jazz Archives - Le Canal Auditif

Critique : Floating Points – Reflections : Mojave Desert

Y a-t-il meilleur environnement d’enregistrement qu’un désert où la rocaille cache les silhouettes feutrées des coyotes pour enregistrer un album de jazz fusion planant? En se fiant au deuxième opus de Floating Points, Reflections : Mojave Desert, je suis tenté de dire oui.

En enregistrant en grande partie au mythique studio Joshua Tree en Californie, le Britannique Sam Shepherd et sa bande ont tenté de reproduire leur expérience du désert en musique. Le studio d’enregistrement est littéralement déplacé à l’extérieur pour être en communion totale avec ce territoire stérile. Une vidéo publiée en avant-goût sur la toile montre d’ailleurs Shepherd qui écoute le désert avec une antenne de la taille d’un petit OVNI. On passe du minutesmusicien dans le paysage au paysage dans la musique. Entre l’expérience mystique et l’expérience électronique.

Avec sa thématique forte, Reflections de Shepherd s’éloigne des racines house pour lesquelles il est reconnu en privilégiant presque uniquement le jazz, quoique le genre a toujours marqué la House minimale du Britannique. L’influence s’inverse avec ce deuxième opus. Reflections donne plus l’impression d’assister à une prestation que d’écouter un album studio. Une belle union entre l’esthétique House et les textures analogiques. Un jazz fusion léger, parfait pour une introduction au genre ou pour garnir son mix électro relax.

Avec Kites, la perte de repères est totale au fur et à mesure qu’une boucle de synthétiseurs est répétée et accélérée. La boucle sera reprise en introduction de la pièce suivante Kelso Dunes. Avec ses 12 minutes, elle compte à elle seule pour presque la moitié de l’album. 12 minutes qui en valent la peine. On sent que Shepherd et ses musiciens sont à leur aise dès que le compteur dépasse les 10 minutes. Aucun temps mort, juste une longue montée en intensité pendant 7 minutes durant lesquelles chaque membre se donne à fond. Un court creux, puis une deuxième montée effrénée menée par le batteur. On culmine au sommet pour contempler les dernières minutes d’un paysage sonore serein.

Au-delà des métaphores de montagnes et de désert Reflections est un album solide du début à la fin, mais qui se termine trop vite malheureusement. L’album semble n’être qu’une seule jam-session de presque 30 minutes. Une session prometteuse qui donne le goût d’en entendre plus. Rien à redire sur la qualité de la production ou sur celle des musiciens. On a hâte que Floating Points nous fasse découvrir le prochain paysage qui le marquera. Qu’il soit analogique ou synthétique.

Ma note: 8/10

Floating Points
Reflections : Mojave Desert
Luaka Bop
29 minutes

https://www.floatingpoints.co.uk/

Concours : gagnez une paire de billets pour Morgan James au Théâtre Petit Champlain

Salut! Le Canal Auditif et le Théâtre Petit Champlain ont envie de te gâter. Le 6 juillet prochain à 20 h, la chanteuse Morgan James sera de passage et nous vous offrons la chance de gagner une paire de billets pour son spectacle. Pour ce faire, vous n’avez qu’à répondre à la question suivante dans les commentaires :

Nommez l’une des quatre artistes jazz qui seront de passage prochainement au Théâtre Petit Champlain.

Indice : Ici.
Le concours est en vigueur jusqu’au 4 juillet 2017 à midi. Le gagnant sera tiré le 4 juillet avant 17 h et contacté par courriel.

Ce concours est terminé! Merci d’avoir participé.

http://www.theatrepetitchamplain.com/

4 artistes jazz féminines à découvrir au Théâtre du Petit Champlain

Dans la prochaine semaine, le Théâtre du Petit Champlain fera de la place au jazz! Non seulement ce style idéal pour les soirées à la lueur de la chandelle sera à l’honneur, mais ce sont quatre artistes féminines qui fouleront la scène. Découvrez ces voix sensuelles, incarnées et rondes qui animeront vos prochaines sorties culturelles avec la série Jazz club d’été.

