Gorillaz Archives - Le Canal Auditif

FEQ jour 9 – La vie est belle pour un Headliner : Mauves, Kelela, Danny Brown et Gorillaz

Grosse avant dernière soirée du FEQ en perspective. Petit apéro rock racoleur avec Mauves. Puis, je me pose sur les plaines : après de la RnB de soie de Kelela et du rap Molly de Danny Brown, je vais pouvoir me capoter comme un adolescent devant Gorillaz. Mon disque compact acheté : Demon Days. Donc je n’ai ABSOLUMENT AUCUNE attente. AUCUNE.

Les riffs de qualité rendent heureux

La formation de Québec, Mauves, propose un rock charmant et un peu geek. Les 4 jeunes hommes activent le Star Power en entrée de jeu, les guitares règnent dans le cœur du FEQ. Le plaisir, l’humour et les bons riffs s’harmonisent à merveille en créant une ambiance surf-punk juste assez planante. Longtemps et Nouvelle-Calédonie, tirées du récent Coco, ensoleillent la scène plus fort. La transition vers un folk progressif se fait sans effort. Tout comme leur penchant pesant et distorsionné. Le quatuor est en mode séduction. Je quitte après l’excellente Cleo et son solo de basse où le visage de Cédric Martel était possédé par l’intensité. Je m’éloigne de la voix addictive d’Alexandre Martel (sans costume de squelette) pour les notes de cristal dont Kelela a le secret.

En mars 2017 le Divan Orange était témoin de leur rock’n’roll subtilement pop :

 
 

Lascif à moitié vide

Les plaines se remplissent tranquillement quand j’arrive pour entendre la voix si pure de l’Américaine Kelela. Une grosse sauce trap enrobe son RnB lascif qui me fait beaucoup pensé à FKA Twigs, sans l’esthétique gothique futuriste. La chanteuse de Washington en impose avec ses cordes vocales. La puissance de ses mélodies impressionne, tout comme les variations qu’elle réalise avec agilité. Le niveau difficulté fascine, surtout que ça semble facile. Ce n’est pourtant pas assez pour attirer les spectateurs vers le parterre, la colline se remplit en premier. Le monde commence à fatiguer, faut croire. Difficile de leur tenir rigueur, car à part sa voix enveloppante et son DJ il ne se passe pas grand-chose sur la scène. Le visage à demi caché par une forêt de dreds la jeune femme reste statique. Accrochée à son pied de micro pendant presque toute la prestation. Lente et langoureuse, l’atmosphère créée par l’artiste n’attise pas l’excitation de la foule. Aucun bassin en mouvement. Malgré tout, le talent de la chanteuse lui valait des applaudissements parsemés, mais enthousiastes. Ça me donne résolument l’envie d’une écoute de son ep Hallucinogen paru sur la légendaire étiquette Warp Records en 2015.

Un petit aperçu du talent brut au Pitchfork festival de 2014 :

 
 

Diva Brune

Une de mes voix favorites dans le rapjeu américain actuel, celle de l’agressant Danny Brown. Son vocal acide et ses trames aux lourds accents électros industriels me font retourner à tous ces albums depuis XXX.

Il nous a offert un setlist parfait et garni pour seulement 1 heure. Un échantillon des 13-14 bangers qu’il nous lance aux tympans : Pneumonia, Really Doe, Ain’t it Funny, Attak, Die Like A Rockstar, I Will, Monopoly, Side B ( Dope Song). J’ai redécouvert avec plaisir 25 Bucks sur laquelle le planant de Purity Ring balance merveilleusement la violence de Brown.

Musicalement, aucun problème. Par contre les attitudes se corsent. Celle de Brown et celle de la foule. Le rappeur de Détroit semble être habitué à des publics gagnés d’avance, car il n’interagit presque pas avec les festivaliers. On voit sur son visage qu’il n’est pas satisfait du niveau d’enthousiasme de ceux en avant-scène. Ce qui l’amène à interpeler… la fameuse section VIP. Comme Kendrick Lamar vendredi passé, Brown passe sa frustration sur la zone plutôt froide au rap-choc dont il a le secret. Il décide de ne jouer que pour ceux qui réagissent, ce qui amène les jeunes « wiggas » du « général » à s’animer de fierté, même s’ils ne bougeaient pas vraiment avant le compliment. Je suis d’accord avec Brown : la partie VIP/Corpo c’est un trou noir de fun. Cependant, quand un auditoire ne réagit pas en fonction de ses standards, sûrement parce qu’il ne connaît pas l’artiste, pourquoi le critiquer au lieu de le stimuler plus? Pour commencer, s’adresser aux auditeurs avant d’avoir enchaîné 6 chansons, ça aiderait à faire lever le party.

