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CCF 2017: Juniore, Paupière et Victime

CCF 2017 se poursuit! Je continue mon chemin pour me rendre à la soirée de Juniore et de Paupière au Lion D’or. Pour finir le tout au Divan Orange avec Victime.

Juniore, coup de cœur assuré!

Ce fut un samedi assez frisquet. J’enfile écharpe et j’oublie béret (…je sais). J’entre dans la salle. Je prends une place près de la scène, histoire de ne rien manquer. Voilà que la lumière diminue d’intensité. C’est la formation française Juniore qui grimpe sur les planches du Lion D’or pour présenter leur nouveau disque Ouh là là, paru sous Le Phonographe. C’était un soir de première fois en sol québécois pour les filles. Chose certaine, elles se sont démarquées. Quatre membres étaient sur scène. Aux claviers et à la basse, deux étaient vêtus de capes. Donnons une mention spéciale à La Chose qui faisait de la basse tout en étant masqué de la tête aux pieds. Curieux. Au toupet bien taillé, la meneuse de jeu Anna Jean a su nous faire sourire tout au long de la performance par son charisme (malgré une légère timidité). En lançant quelques blagues, elle a su nous charmer. Parions que son magnétisme vocal y était pour beaucoup. Notons aussi la batteuse Swanny Elzingre, qui,même habillée d’une robe noire élégante, a su donner tout un mordant aux pulsations rythmiques de son instrument de prédilection.

Juniore, c’est un coup de cœur assuré. Par des mélodies pop/rock yéyé bien effilées (qui rappelle le son des années 60), on sent ce renouveau de la chanson française qui frôle un certain côté cinématographique. On jurait même parler de symbolisme dans les textes. Personnellement, je vous dirais que Juniore mérite de porter une attention particulière aux textes. C’est riche, intelligent et niché. Si niché, que l’instrumentation «punch» très bien le tout. En plus de nous faire danser tout au long du spectacle (comme sur Panique ou Marabout, par exemple), les filles ont été bien généreuses et charmantes avec le public québécois. Parions qu’elles vont revenir en spectacle assez rapidement.

Party sous les néons

Au tour des montréalais Paupière de venir lancer leur nouvel opus À jamais privé de réponses paru cet automne sur l’étiquette Lisbon Lux Records. Dans un décor minimaliste, les membres se sont avancés sur scène pour lancer les festivités. Pierre-Luc Bégin (We are Wolves) était aux percussions, Julia Daigle à la voix et Éliane Préfontaine aux synthétiseurs. Prenez note que les trois membres faisaient un tour au chant tout au long du concert. On sentait rapidement cette symbiose qui habite le groupe depuis leur tout début. Ça se sentait. Les trois musiciens avaient visiblement du plaisir à faire danser la foule avec leur électro-pop des années 80 muni de quelques parcelles de new wave. Leur poésie s’est bien rendue jusqu’aux oreilles du public. Ça donnait le goût de se mettre un peu de gel coiffant dans les cheveux, de s’habiller de vêtements rétro, de se mettre des brillants plein le corps et de se peindre le visage de couleurs éclatantes. Lâcher son fou avec Paupière est chose possible? Absolument!

L’intimité selon Victime

Je me dirige vers le Divan Orange pour attraper la performance de Victime, tout nouveau groupe post-punk qui nous vient de Labeaume City (à l’heure d’écrire ces lignes, les résultats n’étaient pas encore sortis). Les membres ont fait paraître un EP intitulé Mon VR de rêve paru chez Michel Records, l’hiver dernier. Depuis, la bande continue son ascension dans le paysage musical québécois. Samedi, leur performance s’est déroulé directement sur le plancher de bois franc, et non sur la scène du bar prévue à cet effet. Une première, en ce qui me concerne. Le public était bien serré cette soirée-là. Visiblement, je scande l’auditoire et tous semblait bien fasciné par le son brute et caverneux de Victime. Certains hochaient la tête de tout bords, tout côtés. D’autres, encourageaient par des applaudissements et des cris. La chanteuse, Laurence Gauthier-Brown, a su capter l’attention du public par le biais de sa voix rugissante. Tandis que ses deux comparses (Samuel Gougoux à la batterie et Simon Provencher à la guitare) ont su soutenir les pièces par cette énergie pétillante qui les habitaient. Pas de doutes, Victime est un groupe à suivre de très près.

