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Concert: Angel Olsen au Théâtre Rialto

Angel Olsen, la maitresse de cérémonie

Après avoir foulé le Rialto l’an dernier dans le cadre de Pop Montréal, Angel Olsen était de retour pour nous chanter ses mélodies crève-cœur dans une ambiance assez rock, en compagnie de la formation, originaire de San Francisco, Heron Oblivion, en première partie.

Au coup des 21h15, les musiciens d’Olsen prennent place durant des arrangements électroniques qui rappellent la pièce Intern, trouvée sur le disque My Woman. Quelques minutes passent. Voilà que la chanteuse tant attendue grimpe sur la scène vêtue d’une combinaison métallique et entâme Hi-Five. Les cris de la foule populeuse retentissent. Les fameux grattements grunge à la guitare démarrent. La voix criarde d’Olsen nous fait tous bien frémir. Le public hoche la tête. Shut Up Kiss Me, s’en suit. Véritable vers d’oreille dont les paroles étaient visiblement encore dans la tête des spectateurs. Give it Up, Not Gonna Kill You et Heart Shaped Face se font entendre. Le rendu musical est impressionnant. Sous des jeux d’éclairages variés, la voix de Olsen bercent les oreilles de plusieurs. Ce qu’on note surtout sur scène, est la chimie évidente de la chanteuse avec ses comparses. Tous se suivaient assez facilement. Pas d’anicroches, on est là pour faire de la musique, c’est tant mieux. On accède maintenant à une partie un peu plus calme du spectacle. Les ballades Lights Out, Sister, Those Were the Days et Woman. Tout est lancinant, doux, tranquille… on prend plaisir à constater la belle intimité projetée par l’artiste sur scène.

Par la suite, le groupe d’Angel Olsen quitte, la laissant seule sur la scène. Elle nous présente Sans, Unfucktheworld et Fly On Your Wall. Rappelons que ces chansons sont sur les disques Phases (sorti le mois dernier) et Burn Your Fire For No Witness. Armée de sa guitare, Olsen nous chante la sérénade avec son timbre vocal à fleur de peau. Un rendu assez lyrique. Je vous dirais que la symbolique de la voix écorchée de la jeune femme native du Missouri prend tout son sens. Elle touche droit au cœur. Terminant sa performance par une reprise de I Found A Reason des Velvet Underground, Olsen et sa troupe nous ont bien prouvé que musicalement, l’ensemble se tient. En avouant au public que les notes étaient très difficiles à chanter, l’auteure-compositrice-interprète a tout de même exécuté le tout avec justesse et précision. Les différentes tonalités données au refrain rendaient bien gloire à la chanson originale. Chapeau pour ce tour de force.

En rappel, le public a pu entendre The Waiting, chanson retrouvée sur le disque Half Way Home. Pièce un peu plus folk qui clôturait une soirée hautement musicale. Seul petit bémol rapporté, Olsen manquait de prise de contacts avec le public. On sentait des petites discussions lancées à la foule…l’artiste a même fait une allusion à Stranger Things, ce qui est bien! Ceci étant dit, les interventions semblaient être calculées au compte-goutte. Quoi qu’il en soit, Olsen a donné une sacrée performance ce soir-là et a sûrement ravis plusieurs fans.

Heron Oblivion en première partie

Le groupe de San Francisco, signé chez Sup Pop, a eu la lourde tâche d’ouvrir la soirée avec leur rock fuzzé californien. Une jolie découverte, je dois vous avouer. Je ne les connaissais pas du tout. Sur scène, ils sont 4 dont une batteuse bien confortable à dicter le rythme et la voix principale. Génial! Les chansons ont été bien performées. Les membres de la formation présentaient un rock construit et surtout poussé très loin. Le hic a été au niveau de la sonorisation. La distorsion occupait une place beaucoup trop prépondérante quant aux voix. On avait de la difficulté à bien entendre les paroles. Ce qui agaçait un peu. Dans tous les cas, Heron Oblivion mérite qu’on tende l’oreille, pour tout admirateurs de musique qui brasse la caisse de résonance.