Laura Sauvage Archives - Le Canal Auditif

Critique : Laura Sauvage – The Beautiful

Après l’excellent Extraordinormal, paru l’an dernier, voilà que Laura Sauvage (Vivianne Roy des Hay Babies) continue de faire voguer son projet solo en proposant un deuxième disque titré The Beautiful. En jouant sur plusieurs influences musicales du rock, The Beautiful reste une pépite d’or qui vous incitera à l’écouter en boucle.

De sa voix criarde et écorchée, Sauvage est fascinante à la base. Avec des chansons variées, la musicienne travaille plusieurs facettes de sa personnalité musicale et c’est dans le rock psychédélique qu’elle adore plus particulièrement se jeter. Sur Everything is in Everything, les riffs des guitares sont lourdes et absolument savoureuses. La chanteuse chante tout doucement : « The Best Things in Life/Aren’t Things/ It’s Life ». Par la suite, l’instrumentation explose sous des jets vocaux. Une sorte de jeu de questions/réponses. Puis, la pièce reprend son cours. L’attention est captée. On est curieux d’entrée de jeu. Sur Patio Living, piste qui englobe la thématique du bien-être, elle présente des ambiances douces juxtaposées à des ambiances fortes. Sauvage manipule les émotions par les motifs de ses guitares, je vous dirais. Son instrument de prédilection reste son exutoire le plus efficace. En le manipulant avec dextérité, l’artiste se défoule. Ça s’entend.

L’ensorcelante Alien (Anything Like It, Have You?) se pointe le bout du nez. Un peu moins stoner, la chanson présente l’ajout des synthétiseurs qui rappelle directement les années 80. Enfilez vos coats de jeans, crêpez-vous le chignon et lassez vos baskets. Vous planerez et… vous aurez rapidement les paroles sur le bout de vos lèvres. Puis, on dodeline de la tête sur Monkeys in Space où le son de Sauvage se fait de plus en plus tiraillé et brute. On aime particulièrement les batteries enflammées et l’utilisation de la distorsion. C’est dynamique et fichtrement efficace. Tout comme sur You’re Ugly When You Cry, futur hymne de vos voyages en automobile. Voilà ce qui est génial avec Laura Sauvage. Avec The Beautiful, elle nous invite à embarquer en voiture sans jamais nous arrêter. Mettez la clé dans le démarreur, tapez du pied, ouvrez vos fenêtres, sortez vos têtes et laissez vous aller. Sauvage vous montrera le chemin.

Ma note: 8/10

Laura Sauvage
The Beautiful
Simone Records
34 minutes

Site Web

FME 2017 : Jour 3

De retour pour une troisième journée du périple musical qui clôt la saison des festivals. Encore une fois, le FME m’a surpris en me faisant découvrir un artiste coup de cœur. Merci.

Du soleil et des tounes

C’est vrai qu’il était tôt pour un concert de Canailles, qui sont plus habituées à la semi-pénombre des soirées arrosées. Cela n’a pas empêché la bande de se faire aller l’accordéon et de gâter les nombreux festivaliers qui étaient présents au rendez-vous gratuit et extérieur. Le groupe a fait un habile mélange de chansons issues de ses trois albums dont le dernier, Backflips, est paru au printemps. Du début à la fin ça souriait dans la foule et ça dansait sur scène. C’était une bonne façon d’oublier le lendemain de veille bien présent de tous.

FME / Christian Leduc

Par la suite, nous nous sommes rendus chez Gibb à Évain en banlieue de Rouyn-Noranda pour une prestation de Laura Sauvage. Vivianne Roy est sur le point de lancer le deuxième album de son projet solo intitulé The Beautiful. Elle nous a livré les chansons de son nouvel album entrecoupé de chansons d’Extraordinormal. Entourée de ses fidèles compagnons : Jonathan Bigras (PONI, Les Guenilles) à la batterie, Dany Placard à la basse et Nicolas Beaudoin (PONI) à la guitare, elle nous a donné un peu plus hâte à la sortie de l’album vendredi prochain!

FME / Thomas Dufresne

Un autre artiste lancera son album vendredi prochain et il s’agit de Mon Doux Saigneur qui a fait un lancement en 5 à 7 à la salle des Chevaliers de Colombs. Emerik St-Cyr Labbé nous a livré ses premières compositions avec beaucoup de candeur et un sourire au visage. C’était touchant et surprenant, car les chansons ne sont pas exactement comme sur l’album. Sur scène la bande de musiciens dynamise certains titres, dont Ici-bas. Il nous a aussi livré le premier simple Primitif, qui a été rapidement bien accueilli et Barbara.