On se retrouve très bientôt pour la suite!

Critique : Julien Sagot – Bleu Jane

Après avoir été un idéateur sonore de grande importance au sein de la formation Karkwa, Julien Sagot a entamé une intéressante carrière solo. L’aventure a débuté en 2012 avec l’excellent Piano Mal. Déjà à l’époque, Sagot nous proposait une pop résolument champ gauche et sincère qui détenait une signature forte, et ce, malgré les ascendants spectraux à la Patrick Watson qui caractérisaient ce premier effort. Avec Valse 333, disque paru l’année suivante, le multi-instrumentiste confirmait d’une éloquente manière qu’il était bel et bien là pour durer.

Ce que j’aime par-dessus tout chez Sagot, c’est cette mixture de références musicales françaises (Bashung, Murat, Arthur H, etc.) et de pop expérimentale qui n’a rien à envier aux meilleurs du genre. Bref, l’artiste est une magnifique bébitte dans le paysage sonore québécois souvent si consensuel…

C’est aujourd’hui même que paraît Bleu Jane, une nouvelle offrande attendue de la part de Sagot. Coréalisé avec l’aide de l’arrangeur et ingénieur de son Antoine Binette Mercier, l’excentrique créateur nous présente encore un disque hors norme qui épouse une panoplie de styles, souvent au sein d’une seule et même chanson, et qui conserve une cohérence exemplaire. Un exploit en ce qui me concerne.

Cordes, claviers, percussions, rythmes électros se marient à la perfection et donnent l’impression d’entendre un Angelo Badalamenti sous amphétamines ou encore un Alain Bashung en format électronique. Original, étrange, éclectique, et tout de même harmonieux, le parisien d’origine, qui a passé la majeure partie de son existence à Montréal, fait ici la preuve par mille qu’il est un artiste de calibre international, rien de moins. Ce gars-là mérite amplement de sortir du minuscule Québec et d’exploser à la face du monde tant son art est différent, certes, mais totalement incarné. Sagot ne sonne comme personne et sur la durée, ce talent finira par payer, croyez-moi.

Tout au long des 30 minutes que vous passerez en compagnie de ce Bleu Jane, vous alternerez entre des atmosphères post-surf, post-punk, caribéennes, latinos, rock et orchestrales. Les ruptures rythmiques sont aussi nombreuses que déstabilisantes et Sagot trouve toujours le moyen de nous garder captifs. C’est grâce à son travail mélodique subtil que ce disque maintient un bon degré d’intelligibilité.

Impossible de ne pas être charmé par le groove hypnotique qui caractérise Ombres portées, par les incursions caribéennes/latinos évoquées dans Bleu corail électrique, par la voix trafiquée de Sagot et le piano jazzistique de cinglé dans Vacille, par les percussions tribales en introduction de la chanson Les racines du mal ainsi que par la galopante pièce titre.

Compte tenu de la foisonnante production musicale à laquelle on assiste depuis quelques années, je ne saurais trop vous conseiller de tenter votre chance avec la pop atypique de Julien Sagot. D’album en album, cet avant-gardiste met à profit son immense talent afin de nous emmener ailleurs. Sincèrement, ce musicien m’impressionne au plus haut point. Concevoir une pop aussi singulière dans un marché comme le nôtre, c’est une prouesse. Bleu Jane est une œuvre prodigieuse créée sans aucune prétention… et ça, c’est très rare !

Ma note: 8/10

Julien Sagot
Bleu Jane
Simone Records
30 minutes

http://sagot.ca/

Toute bonne chose a une fin…

À l’automne 2016, dans une rencontre aussi émotive que pragmatique, j’ai annoncé à mes potes, LP Labrèche et La Brute de Rock, que je quittais mes fonctions de rédacteur en chef du Canal Auditif. Au début de cette même année 2016, il était totalement impensable d’arriver à ce dur constat, mais c’était sans compter sur la progression de ma boîte de création spécialisée en design graphique et publicité, Mademoiselle Rouge.

