Joëlle Saint-Pierre Archives - Le Canal Auditif

Le concours Chante en français : un tremplin pour plusieurs talents.

Vous connaissez le concours musical Chante en français? Celui-ci existe depuis 2003 et est chapeauté par l’organisme Do-Mi-Sol des aînés de Montréal. Cet organisme sans but lucratif a été créé par Raoul D. Gadbois en l’honneur de son frère l’abbé Charles Émile Gadbois. Ce dernier a donné une bonne partie de sa vie à faire vivre et rayonner la chanson francophone. Instigateur du poste de radio CJMS, qui a fusionné avec CKAC, il a aussi créé un recueil de chanson d’expression française titré La Bonne Chanson en 1937. Véritable mélomane, aujourd’hui c’est en son nom que l’organisme Do-Mi-Sol continue d’offrir une vitrine importante à de jeunes musiciens. Pourquoi Do-Mi-Sol? Parce qu’en anglais on écrit C-E-G… les initiales de l’abbé Gadbois! Aujourd’hui c’est Élian Mata (directeur artistique) et Gérard Boulonne (directeur administratif) qui portent le flambeau et font rayonner la chanson francophone.

Des lauréats qu’on connaît

Au cours des 15 dernières années, plusieurs jeunes auteurs-compositeurs-interprètes sont passés par ce concours avant de s’établir comme des incontournables sur la scène québécoise. On pense tout d’abord à Klô Pelgag lauréate en 2011 et Alex Nevsky lauréat en 2009. Ces deux créateurs sont par la suite devenus les figures de proue que l’on connaît aujourd’hui. Ils ne sont pas seuls à être passés par Chante en français. En 2006, David Bujold à l’origine du projet Fuudge s’y fait remarquer. En 2007, c’est Geneviève Binette qui rafle le premier prix d’auteur-compositeur-interprète puis en 2008, on y remarque Francis Faubert. Ça n’arrête pas là, Geneviève Toupin (membre de Chances et Willows), Sarah Toussaint-Léveillé, Élise Cormier (qui fait de la comédie musicale), Joëlle St-Pierre, la country-woman Sarah Dufour, Éric Charland et Andy St-Louis sont tous passés par le concours.

L’édition 2018

Cette année, c’est Alexandre Désilets qui agit à titre de porte-parole. Celui-ci crée depuis plusieurs années une pop de qualité couronnée d’une plume aussi poétique que sensible. Encore cette année, trois catégories sont mises de l’avant : auteur-compositeur-interprète, interprètes et le prix de la bonne chanson revisitée. Cette dernière demande aux artistes de se pencher sur des chansons du terroir et permet de renouveler un folklore intéressant et peu accessible aujourd’hui.

Vous voulez vous inscrire? Il est encore temps! La période d’inscription se termine le 2 avril prochain. Les artistes sélectionnés seront conviés aux demies finales le 24 avril, puis la finale se tiendra le 26 avril devant un jury de professionnels de la musique. De nombreux prix, dont un prix offert par Culture Cible, seront décernés aux participants de la finale. De plus, de grands prix en argent sont offerts par la fondation. En tout, c’est douze prix d’une valeur totale de 25 000 $ qui seront décernés. Pour vous inscrire, c’est à l’adresse suivante : www.chanteenfrancais.net.

On se voit le 26 avril?

La Nuit émergente de Sudbury

La 5e édition de la Nuit émergente sera présentée vendredi le 24 mars, et arbore nulles autres pour têtes d’affiche que Yann Perreau et Céleste Lévis. L’évènement musical veut présenter des artistes émergents franco-ontariens et aura lieu au Collège Boréal à Sudbury.

Yann Perreau n’en est pas à son premier spectacle à la Nuit émergente. On peut même dire qu’il entretient une histoire d’amour avec le festival. Il débarque encore une fois à Sudbury pour faire vibrer la scène avec son sixième album Le fantastique des astres. La chanson J’aime les oiseaux à saveur rock électro a de quoi faire danser les plus introvertis des spectateurs. La chanteuse franco-ontarienne Céleste Lévis offrira aussi une performance lors de cette nuit qui célèbre les jeunes talents. Depuis son passage à l’émission « La Voix », l’artiste cumule les succès. Elle a notamment assuré la première partie de Francis Cabrel lors de sa tournée québécoise en 2016 ainsi que récoltée une nomination au Gala de l’ADISQ la même année.

La Nuit émergente est une formule tout-en-un composée de dix concerts. La soirée est organisée par la Slague, qui y présente des talents locaux de la scène francophone. La Slague s’est adonnée à une recherche d’envergure parmi les festivals, les vitrines professionnelles et les concours à travers le Canada. C’est leurs coups de cœur que le public de la Nuit émergente auront la chance d’apprécier en spectacle. Ces heureux choisis sont issus de styles de musique variés. Huu Bac Quintet, un quintette de jazz qui se distingue par ses accents orientaux, fait partie de la programmation. Lydia Képinski livrera ses textes intrigants accompagnés de sa fabuleuse voix et de ses arrangements musicaux soignés. Joëlle Saint-Pierre s’amènera avec son vibraphone à quatre baguettes pour ses chansons jazz chaleureux. SoucyPatrick Wright et les Gauchistes et le groupe Lavabo livreront aussi des performances lors de la Nuit émergente.

