francouvertes Archives - Le Canal Auditif

Les Francouvertes 2017: Demi-Finale #3

On termine cette ronde de demi-finale au Lion D’or, en ce mercredi frisquet et pluvieux. Le genre de soirée où l’on pouvait porter tricots et bas de laine, sans problème. Oui, on est en avril. Mais les gougounes, ce n’est pas pour tout de suite. Patience…

Voilà que Le Lion d’Or accueillait son fidèle public du concours en plus des participants de la soirée : Valery Vaughn, Renard Blanc et Shawn Jobin. C’est les garçons de Deux Pouilles en cavale, l’ex de la soirée, qui ont su réchauffer la foule avec brio. Pendant une quinzaine de minutes, la formation a défendu leurs chansons avec dynamisme et originalité. Un peu avant le début de leur performance, chose certaine, on s’est fait réveiller les tympans par ces notes grinçantes et distordues jouées à la guitare par Nicolas Gosselin. Chouette de les voir sur scène après avoir entendu que de bons commentaires à leur sujet.

La table était mise pour Valery Vaughn, groupe de rock stoner, qui s’est avéré encore une fois assez efficace sur scène. Avec une musique assez brute, Vincent Huard (basse, voix) et Victor Tremblay (batterie) nous ont représenté leurs chansons de leur EP Valery Vaughn avec beaucoup d’audace. Le duo ne se prenait pas au sérieux sur scène. Bien au contraire, on voyait très bien le plaisir de jouer, pour jouer. Sans réfléchir, sans faux mouvements. Même si leur proposition peut sembler répétitive et linéaire en rétrospective, les garçons possèdent un énorme potentiel en rock. Donnez leur un peu de temps pour préciser leur style, et croyez-moi, ça sera dans la poche pour la suite.

Après nous avoir fait donner des origamis de paroles en papier (merci, très apprécié!), on poursuit cette soirée électrisante avec ces Vulpes Lagopus touffus et dociles. Bon, blague à part. C’était au tour du groupe rock psychédélique Renard Blanc de monter sur la scène du Lion d’Or. La bande de Vincent Lepage (chanteur) a livré un spectacle efficace, convaincant et à leur image… authentique. D’ailleurs, on aura aussi compté sur la présence d’une saxophoniste qui donnait une couleur assez jazzy/krautrocky à l’ensemble de la performance. La chimie scénique était non seulement palpable, mais nous donnait aussi le goût d’enfiler nos plus beaux blousons sport, de porter des chapeaux vintages et de s’avancer près de la scène tout en se laissant planer sous ces éclairages colorés (et mêmes discos, à certains moments). On la sent cette réinvention du genre. On a affaire à un projet original, créatif et structuré. Comme ils vont aller loin ces petits canidés!

On clôt cette soirée avec le hip-hop engagé de Shawn Jobin. En rétrospective, le rappeur originaire de la Saskatchewan a su livrer la marchandise avec une présence moins statique et beaucoup plus dynamique. Accompagné de Mario Lepage (Ponteix) aux arrangements et de son batteur, Jobin propose un hip-hop bien exécuté… mais qui reste un peu trop sage et réservé dans l’ensemble. On tombe beaucoup dans le déjà vu, dans le conventionnel, dans le trop cadré. C’est bien dommage parce que la démarche en soi n’est pas mauvaise… ceci dit, ça manque de concision dans les interventions auprès du public et de peaufinage dans le travail lyrique et musical.

Après une soirée riche en émotions, le classement y va comme suit

1. Les Louanges
2. Lydia Képinski
3. Laurence-Anne

On se donne rendez-vous à la grande finale de cette 21e édition au Club Soda le 8 mai prochain!

http://francouvertes.com/

https://valeryvaughn.bandcamp.com/

https://renardblanc.bandcamp.com/

https://shawnjobin.bandcamp.com/

Les Francouvertes 2017 : demi-finales #2

C’est parti pour la deuxième des demi-finales des Francouvertes qui se tiennent dans l’intemporel Lion d’Or. C’était une soirée qui rassemblait Laurence-Anne, Van Carton et Lydia Képinski ainsi que l’ex de la soirée, Simon Kingsbury. Le hockey des séries n’avait pas réussi à démotiver ceux qui étaient bien attablés pour le spectacle à venir.

