knlo Archives - Le Canal Auditif

Les FrancoFolies 2017 : Une dernière fin de semaine réussie.

La dernière fin de semaine des FrancoFolies arrivait déjà et les programmateurs nous avaient gâtés pour celle-ci. Un des concerts à ne pas manquer était celui de Fishbach et Bernhari à l’Astral alors que les minces d’Alaclair Ensemble prenaient la rue Ste-Catherine d’assaut.

La chanson française, ce n’est vraiment pas obligé d’être plate

Flora Fishbach nous a déjà séduits avec ses deux EP, l’homonyme et Un autre que moi, parus un peu plus tôt cette année. On l’attendait de pied ferme et la jeune Française ne nous a pas déçus. Elle a présenté les pièces de son album À ta merci paru en janvier dernier en France et qui devrait paraître à l’hiver 2018 ici. Avec une théâtralité assumée et poignante, elle nous a livré Un beau langage, la dansante On me dit tu, Mortel ainsi que deux chansons de son plus récent EP : Y crois-tu et la délicieuse Un autre que moi. On peut dire : mission accomplie pour Fishbach. Le public a été séduit par ses savantes compositions et l’a gracié d’une longue ovation.

C’est Alexandre Bernhari qui suivait sur la scène de l’Astral. Son spectacle, une mise en scène de Philippe Boutin (véritable petite coqueluche des publics de théâtre), met de l’avant les chansons de ses deux albums. Stéphanie Lapointe l’a rejoint pour l’excellent Emmène-moi et Eclipse. Il nous en a mis plein la vue et les oreilles avec Sagard, Missiles et Astérie. S’avançant plus près du public à un piano à queue placé au parterre, il a joué dans l’intimité Je n’oublierai jamais, Au Nord de Maria et quelques autres chansons. Ça fonctionnait très bien, musicalement à tout de moins.

Visuellement, les choix de Boutin sont un peu ordinaires. Les sections et les mouvements de Bernhari entre son clavier et le piano fonctionnaient fort bien. Par contre, mettre un immense tulle pour ensuite projeter des images en format écran de télévision, c’est inutile. Cette manie de rajouter bêtement du cinéma là où c’est inutile gâchait le spectacle efficace que Bernhari et ses musiciens nous offraient. Le concept ne servait malheureusement pas les chansons, dommage.

Tu pensais que c’tait ça que c’tait mais…

Si vous aviez un doute sur la réussite de la bande de minces d’Alaclair Ensemble, je crois que la rue Ste-Catherine bondée de samedi soir devrait avoir dissipé le tout. La foule compacte connaissant les paroles des chansons par cœur et ont souvent uni leurs voix à celle du groupe qui est arrivé gonflé à bloc. Après Vlooper qui a fait une entrée en matière à la Vlooper, ce qui veut dire un peu brouillonne, mais quand même attendrissante, Alaclair est entré sur Space Jam des Quad City DJ’s pour former une pyramide. Ils ont ensuite lancé officiellement les hostilités avec Mon Cou. Pour ramener du Space Jam, à un moment Maybe Watson s’est écrié : « Voyez-vous la lumière? » Puis, il a invité la foule à laisser un espace au milieu. Sur I Believe I Can Fly, un Claude Bégin torse nu, portant des ailes d’anges a fait son chemin vers la scène. D’ailleurs, généralement effacé pendant les performances d’Alaclair, Bégin était en feu. Il a rappé, chanté et s’est fait aller le Bas-Canada un peu partout sur la scène.


 

Les surprises n’arrêtaient pas là! Maybe Watson et Ogden ont livré Baby Body de leur projet Rednext Level, Modlee était là pour compléter avec des chants efficaces et mélodieux. Le groupe nous a livré Coucou les coucous, Alaclair High, Sauce Pois, Mes gars shootent et quelques autres avant de nous achever avec Ça que c’tait qui a soufflé la foule.

Benoît Rousseau / Les FrancoFolies

Les plus vaillants ont continué la soirée au Shag, dans le Savoy du Métropolis. Oui, on avait un peu mal à la tête dimanche matin, mais encore un gros sourire accroché sur les lèvres.

http://www.francofolies.com/

La programmation du Festif! 2017

Comme à chaque année, le Festif! accueillera les festivaliers vers la fin juillet, du 20 au 23 pour être plus précis. Pour ceux qui ne sont pas encore familiers avec celui-ci, le Festif! est un événement qui met de l’avant la musique émergente et indépendante, un peu à la manière du FMEAT, en mélangeant les artistes établis à ceux qui sont plus verts. Cette année, la programmation est encore une fois de calibre. À 50 minutes de Québec, le festival a lieu dans la ville de Baie St-Paul, petit joyau de Charlevoix.