Du rock? Oui messieurs, dames

Les Dales Hawerchuk étaient visiblement contents d’être au FME. Les frères Séguin avaient même de la misère à contenir leur joie entre les chansons, nous envoyant des chaudières d’amour verbales. Le reste du temps, c’est avec leurs guitares rutilantes qu’ils nous caressaient. C’était tout un spectacle qui a filé à la vitesse de l’éclair. Avant qu’on s’aperçoive l’heure qui avait avancé, ils nous ont lancé une Mais où est donc Carnior? inspirée par la tête. Ils ont évidemment joué leur immense succès Dale Hawerchuk. Pierre Fortin tenait évidemment la cadence comme un chef pendant qu’ils enfilaient Mon amour pour les machines et Lemmy. Un spectacle très réussi.

FME / Thomas Dufresne

Tout ceci à ce jour était des terrains connu. Plaisant et réussis, mais connus. Puis, je suis arrivé au Cabaret de la dernière chance pour It It Anita. Attention, c’est de la bombe! La formation belge a beaucoup écouté de Fugazi et crée des chansons aussi délicieuses qu’impressionnantes. C’est ma découverte et mon coup de cœur du festival à date. En plus de briser une guitare (eux aussi), ils ont terminé la dernière chanson en bougeant la batterie à trois occasions à travers la foule. C’était totalement réussi.

FME / Christian Leduc

On se rejase mardi matin de la suite des choses. Bon lundi de congé les mélomanes!

10 albums à surveiller en septembre 2017

Jason Bajada – Loveshit II (Blondie & The Backstabberz) (1er septembre)

Jason Bajada a sorti deux albums en français dans les dernières années, mais voici qu’il retourne à la langue de Shakespeare pour Loveshit II. Le grand montréalais a plus d’un tour dans son sac et les quelques extraits parus dans les dernières semaines nous prouvent qu’il garde une place spéciale dans son cœur pour Ryan Adams et les Beatles. On a très hâte d’entendre l’album au complet, parce qu’à date, c’est concluant. (pssst, notre critique.)


 
 

LCD Soundsystem – American Dream (1er septembre)

C’est l’un des retours les plus attendus de l’année. Finalement, la pause de LCD Soundsystem aura duré beaucoup moins longtemps que bien des mélomanes appréhendaient. Après leur retour sur scène en 2016, c’est maintenant un album complet que James Murphy et ses acolytes nous servent. Les premiers simples semblent pointer vers un nouveau succès total. (psst : Voici la critique de LP Labrèche)


 
 

Laura Sauvage – The Beautiful (8 septembre)

Vivianne Roy des Hay Babies mène son projet solo depuis environ deux ans et à date, elle est remplie de surprise. La chanson Alien (Anything Like It, Have You?) nous rappelle qu’on ne peut rien prendre pour acquis. Les sonorités eighties et les synthés habilement utilisés s’ajoutent à sa mélodie vocale surprenant qui tire ses influences dans les sixties. Ça peut sembler bizarre, mais ça marche à fond. On s’incline en attendant le reste de l’album.
 
 

Pierre Kwenders – Makanda at the End of Space, the Beggining of Time ( 8 septembre)

Pierre Kwenders nous ramène aussi dans le passé avec Makanda, son deuxième album. Si on se fie au premier simple, ça va être sexy mes amis. La pièce fait appel à des saxophones langoureux pendant que Kwenders se fait plus aguicheur que sur Le Dernier Empereur Bantou. Peut-être qu’il cherche à augmenter la population locale… en invitant les rapprochements. Bref, réserve ça pour ta prochaine soirée en amoureux.


 
 

Mon Doux Saigneur – Mon Doux Saigneur (8 septembre)

Emerik St-Cyr Labbé est un poète doué qui s’amuse avec les mots d’une manière déconcertante. Celui qui était de la finale des Francouvertes en 2016 présente son premier album très attendu. Pour vous donner une idée de sa facilité à tisser des images avec des mots peu usuels :

« Que faites-vous primitifs dans le sens le plus sapien ?
Presque sens d’un nouveau mode de pensée
La plus belle avenue du monde n’est pas faite de pavée
La plus belle avenue du monde, c’est la main drag de ton esprit de callé »

Bref, on a bien hâte de pouvoir se gaver de l’album en entier.

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Les 3 étoiles du 18 août 2017

Laura Sauvage – Alien (Anything Like It, Have You?)

Laura Sauvage, aussi connue en tant que Vivianne Roy des Hay Babies, lance cette semaine le premier simple de son deuxième album à paraître le 8 septembre prochain. Elle nous livre une chanson rock aux sonorités de synthétiseurs bien prononcés. Une chanson qui compte sur un pont tout à fait délicieux où le rythme se fait plus dynamique, avec des voix filtrées et une guitare distorsionnée bien à point.