Le barde Kingsbury est arrivé comme un seul homme avec sa guitare pour nous présenter non pas une, mais deux nouvelles chansons. Avant de se lancer dans ces nouvelles aventures, il nous a livré l’excellente Comme Douze et la pas moins appréciable Chandail. Il nous a aussi joué ses deux nouvelles compositions d’un album à venir en début 2018. On peut dire que l’une et l’autre sont assez prometteuses et possède encore de bonnes mélodies uniques à Kingsbury.

Laurence-Anne s’est tout d’abord présentée sur scène seule avec sa guitare et sa sensibilité. Elle nous a offert une belle montée comme elle sait le faire et de la nuance dans son jeu de guitare. On reconnaît dans la deuxième trame et ses harmonies vocales la marque de Radiohead. Entourée de maints dinosaures qui font squik squik, elle nous a joué Ptérodactyle. Ce qui frappe chez Laurence-Anne, c’est l’attention aux détails dans l’instrumentation. Cela donne des pièces qui sont riches, surprenantes et originales. La jeune femme pourrait même se permettre d’aller plus loin dans certaines de ses montées de bruits. Tant qu’à y aller, vaut mieux y aller à fond.

Puis, c’était à Van Carton de fouler la scène du Lion d’Or. Le groupe a lancé ça en vigueur avec l’intoxicante Tu cries. Une performance solide pour entamer sa prestation. Guillaume Monette a resserré le spectacle depuis la dernière fois aux Francouvertes. Ça paraît particulièrement dans File Doux avec ses chœurs de voix hautes perchées. On retrouve les pièces qui nous avaient convaincues sur l’EP paru en fin d’année 2016. Le groupe a un plaisir évident à jouer les chansons et c’est contagieux.

Finalement, c’est Lydia Képinski qui fermait la marche. Celle qui avait bien fait aux préliminaires, a commencé seule avant de se lancer dans Apprendre à mentir qui déploie l’étendue de son registre sonore. Encore une fois, elle a démontré toute sa splendeur avec la magnifique Andromaque. En préliminaires, on pouvait lui reprocher certains accrocs dans la diction, mais en demi-finale, ces quelques petits défauts ont été corrigés. Képinski est en grande forme, comme la louve qui protège ses petits, elle est prête à mordre à tout moment. Quant à elles, les cordes de Blaise Borboën sont tout simplement sublimes alors que le jeu de batterie de Stéphane Lemieux est tout à fait délicieux et intelligent.

Après deux soirées de demi-finale, le palmarès se décline comme suit :

1- Les Louanges
2- Lydia Képinski
3- Laurence-Anne

On se voit demain pour Valery Vaughn, Renard Blanc et Shawn Jobin.

http://francouvertes.com/

https://laurence-anne.bandcamp.com/

https://vancartonmontreal.bandcamp.com/

https://lydiakepinski.bandcamp.com/

Les Francouvertes 2017 : Demi-Finale #1

Les demi-finales des Francouvertes se mettaient en branle en ce lundi saint. Au menu? Marie-Claudel Chénard, Les Louanges et Les Vulvets. Trois groupes au son totalement disparate qui avait à convaincre le Lion d’Or qu’ils devaient passer en finale. Pour réchauffer la foule, l’ex de la soirée était nul autre que le jazz man déchu Benoit Paradis en version, Trio, pour faire les choses comme il faut.

Accompagné de Chantal Morin et Benoît Coulombe, Ben Paradis a encore une fois prouvé qu’il était un ovni suffisamment saisissable pour le public. Il ouvre la soirée avec un : « Joyeuses Pâques. Il est ressuscité gang! ». Puis, il nous a enfilé Tu parles trop, Cul et une nouvelle chanson qui commence par : « Je viens de me faire crisser là. » Ça donne le ton mettons. Il a terminé avec la chanson-titre de son dernier album : T’as-tu toute?

Devant la foule peu nombreuse, pour une demie-finale, c’est MCC qui a pris la scène en premier en solo et en acoustique. Très efficace. Tout comme le reste de son spectacle entouré toujours de son acolyte Jean-Philippe Levac (Pandaléon). Les filtres appliqués sur les voix pendant les moments choraux sont très efficaces. Il y a quand même quelques petits bémols. Au début de son set, MCC s’accorde et semble un peu mal à l’aise de la situation, alors qu’il est préférable de morde à pleine dent dans ce genre de situation. Parlons aussi de la caisse claire de Levac qui a frétillé tout au long du spectacle, c’était des sons parasites non nécessaires. Malgré tout, le duo a livré une performance tout à fait honorable.