Si vous êtes le moindrement perspicace (vous savez lire entre les lignes), avec l’arrivée du Canal Auditif dans la sympathique famille de Culture Cible, il était devenu impossible pour moi de soutenir le rythme imposé autant par Mademoiselle Rouge que par les lucratives exigences de Culture Cible. Et si vous ajoutez à cela les tâches quotidiennes, répétitives, mais nécessaires au bon fonctionnement du Canal Auditif, je me suis retrouvé devant cet implacable constat.

En premier lieu, je tiens à clarifier une chose très importante. Désormais, Le Canal Auditif appartient à 100% à l’ami Labrèche. Je ne recevrai aucun denier provenant de LCA. Après ses inlassables efforts à faire connaître le média à tout ce qui grouille dans le milieu de la musique indépendante keb, ça lui revenait de plein gré. Et je me voyais très mal retirer une part financière d’un projet auquel je pourrais accorder que très peu de temps, et ce, même si j’étais le fondateur, le responsable du contenu et le bon vieux chien de garde un peu bourru (parfois inflexible, toujours incorruptible) de la ligne éditoriale de notre cher média. Je lègue entre les mains d’un magnifique bourreau de travail, une plateforme respectée et une structure de fonctionnement efficace. J’en suis très fier.

Sur le plan personnel, Le Canal Auditif a été un laboratoire qui m’a permis de développer mon talent de rédacteur ainsi que ma capacité à rassembler et diriger avec empathie une équipe (condition sine qua non à la réussite de toute entreprise). Bref, Le Canal Auditif a fait de moi un meilleur homme. C’est la seule et unique chose qui compte. Le reste n’est que futilité. Cela dit, je continuerai à rédiger des critiques, à raison d’une fois par semaine. Donc, vous pourrez continuer de lire votre humble scribe… si le cœur vous en dit!

Je conclus donc en vous remerciant chaleureusement de nous avoir lus et soutenus au cours des 5 dernières années. Sans vous, lecteurs et musiciens, Le Canal Auditif n’aurait plus sa raison d’être… et dans un milieu plus souvent intéressé par le commérage et les fringues, ce média mérite de vivre très longtemps, car je crois sincèrement que la musique indépendante a droit à la couverture la plus rigoureuse, la plus pertinente et la plus authentique possible.

Merci d’avoir pris le temps de me lire et de commenter mes critiques. Merci aux sympathiques et compétents collaborateurs. Vous êtes une maudite belle bande de tripeux. Finalement, je souhaite une longue vie au Canal Auditif. Et croyez-moi, il est franchement entre de bonnes mains!

Go! LP! Go!

Les 25 meilleures chansons de 2016 selon LCA

25. Mitski – Your Best American Girl

24. Holy Fuck – Tom Tom

23. Rob Crow’s Gloomy Place – Oh, The Sadmakers

22. Whores – I See You Are Also Wearing A Black T-Shirt.

21. Chocolat – Ah Ouin

20. DJ Shadow Feat. Run The Jewels – Nobody Speak

19. Fuudge – Ju

18. Elysian Fields – Shadow Of The Living Light

17. La Bronze – Rois de nous

16. King Gizzard & The Lizard Wizard – Gamma Knife

15. Klô Pelgag – Les Ferrofluides-fleurs

14. Andy Shauf – The Magician

13. Antoine Corriveau – Rendez-vous

12. Solange – Don’t Touch My Hair

11. Alaclair Ensemble – Ça que c’tait

10. Avec pas d’casque – Derviches tourneurs

09. Louis-Philippe Gingras – Parc à chiens (avec La Bronze)

08. The Drones – To Think That I Once Loved You

07. Danny Brown Ft. Kendrick Lamar, Ab-Soul & Earl Sweatshirt – Really Doe

06. David Bowie – Blackstar

05. A Tribe Called Red – R.E.D.

04. Car Seat Headrest – Drunk Drivers / Killer Whales

03. Radiohead – Ful Stop

02. Fred Fortin – Oiseau

01. Nick Cave & The Bad Seeds – I Need You

Les 75 meilleurs albums de 2016 selon LCA (de 25 à 1)