Car Seat Headrest – War Is Coming (If You Want It)

Will Toledo commence par nous préciser que cette nouvelle chanson est à propos de « ne pas tuer des gens ». Oui, ça commence en lion. War Is Coming, premier simple depuis la parution de l’excellent Teens of Denial, est dotée d’un groove indéniable, une mélodie efficace et un chant plaintif de Toledo. Ça fonctionne à merveille.

Medora – Tsunami

Une autre annonce de sortie d’album nous est arrivée cette semaine. Medora lancera le 25 août prochain Ï, son premier long jeu. Pour nous donner un avant-goût de ce qu’on retrouvera sur la galette, le groupe fait paraître Tsunami. C’est plongé dans une réverbération appréciable et la mélodie est passablement accrocheuse. Bref, ça donne envie d’entendre le reste!

Le Festif! 2017 : jour 2

Ma deuxième journée dans la bucolique ville de Baie St-Paul s’annonçait chargée. Tout commençait tôt (vers midi) et se poursuivait jusqu’aux petites heures du matin. Mais comme on ne recule devant rien pour couvrir un festival, j’étais prêt mentalement et physiquement (surtout mon foie).

Jay Kearney / Le Festif

Les pieds pendant au bout du quai

J’exagère, mais c’était pas mal ça. Nous étions conviés sur le coup de midi pour un spectacle de Louis-Jean Cormier sur le quai de Baie St-Paul. L’homme semblait en pleine forme faisant de nombreuses blagues et boutades entre ses chansons. Cormier avait l’air presque (il jouait quand même des chansons, son métier) en vacances que les spectateurs. Il a enchaîné principalement des chansons des Grandes Artères, dont Saint-Michel et La Fanfare. Il a aussi livré une excellente Tout le monde en même temps et Le Pyromane de Karkwa. Comble de la joie pour les mélomanes, il a même donné un premier aperçu de son nouvel album avec une nouvelle chanson bien tournée et touchante.

Après Louis-Jean Cormier, nous étions invités à continuer à avancer sur le quai pour rejoindre Peter Henry Phillips installé au bout de celui-ci. Entouré d’eau, de montagne et de plage, Pierre-Philippe Côté a joué une bonne heure. C’était un des concerts les plus relaxants que j’ai vus de ma vie. Entre son folk doux et mélodieux et le paysage surréel, il était tentant de se pincer pour s’assurer qu’on ne rêvait pas. Pilou s’est même fait voler le show de la plus cute des façons possibles alors que sa fille a décidé qu’elle ne laisserait pas son père seul sur scène. Son aise sur scène prouve que la pomme n’est pas tombée très loin du pommier (la mère étant comédienne aussi). Il nous joue Hold That, The Night, Henry et quelques autres chansons de The Origin. Il en rajoute avec Bloom et Secret issu du premier EP homonyme. C’était parfait et doux.

Jay Kearney / Le Festif

Quand les shows secrets prennent le dessus

En après-midi, mon premier arrêt consistait à Violett Pi, en concert-surprise, perché sur un balcon décoré de drapeaux québécois sur lequel Karl Gagnon chantait en solo. Il avait pour l’occasion échangé sa chaise pour un balcon. Quelques petits bogues ont pollué la chanson Fleur de Londres, mais Violett Pi est comme les chats, il retombe sur ses pieds. On le sentait un peu nerveux, mais il a traversé tout ça avec aplomb. Fidèle à son habitude, il nous a graciés de plusieurs blagues dont une gorgée de bière dans un pichet : « Mon verre a l’air gros… mais c’est parce que j’ai des petites mains. » Sacré Violett Pi!

Je me suis dirigé ensuite vers la scène du Pantoum où se donnait un spectacle du groupe De la reine. Le trio à la soul chaude et bien composée a bien fait groover la foule. J’ai eu le temps d’attraper les cinq dernières chansons. Parmi celles-ci on retrouvait une adaptation d’une chanson de Radiohead. Le tout était pas mal plaisant pour les oreilles et je suis certain que ce n’est pas la dernière fois qu’on entend parler du trio.

Caroline Perron / Le Festif

Puis, je me suis dirigé du côté d’un autre concert-surprise, celui de Dany Placard. Le barde barbu a joué des nouvelles et d’anciennes chansons avec une implication émotionnelle que je ne lui avais jamais vue. C’est ouvert et vulnérable qu’il s’est présenté devant nous. Entre les moments touchants, il en profitait pour nous envoyer quelques blagues dont une sur sa pédale de chorus qui change toutes les chansons en tubes des années 80. Les quelques pièces de son album, à paraître le 29 septembre prochain, étaient convaincantes, dont Sleeping Bag. On peut en dire de même pour Chanson populaire issue de son répertoire.

