Joe Rocca Archives - Le Canal Auditif

Critique : Joe Rocca – French Kiss

On a connu Joe Rocca comme un fournisseur de rimes veloutées au sein de la formation Dead Obies. Voici un petit moment qu’on sait que Rocca lancera un premier album solo. Celui-ci tardait à venir, mais voici qu’enfin on va pouvoir savoir de quel bois il se chauffe.

French Kiss est un premier album qui laisse un peu perplexe. Rocca approche tout ça avec beaucoup de sensualité. Et il est bon pour faire des chansons qui rejoignent ce que The Weeknd et autres pourvoyeurs de R&B contemporaine font. Par contre, en terminant les 53 minutes que dure l’album, on se demande : à part savoir qu’il veut vraiment avoir des rapports intimes avec des filles au « wet puss »… on n’a rien de plus à se mettre sous la dent. Pas que ça ne m’intéresse pas de savoir les prouesses sur Tinder de Rocca, je suis bien content pour lui que ça marche. Mais le manque de variété dans l’approche nuit à l’ensemble.

Ça ne veut pas dire que French Kiss est mauvais pour autant. Les trames de VNCE CARTER sont toutes, et sans exception, réussie. Les parties instrumentales font la bonne part entre des attaques claires et des ambiances feutrées, nous plongeant rapidement dans les ambiances éclairées aux néons mauves. French Kiss nous transporte dans les sous-sols des clubs du Centre-Ville, dans les couloirs sombres où les lèvres se rencontrent et les passions se laissent aller.

Commando est un bon exemple de ce qui fonctionne sur French Kiss. C’est répétitif, mais doté d’une mélodie efficace. De plus, on y retrouve Rocca qui alterne entre le chant et le rap. Il faut dire qu’il est beaucoup plus doué pour le second. Son chant est somme toute limité et Joe Rocca fait souvent appel à des moyens technologiques pour s’aider à frapper les notes qu’il doit atteindre. Soft Drink Riddim est un bon exemple, où la partie chantée est plus ardue.

Joe Rocca en profite pour faire des collaborations avec un paquet de monde. Parmi ceux-ci, on retrouve le groupe d’un autre membre de Dead Obies. Snail Kid arrive avec Brown et le reste de la famille pour la réussie Monstres. Showbizz est une des aventures solos de Rocca qui fonctionne bien avec sa trame munie d’un bon kick.

French Kiss possède des belles qualités. C’est vrai que c’est sexy que ça relaye les atmosphères de soirées de promiscuité. Mais deux ou trois pièces auraient suffi. En écoutant l’album, on a l’impression que Rocca essaie de nous convaincre qu’il pogne. Un peu plus de variété aurait fait du bien et aurait aéré la galette.

Ma note: 6/10

Joe Rocca
French Kiss
Make It Rain Records
53 minutes

Site Web

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Joe Rocca – French Kiss (1er décembre)

On voit de plus en plus les membres des Dead Obies lancer leurs projets solos. Après Snail Kid qui a rejoint la famille au sein de Brown, Yes McCan a lancé un EP solo plus tôt cette année. Voici que Joe Rocca lance son premier album solo intitulé French Kiss. À l’écoute des premiers simples parus, il s’aventure du côté de la musique contemporaine américaine à la Future avec une bonne dose de R&B à la The Weeknd et OVO Sound.


 
 

Miguel – War and Leisure (1er décembre)

Le chanteur de R&B et néo-soul Miguel lancera War and Leisure le 1er décembre. Celui-ci arrive près de deux ans et demi après Wildheart. On peut s’attendre facilement à des trames qui mélangent les influences diverses, quelques surprises, des collaborations réussies et beaucoup de volupté. Miguel a même dit qu’on y trouverait un fond de politique… parce que c’est inévitable en ce moment aux États-Unis.


 
 

Mononc’ Serge – Révolution conservatrice (1er décembre)

Mononc’ Serge est de retour en version plus rock après un album qui se voulait plus acoustique sur Pourquoi joues -tu du rock’n’roll?, il revient avec des guitares distorsionnées. Mine de rien, voilà déjà le 9e album de Serge Robert, infatigable troubadour qui tourne le dos à la langue de bois. D’ailleurs, sur son premier simple, il revendique son droit à l’incohérence.


 
 

Eminem – Revival (15 décembre)

Eminem lancera son nouvel album juste à temps pour Noël! La nouvelle collection de pièces a été précédée par une campagne publicitaire pour un faux médicament qui s’appelle Revival. Il a une fois de plus travailler avec Dr. Dre et sur le premier simple, Walk On Water, on le retrouve aux côtés de Beyoncé. Revival sera son 9e album en carrière!


