Kendrick Lamar Archives - Le Canal Auditif

FEQ Jour 2 – Les valeurs sûres du rapjeu et quelques milliers de snapchat stories

Malgré tous les choix déchirants (Wolf Parade, Tony Allen ou Bernard Adamus) j’étais sur les plaines pour être témoin d’un Kata verbal de Kung Fu Kenny. Il ne faut pas oublier Anderson .Paak et les Dead Obies. Une soirée mémorable à être coincés entre des adolescents survoltés.

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C’est les Fuckboys du Sud Sale qui s’occupent de réchauffer la foule qui s’agglutine en prévision de la venue du roi. On a principalement droit à des pièces de leur matériel du dernier opus Gesamtkunstwerk et du dernier Ep. On les sentait un peu nerveux pour commencer. Il faut dire qu’ils n’avaient que 45 minutes pour faire une prestation à la hauteur de leur énergie et qu’ils ouvraient pour Kendrick Lamar. C’est pas rien! En plus, les micros ne captaient pas bien les paroles. C’est à partir de Johnny Go qu’ils se lâchent complètement. Ils nous ont même offert une petite exclusivité qu’on pourrait nommer Monnaie. Une structure trap classique, des couplets agressifs et un refrain qui est instantanément dans l’esprit. Je n’ai jamais vu Joe Rocca être aussi intense dans une pièce, ça lui va bien. Pour les fashionistas : les tresses de Rocca vont bien, elles auront bientôt une force de traction de 500 lb.

Ce p’tit freestyle européen est peut-être un avant-goût de ce qui s’en vient pour la bande montréalaise : https://www.youtube.com/watch?v=j9YMQFjQ_2U

Acclamons le maître

Seulement 15 minutes d’attente, puis une star entre en scène. Avec un sourire de grand enfant Anderson .Paak et ses talentueux Free Nationals commencent une prestation qui sera parfaite. Tout lui réussit à ce Californien. Il passe avec aisance d’un débit rap précis à un chant soul aux accents funk en dansant avec aisance. Son assurance derrière la batterie nous entraîne dans un boogie qui écrase les canettes d’eau à la saveur de bière. Sans aucun complexe, il revisite ses propres pièces. Sa version plus funky de Glowed Up est écourtée, mais jouissive. Il termine ce 45 minutes si court avec trois de ces succès qu’il plonge dans une sauce trap, dont l’excellente Droogs. Le spectacle était digne d’une tête d’affiche, tout simplement. Si ce n’est pas déjà fait, écoute et récoute Malibu. Tout de suite.

Du petit bureau de NPR, le charisme de Paak. est une évidence :

Bitch, don’t kill my vibe

King Kunta. Kung Fu Kenny. Kendrick Lamar. La foule n’était plus capable d’attendre. Tellement que beaucoup parlaient pendant la partie de .Paak. Ils s’en foutaient. Ce qu’ils voulaient, c’est crier : Bitch don’t kill my vibe. Lamar a-t-il répondu aux attentes démesurées? Oui et non. Stoïque et tout en puissance Lamar affirme que le trône actuel du rapjeu lui est dût avec la lourde DNA. Seulement accompagné d’un batteur, il occupe l’entièreté de la scène sans bouger énormément, mais il remplit l’immense scène sans problème. Ça doit être une botte secrète du turtle style.

Le son du micro n’est pas assez élevé et même parfois ça manque juste de puissance en général. Une pause étrange, surement des problèmes de projections, en plein milieu du set refroidit les ardeurs pendant au moins 5 minutes. Dommage pour un artiste dont l’univers visuel est si fort et marquant. Malgré les obstacles, le moshpit atteint son paroxysme avec Alright. Ça finit un peu en queue de poisson avec LOVE, qui était pourtant bien meilleure que sur l’album. Personne ne s’est époumoné : Bitch Don’t Kill My Vibe, puis on s’est dirigé vers la sortie en évitant les bouteilles de vin que deux idiots de haut calibre nous ont lancées du Bistro SAQ. À leur défense, VIP ne rime pas avec bon sens.

Elle n’y était pas, mais j’aurais aimé qu’elle y soit celle-là :

BONUS

3 – Le top 2 de mes pires humains favoris de la section B, pas loin du Bistro SAQ

2— Le préadulte qui me gueule Alright au complet dans l’oreille droite. Je crois qu’il a mué pendant la pièce. Un beau moment.

1— La jeune femme (Esmeralda?) avec un bandeau de gitane qui voulait s’assurer qu’on comprenne que son trip de MDMA était incroyable. MERCI!