Je dis ça de même.

One Love : J’avais spotté un gars avec un chandail de motocross FOX RACING en espérant qu’on puisse se bousculer pendant Blunt after Blunt. Les Blunts ne sont jamais venus, mais les coups de coude y étaient! On se revoit aux pits de sable mon chum!

La preuve qu’il peut être un performeur sympathique et cru durant cette prestation de 2016 :

 
 

Tout, sauf Feel Good Inc.

C’était tout simplement génial. 1 h 30 de musique joyeuse et diversifiée avec une énergie débordante. Damon Albarn et sa bande ont été accueillis en héros avec une dose massive d’amour. Ça dégoulinait d’énergie positive, de rythmes dansants et de sueur. Dans le cas d’Albarn la sueur prenait le dessus et ce n’est pas pour cause de manque d’affection à donner. Il privilégiait une grande connexion avec les admirateurs en délire. Tantôt mélodramatique (Sex Murder Party) ou bouffon (Tomorrow Comes Today) Albarn s’amusait follement. Peu de discussion, mais une générosité de son contact avec les spectateurs. L’hystérie prend toute son ampleur lorsqu’il a terminé El Manana sur la clôture du parterre. Je vous assure que son élastique de bobettes est résistant. Un agent de sécurité l’a utilisé comme harnais d’une main… experte.

Dans une soirée si jouissive en succès qui me ramenait à l’époque de mon discman Sony, ce qui fonctionnait le mieux, c’était Albarn. Les invités (réels ou virtuels) débordaient d’énergie*. Cependant, les meilleurs coups de la discographie des Britanniques sont lorsque le chanteur de Blur dialogue avec les invités. L’alter ego de 2D se perdait parfois dans les pièces d’Humanz, ensevelit sous les collaborations.

Mes coups de cœur d’une soirée proche de la perfection (dans un ordre chaotique) : Sleeping PowderLast living soulsKids With GunsSex Murder PartyDemon daysElevationClint Eastwood

* Immense shoutout à Jamie Principle et Peven Everett, on se rappel de leur venue même si ce n’est que pour une chanson.

Puisqu’ils ne l’ont pas joué hier soir :

 
 

https://www.infofestival.com/

Critique : Gorillaz – Humanz

Le groupe Gorillaz était attendu de pied ferme! Le projet multidisciplinaire de Damon Albarn qui dépeint quatre personnages de bande dessinée n’avait rien lancé depuis les deux albums de 2010 : The Fall et Plastic Beach. Entre temps, Albarn a été passablement occupé avec un album solo, un retour de Blur avec The Magic Whip et plusieurs aventures musicales dont un album de son projet centré sur la musique africaine. Bref, l’Anglais ne chômait pas.

Gorillaz revient avec un autre album qui porte l’empreinte indélébile du hip-hop, du soul et du R&B. Fidèle à son habitude, Albarn a pigé des collaborations avec une multitude d’artistes actuels aux voix pertinentes. Humanz est un album correct qui n’accouche jamais d’une chanson marquante comme celles qui ont fait l’engouement pour le projet. Ne vous attendez pas à trouver un Clint Eastwood, un Tomorrow Comes Today ou un Feel Good Inc. Les nouvelles pièces sont parfois intéressantes, mais n’arrivent jamais au niveau fédérateur des créations passées du groupe.

Tout de même, certaines pièces valent le détour. Commençons par le début. C’est le jeune Vince Staples qui ouvre Humanz avec l’excellente et contagieuse Ascension. La pièce entraînante offre le refrain le plus efficace du nouvel album alors que Staples nous répète :

« The sky’s falling, baby
Drop that ass ‘fore it crash»
– Ascension

La relax Andromeda offre aussi quelques moments de douce mélodie auxquels participe D.R.A.M.. Pusha-T et Mavis Staples proposent pour leur part une réussie Let Me Out. Entre le chant soul de Staples, les rimes habiles de Pusha-T et les chants éthérés d’Albarn sur une trame influencée des courants contemporains de hip-hop, Gorillaz frappe dans le mile. Damon Albarn n’a pas peur d’explorer des recoins plus obscurs de la musique et le fait sur Hallelujah Money avec Benjamin Clementine. La pièce est un hymne gospel qui flotte dans les cieux dédiés aux nouveaux dieux pécuniaires. Évidemment, le tout est livré avec une bonne touche de sarcasme. C’est très réussi. Étonnamment, la pièce la plus entraînante de l’album est chantée par Jehnny Beth (Savages) qui se fait aller les cordes vocales sur une pièce d’électro-dance dans We Got The Power.

