Julien Sagot Archives - Le Canal Auditif

La programmation complète du FMEAT 2017

C’est ce moment attendu chaque année, celui où on apprend la programmation complète et ce qui nous attendra à Rouyn-Noranda pendant la fête du travail. Déjà quelques noms avaient été annoncés plutôt cette année. Vous pouvez les découvrir ici! Passons au plat de résistance…

Jeudredi

Pour ce premier soir de l’édition 2017, en plus d’A Tribe Called Red qui seront sur la scène extérieure, on retrouvera La Mverte, les doux de Thus Owls, les grooves de King Abid, Slosh et les furieusement solides de Duchess Says. Une bonne façon de commencer 4 jours de festivités.

Des lancements, du fun pis toute une soirée

Jason Bajada lancera son Blondie en direct de Rouyn-Noranda. À date, ses simples sont totalement convaincants. On a hâte d’entendre tout ça sur scène. Ce n’est pas le seul lancement qui aura lieu vendredi soir, Eman X Vlooper nous prépare aussi une nouvelle galette qu’ils vont nous garnotter pendant le spectacle hip-hop avec Alaclair Ensemble, Lary Kidd et Mathew James (un natif de la région). Vous pensez que c’est tout ce qui se passe? OH QUE NON. Les gens du FME ont pensé à nous, on les remercie. A Place To Bury Strangers sera là pour un concert! Ça fait tout un voyagement pour arriver là.


 

Parmi les autres participants, le barde Louis-Philippe Gingras sera à la maison, Julien Sagot, The Franklin Electric, Zen Bamboo, Elephant Stone, Chocolat et Bloodshot Bill. Les Français d’AeroBrasil, le chanteur américain Deke Dickerson et les Floridiens The WildTones. N’oublions pas non plus Pierre Flynn!

Saturday night’s alright for fighting

Mon Doux Saigneur est l’une des sorties attendues de l’automne et ça se passe à Rouyn-Noranda! On a très hâte. On y verra aussi Antoine Corriveau, Kroy, Saratoga, Betty Bonifassi et son magnifique projet Lomax, le duo montréalais I Shot Samo, le projet d’Adèle Trottier-Rivard : Le bleu,Raphaël Dénommé, Lubik et le groupe australien The Decline. Ce sera assez rock avec Barry Paquin Roberge, Les Dales Hawerchuk, les bruyants Belges d’It It Anita et Blood and Glass qui a lancé plus tôt cette année Punk Shadows.


 

Se bercer pour se remettre des abus

Si ton foie n’est plus capable le dimanche, tu pourras lui donner un peu de repos avec la douceur des chansons de Mat Vezio ou encore le piano imagé de Jean-Michel Blais. Si par contre, t’as toujours envie de danser, Le Couleur sera sur place tout comme Klô Pelgag et ses chansons magnifiques. N’oublions pas le charmant Matt Holubowski, ANEMONE ou les bruyants de HOAN.

Ce sera aussi le soir du métal avec le groupe suédois Marduk! Ils seront précédés d’Incantation et Abysmal Dawn. Ça risque d’être lourd en ti-pépère.

Une autre édition qui nous donne l’eau aux oreilles (euh… ça se dit-tu?). Prépare-toi Rouyn-Noranda, le Canal s’en vient pour célébrer la musique encore une fois. On se voit au bar des chums!

http://www.fmeat.org/

Critique : Julien Sagot – Bleu Jane

Après avoir été un idéateur sonore de grande importance au sein de la formation Karkwa, Julien Sagot a entamé une intéressante carrière solo. L’aventure a débuté en 2012 avec l’excellent Piano Mal. Déjà à l’époque, Sagot nous proposait une pop résolument champ gauche et sincère qui détenait une signature forte, et ce, malgré les ascendants spectraux à la Patrick Watson qui caractérisaient ce premier effort. Avec Valse 333, disque paru l’année suivante, le multi-instrumentiste confirmait d’une éloquente manière qu’il était bel et bien là pour durer.

Ce que j’aime par-dessus tout chez Sagot, c’est cette mixture de références musicales françaises (Bashung, Murat, Arthur H, etc.) et de pop expérimentale qui n’a rien à envier aux meilleurs du genre. Bref, l’artiste est une magnifique bébitte dans le paysage sonore québécois souvent si consensuel…

C’est aujourd’hui même que paraît Bleu Jane, une nouvelle offrande attendue de la part de Sagot. Coréalisé avec l’aide de l’arrangeur et ingénieur de son Antoine Binette Mercier, l’excentrique créateur nous présente encore un disque hors norme qui épouse une panoplie de styles, souvent au sein d’une seule et même chanson, et qui conserve une cohérence exemplaire. Un exploit en ce qui me concerne.

Cordes, claviers, percussions, rythmes électros se marient à la perfection et donnent l’impression d’entendre un Angelo Badalamenti sous amphétamines ou encore un Alain Bashung en format électronique. Original, étrange, éclectique, et tout de même harmonieux, le parisien d’origine, qui a passé la majeure partie de son existence à Montréal, fait ici la preuve par mille qu’il est un artiste de calibre international, rien de moins. Ce gars-là mérite amplement de sortir du minuscule Québec et d’exploser à la face du monde tant son art est différent, certes, mais totalement incarné. Sagot ne sonne comme personne et sur la durée, ce talent finira par payer, croyez-moi.