25. James Blake – The Colour In Anything

«C’est un généreux 76 minutes de musique qu’il nous envoie par la gueule. Ça fait beaucoup à prendre d’un seul coup. C’est beaucoup de rythmes atypiques, de mélodies inhabituelles et de mélancolie à absorber. C’est le genre d’album qui nécessite bien des écoutes. Mais au fur et à mesure, on découvre tellement de subtilités, tellement de beauté, tant de fragilité et d’humanité qu’il est très difficile de rester de marbre.» (LPL)

http://lecanalauditif.ca/james-blake-the-colour-in-anything/
 

24. Holy Fuck – Congrats

«Holy Fuck a toujours su concocter des brûlots entraînants, et c’est encore le cas avec Congrats, mais ce qui arrive à captiver pendant tout l’album, c’est la variété des compositions et des nuances. On passe par des rythmes soutenus et tout en retenue dans une pièce, par des arpèges mélancoliques et poignants dans une autre, et par des apothéoses énergiques judicieusement placées ailleurs.» (MR)

http://lecanalauditif.ca/holy-fuck-congrats/
 

23. A Tribe Called Red – We Are The Halluci Nation

«L’électro d’A Tribe Called Red a toujours été très accessible et ça le reste avec ce troisième opus. Ils réussissent à métisser les cultures en mélangeant l’électro et les chants amérindiens. On sent aussi qu’ils sont de plus en plus à l’aise dans cette démarche et qu’à chaque album leur parole se définit un peu plus.» (LPL)

http://lecanalauditif.ca/a-tribe-called-red-we-are-the-halluci-nation/
 

22. Frank Ocean – Blond

«En fait, il n’y a tout simplement pas de faiblesses sur l’album tout comme Channel OrangeBlond est vraiment un digne successeur. On parlera encore longtemps d’Ocean qui apporte une nouvelle voix au R&B et au soul.» (LPL)

http://lecanalauditif.ca/frank-ocean-blond/
 

21. Xiu Xiu – Plays The Music Of Twin Peaks

«Cette nouvelle mouture de la trame sonore de Twin Peaks est un disque aussi magnifique qu’inusité, aussi lugubre que lumineux, aussi terrifiant que consolateur. Cette production est un tour de force, rien de moins! Vous serez conviés à un voyage sonore irréel qui vous retrempera tout de go dans la série et qui réussira même à séduire les néophytes de Twin Peaks tant ce qui est proposé est habilement modernisé.» (SD)

http://lecanalauditif.ca/xiu-xiu-plays-the-music-of-twin-peaks/
 

20. Oathbreaker – Rheia

«Oathbreaker se détache toutefois de ces groupes associés généralement à la vague du USBM avec sa grande habileté à jongler avec les genres. Avoir une voix féminine aide certainement à varier les procédés d’attaques, les ambiances et les transitions. Ça, Caro Tanghe le fait à merveille.» (JSF)

http://lecanalauditif.ca/oathbreaker-rheia/
 

19. Kaytranada – 99.9%

«Dans l’ensemble, 99.9 % est un album bien réussi et particulièrement cohérent pour un premier album studio. Il faut dire que Kaytranada produit frénétiquement depuis quelques années et que ça semble toujours bouillir entre ses deux oreilles. Tant mieux! Le producteur nous offre des pièces de qualités qui méritent une grande visibilité.» (LPL)

http://lecanalauditif.ca/kaytranada-99-9/
 

18. Andy Shauf – The Party

«Avec une plume fine et une voix mielleuse unique, l’artiste possède d’énormes atouts en tant qu’auteur-compositeur-interprète. The Party mérite qu’on tende l’oreille afin d’accéder à un univers sensible, touchant et à fleur de peau. Un véritable coffre aux trésors signé Andy Shauf.» (RTV)

http://lecanalauditif.ca/andy-shauf-the-party/
 

17. Whores. – Gold

https://whores.bandcamp.com/
 
 
 
 
 
 
 

