John Dwyer Archives - Le Canal Auditif

Critique : Oh Sees – Orc

Il y a des choses qui ne changent pas. La crème glacée à la vanille. Le lever du soleil. La bonne bière froide du samedi après-midi… et la parution annuelle d’un album de Thee Oh Sees. Dorénavant, je devrai les nommer « Oh Sees », car John Dwyer, meneur incontesté de la formation, vient de supprimer le « Thee » de l’appellation. Y-a-t-il un lien à faire avec le départ du batteur no. 2, Ryan Moutinho, puisque le bonhomme a quitté le navire à la fin de la dernière tournée ? Probablement. Mais soyez sans crainte, tout « tapocheux » avide de psychédélisme rêve de s’aligner aux côtés de Dwyer. On salue donc l’arrivée de Paul Quattrone qui vient remplacer Moutinho.

Voilà donc ce Orc qui pointe le bout de son nez à la fin de cet été à humeur variable… « climatiquement » et socialement parlant. Si le diptyque A Weird Exit et An Odd Entrances avait satisfait les plus exigeants consommateurs de cannabis, eh bien, la sortie de ce Orc devrait les rassasier encore plus. Cette fois-ci, Dwyer délaisse, par moments, les ascendants krautrock qui caractérisaient les derniers efforts du groupe afin d’incorporer des influences folk rock des années 60. Je pense ici à la superbe Keys To The Castle; surtout à sa conclusion qui met de l’avant un violon frémissant. De toute beauté !

Les chansons épiques sont curieusement bien ramassées, sans se perdre dans les méandres de la virtuosité superflue. Les grosses guitares côtoient les instants « dans les vapes » souvent au sein d’un seul et même morceau. Encore une fois, cette nouvelle création fait la démonstration manifeste de tout ce que peuvent accomplir Dwyer et ses collègues.

À la sortie des deux premiers extraits, The Static God et la « quasi-doom » Animated Violence, on savait que Orc tenait la route, mais ce voyage dans le monde givré de Dwyer, d’une durée de 51 minutes, est une autre réussite qui se passe de clarifications.

De bonnes chansons, en voulez-vous ? Le fondu sonore à la fin de Jettison donne envie d’appuyer sur « jouer » à répétition. Répété ad vitam æternam, le motif de guitare dans Paranoise nous replonge dans le krautrock. L’envie de faire l’amour sous l’effet des drogues douces nous prend à l’écoute de la magnifique Drowned Beast. Et tout ça se termine avec une sorte de solo de batterie minimaliste intitulée Raw Optics. Du gros stock !

Après avoir rédigé d’innombrables critiques portant sur les créations de Dwyer, je dois avouer qu’il me manque de mots pour décrire convenablement le travail de cet increvable rockeur. Que serait la vie sans les « Oh Sees » ? Exactement la même chose que si la petite frette du samedi après-midi n’existait plus. Allez les tripeux ! N’hésitez pas une seule seconde. C’est encore un maudit bon disque.

Ma note: 8/10

Oh Sees
Orc
Castle Face
51 minutes

https://www.castlefacerecords.com/products/oh-sees-orc

Les 10 albums à surveiller en août 2017

Dead Cross – Dead Cross (4 août)

Dead Cross est un nouveau groupe de punk hardcore à apparaître sur la scène californienne. La formation est composée de membres qui ont tous fait leurs preuves auparavant : Mike Patton (Faith No More et Fantômas), Mike Crain (Retox), Justin Pearson (Retox et Head Wound City) et Dave Lombardo (ex-Slayer et Fantômas). Patton est toujours aussi excentrique et ses maniérismes vocaux collent à merveille à la musique brutale du groupe.


 
 

Oneohtrix Point Never – Good Times OST (11 août)

Le musicien Danien Lopatin lancera à la mi-août la trame sonore du film Good Times, un drame judiciaire réalisé par Ben et Josh Safdie et qui a été sélectionné pour la compétition officielle de la Palme d’Or à Cannes. D’ailleurs, Oneohtrix Point Never a remporté le prix de la meilleure trame sonore de film pour celui-ci lors du festival. En attendant le reste de l’album, vous pouvez vous remplir les oreilles de la touchante et émouvante The Pure and the Damned sur laquelle chante Iggy Pop.


 
 

Photay – Onism (11 août)

Photay est le nom de scène d’Evan Shornstein. Ce jeune compositeur de musique avait fait tout un tabac avec son premier EP en 2014. Voici qu’il lancera un premier album en bonne et due forme, le 11 août prochain. Si l’on se fie aux simples parus à ce jour, le jeune homme réussi toujours à naviguer dans les eaux de l’électronique d’avant-garde tout en y insérant un minimum de mélodie. C’est très convaincant.


 
 

Cloakroom – Time Well (18 août)

Cloakroom est un groupe à la mélancolie pesante qui avait fait paraître le très appréciable Further Out en 2015. Voici qu’ils reviennent avec Time Well qui semble se poursuivre dans la même veine de tristesse distorsionnée. Seedless Star exulte ce son qui se se rapproche des chansons plus douces de Deftones et celles des groupes emo des années 90 comme Sunny Day Real Estate et Pedro The Lion.


 
 

Grizzly Bear – Painted Ruins (18 août)

Le groupe américain Grizzly Bear s’apprête à lancer son 5e album, Painted Ruins, en août. Ceux qui avaient très bien fait sur Shields sauront-ils offrir un autre album d’aussi grande qualité? Quatre simples sont apparus sur le net dans les deux derniers mois et à date, on peut dire que c’est très satisfaisant pour les tympans. Leurs mélodies vocales sont toujours aussi riches, leurs trames originales et leur son nuancés.


 
 

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Les 3 étoiles du 9 juin 2017

Zola Jesus – Exhumed

L’Américaine Zola Jesus a déménagé dans son Wisconsin natal dans les derniers mois. Le retour à la terre de son enfance a remué de vieux démons et des questions qui avaient été laissées en suspens. Cela l’a amené à écrire et composer Okovi qui paraîtra le 8 septembre prochain. En attendant, elle nous présente la convaincante Exhumed où les envolées vocales sont légères et poignantes à la fois. Les cordes puissantes qui accompagnent sa voix sont toutes aussi efficaces.


 

Alvvays – In Undertow

Les rockeurs doux d’Alvvays lanceront également un album le 8 septembre prochain et nous donnent avec In Undertow un avant-goût de ce qui arrivera sur Antisocialites. La distorsion est chaude, les voix perdues dans une réverbération plaisante et les mélodies toujours aussi intoxicantes. Molly Rankin est égale à elle même et sa voix balance entre le réconfort et l’attaque frontale. On a hâte pour la suite.


 

Oh Sees – The Static God

Thee Oh Sees laisse tombé le « Thee » et sera désormais connu sous le nom d’Oh Sees. Mais, une chose est certaine : la formation n’a rien laissé tomber de son mordant sur The Static God qui nous remplit les oreilles de riffs délicieux. La formation fera plaisir à ses nombreux fans avec ORC le 25 août prochain. La bande à Dwyer semble en pleine forme et ça risque de rentrer au poste!