’après-Louis-Jean Cormier. C’est le même genre de phénomène qu’avec Les Colocs ou Bernard Adamus. Chez Castera, c’est parfois très Cormier. Un peu trop à travers Le bruit des mots. Encore est sans doute la pièce la plus proche de ce que l’(ex?) — Karkwa nous offre, mais avec un peu moins de brio dans le texte, la facture et la guitare. Le maître est encore devant l’élève. Et puis, il y a quelques chansons qui tombent tout simplement à plat, comme la litanie qu’est J’peux pas t’écrire de toune. Elle fait penser à Dany Bédar, champion de la plainte en titre. Contrairement à ce dernier, on n’est pas rendu au point d’avoir envie de se sauver du Plateau… mais bon, ce n’est pas hyper original et efficace.

Un premier album intéressant pour Laurence Castera, qui montre beaucoup de potentiel et quelques failles. Il a un don pour la mélodie et sait écrire de vrais textes bien tournés. Ce qui n’est pas légion dans la pop québécoise. On sent aussi une réelle authenticité dans sa démarche et non un besoin absolu de jouer chez les Rouge FM de ce monde. Un artiste à surveiller qui saura vous charmer les oreilles avec ses ritournelles sympathiques.

Ma note: 6.5/10

Laurence Castera
Le bruit des mots
Coyote Records
47 minutes

http://www.laurencecastera.ca/