Jason Lytle Archives - Le Canal Auditif

Top album 2017 : 25 à 1

Chers mélomanes, c’est la fin de 2017 et comme à chaque année, l’équipe du Canal Auditif s’est réunie pour construire un top 50 d’albums. Nous avons fait des calculs, colligé des données… d’ailleurs, nous nous attendons à recevoir un doctorat honorifique en mathématiques d’Harvard d’un jour à l’autre. Trêve de digressions, voici les 50 albums qui nous ont le plus touchés, émus, fait danser, fait groover et rassasiés en 2017. Joyeux temps des Fêtes et on se revoit pour de nouvelles critiques en janvier!

 

25. Grandaddy – Last Place

« C’est un retour totalement réussi pour Grandaddy. Ils nous offrent un excellent Last Place qui rappelle pourquoi on les aimait, pourquoi nous les aimons et pourquoi nous allons les aimer. Oui, oui, comme dans la toune de Cabrel. » (LP Labrèche)

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24. Eman X Vlooper – La joie

« Un bon exemple que la maturité, ça ne rime pas avec plate. « Mononcle Emmanuel est back » et il est à l’aise dans cette game de jeunes. Je l’annonce, à partir du 25 août, La joie est éternelle. Suffit de la mettre sur replay. » (J. St-Georges)

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23. Oxbow – Thin Black Duke

« Écouter Oxbow est un peu comme regarder un grand félin ou un boa : même si on peut les observer longuement sans jamais les voir attaquer ou prendre en chasse, on ressent constamment le potentiel de la puissance qu’ils peuvent déployer à tout moment. » (M. Robitaille)

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22. Feist – Pleasure

« Pas de doute, ceux qui avaient adoré Metals continueront de suivre l’artiste avec assiduité. Ceux qui n’en avaient que pour The Reminder ne seront pas rassurés par la trajectoire créative empruntée par la Néo-Écossaise d’origine. En ce qui me concerne, c’est tant mieux. Honnêtement, Feist est une grande auteure-compositrice-interprète. Point. » (S. Deslauriers)

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21.Slowdive – Slowdive

« 2017 sera donc le grand retour sur disque pour un autre groupe britannique de la mouvance shoegaze. Pour notre grand plaisir, Slowdive est revenu en force avec une suite digne des meilleurs moments des années 90, mais avec une solide production des années 2000. Huit chansons qui feront plaisir aux fans de la première heure, les retardataires (et ils sont nombreux) et une nouvelle génération. » (M. April)

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20. Power Trip – Nightmare Logic

« Pas de doute possible, Power Trip nous livre un Nightmare Logic qui ne fait pas dans la dentelle ni dans la broderie, et qui est dans la plus pure tradition des albums thrash métal. Un excellent disque à écouter le volume au fond, qui saura plaire à toutes les brutes de ce monde. » (La Brute du Rock)

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19. Lorde – Melodrama

« Quoi qu’il en soit, après plusieurs écoutes, Melodrama est une véritable réussite. Lorde se dévoile en écrivant de manière juste et réaliste sur des sujets qui ne sont pas toujours roses. Elle décrit ses tribulations et ses principales leçons tirées de sa propre vie de jeune femme avec profondeur, sincérité et authenticité. » (R. Thibault-Vanasse)

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18. Philippe B – La grande nuit vidéo

« Dans cet exercice de réflexion sur la fiction et le couple, c’est la maturité et le bon angle de réflexion qui font de La grande nuit vidéo une œuvre particulièrement réussie, et un des meilleurs albums de chanson parut au Québec cette année. L’amour dans sa mécanique quotidienne, brutalement ordinaire, est un sujet trop souvent mal abordé, guetté par le piège de la nostalgie teintée sépia qui tourne à vide. » (J. Roche)

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17. Leif Vollebekk – Twin Solitude