16. Avec pas d’casque – Effets spéciaux

«Depuis les 5 dernières années, je m’évertue à répéter, le plus délicatement possible, que c’est en étant parfaitement authentique et parfaitement local qu’un artiste parvient à toucher à l’universel. Et Avec pas d’casque réussit cet exploit avec une délicatesse et une humilité bouleversante. Un disque folk introspectif et contemplatif parfait.» (SD)

http://lecanalauditif.ca/dcasque-effets-speciaux/
 

15. Nothing – Tired Of Tomorrow

«Tired Of Tomorrow est un disque plus direct, plus à vif et plus urgent que Guilty Of Everything duquel se dégage une tristesse magnifique et une honnêteté qu’on ne croise plus très souvent dans la musique d’aujourd’hui.» (CL)

http://lecanalauditif.ca/nothing-tired-of-tomorrow/
 

14. Greys – Outer Heaven

«Greys s’amuse aussi avec les habituels codes du grunge en utilisant à bon escient la légendaire formule «loud quiet loud», mais avec une inventivité et une conviction qui feraient rougir beaucoup de vieilles moppes issues de cette époque. C’est ce qu’on appelle faire évoluer un genre musical de belle façon. On assiste donc à l’avènement d’un groupe qui, à sa deuxième production, refuse obstinément le surplace, ce qui augure très bien pour la suite des choses.» (SD)

http://lecanalauditif.ca/greys-outer-heaven/
 

13. Anderson.Paak – Malibu

«Sorti à la mi-janvier, ce Malibu réchauffe les sens, nous entraînant sous les chauds rayons du soleil californien à coup de beat mêlant rap «smooth» (style côte ouest), R&B, gospel, soul, pop (intelligente) et house (si peu, mais si bien exploité).» (PB)

http://lecanalauditif.ca/anderson-paak-malibu/
 

12. Chocolat – Rencontrer Looloo

«Rencontrer Looloo est plus travaillé, mieux réalisé et mise beaucoup plus sur le «musicianship» que le précédent effort. Moins accrocheur, du moins lors des premières écoutes, il n’en demeure pas moins qu’on a affaire encore une fois à un excellent disque. Même si Hunt est mélodiquement moins présent qu’en mode solo, l’exécution est plus précise, plus fluide et met parfaitement en relief l’immense talent musical de Chocolat.» (SD)

http://lecanalauditif.ca/chocolat-rencontrer-looloo/
 

11. Beyoncé – Lemonade

«Lemonade est un album qui vaut toute votre attention. De la pop grand public de cette qualité, il s’en fait très peu. Beyoncé ne reste pas sur place, mais elle ose, elle travaille, elle essaie et elle réussit.» (LPL)

http://lecanalauditif.ca/beyonce-lemonade/
 
 

10. Swans – The Glowing Man

«Michael Gira est âgé de 62 ans. À son âge, on n’en a plus rien à cirer de ce que les autres pensent. La plupart de ces vénérables musiciens préfèrent s’asseoir sur leurs lauriers et se contentent de promouvoir sans grand enthousiasme leur patrimoine musical. Gira ne fait pas partie de ceux-là. Il ne fait qu’à sa tête, repousse ses propres limites et nous escorte dans des sentiers qu’il a lui-même balisés.» (SD)

http://lecanalauditif.ca/swans-the-glowing-man/
 

09. The Drones – Feelin’ Kinda Free

«C’est de la musique angoissante, par et pour des angoissés. Comme Liddiard le chante en début d’album, “les meilleures chansons sont comme des mauvais rêves”. Si c’est là que ça vous démange, The Drones grattent bien et fort. Il se peut même que ça saigne un peu.» (MR)
 
http://lecanalauditif.ca/the-drones-fellin-kinda-free/
 
 