Halie Loren

Halie Loren est née en Alaska avant de déménager en Oregon pendant son adolescence. Après des études en arts visuels et design graphique, elle a osé la carrière musicale. Un choix qui lui sourit. Rapidement, l’Américaine à la voix veloutée s’est créé un public important au Japon! Eh oui, les Nippons ont reconnu immédiatement le grand talent de la jeune femme. Ses premiers albums abordaient des classiques du jazz tels que Perhaps, Perhaps, Perhaps ainsi que des classiques de la musique pop comme La vie en rose qu’elle reprend avec un charmant accent anglophone. Sur son dernier album intitulé Blue Butterfly, elle a plongé dans le blues et le répertoire soul. C’est toujours aussi touchant et magnifique.

*Halie Loren sera en concert le vendredi 30 juin à 20 h.


 

Ariel Pockok

Ariel Pockok représente la jeune relève musicale en jazz. Chanteuse à la voix envoutante, elle est aussi une pianiste émérite qui possède beaucoup de personnalité lorsqu’elle pianote. Son jazz groovy donne envie de danser. Serait-ce son amour pour les rythmes latins qui donnent un tel swing à ses interprétations? En tout les cas, c’est excessivement contagieux et tout à fait plaisant pour les tympans. Du haut de ses 24 ans, Pockok en est déjà à deux albums lancés : Touchstone et Living in Twilight. Sur ce dernier, la jeune femme n’hésite pas à plonger dans un répertoire plus pop en reprenant Someone Like You d’Adele et To Be Alone With You de Sufjan Stevens. C’est très réussi.

*Ariel Pockok sera en concert le dimanche 2 juillet à 20 h.


 

Morgan James

Morgan James a fait ses classes dans le monde jazz en collaborant fréquemment avec Postmodern Jukebox. La jeune femme possède une voix puissante capable d’atteindre des sommets vertigineux qui vous hérissent le poil sur les bras. Elle a un goût prononcé pour les reprises de succès, peu importe le genre; s’attaquant autant à Black Hole Sun de Soundgarden que What’s Love Got To Do With It de Tina Turner. En plus de sa carrière de chanteuse possédant deux albums studio, Hunter et Reckless Abandon, elle a joué sur les planches sur Broadway à de multiples occasions. Parmi ceux-ci, on compte Godspell et The Addams Family. Découvrez une voix puissante et unique.

*Morgan James sera en spectacle le jeudi 6 juillet à 20 h.


 

Ranee Lee

Ranee Lee est né à Brooklyn dans les années 40. Depuis, elle a décidé d’élire domicile à Montréal où elle charme les foules avec sa voix depuis plus de 40 ans. Elle possède une voix ronde et puissante qui lui a permis d’interpréter Billie Holiday dans Lady Day en plus d’écrire des romans. Bref, c’est une artiste complète qui possède aussi une voix impressionnante. Cherchant toujours à unir sa passion pour le jazz à la culture populaire, elle a notamment créé The Musicals : Jazz On Broadway. Ranee Lee a été décorée de l’ordre du Canada pour son implication en tant que professeure à l’Université Laval et McGill. Un passage à ne pas manquer.

*Ranee Lee sera en spectacle le vendredi 7 juillet à 20 h.


 

http://www.theatrepetitchamplain.com/spectacles

Les spectacles en salle du Festival International de Jazz de Montréal

L’édition 2017 du FIJM offrira de nombreux spectacles en salle. Parmi ceux-ci, on compte de nombreux concepts intéressants et quelques artistes surprenants. Faisons un survol salle par salle de ce qui nous attend cet été.

Salle Wilfrid-Pelletier

L’orchestre métropolitain qui accompagne une projection du film La La Land est déjà un événement qui risque d’être grandiose. Mais la grande salle de la Place-des-Arts a plus à nous offrir. Parmi les événements à retenir, Feist, qui s’apprête à lancer Pleasure, sera en concert en compagnie de Charlotte Day Wilson le 4 juillet. Puis, le 8, c’est Pink Martini qui sera d’office.

