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Kurt Vile – B’lieve I’m Going Down

Kurt VileCes dernières années, Kurt Vile a mis sur le marché deux galettes folk de feu: Smoke Ring For My Halo (2011) et Wakin On A Pretty Daze (2013). Cet effort fut désigné le premier de classe de votre dévoué scribe cette année-là. Pas de doute, c’est un magnifique disque de poteux, de fuite et de contemplation qu’on écoute encore avec grand plaisir. Ça respire les grands espaces! C’est donc dire que le sixième album du songwriter philadelphien était attendu de pied ferme par votre vieux sénile favori et ça s’intitule B’lieve I’m Going Down. Et ça donne quoi?

D’entrée de jeu, Vile a opté pour une réalisation beaucoup plus haute-fidélité et plus droit au but qu’à l’accoutumée. Deuxièmement, en lisant quelques entrevues données par le bonhomme, on a senti que l’approche instantanée prodiguée depuis la nuit des temps par Neil Young l’a influencé énormément dans la gestation de ce disque… et ça paraît! Vile a en effet évincé la majeure partie des éléments narcotiques/shoegaziens de sa musique préférant présenter ses chansons dans leur plus simple appareil. Finalement, on assiste en milieu de parcours à l’apparition d’un instrument qu’on affectionne particulièrement ici: le piano; inutilisée au cours des précédentes tentatives.

Donc, ces trois changements de paradigmes viennent quelque peu distraire l’audition de ce disque, du moins, aux premières écoutes. Mais ce qui désarçonne encore plus, c’est que sans les routiniers arrangements de poteux/vaporeux, on prend conscience rapidement des petites carences de Kurt Vile. On note immédiatement la faiblesse mélodique du musicien qui se révèle encore plus importante en mode «moins réalisé»… et qui se camouflait admirablement bien sous l’instrumentation anesthésique habituelle. De plus, certaines compositions plus faiblardes passent un peu moins la rampe pour les mêmes raisons évoquées précédemment, mais rien qui diminue le grand respect qu’on a pour Vile. On précise.

Cela dit, ne boudez pas votre plaisir les folkeux, car même si on considère cette production comme une création de transition, Vile nous propose une vaste majorité de chansons de qualité. On croit (peut-être à tort) que l’artiste n’était tout à fait prêt à emprunter un virage plus immédiat, car ça demande une force mélodique et une confiance totale en ses moyens pour se lancer dans ce genre d’aventure. À notre avis, c’est un peu trop tôt dans la carrière de Vile.

Qu’à cela ne tienne, on a encore tripé solide sur de nombreux morceaux: l’excellent simple Pretty Pimpin, la mélodie atypique qui anime Dust Bunnies, le «bridge» instrumental prenant dans That’s Life, Tho (Almost Hate To Say), la désertique Wheelhouse, la dégarnie All In A Day Work (Vile et sa guitare), le folk pianistique Stand Inside et l’instrumental Bad Omens. Parmi les moments plus anémiques, on relève Lost My Head There (sauvé des eaux par la montée dramatique finale) et la quelconque Kidding Around.

Verdict? Un autre bon disque au compteur, mais qui n’atteint clairement pas les hauts standards de Smoke Ring For My Halo et Wakin On A Pretty Daze. C’est loin d’être imbuvable, car le «style relâché/slacker» demeure indissociable du bonhomme et on aime ça. Par contre, on s’ennuie des atmosphères dites «cannabisantes» des précédents efforts. Un petit pas de côté qui pourrait permettre à Vile d’amener son art à un niveau supérieur.

Ma note: 7,5/10

Kurt Vile
B’lieve I’m Going Down
Matador Records
71 minutes

http://www.kurtvile.com

Les 3 Étoiles: semaine 58

LCA_Les3etoiles
 

KURT VILE – PRETTY PIMPIN

Grosse nouvelle cette semaine, une autre pointure bien aimée du Canal Auditif débarque avec un nouvel album au mois de septembre. Kurt Vile nous revient avec B’lieve I’m Going Down… et pour nous le présenter, il nous offre la mélodieuse Pretty Pimpin. De la bonne guitare, une mélodie folk qui flirte un peu avec le country et surtout un air qui reste pris entre les deux oreilles… il est en forme l’ami Vile!


 

CITY & COLOUR – WOMAN

Les deux derniers albums de Dallas Green étaient rageusement inécoutables. Le beige avait pris le dessus et ses mélodies faciles étaient construites pour les «cités rock matante» de ce monde. Mais voici que Green nous rappelle qu’il ne faut jamais le compter pour battu. Sans retourner au style de ses deux premiers albums, il nous offre un Woman avec des guitares texturées, légèrement bruyantes avec une mélodie atypique. C’est tout à fait délicieux. Est-ce le retour d’Alexisonfire qui a provoqué l’étincelle? On ne le sait pas, mais on est bien content!


 

NŌVA – MORE

Dans un registre plus synthétique voici le premier simple de la chanteuse montréalaise Nōva. La jeune femme se pointe (avec sa voix qui rappelle vaguement Banks et Odessa) ainsi qu’avec ses rythmes riches et caressants. Les férus de Chvrches et autres groupes d’électro-pop chaleureux trouveront quelque chose qui risque de faire frémir leurs tympans de joie.