Critique : Vince Staples – The Big Fish Theory

« Spend a lot of money on the CDG
Ain’t I lookin’ lovely on the TV screen?
Battle with the white man day by day
Feds takin’ pictures doin’ play by play
They don’t ever want to see the black man eat
Nails in the black man’s hands and feet
Put him on a cross so we put him on a chain
Lying to me, sayin’ he don’t look like me
Rollcage on the GT3
How a show on stage like a DVD?
Put me in the MoMA when it’s over with
I used to look up to the sky, now I’m over shit »
– Crabs In a Bucket

Vince Staples lance son deuxième album intitulé The Big Fish Theory. Le précédent, Summertime ’06, avait fait belle figure et s’était retrouvé dans plusieurs tops de fin d’année en 2015. Depuis, Staples n’a pas chômé en lançant un EP conceptuel titré Prima Donna. Le Californien revient encore une fois en force avec The Big Fish Theory.

Le sens derrière le titre de l’album est d’ailleurs assez clair. La théorie réfère au fait qu’un poisson grandit en accord avec la grandeur de son environnement. Si vous placez un poisson au potentiel immense dans un minuscule aquarium, il restera petit. Staples s’en sert pour faire une allégorie de la place des noirs dans la société américaine. On pourrait étendre cette problématique aux gens de différentes origines ethniques aux États-Unis.

C’est aussi un album qui montre différentes facettes de Staples. Parfois, il se fait presque frivole avec la mélodieuse et intoxicante Big Fish. Il y parle de son rythme de vie qui a radicalement changé dans les dernières années. Le tout appuyé par Juicy J qui offre un refrain efficace à tous les points de vue. Staples a toujours été doué pour offrir un hip-hop avec des airs qui languissent dans les neurones. Le genre de refrains qu’on se surprend à fredonner en passant de la chambre au salon. BagBak est ce genre de chansons. Contrairement à la précédente malgré son efficacité mélodique, elle adopte un discours beaucoup plus politisé.

D’ailleurs le côté politique ne s’arrête pas là. C’est un peu partout sur The Big Fish Theory. Puis, dans Yeah Right, Kendrick Lamar vient faire son tour. On se retrouve devant un discours sur l’appât du gain pour l’appât du gain que dénonce Staples. C’est la différence entre réussir pour sa communauté ou pour sa personne.

Staples fait appel à de nombreux collaborateurs, dont la chanteuse Kilo Kish qui pose sa voix sensuelle dans plusieurs pièces. À chaque occasion, c’est aussi pertinent que réussi. Plusieurs compositeurs doués font aussi sentir leur présence. À commencer par Justin Vernon qui signe la trame d’ouverture, Crabs In a Bucket. Flume est aussi présent sur Yeah Right. Pour le reste, Sekoff et Sophie sont les deux producteurs à mettre le plus la main à la pâte.

The Big Fish Theory est un album totalement réussi pour Vince Staples qui continue de progresser et d’offrir des albums aussi mélodieux que pertinents. Voici un autre album de hip-hop qui risque fortement de se retrouver très haut dans les tops de fin d’année.

Ma note: 8,5/10

Vince Staples
The Big Fish Theory
Def Jam
36 minutes

http://vincestaples.com/

Concours : Gagnez une paire de laisser-passers pour Kendrick Lamar au FEQ

Kendrick Lamar, qui a fait paraître l’un des meilleurs albums de l’année 2017, sera de passage au Festival d’Été de Québec le 7 juillet prochain. Comme si ce n’était pas assez, l’Américain sera précédé d’Anderson .Paak & The Free Nationals ainsi que Dead Obies. Ce sera une grande soirée de rap! Le Canal Auditif et le Festival d’Été de Québec vous offrent la chance d’assister à cette soirée que vous pourrez raconter un jour à vos petits-enfants. Pour participer, vous devez répondre à la question suivante dans la section commentaire :

À l’occasion de quelle fête religieuse est paru DAMN.?

Indice : La réponse se trouve dans ce texte.

Le concours est en vigueur du 5 au 19 juin 2017 à midi. Le tirage aura lieu le 19 juin 2017.

Bonne chance à tous!

Ce concours est maintenant terminé, merci d’avoir participé!

Pour plus de détails sur le spectacle, c’est par ici.

Critique : Kendrick Lamar – Damn.

Kendrick Lamar est régulier comme l’horloge. En 2015, il faisait paraître l’excellent To Pimp A Butterfly, puis en 2016, il lançait Untitled Unmastered. Ce dernier était une collection de chansons qui n’avaient pas trouvé preneur pour l’album précédent. Douze mois plus tard, Lamar revient avec DAMN. son quatrième album en carrière. Les suspicions de nouvel opus sont nées à la fin mars après la sortie du simple The Heart Part 4, qui n’est pas sur l’album, mais qui annonçait une sortie le 7 avril. Le 7, comme promis, le vidéoclip de la chanson Humble est arrivé et elle-même annonçait la sortie de DAMN.