« Le genre de record qui te redonne foi en l’humanité. Une galette qui te fait vivre des émotions. Leif Vollebekk ne se trompe pas sur Twin Solitude et te donne envie de réparer des pots cassés, de te coller doucement à un autre être humain dans le froid de février pour te rappeler qu’on a tous un petit cœur qui bat. C’est à ton tour de te faire plaisir. Écoute Leif te chanter de belles ritournelles et profite de ces moments de douceur. » (LP Labrèche)

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16. Chelsea Wolfe – Hiss Spun

« Bref, Hiss Spun est une autre excellente production signée Chelsea Wolfe. Cette fille est une valeur sûre. Elle nous fait visiter son abîme et son mal de vivre avec un abandon qui laisse pantois. Encore une fois, ça se hissera dans les hautes sphères des meilleurs albums de l’année en cours. » (S. Deslauriers)

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Critique : BNQT – Volume 1

À première vue, l’idée d’un super-groupe qui réunirait des membres de Grandaddy, Franz Ferdinand et Band of Horses, entre autres, semble alléchante et presque trop belle pour être vraie. C’est pourtant le défi que s’est donné Eric Pulido, leader du groupe Midlake, en assemblant une brochette de vedettes pour son projet BNQT (prononcé « banquet »), et dont le premier opus s’intitule Volume 1.

La formation est centrée autour de cinq chanteurs, chacun ayant contribué à deux morceaux sur l’album : Pulido lui-même, Jason Lytle de Grandaddy, Alex Kapranos de Franz Ferdinand, Ben Bridwell de Band of Horses et Fran Healy de Travis. L’album semble d’ailleurs avoir été créé dans des conditions un peu particulières, sans doute à cause de la difficulté de réunir tout le monde en studio en même temps. Ainsi, c’est en bonne partie par le truchement d’internet que les gars se sont échangés les pistes de base de ce Volume 1. Et c’est Pulido qui a tout assemblé dans son studio au Texas, les autres membres de Midlake assurant l’instrumentation.

Le concept de super-groupe n’est pas quelque chose de courant dans l’indie-rock et les premiers exemples du genre qui nous viennent en mémoire remontent aux années 70 et 80, les Crosby, Stills, Nash & Young et Traveling Wilburys en tête. Ça tombe bien puisque BNQT s’abreuve essentiellement à des influences du passé. Un peu de Beatles par-ci, beaucoup de Fleetwood Mac par-là, en passant par les Kinks, The Band ou même Donovan. En fait, ça sonne un peu comme du Midlake, le côté prog en moins, bien qu’on y sente l’empreinte de chacun des cinq vocalistes.

Le résultat se veut agréable à l’écoute, quoique parfois inégal. Les contributions les plus intéressantes viennent de Jason Lytle, qui signe la très-grandaddyesque 100 Million Miles et la balade Failing at Feeling, même si on aurait voulu qu’il sorte un peu de sa zone de confort. Alex Kapranos se met davantage en danger, d’abord sur le pastiche psyché-folk-hippie Hey Banana, puis sur la dramatique Fighting the World. Mais c’est sur Real Love que BNQT touche à l’extase et sonne comme un véritable groupe pour la première fois. Bien sûr, il y a le fait que les cinq chanteurs y signent les harmonies, mais les arrangements sont somptueux, presque baroques, avec ces lignes de cuivres sur une mélodie digne de Lennon-McCartney.

Mais d’autres titres ne lèvent pas, ou s’insèrent plus difficilement dans le lot. C’est le cas des deux collaborations de Ben Bridwell, un peu pâles en comparaison des autres. L’Écossais Fran Healy s’en sort bien sur la jolie Mind of A Man, mais tombe dans le rock convenu sur L.A. on my Mind. Sur Restart, Pulido signe la chanson la plus rock de l’album, mais ses clins d’œil au Elephant de Tame Impala et au Rock and Roll (Part 2) de Gary Glitter laissent une vague impression de déjà-vu.