 
 

N.E.R.D. – No_One Ever Really Dies (15 décembre)

Ça y est N.E.R.D. revient enfin! 7 ans après Nothing, le trio de Pharrell Williams, Chad Hugo et Shay Haley est de retour avec No_One Ever Really Dies. Le premier simple à être paru de l’album est Lemon, une collaboration avec Rihanna. Une autre sortie qui arrive à temps pour se retrouver sous l’arbre de Noël.

FEQ Jour 2 – Les valeurs sûres du rapjeu et quelques milliers de snapchat stories

Malgré tous les choix déchirants (Wolf Parade, Tony Allen ou Bernard Adamus) j’étais sur les plaines pour être témoin d’un Kata verbal de Kung Fu Kenny. Il ne faut pas oublier Anderson .Paak et les Dead Obies. Une soirée mémorable à être coincés entre des adolescents survoltés.

$ud $ale

C’est les Fuckboys du Sud Sale qui s’occupent de réchauffer la foule qui s’agglutine en prévision de la venue du roi. On a principalement droit à des pièces de leur matériel du dernier opus Gesamtkunstwerk et du dernier Ep. On les sentait un peu nerveux pour commencer. Il faut dire qu’ils n’avaient que 45 minutes pour faire une prestation à la hauteur de leur énergie et qu’ils ouvraient pour Kendrick Lamar. C’est pas rien! En plus, les micros ne captaient pas bien les paroles. C’est à partir de Johnny Go qu’ils se lâchent complètement. Ils nous ont même offert une petite exclusivité qu’on pourrait nommer Monnaie. Une structure trap classique, des couplets agressifs et un refrain qui est instantanément dans l’esprit. Je n’ai jamais vu Joe Rocca être aussi intense dans une pièce, ça lui va bien. Pour les fashionistas : les tresses de Rocca vont bien, elles auront bientôt une force de traction de 500 lb.

Ce p’tit freestyle européen est peut-être un avant-goût de ce qui s’en vient pour la bande montréalaise : https://www.youtube.com/watch?v=j9YMQFjQ_2U

Acclamons le maître

Seulement 15 minutes d’attente, puis une star entre en scène. Avec un sourire de grand enfant Anderson .Paak et ses talentueux Free Nationals commencent une prestation qui sera parfaite. Tout lui réussit à ce Californien. Il passe avec aisance d’un débit rap précis à un chant soul aux accents funk en dansant avec aisance. Son assurance derrière la batterie nous entraîne dans un boogie qui écrase les canettes d’eau à la saveur de bière. Sans aucun complexe, il revisite ses propres pièces. Sa version plus funky de Glowed Up est écourtée, mais jouissive. Il termine ce 45 minutes si court avec trois de ces succès qu’il plonge dans une sauce trap, dont l’excellente Droogs. Le spectacle était digne d’une tête d’affiche, tout simplement. Si ce n’est pas déjà fait, écoute et récoute Malibu. Tout de suite.

Du petit bureau de NPR, le charisme de Paak. est une évidence :

Bitch, don’t kill my vibe

King Kunta. Kung Fu Kenny. Kendrick Lamar. La foule n’était plus capable d’attendre. Tellement que beaucoup parlaient pendant la partie de .Paak. Ils s’en foutaient. Ce qu’ils voulaient, c’est crier : Bitch don’t kill my vibe. Lamar a-t-il répondu aux attentes démesurées? Oui et non. Stoïque et tout en puissance Lamar affirme que le trône actuel du rapjeu lui est dût avec la lourde DNA. Seulement accompagné d’un batteur, il occupe l’entièreté de la scène sans bouger énormément, mais il remplit l’immense scène sans problème. Ça doit être une botte secrète du turtle style.

Le son du micro n’est pas assez élevé et même parfois ça manque juste de puissance en général. Une pause étrange, surement des problèmes de projections, en plein milieu du set refroidit les ardeurs pendant au moins 5 minutes. Dommage pour un artiste dont l’univers visuel est si fort et marquant. Malgré les obstacles, le moshpit atteint son paroxysme avec Alright. Ça finit un peu en queue de poisson avec LOVE, qui était pourtant bien meilleure que sur l’album. Personne ne s’est époumoné : Bitch Don’t Kill My Vibe, puis on s’est dirigé vers la sortie en évitant les bouteilles de vin que deux idiots de haut calibre nous ont lancées du Bistro SAQ. À leur défense, VIP ne rime pas avec bon sens.

Elle n’y était pas, mais j’aurais aimé qu’elle y soit celle-là :

BONUS

3 – Le top 2 de mes pires humains favoris de la section B, pas loin du Bistro SAQ

2— Le préadulte qui me gueule Alright au complet dans l’oreille droite. Je crois qu’il a mué pendant la pièce. Un beau moment.

1— La jeune femme (Esmeralda?) avec un bandeau de gitane qui voulait s’assurer qu’on comprenne que son trip de MDMA était incroyable. MERCI!