Sur ce nouvel album, Kendrick Lamar nous sert une bonne dose de référence christique et religieuse en général. C’est thématique avec sa sortie le Vendredi saint. DAMN. est l’album le plus « pop » de Kendrick Lamar, il possède de nombreux refrains intoxicants, des chansons plus courtes qui tournent autour des quatre minutes et une approche généralement plus facile pour le néophyte. Est-ce que c’est de moins grande qualité pour autant? Absolument pas, Lamar prouve qu’il est l’un sinon le rappeur le plus pertinent de son époque, encore une fois.

Plusieurs chansons sont très accrocheuses comme Element qui a été produit en partie par <em>James Blake. On peut en dire tout autant de son duo avec Rihanna titré Loyalty avec sa trame velouté. Il nous offre même une pièce qui tire beaucoup sur le R&B avec Love, sur laquelle chante Zacari. C’est déstabilisant au premier abord. Avec les écoutes répétées, la pièce prend son sens dans l’enchaînement et ne détonne absolument pas. On est loin des pièces parfois insipides que nous envoie Drake. Malgré l’approche plus mélodieuse qui laisse de côté les moments musicaux ou les extraits de mise en contexte par rapport au concept très présent sur To Pimp A Butterfly et good kid, m.A.A.d city, Kendrick Lamar n’est pas moins impressionnant sur ce nouvel album.

« I got, I got, I got, I got
Loyalty, got royalty inside my DNA
Cocaine quarter piece, got war and peace inside my DNA
I got power, poison, pain and joy inside my DNA
I got hustle though, ambition, flow, inside my DNA
I was born like this, since one like this, immaculate conception
I transform like this, perform like this, was Yashua’s new weapon
I don’t contemplate, I meditate and off your fucking head »
— DNA.

Malgré la tangente plus facile pour les oreilles que Lamar prend sur Damn., il montre aussi l’étendue de son talent de MC avec des chansons comme DNA où les mots sortent à un rythme effréné, parfois quasi inhumain. On ne peut non plus passer sous silence l’excellent premier simple titré Humble. Ça rentre au poste et rappelle à la compétition qu’ils ne sont pas de niveau. La chanson est sans doute en réaction à Big Sean qui a lancé une pique au Californien dans les derniers mois. Une autre chanson surprenante se cache sur DAMN. : la collaboration avec U2, XXX… oui, oui U2. Il faut bien Kendrick Lamar pour rendre U2 pertinent en 2017.

Les pièces plus R&B sont toutes assez efficaces sur DAMN. La deuxième partie de XXX, Fear et la sérieusement réussie Lust. Il termine l’album sur Duckworth qui remet les pendules à zéro en nous ramenant au premier moment de Blood qui entame l’album. Avec toujours ce message : « Remember that what happens on earth stays on earth. » Il y a quelque chose d’à la fois religieux et absolument laïc à propos de DAMN.. Encore une fois, c’est le génie de Kendrick Lamar qui est le responsable pour cette habile façon de tisser un message riche et nuancé.

Vraiment, Kendrick Lamar est à son meilleur depuis deux ou trois ans. Combien de temps ça durera? Personne ne le sait, mais pour le moment, il faut en profiter, car il nous envoie avec DAMN. un autre excellent album de rap. Nous avons pourtant déjà été gâtés cette année avec Run The Jewels et Loyle Carner. Malgré tout, Kendrick Lamar ne tombe pas dans l’ombre des deux autres sorties, au contraire, il brille de mille feux.

Ma note: 8,5/10

Kendrick Lamar
DAMN.
Interscope Records
56 minutes

http://www.kendricklamar.com/

Les 3 étoiles du 7 avril 2017

Kendrick Lamar – HUMBLE.

Ça commence de plus en plus à sentir le nouvel album pour Kendrick Lamar, qui sera au Festival d’Été de Québec. HUMBLE. est une charge à fond de train contre ceux qui ose user d’arrogance devant lui. Ça lui donne des petits airs de parrain de la mafia et il faut le dire, le refrain est non seulement hyper mélodieux, il est simple et efficace. En plus de faire une attaque contre la culture du photoshop et de l’apparat… c’est pas mal intéressant.


 

Mount Kimbie – We Go HomeTogether ft. James Blake

Le duo Mount Kimbie n’avait pas fait paraître de nouveau matériel depuis un bon bout de temps. Ils reviennent en force en annonçant une tournée nord-américaine qui s’arrêtera à Montréal le 15 juin au Théâtre Fairmount en plus de faire paraître un nouveau simple qui compte sur l’apport de James Blake. La chanson est un petit peu à côté de la track et possède beaucoup de soul.


 

Public Service Broadcasting – Progress

Si vous cherchiez une belle petite chanson d’indie-rock efficace, Public Service Broadcasting vient de vous livrer quelque chose d’assez incroyable. Des échantillons entrecoupent les refrains très simples chantés par Tracyanne Campbell de Camera Obscura. C’est tout à fait magnifique et les refrains nous transportent par leur légèreté et leur mélodie intoxicante.