Puis, c’était au tour de Les Louanges de prendre la scène. Le groupe de Vincent Roberge a cassé la baraque. Celui-ci possède le charisme qui s’approche d’un Prince. On s’entend… à plus petite échelle et avec moins de métier, mais il y a cette aisance sur scène que beaucoup de musiciens jalousent. Encore une fois, il a misé sur les chansons de son EP Le Mercure et ça lui a souri. Il possède une aisance au micro qui lui permet même de tourner en rigolade un commentaire : « Des fois, écrire une toune c’est plus efficace que parler. C’est parce que la dernière fois, j’ai trop parlé avant cette toune… » Il a terminé avec une version enivrante de La Bombe Atomichaëlle.

Finalement, c’était au Vulvets de prende la scène du Lion d’Or. Le quatuor féminin avait l’air moins à l’aise qu’au préliminaire. On sentait un peu de nervosité avant la première chanson pendant qu’elles s’accordaient. Finalement, fidèles à leur habitude, elles ont livré une solide performance avec La Mort et quelques autres compositions. Dommage qu’on n’entende pas mieux la voix de Marie-Claire qui se perd souvent dans le paysage sonore. Tout comme on prendrait plus de la voix d’Isabelle Ouimet qui a une belle basse ronde et chaude.

Après une étape voici le classement :

1 – Les Louanges
2 – Vulvets
3 – MCC

On se revoit demain. Oui, demain!

http://francouvertes.com/

https://marieclaudelchenard.bandcamp.com/

https://leslouanges.bandcamp.com/

https://vulvets.bandcamp.com/releases

Les Francouvertes 2017 : soirée #7

Ça y est. L’étape ultime des Francouvertes. Nous savions déjà que le top 6 se rendrait en demi-finale, mais qui, des 3 autres aspirants, allait conserver leur billet pour la deuxième étape? En tout cas, tout ça prenait place au Lion d’Or sous des airs de printemps qui approche. Pour nous mettre en appétit, l’ex de la soirée était Mehdi Cayenne.

Pas facile de passer après le Cayenne. Le jeune montréalais originaire d’Ottawa nous en a mis plein la vue avec un dynamisme incroyable. Mehdi Cayenne sait en quelques secondes conquérir une foule et il nous en a servi une belle leçon en ce premier lundi d’avril. Il nous en a mis plein la vue avec Quel Jeu et quelques autres compositions tirée d’Aube. Puis, il s’est lancé avec une nouvelle chanson. Rappelons que l’édition présente des Francouvertes est dédiée à la mémoire d’Andréanne Sasseville. Cayenne a pondu une toune inspirée par ses messages publics avant sa mort. La phrase qui revient sans cesse : « Je vais danser jusqu’à ce que mort s’ensuive. » Un vers qu’elle aurait apprécié, puisque c’est ainsi qu’elle vécu chaque moment de sa vie. Une très belle attention qui vise droit dans le cœur.

Mais passons aux choses officielles. Dave Chose ne nous avait pas livré beaucoup de musique avant sa performance. Nous savions qu’il était le chanteur de Faudrait faire la vaisselle, mais de son projet solo, peu de chansons étaient disponibles en ligne. Eh bien, il nous a renversés en arrivant aux côtés de Nicolas Beaudoin (Poni), Jonathan Bigras (Poni, Les Guenilles) et Sam Beaulé (qui écrit pour nous et qui joue avec Barrdo). Une prestation convaincante et lourde qui faisait oublier les faiblesses dans les paroles de Dave Chose. Il y a encore un peu de travail à faire de ce côté. Par contre, musicalement, ça rentre dans le dash. Il a terminé avec Dancing Gold, une chanson aux accents emo qui parlait de faire de la MDMA dans un chalet. Très Rouge FM, quoi!

Puis, c’était à Fred Labrie de prendre la scène. Dès les premières notes, on comprend qu’il n’est pas là simplement pour le plaisir. Labrie est préparé et livre les chansons de son album Dans la fumée claire, avec aplomb et professionnalisme. Tout de sa performance sent le routier qui a pratiqué son art en abondance. Par contre, ses compositions sont souvent ordinaires. Ordinaire, dans le sens, qu’on en a déjà vu de nombreuses du genre. Son folk rock est efficace, mais ressemble beaucoup à de la pop déguisée. Ses musiciens étaient tous solides : Émilie Leclerc au violoncelle, Julien Thibault à la basse, Andrew Beaudouin à la batterie et Marcus Quirion à la guitare. Il y a de beaux moments, mais ça manque un peu de folies dans la structure.