Quelques noms établis valent le détour cette année, dont une soirée où Bernard Adamus, Lisa Leblanc et Daniel Bélanger s’enchaînent. Tout cela se passera en extérieur sur la scène Desjardins qui accueillera aussi Caravan Palace, Xavier Rudd, Plants and Animals, Valaire, Laura Sauvage ainsi que les deux gagnants des Cabarets Festifs! de la relève : Miss Sassoeur & les Sassys et Émile Gruff. Parmi les autres artistes établis qui fouleront le sol de Baie St-Paul, on compte Martha Wainwright, Louis-Jean Cormier en solo, Xavier Caféïne qui fête les 10 ans de Gisèle et Groovy Aardvark.

Certains artistes qui viennent de lancer ou qui lanceront prochainement un album seront de la partie. Leif Vollebekk, Timber Timbre, Beyries et Peter Peter amèneront leurs nouvelles ritournelles sur la route de Charlevoix. Philippe B est de ceux qui lanceront un album peu de temps avant l’événement estival. Quelques valeurs sûres feront plaisir aux mélomanes : la voix grave d’Antoine Corriveau, la pop déjantée et orchestrale de Klô Pelgag, la disco intoxicante de Le Couleur, les rockeurs de Chocolat, les capables des Dales Hawerchuck, le sympathique Karim Ouellet et les lourds de chez Voïvod.

Le hip-hop ne sera pas en reste, les minces peuvent se réjouir. Alaclair Ensemble, Rednext Level et KNLO seront tous de la fête cette année. On y ajoute les vétérans de Loco Locass et le retour-surprise de Bran Van 3000. Dans le volet étonnant, notons la présence de l’excellente formation torontoise Weaves et Yonatan Gat avec qui ça devrait déménager. Finalement, la relève obtient aussi sa part du gâteau. Le trio Paupière, Sarah Toussaint-Léveillée, Tintamarre, Chassepareil, De La Reine, Bad Dylan, Renard Blanc et Les Viandes Froides seront sur place.

Une édition 2017 assez affriolante pour le Festif! On s’y voit du 20 au 23 juillet prochain!

http://lefestif.ca/

KNLO – Long Jeu

KNLOL’année 2016 aura été une année faste pour le hip-hop québécois. De Koriass à Alaclair Ensemble en passant par Loud Lary Ajust qui a fait paraître un EP, on peut dire que le genre connaît ses heures les plus glorieuses. De plus en plus, le genre fait sa place dans la pop et parmi les acteurs qui ont permis cette popularité, KNLO en est un important. Le copilote d’Alaclair Ensemble met de l’avant une poésie intelligente avec des narrations limpides qui refusent les clichés qu’on retrouve dans le rap. Oubliez le bling-bling, les filles et les nuits de party incessantes, KNLO te jase d’affaires d’adultes… et un peu de drogues douces.

Long Jeu est étonnement le premier album solo du gars de Québec. Akena Okoko a fait partie des collectifs Movezerbe, K6A et Alaclair Ensemble, mais n’a jamais fait paraître ses tounes à lui. Sur Merci, il le dit assez clairement: «Donne-moi, c’est sûr que je te donne le poing back/Demande-moi juste pu jamais quand est-ce que mon album va être dans les bacs/J’ai plein de chats à fouetter ASAP, faut que je pense à demain now». Mais voilà que Long jeu est dans les bacs. Et l’on peut enfin vous en parler.

Long jeu verse souvent dans les accents jazz et KNLO assure la majorité de la production. Cette dernière est à la fois très actuelle tout en faisant quelques clins d’œil au passé comme les scratchs sur @ l’église. Même si dans l’ensemble, le rappeur s’occupe de tout, il obtient tout de même un coup de main de Vlooper (Alaclair Ensemble) sur deux chansons et de Kaytranada sur Oui allô. Certaines pièces s’échappent de l’esthétique jazz comme l’excellente Justeçayinque avec une trame plus simple avec une plus grosse basse. La pièce possède un refrain qui te reste collé dans les neurones et KNLO met de l’avant ce talent pour la mélodie intoxicante. L’arbre (Intro) qui compte sur l’apport de sa douce, Caro Dupont, est le genre d’air maudit que vous chanterez des heures et des heures après l’écoute.

KNLO est aussi un gars de gang et il invite de nombreux amis à venir faire un petit tour sur Long jeu. Eman débarque sur Merci alors que Robert Nelson fait plus «mauvais garçon» que jamais sur la dynamique et mélodieuse B.B.I.T.C. Tu te demandes ce que cet acronyme veut dire? Baby In The Club, c’est pas mal aussi crasse que ça peut être sur l’album.

KNLO n’a pas manqué son coup avec Long jeu et s’il s’est fait attendre, le résultat en valait l’attente. Ses textes sont poétiques, intelligents et bien tissés et brossent des tableaux clairs et efficaces. Musicalement, ça se promène entre le jazz et un hip-hop plus électronique, mais sans jamais non plus jurer d’une chanson à l’autre. Ça vaut le détour le mince.

Ma note: 7,5/10

KNLO
Long jeu
Disques 7e ciel
48 minutes

http://www.7iemeciel.ca/knlo/