Un gros show pour des grosses pipes

C’est Laura Sauvage qui avait la tâche d’ouvrir une soirée qui se culminera par le spectacle de Xavier Rudd. On reviendra à ce dernier un peu plus tard. En attendant, Sauvage, fidèle à son habitude, a lancé son concert sans cérémonial et une bonne dose de désinvolture. Entourée de Dany Placard, Jonathan Bigras et Nicolas Beaudoin, elle a livré des chansons de son premier album, Extraordinormale, et quelques nouvelles chansons. J’ai malheureusement manqué une partie de spectacle en raison de la pluie et de l’absence d’imperméable dans mes bagages. BRAVO LP.

Je ressortis du terrier à temps pour attraper la moitié du spectacle de Plants and Animals. Le groupe montréalais comme toujours était solide. Ceux-ci ne donnent jamais de mauvais spectacle. La seule chose qui est dommage est que l’écoute du public était plus ou moins au rendez-vous. Les gens étaient là pour Xavier Rudd et ne semblait n’avoir que faire de l’indie-rock un peu abrasif de la formation.

Mais bon, le gros nom c’était Xavier Rudd, non? Mon souvenir le plus rapproché de Rudd est en 2005 quand il était un gentil dude un peu peace qui jouait du didgeridoo en même temps que de la guitare et de battre la mesure avec son pied. Le gentil hippie a dû se retrouver devant la mare comme narcisse parce que ses pipes semblent plus importantes que sa musique aujourd’hui. Par où commencer? Tout d’abord, il est maintenant en trio sur scène et pour être honnête, il ne joue plus beaucoup d’instruments. Une slide-guitare par-ci, un petit bout de didgeridoo par-là… Ce dernier servant parfois à faire des chansons électros à saveur EDM. Misère. Avec ses chorégraphies, sa mise en scène et son lent effeuillage planifié, Xavier Rudd ressemble plus à un poster boy pour un peace and love à deux piastres qui expédient du reggae cheap qu’à un adepte de la paix mondiale authentique. Malgré ses interventions qui appellent à une unité mondiale de TOUS les peuples, ça ne passe pas. Rudd est rendu aux hippies ce que la psycho-pop est à la psychologie.

Mais peut-être que c’est moi le problème parce que la foule semblait apprécier le spectacle et j’ai quasiment envie de croire l’animatrice quand elle dit que c’est l’artiste le plus demandé à l’organisation du Festif. M’enfin.

Jay Kearney / Le Festif

Danse ta vie, sue ta bière

La fin de soirée s’annonçait plus prometteuse. Mon premier arrêt était avec les funkés de Le Couleur. Voilà un groupe qui ne déçoit jamais. Le trio (quatuor en live) nous a livré ses pièces sans interruption. Une heure de musique sans arrêt qui te donne envie de fêter comme si c’était ton anniversaire. Underage, La fuite de Barbara, L’Amour le jour, Concerto rock et Voyage amoureux ne sont que quelques-unes des pièces sur lesquels les festivaliers ont dansé. Et dansé, ils ont. Sous la tente Radio-Canada, la foule compacte se shakait le popotin allègrement sur les rythmes contagieux du groupe. Laurence Giroux-Do ne s’est pas gênée pour remercier le public à plusieurs reprises. C’était un beau dance party.

Parlant de parté, je me suis par la suite dirigé du côté de Qualité Môtel. La formation alternative de Valaire fait un party de cuisine pour gens nés dans les années 80. Le groupe mélange blague et gros tubes avec une aisance déconcertante. On passe de I Think of You de Gregory Charles à Can’t Touch This en passant par Who Let the Dogs Out. Tout ça avec la formation habillée dans leurs plus beaux habits de ginos roumains. C’est magnifique. Bien qu’une part d’improvisation fait partie du concert, les cinq garçons n’ont jamais laissé un moment de silence ou manqué un mix. Du gros travail. Pendant ce temps, le public dansait et mosh-pittait comme s’il n’y avait pas de lendemain. Rapidement, une partie du public s’est retrouvée sur scène. Un gars ramasse un micro et lance : « C’est pas du romarin, c’est du basilic ». Mantra répété ad vitam aeternam par la foule et Qualité Môtel.

Caroline Perron / Le Festif

Quelques moments de puissance pure ont ponctué la performance. Hey Ya d’Outkast a fait danser la foule, Libérez le trésor a été lancé à plusieurs reprises comme un appel vital et quelques tounes d’Alaclair Ensemble pour compléter le tout. Pour terminer un deuxième soir de Festif, c’était parfait. Tous sont repartis avec un gros sourire dans le visage et de la sueur plein les cheveux. Merci Qualité Môtel.