Finalement, l’ultime groupe à prendre le Lion d’Or par la crinière était Renard Blanc. Une performance délicieuse. La formation tire ses influences de l’indie-rock, du prog et un peu à l’art rock. C’est convaincant, efficace, authentique et plaisant pour les oreilles. On sent parfois une petite tangente Radiohead sans que ça devienne trop un pastiche. Le groupe de Vincent Lepage, s’est tiré admirablement d’affaire à coup de chansons efficaces, dont quelques nouvelles. Ils n’ont pas peur du risque et ça leur sert.

Il est maintenant temps de mettre un terme aux préliminaires 2017. Voici donc les 9 groupes qui se classent pour la demi-finale.

9 – MCC
8 – Shawn Jobin
7 – Van Carton
6 – Renard Blanc
5 – Laurence-Anne
4 – Valery Vaughn
3 – Les Louanges
2 – Lydia Képinski
1 – Vulvets.

On remet donc les compteurs à zéro et on se revoit le 17 avril pour la première étape des demie-finales.

http://francouvertes.com/

https://mehdicayenneclub.bandcamp.com/

https://www.facebook.com/DaveChose/?pnref=lhc

https://fred-labrie.bandcamp.com/

https://renardblanc.bandcamp.com/

Révèle la relève : Ariel et IDALG

Le 7 avril prochain aura lieu la dernière édition de Révèle la relève. L’initiative a pour objectif de mettre en valeur des artistes émergents, de la relève ou encore marginaux en plateau double. Cela permet à la fois de mélanger les publics et de faire de belles découvertes. Ces événements sont une coproduction des Francouvertes, de la Maison de la culture Maisonneuve et du Collège de Maisonneuve. Ceux-ci reçoivent un appui exemplaire de l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. Plus tôt dans la saison, il a été possible de voir Félix Dyotte en compagnie de Le Couleur ainsi qu’Antoine Corriveau et Francis Faubert en super-groupe. Pour cette dernière édition de 2017, c’est le rock entraînant d’Ariel qui se jumèle au garage psychédélique d’IDALG.

Ariel

Ariel n’est pas étranger aux Francouvertes. En effet, il est le grand gagnant de la 13e édition en 2009. Il sera une fois de plus entouré de ses fidèles compagnons, Marie-Anne Arsenault, Jonathan Gagné, tous les deux de Propofol ainsi que Charles-Emmanuel L’Esperance. Il est reconnu depuis ses débuts pour ses prestations sur scènes énergiques et enlevantes. Depuis son aventure aux Francouvertes, il a fait paraître trois albums, dont le plus récent, Croche, qui met de l’avant des grosses guitares aux mélodies efficaces.

Difficile de rester insensible aux charmes d’Ariel et aux airs de son électro rock contagieux. De plus, comme le bon vin, Ariel prend du panache avec les années. Sa musique se complexifie et ses paroles sont mieux écrites. Si vous ne le connaissez pas encore, c’est une excellente occasion de découvrir ce rockeur qui possède un son unique au Québec.


 

IDALG

IDALG a frappé fort en lançant Post Dynastie en novembre 2015. Non seulement la formation a retenu l’attention de la presse québécoise qui a chanté les louanges de la formation, ils ont aussi attiré l’attention de l’Europe et de nos voisins du sud. La formation compte sur l’excellent duo de voix de Jean-Michel Coutu et Yuki Berthiaume auquel il est difficile de rester insensible. Écoutez par vous-mêmes!

On compte aussi parmi les rangs d’IDALG Félix-Antoine Coutu, Philippe Beauséjour, Tommy Johnson et Martin Poulin-Légaré connu en tant qu’un des deux capotés des excellents Crabe. IDALG c’est à la fois de la mélodie, du bruit, des envies de danser comme à Woodstock, un voyage mystique et des riffs complètement satisfaisants. Si vous ne connaissez pas encore la formation, ceci est l’occasion de faire plaisir à vos tympans.


 

On se voit donc le vendredi 7 avril pour une soirée plaisante de rock créatif et original. Venez célébrer les souterrains de Montréal avec ces deux groupes qui en sont de fiers représentants. Énergie, joie et grosses mélodies garanties.

http://francouvertes.com/ariel-i-d-a-l-g/

http://www.ariel-musique.com/

https://idalg.bandcamp.com/