Hundred Waters Archives - Le Canal Auditif

La playlist à Boubi d’août 2017

Salut les mélomanes!

Ça fait quelque mois maintenant que je suis sur Spotify, et étrangement, je n’ai jamais autant fait de découvertes par moi-même. Ce qu’on me présente dans les mix qui me sont dédiés est beaucoup trop lisse et me plait une fois sur deux; ce qu’on y met dans les playlists officielles ne me surprend pas vraiment. On dirait que les découvertes faites par moi-même seront toujours plus plaisantes et plus surprenantes que celles qu’on me propose. Loin de moi l’idée de parler en mal du géant du streaming. Spotify donne accès à monsieur madame Tout-le-monde accès à une tonne de musique pour pas cher, ce qui est quand même cool. Ça me donne encore plus de moyen pour gratter plus loin et découvrir des trucs qui sortent de l’ordinaire.

Bref, tout ça pour dire que vous trouverez dans la playlist Rose Fargo, Canon Blue, Phoebe Bridgers, Alvvays, Catherine Leduc, Fuudge, D R M S, la nouvelle de Wolf Parade, Corridor, Hundred Waters, Ludovic Alarie pis pleins d’autres.

Bonne écoute!

 
 

 
 

Les EP à LP du mois de mai 2017

Fishbach – Un autre que moi

Flora Fishbach nous avait déjà séduits avec son premier EP homonyme. La chanteuse ardennaise lance ce mois-ci son deuxième mini-album. On y retrouve la chanson-titre au refrain complètement intoxicant et à la mélodie quasi parfaite. Y crois-tu possède aussi des moments de chœurs puissants et un texte bien tourné. Fishbach se permet aussi des essais électroniques et des aventures auditives qui valent le détour. Ne boudez pas votre plaisir. C’est un excellent EP.


 

Eliza – ELIZA

Bien des choses se sont passées depuis la sortie d’Oootchh en décembre 2015. Tout d’abord, David Marchand s’est retrouvé passablement sous les projecteurs avec Mon Doux Saigneur et Laurence-Anne. Puis, Elyze Venne-Deshaies a quitté le groupe tandis que Nicolas Gaudreault s’est joint officiellement à la bande après quelques performances sur scène. Leur nouvel EP présente un son qui continue de se façonner et qui devient un peu plus bruyant notamment sur Politics. On sent que le son est en mutation chez Eliza et on aime la direction que l’ensemble est en train de prendre.

FELP – Chocolop

FELP c’est le projet solo de Félix Petit, multi-instrumentiste qui excelle au saxophone et qui contribue à différent projet dont Chienvoler et Van Carton. FELP fait de gros changements sur Chocolop dont le principal est sa voix qui se fait entendre pour la première fois. Petit navigue dans les eaux de Patrick Watson, mais plus sobrement. Peut-être est-ce simplement un peu de gêne qui habite encore le compositeur? Cette première saucette dans le chant est très réussie et espérons qu’il poursuivra dans cette direction! En attendant, on peut se régaler de James et War qui sont deux excellentes chansons.

Adam Strangler – Key West

Adam Strangler a lancé il y environ un an le très appréciable Ideas of Orders. La bande ne chôme pas pour autant et fête le printemps avec Key West, quatre nouvelles compositions rock bruyantes comme on les aime. Crossed est particulièrement réussie avec sa mélodie convaincante et ses guitares à la généreuse distorsion. Le groupe démontre encore une fois qu’ils ont un talent pour les airs indie-rock qui flirtent un peu avec le planant, le psychédélique sans toutefois quitter le bon vieux rock.


 

Yes McCan – PS. Merci pour le love

Il y a deux mois paraissait l’EP Air Max de Dead Obies qui voyait la bande prendre une nouvelle avenue musicale. On comprend un peu mieux en voyant les nouvelles sorties de Joe Rocca et Yes McCan. On est dans le plus pop et VNCE s’adapte à merveille avec des productions léchées sans non plus tomber dans le déjà vu. F.P.T.N. est la pièce phare de l’album qui démontre à quel point McCan est habile avec les mots. Il nous peint un tableau limpide avec des syllabes qu’il enchaine de façon suave.

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Critique : Bonobo – Migrations

Migration, c’est un peu un appel à l’embarquement. C’est un envol vers un endroit qui peut être inavoué, pour certains. Pour d’autres, on veut simplement s’enfuir de toute l’énergie négative qu’habitent nos têtes cadencées par la monotonie de la routine quotidienne. L’Anglais Simon Green (alias Bonobo), nous offre cette possibilité de s’émanciper. Histoire de nous donner un peu de sérénité dans nos cœurs en ces temps plutôt gris.

Pour ce sixième opus, Bonobo s’inscrit dans la lignée d’artistes électroniques les plus prometteurs. Sans nécessairement se renouveler, le DJ britannique rafistole son style. Le peaufine. Le réarrange. L’organise. Pour nous surprendre encore plus. La pièce titre, ouvrant le disque, s’allonge et guide notre chemin à travers ces notes de pianos vaporeuses et ces arrangements rythmiques bien exécutés. Pendant près de six minutes, la chanson s’étend et nous fait prendre conscience du temps qui passe. C’est ce qui est assez impressionnant avec Bonobo. Tout au long de son œuvre, l’artiste y fait un éloge bien précis. Celui de la lenteur. La trotteuse avance… même qu’elle ne s’arrête jamais. Et c’est parfait.

On remarquera la présence de plusieurs grands noms de la scène alternative sur l’album. On parle du duo canadien Rhye qui nous roucoule des mots avec douceur sur Break Apart. Quoiqu’elle soit bien lancinante, cette pièce nous donne quelques airs nostalgiques planants et sublimes. Sans oublier la brillante No Reason où l’Australien Nick Murphy (anciennement Chet Faker) chante sur une mélodie pop bien dynamique. Notons aussi Nicole Miglis, meneuse du groupe américain Hundred Waters, qui chante avec brio sur Surface, titre mélancolique qui colle extrêmement bien aux sonorités électroniques.

Nous avons même eu droit à de la musique traditionnelle comme sur Bambro Koyo Ganda. C’est en s’associant avec la formation marocaine Innov Gnawa que Bonobo excelle sur cette piste impressionnante. On y retrouve synthétiseurs, arrangements électro/house et chants issus de la musique gnaoua (qui vient directement des contrées du Maroc). Tout s’harmonise et l’on y comprend assez rapidement l’essence même du disque. Vous voyez, Migration, c’est surtout cette idée de déplacement de culture. Cette importance d’illustrer un portrait de l’ensemble de ces traditions à travers des mélodies qui se mélangent et qui fondent ensemble. Sur un fond de tolérance. Ce qui est très bien illustré sur ce disque, si vous voulez mon avis.

Dans cette aventure, Bonobo se lance seul à d’autres moments. Grains, Second Sun, Ontario ou Kerala sont des titres qui nous prouvent encore une fois l’immense talent de l’artiste. Que ce soit par des sections de cuivres ou par quelques notes pincées à la harpe, le Britannique nous livre un disque gigantesque. Il frappe fort avec un projet qui se veut touchant, rêveur et actuel. Encore une fois, l’Angleterre brille de mille feux et elle nous la rend si bien.

Ma note: 8/10

Bonobo
Migration
Ninja Tune
60 minutes

http://bonobomusic.com/