Tout au long des 30 minutes que vous passerez en compagnie de ce Bleu Jane, vous alternerez entre des atmosphères post-surf, post-punk, caribéennes, latinos, rock et orchestrales. Les ruptures rythmiques sont aussi nombreuses que déstabilisantes et Sagot trouve toujours le moyen de nous garder captifs. C’est grâce à son travail mélodique subtil que ce disque maintient un bon degré d’intelligibilité.

Impossible de ne pas être charmé par le groove hypnotique qui caractérise Ombres portées, par les incursions caribéennes/latinos évoquées dans Bleu corail électrique, par la voix trafiquée de Sagot et le piano jazzistique de cinglé dans Vacille, par les percussions tribales en introduction de la chanson Les racines du mal ainsi que par la galopante pièce titre.

Compte tenu de la foisonnante production musicale à laquelle on assiste depuis quelques années, je ne saurais trop vous conseiller de tenter votre chance avec la pop atypique de Julien Sagot. D’album en album, cet avant-gardiste met à profit son immense talent afin de nous emmener ailleurs. Sincèrement, ce musicien m’impressionne au plus haut point. Concevoir une pop aussi singulière dans un marché comme le nôtre, c’est une prouesse. Bleu Jane est une œuvre prodigieuse créée sans aucune prétention… et ça, c’est très rare !

Ma note: 8,5/10

Julien Sagot
Bleu Jane
Simone Records
30 minutes

http://sagot.ca/

10 albums à surveiller en mars 2017

Grandaddy – Last Place (3 mars)

Le groupe mené par Jason Lytle est de retour sur album onze ans après la sortie de Just Like The Fambly Cat. La formation américaine semble en pleine forme à l’écoute des premiers extraits de Last Place. Way We Won’t est mélodieuse et reste dans la tête longtemps après l’écoute tandis qu’A Lost Machine montre le côté plus sentimental du quintette.


 

Sun Kil Moon – Common as Light and Love Are Red Valleys of Blood (3 mars)

Environ deux ans après la sortie de Universal Themes, Sun Kil Moon est de retour avec un nouvel album assez imposant : plus de deux heures de musique! Les premiers extraits nous confirment qu’on peut s’attendre à un album typique de Mark Kozelek. On peut s’ouvrir l’appétit avec I Love Portugal, un refuge possible pour l’homme qui semble inquiet de la tournure que prend la politique américaine.


 

Geoffroy – Coastline (10 mars)

Geoffroy Sauvé était l’un des participants de la deuxième édition de La Voix. Puis, cet avide voyageur a lancé un EP bien intéressant, Soaked in Gold, en novembre 2015. C’est maintenant son premier album qui s’apprête à nous offrir. On y retrouve des similitudes à des artistes tels que Sohn et Chet Faker, en légèrement plus accessible et pop.


 

Laura Marling – Semper Femina (10 mars)

La toujours succulente Laura Marling lancera bientôt son nouvel album. Le successeur à Short Movie s’annonce aussi très réussi. Il faut dire que la jeune Laura Marling n’a tout simplement pas fait de faux pas depuis ses débuts. L’étrange et sensuel clip pour Soothing annonce encore une fois une œuvre intéressante et puissante.


 

Mat Vezio – Avant la mort des fleurs cuillies (17 mars)

Mat Vezio a souvent accompagné d’autres artistes comme Antoine Corriveau, Dany Placard et Louis-Philippe Gingras. Ce mois-ci, il lance son propre album et l’on a très hâte. Surtout à l’écoute de la somptueuse et poétique Fukushima. Son folk est léché, magnifique, mélodieux et un peu mélancolique. En plus, c’est une première aventure de réalisation pour Antoine Corriveau.

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Les 3 étoiles du 24 février 2017

Julien Sagot – Les sentiers de terre

Cette semaine, on a eu droit à quelques bonnes nouvelles. La Nasa a découvert trois planètes au potentiel d’eau liquide dans une galaxie pas si près, mais pas si loin. Le Canadiens a aussi battu les Rangers. Pis Julien Sagot nous a annoncé un nouvel album à paraître au début avril. Pour accompagner la bonne nouvelle, le simple Les sentiers de terre est venu nous chouchouter les oreilles. La pièce onirique compte sur l’apport de Frannie Holder (Random Recipe, Dear Criminals). C’est à la fois marginal, aérien et ancré. On a hâte!

At The Drive-In — Incurably Innocent

Autre bonne nouvelle apprise cette semaine, At The Drive-In fera un retour en album le 5 mai prochain. La troupe de Cedric Bixler-Zavala, Omar Rodriguez, Paul Hinojos, Tony Hajjar et Keeley Davis lancera un premier album en 17 ans. Ce n’est pas anodin. Pour nous ouvrir l’appétit, Incurably Innocent nous rappelle de leur capacité à faire grincer des guitares. Bixler-Zavala se fait aller les cordes vocales qui frôlent souvent les aiguës et ça donne de l’espoir pour In•Ter A•Li•A.


 

Wilsen — Garden

On termine avec le groupe de Brooklyn nommé Wilsen, signé chez Secret City Records (Patrick Watson, The Barr Brothers). Menée par la talentueuse Tamsin Wilson, la formation donne dans le folk fantomatique assez mélodieux, merci. On y trouve aussi des touches d’électronique efficaces et des atmosphères riches. Leur album, I Go Missing In My Sleep, verra le jour le 28 avril prochain. En attendant, on peut se gâter avec Garden.