À la maison symphonique

On retrouvera dans cette salle récemment construite un plateau double de Tigran Hamasyan qui vient tout juste de faire paraître l’excellent An Ancient Observer. Celui-ci est jumelé à un autre musicien d’exception : Colin Stetson. Celui-ci s’apprête à lancer un nouvel album vendredi prochain. On pourra aussi y voir le virtuose de l’orgue Jean-Willy Kunz le 5 juillet.

Centre Bell

BOB DYLAN. C’est un prix Nobel. Je crois que tout est dit.

Métropolis

Le Métropolis est la salle qui propose la meilleure programmation dans son ensemble. Ça commence avec Caravan Palace le 29 juin, avant que Charlotte Cardin prenne le contrôle pour trois soirs. Oui, trois soirs! Puis c’est le DJ français Wax Tailor qui viendra faire son tour. Charles Bradley avec The Brooks en première partie, sera d’office le 4 juillet. Une soirée à ne pas manquer. Joey Bada$$ prendra la relève le 5 pour présenter les pièces de son plus récent opus. Puis The Strumbellas et Whitehorse se partageront la scène en plateau double le 6 juillet. Finalement, Groenland et San Fermin sont à ne pas manquer le 7. Deux groupes de qualités réunis dans une soirée qui sera assurément plaisante pour les oreilles. Au Savoy du Métropolis, la relève sera à l’honneur avec Aliocha, Puma Blue, Harfang et Gabrielle Shonk qui se succéderont à coups de deux soirs chaque.

Club Soda

La salle de la « main » aura deux rondes de spectacles tous les soirs. La première sera à 18 h, qui nous propose des artistes qui viennent d’un peu partout à travers le monde. Puis, à 22 h, ce sont des artistes qui sortent des cercles restreints du jazz. Comme Men Without Hats qui vous feront danser en toute sécurité. Le 6 juillet, Kroy et Geoffroy se partageront la scène et feront aller leurs synthétiseurs. Le lendemain, Tanya Tagaq présentera les pièces de ses deux excellents derniers albums alors que BROS fermera la série de concerts le 8 juillet.

5e salle de la Place-des-arts

Le Festival nous propose une série de spectacles d’hommage, de réinterprétations et de répertoires croisés. Des concerts de grande qualité avec des concepts ultra-intéressants. Comme Jean-Michel Blais entouré de CFCF, Foxtrott et Bufflo pour s’amuser dans le répertoire de Philip Glass, Steve Reich et John Cage. Maxence Cyrin rendra pour sa part hommage à Aphex Twin, Misc revisitera James Blake et Jessy Mac Cormack sera Muddy Waters le temps d’une soirée.

L’Astral

Du côté de L’Astral, maison officielle du festival, c’est Hichem Khalfa Quartet qui retient l’attention le 3 juillet. On pourra aussi y voir les swingeux de chez Misses Satchmo!

http://www.montrealjazzfest.com/

Le Festival Jazz et Blues de Saguenay 2017

En fin de semaine, je suis allé me promener au Saguenay pour redécouvrir ce coin de pays. Faut dire que la dernière fois que j’avais mis les pieds à Chicoutimi, j’avais 12 ans… disons que les choses ont beaucoup changé depuis… et qu’on me laisse entrer dans les bars, ce qui change considérablement l’expérience. Le Festival Jazz et Blues m’ont invité à couvrir et je dois avouer qu’on sait recevoir pas à peu près.

Aussitôt arrivé, j’avais une quinzaine de minutes pour aller porter mes effets personnels à la chambre avant qu’on se dirige au Dôme extérieur où était présenté un spectacle gratuit de Yeshe. L’artiste d’origine allemande joue de deux instruments peu communs : la m’bira, une sorte de piano à doigt composé de lames de métal. Celles-ci ont été faites à partir de ressorts de Peugeot 5 aplatis, rien de moins! Son deuxième instrument de prédilection est un kamélé n’goni, un genre de harpe-luth d’origine burkinabé. À ses côtés, il y avait Frédéric Boudreault et Alexis Martin, deux sympathiques gaillards qui savent jouer de la musique en ti-péché. Parmi les pièces marquantes, ils font une reprise très réussie de Jean Batailleur, une de Summertime et la tripative Captain of my Soul.