Les artistes se donneront en spectacle dans les différents locaux du Collège avant de s’installer pour le spectacle de Yann Perreau dans la grande salle. La soirée se termine sur une note rock à la Townehouse Tavern avec les groupes Telecor, Ponteix et Rouge Pompier. Le Nuit de l’étang débarque au Collège Boréal le lendemain de la Nuit émergente pour compléter cette fin de semaine culturelle à Sudbury. Le thème de la Nuit de l’étang cette année est «La Grande veillée» où Yves Lambert Trio sera en spectacle. C’est un rendez-vous le 24 mars à Subury!

http://www.laslague.ca/spectacles/la-nuit-emergente/

Les francouvertes 2017 : soirée #4

Attention, nous sommes rendus aux choses sérieuses. Avec la quatrième soirée des Francouvertes qui était à nos portes, nous devions nous rendre à l’évidence : tout le monde n’irait pas en demi-finale. C’est cruel, mais nécessaire. C’est comme dans la jungle, toutes les gazelles n’auront pas le luxe de ne pas être attrapées par une lionne. Tout le monde sait que les lions eux se prélassent pendant ce temps — là. Mais trêve de discours philosphico-fémino-antropomorphe, jasons de cette nouvelle soirée des Francouvertes qui mettait en vedette Kyra Shaughnessy, Les Louanges et Van Carton précédés de Joëlle St-Pierre, l’ex de la soirée.

Cette dernière jouait en solo des chansons tirées de son premier album et une nouvelle chanson non endisquée, mais qu’elle avait déjà cassée devant public. St-Pierre est une maîtresse dans l’art de faire fermer les grandes trappes. Le Lion d’Or a été silencieux et attentif pendant ses quatre chansons comme on le voit rarement. Peut-être est-ce son charme naturel, sa voix douce et son vibraphone? Avec une aisance indéniable, la jeune femme a ensorcelé la salle. Un sentiment très clair s’est inscrit en moi à ce moment, Joëlle St-Pierre aurait été une célébrité énorme à l’époque des pianos-bars. Tout dans son interprétation suggère le velours des soirées de scotch et l’intimité de la pénombre des chandelles.

Puis, c’était au tout de Kyra Shaughnessy de nous présenter ses pièces. La jeune femme compte sur Mat Vezio à la batterie, une violoncelliste et une jeune femme qui joue de la kora, une harpe-luth mandingue qui provient d’Afrique. Le résultat est doux et mélodieux, mais manque un peu de panache. Ses chansons inscrites dans la longue tradition folk, ne réussissent pas à faire lever le gâteau. Par contre, son avant-dernière chanson, où elle chante avec seulement un peu de percussions sur un rythme qui rappelle certains chants des premières nations, frappait dans le mille. J’aurais pris plusieurs pièces atypiques de la sorte.

Le suivant à se présenter au bâton était Les Louanges. Le projet de Vincent Roberge rappelle beaucoup la vague Mac DeMarco /Homeshake avec son indie-rock aux accents soul. Par contre, Roberge va plus loin en injectant beaucoup d’âme dans sa voix. C’est beau, c’est touchant et diablement efficace. Il nous a livré les pièces de son EP Le Mercure paru il y a un an avec un aplomb et une aisance déconcertante. Ses interventions étaient délicieuses même si elles avaient tendance à s’étirer un tout petit peu. Son approche décousue, mais totalement en contrôle est charmante et authentique.

Finalement, c’est Van Carton qui prenait la scène pour présenter les chansons de son EP La saison. Guillaume Monette (3 gars su’l sofa) fait quelque chose de très différent en solo et on aime! Musicalement, c’était du solide bien qu’il y avait quelques ratées au niveau de la voix. Chien blanc et Tu cries étaient exécutées à merveilles et très plaisantes pour les oreilles. Il faut dire que le jeune homme est bien entouré avec Félix Petit (Bellflower, ex-Les Guerres d’l’Amour, FELP), Jérémi Roy (Chienvoler), Amélie Mandeville et William Côté (Bellflower).

Et le palmarès dans tout ça? À l’issue de cette 4e soirée des Francouvertes, voici ceux qui sont toujours en lice pour les demies-finales :

9- Projet Coyote
8- Juste Robert
7 – Mélanie Venditti
6 – Antoine Lachance
5 – Shawn Jobin
4 – Van Carton
3 – Valery Vaughn
2 – Les Louanges
1 – Vulvets

On se voit la semaine prochaine pour la cinquième soirée qui mettra en vedette : MCC, Lydia Képinski et Étienne Fletcher. À lundi prochain!

http://francouvertes.com/

http://www.kyrashaughnessy.com/

https://leslouanges.bandcamp.com/

https://vancartonmontreal.bandcamp.com/