À l’écoute, on a tout de même l’impression que plusieurs chansons sont plus fades que ce qui aurait pu sur papier se passer. Malgré une mélodie vocale efficace, la collaboration avec Popcaan intitulée Saturn Barz est un peu tiède. La collaboration avec De La Soul, Momentz, ne lève jamais vraiment non plus. Carnival dans laquelle chante Anthony Hamilton ne décolle guère plus. On peut en dire tout autant de Submission une collaboration avec les capables Kelela et Danny Brown. Le passage de ce dernier se fait en vitesse, on en aurait pris d’avantage. La mélancolique et éthérée Busted and Blue qui fait toute la place à Albarn est une pâle copie des excellentes pièces qu’il nous a livrées sur Everyday Robots.

Humanz n’est pas un mauvais album. Mais c’est aussi en deçà des attentes. Prenant en considération les projets de Damon Albarn dans les dernières années, on s’attendait à un peu plus de panache. Il est talentueux et nous l’a prouvé à maintes reprises. On aurait préféré être emporté une fois de plus par son génie. Certaines pièces resteront, mais l’ensemble laisse un peu sur sa faim.

Ma note: 6,5/10

Gorillaz
Humanz
Warner Bros.
49 minutes

http://www.gorillaz.com/

10 albums à surveiller en avril 2017

Clark – Death Peak (7 avril)

Chris Clark s’apprête à lancer son huitième album en studio avec Death Peak. Si l’on se fie aux dernières sorties de l’artiste, ça risque d’être encore une fois une expérience très plaisante pour les oreilles. D’ailleurs, il nous donne un aperçu avec Peak Magnetic, premier extrait rythmé et mélodieux.


 
 

Damien Robitaille – Univers Parallèles (7 avril)

Damien Robitaille s’apprête à lancer un nouvel album, successeur du bien plaisant Omniprésent paru en 2012. Le premier simple, laisse entrevoir un Robitaille un peu plus sérieux, mais toujours aussi pop et accrocheur. Que trouvera-t-on sur Univers Parrallèles? On le saura bientôt.


 
 

Father John Misty – Pure Comedy (7 avril)

Father John Misty s’est élevé au niveau des plus importants auteurs-compositeurs-interprètes contemporains avec l’excellent I Love You Honeybear paru en 2015. Le prochain opus arrive à grands pas et semble empreint d’une certaine critique sociale, surtout sur Pure Comedy, premier extrait de l’album du même nom.


 
 

Samuele – Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent (7 avril)

Samuele a connu une année 2016 assez folle : participation aux Francouvertes pour ensuite remporter le Festival de la chanson de Granby. Ces événements l’ont mené à l’enregistrement de son premier album qui fera découvrir cette jeune femme qui s’attaque à des questions de son temps : l’identité, l’égalité et les droits des minorités en société.


 
 

Timber Timbre – Sincerely, Future Pollution (7 avril)

Timber Timbre lancera sous peu son 6e album. Hot Dreams avait visé dans le mile et gageons que la formation refusera une fois de plus le surplace en proposant des sonorités différentes. Déjà sur Sewer Blues, on dénote des effets de claviers atypiques pour la formation.

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Les 3 étoiles du 24 mars 2017

Gorillaz – Saturnz Barz (Spirit House)

4 de nos personnages animés préférés reviennent en ville. Les rumeurs se faisaient de plus en plus nombreuses dans les derniers jours et voici qu’ils nous parachutent Saturnz Barz, un premier extrait de Humanz à paraître le 28 juillet prochain. Ce premier extrait nous livre une pièce qui mélange reggae et dancehall dans la voix à un rock groovy à souhait. Fidèle à son habitude, la formation nous offre une pièce archimélodieuse.


 

Canailles – Rendez-vous galant

Canailles vient de nous lâcher ce petit bijou, deuxième extrait issu de Backflips qui paraîtra le 28 avril prochain. La toune est bonne et le vidéoclip… juste… wow. Daphné Brissette nous chante déjà l’amour en nous parlant de fin du monde, ça donne le ton. On suit pendant le clip un couple dans la quarantaine qui fait tout péter. Littéralement. Comme des Bonnie & Clyde plus violents, la paire tire sur des animaux-humains qui pissent le sang coloré. On dirait que du sang bleu, ça rend la mort festive.


 

Feist – Pleasure

Leslie Feist nous a fait patienter un bon bout de temps entre la sortie de Metals et ce nouvel album intitulé Pleasure. Déjà dans Metals, la jeune ontarienne faisait un virage marginal, délaissant la pop qui a fait son succès. Voici que sur la chanson-titre, on est dans le grunge lo-fi mélodieux et bruyant. Une raison de plus de tomber en amour avec elle si ce n’est déjà fait. On a très hâte qu’arrive son cinquième album en carrière.