De toute évidence, l’objectif de Pulido avec BNQT était surtout d’avoir du plaisir avec ses copains. En cela, le pari est réussi puisque Volume 1 se révèle un album tout à fait correct, plein de moments agréables. Mais il ne fallait pas s’attendre à ce que le résultat corresponde nécessairement à la somme de ses parties. De toute évidence, un Volume 2 est dans les cartons, alors ce sera une histoire à suivre…

Ma note: 7/10

BNQT
Volume 1
Last Gang/Dualtone
42 minutes

http://bnqtband.wixsite.com/bnqtband

Critique : Grandaddy – Last Place

Grandaddy a connu son heure de gloire pendant la fin des années 90 et le début des années 2000. Évidemment, on parle ici d’une gloire d’estime puisque les membres n’ont jamais roulé sur l’or, ce qui éventuellement a mené à leur séparation en 2006. Le manque de communication entre les membres du groupe, les problèmes de drogue et d’alcool de Jason Lytle et la dure vie sur la route ont eu raison de ceux qui ont lancé Just Like the Fambly Cat avant de se retirer pour de bon. Ses membres ont tout de même poursuivi différents projets musicaux. Jason Lytle a fait paraître le très bon Dept. of Disappearance en 2012 ainsi que Yours Truly, the Commuter en 2009 alors que Jim Fairchild a fait paraître trois albums sous le nom All Smiles.

C’est en 2012 que le groupe s’est réuni pour la première fois après que Fairchild ait réussi à convaincre Lytle d’embarquer. Puis, les quelques spectacles planifiés se sont transformés en discussion d’album. Et voilà! 11 ans après la sortie du dernier album, Grandaddy nous offre Last Place. Comme ce n’est pas une réunion motivée par des raisons pécuniaires, ce nouvel album est à la hauteur. Le quintette est inspiré et inspirant. Il nous offre d’excellentes chansons aux accents mélancoliques et mélodieux.

On reconnaît encore la place centrale que Jason Lytle occupe dans l’écriture des chansons de Grandaddy. Ceux qui auraient aimé Dept. of Dissapearance auront tout autant de plaisir à l’écoute de Last Place. The Boat is in the Barn est un bon exemple. Une chanson sur une séparation qui a mal tourné, intelligemment et poétiquement écrite :

«Back at the house, I got a lot to keep me going
It’s like you’ve never meet me here after all
Maybe except for that one picture on the bedroom wall
I took it out the lake while you were waterskiing
And it’s without a doubt the favorite one of you
You were a wonder while you hanging out above the blue (blue blue blue blue)
But now my love ain’t gone
The boat is in the barn»
– The Boat is in the Barn

On retrouve le groove de Grandaddy dès les premières notes de Way we won’t avec ses guitares légèrement distorsionnée, les claviers mélodieux et entraînants de Lytle et une mélodie vocale intoxicante. Brush with the Wild et Evermore abondent dans le même sens. Puis, on a droit à plusieurs chansons aventureuses et différentes dont l’excellent et surprenante Chek Injin. La formation nous offre quelques belles chansons dont la mélancolique A Lost Machine jouée au piano. Pour sa part, la mélodieuse That’s What You Get for Gettin’ Outta Bed est à la fois touchante et pleine d’espoir :

«That’s what you get for gettin’ outta bed
Warming up your heart, and clearing out your head
Out with your friends, I hope it never ends
I guess that’s what you get
That’s what you get for gettin’ outta bed »
— That’s What You Get for Gettin’ Outta Bed

C’est un retour totalement réussi pour Grandaddy. Ils nous offrent un excellent Last Place qui rappelle pourquoi on les aimait, pourquoi nous les aimons et pourquoi nous allons les aimer. Oui, oui, comme dans la toune de Cabrel.

Ma note: 7,5/10

Grandaddy
Last Place
30th Century Records
44 minutes

http://www.grandaddymusic.com/