08. Danny Brown – Atrocity Exhibition

«Vous avez aimé Old? Vous allez sans doute aimer tout autant Atrocity Exhibition. Si vous avez les oreilles frileuses aux mots injurieux, Brown est une mauvaise destination. C’est rempli de mots offensants qui pourraient sans doute faire pleurer cette pauvre jeune femme qui a découvert le rap américain dans son Amérique blanche où les gens de couleurs se limitent à arpenter les ghettos.» (LPL) 

http://lecanalauditif.ca/danny-brown-atrocity-exhibition/
 

07. Antoine Corriveau – Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s’arrêter

«Dans notre univers hyperactif dans lequel le positivisme de pacotille et le sourire «Colgate» sont la norme, l’œuvre de Corriveau peut faire office de casse-pied dépressif. Et pourtant, la tristesse et la morosité font partie de la vaste gamme des émotions humaines. De classer Corriveau dans un registre «noir» est à mon avis totalement réducteur… car c’est en plongeant sans compromis dans nos abîmes personnels que l’on est plus à même de découvrir ce qui nous fait vibrer ou pas.» (SD)

http://lecanalauditif.ca/antoine-corriveau-cette-chose-cognait-creux-de-poitrine-vouloir-sarreter/
 

06. Nick Cave And The Bad Seeds – Skeleton Tree

«Ceux qui sont fanatiques de Cave en format plus grinçant seront quelque peu déstabilisés à la première écoute, mais ça se replace rapidement dès les auditions subséquentes. Et c’est grâce à cette fusion quasi parfaite entre les atmosphères sonores, aussi glauques que rayonnantes, et l’interprétation magistrale de Cave. Oui, c’est un immense disque qui me hantera pendant encore longtemps. Essentiel.» (SD)

http://lecanalauditif.ca/nick-cave-the-bad-seeds-skeleton-tree/
 

05. Radiohead – A Moon Shaped Pool

«Pour un deuxième album de suite, les arrangements et les ambiances ont décisivement le dessus sur les mélodies qui s’incrusteraient dans le cœur et dans les neurones. Peut-être que le Radiohead qui fait chanter les foules en chœur ne peut plus exister. Si on l’accepte, A Moon Shaped Pool est un autre très bon album, à défaut d’être un autre classique contemporain.» (MR)

http://lecanalauditif.ca/radiohead-a-moon-shaped-pool/
 

04. Klô Pelgag – L’étoile thoracique

«Est-ce que je vous ai dit que c’était réussi pour Klô Pelgag? La jeune femme offre l’un, sinon le meilleur album de pop québécoise de 2016. Elle le fait avec intelligence, profondeur, créativité et assurance. L’Alchimie des monstres était excellent et L’étoile thoracique réussit à repousser de nouvelles limites. Il n’y a vraiment aucune raison à part la surdité pour bouder ton plaisir.» (LPL)

http://lecanalauditif.ca/klo-pelgag-letoile-thoracique/
 

03. Fred Fortin – Ultramarr

«C’est aussi salopé que beau, aussi atténué que chambranlant et ça évoque le calme après une furieuse tempête de neige. Avec UltramarrFred Fortin s’impose une fois pour toutes comme l’un des grands de la chanson québécoise. Après sa disparition, lorsqu’on revisitera son œuvre en entier, on prendra alors conscience qu’il aurait fallu lui dire merci d’avoir décloisonné la chanson bien de chez nous en lui insufflant des ascendants folk rock états-uniens de luxe.» (SD)
 
http://lecanalauditif.ca/fred-fortin-ultramarr/
 

02. Car Seat Headrest – Teens Of Denial

«Pour accompagner cette plume acérée, une musique rock bien graissée, électrifiée (excellente guitare mise à l’avant-scène), trempée, comme nous l’écrivions plus haut, dans un grunge rock actualisé. Mais pas seulement. On écoute et on pense à Franz Ferdinand, à Dinosaur Jr., à Sebadoh, à Weezer, à Green Day, à Bright Eyes, aux Pixies même (excellente intro à la Frank Black sur Not What I Needed), à Pearl Jam, à…. Bon, vous voyez le genre.» (PB)

http://lecanalauditif.ca/seat-headrest-teens-of-denials/
 

01. David Bowie – Blackstar

«Que ce soit bon ou mauvais importe peu désormais. Pensez-y. De mon vivant, je n’ai jamais vu une mort d’artiste aussi digne, aussi théâtrale et aussi belle, finalement. David Bowie est mort comme il a vécu. Comme dans un film. Mes respects, monsieur!» (CL)

http://lecanalauditif.ca/david-bowie-blackstar/