Puis, nous avons continué ça à la Pizzetta avec Misses Satchmo. Pendant la durée du festival, la musique prend possession de tous les restaurants où, en plus de te sustenter le bide, tu peux le faire avec des musiciens capables qui te livrent leur art. Misses Satchmo c’est un quintette mené par Lysandre Champagne qui se débouille autant au chant qu’à la trompette. Cette fois-ci, elle était accompagnée de trois jolis garçons, dont Jeff Moseley et Marton Maderspach. Ça fonctionnait très bien d’un bout à l’autre du spectacle. C’est rythmé, mélodieux, et les reprises qu’ils font de classiques sont toutes très plaisantes (Il faut étirer le « ai » de plaisante, j’ai quand même ramené un peu de l’accent) pour les oreilles. Pendant la deuxième partie du spectacle, ils ont été rejoints par Jacques Kuba-Séguin, trompettiste impressionnant, le temps de deux chansons. Ce n’est pas des farces, la musique était meilleure que la pizza et je me suis tout de même régalé.

J’ai terminé la soirée au resto-bar l’Inter, à même l’hôtel Chicoutimi où j’étais logé. C’est le quatuor de Chicago, Mississippi Heat, qui avait la tâche de clore ma première soirée à Chicoutimi. Ils l’ont fait avec panache. Du blues classique de la ville du vent joué par des musiciens capables dont un guitariste assez talentueux, merci! La chanteuse Ineta Visor a une voix puissante qui pige dans le blues et le gospel.

Je me suis levé vendredi matin avec un mal de tête flottant entre mes deux tempes. Heureusement, j’avais la journée pour me remettre le corps en état avec de bons légumes et bien de l’eau. Arrivé 18 h, j’étais frais comme une rose, prêt à me relancer dans une nouvelle épopée. J’ai commencé avec Shy Shy Schullie qui était une participante de La Voix en 2016. La jeune montréalaise possède une belle voix, mais ça manquait un peu de ressentis dans l’interprétation. Ça tombait malheureusement à plat. Elle nous a tout de même offert une prestation honnête sans plus.

Puis, je me suis dirigé vers le Merlin pour Sonia Johnson et Stephen Johnston qui reprennent des chansons d’Ella Fitzgerald à l’époque où elle jouait en compagnie du guitariste Joe Pass. Johnson possède une voix magnifique et un don pour l’interprétation. Ce n’est pas mêlant, j’avais les larmes aux yeux après deux chansons! La bouffe était bonne, mais encore une fois n’accotait pas le talent des deux artistes qui nous ont charmés d’un bout à l’autre du spectacle. Le duo nous a livré des reprises magnifiques de Georgia, Tennesse Waltz et The Thrill is Gone.

Pour la suite des choses, je me suis dirigé au Sous-bois pour le spectacle de Jesse Mac Cormack précédé de Rosie Valland. À mon grand désarroi, je suis arrivé pour les trente dernières secondes de la partie de la jeune femme. De très belles secondes… mais des secondes quand même. À entendre les applaudissements, elle pouvait se dire : mission accomplie! Puis, Jesse Mac Cormack est venu présenter les chansons de ses deux premiers EP en version trio, accompagné de Francis Ledoux et Étienne Dupré. Les trois jeunes hommes ont charmé la salle de la sympathique salle de spectacle. Il nous a dit aussi travailler à l’enregistrement de son premier album! Une excellente nouvelle! C’était très bon!

Finalement, j’ai de nouveau terminé la soirée à l’Inter en compagnie de Bar Routier, un groupe qui fait des reprises aussi efficaces que plaisantes. Ils passent à travers le répertoire blues rock en passant évidemment par les Stones, incontournables du genre. Formé en partie par des membres du groupe Mordicus, le groupe s’est assuré de mettre le party dans la place avant de céder la place pendant sa pause au groupe de Jessie Mac Cormack et à la bande d’Ilam qui ont chacun fait une chanson en version jam. Du gros fun.

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