FMEAT Archives - Le Canal Auditif

La programmation complète du FMEAT 2017

C’est ce moment attendu chaque année, celui où on apprend la programmation complète et ce qui nous attendra à Rouyn-Noranda pendant la fête du travail. Déjà quelques noms avaient été annoncés plutôt cette année. Vous pouvez les découvrir ici! Passons au plat de résistance…

Jeudredi

Pour ce premier soir de l’édition 2017, en plus d’A Tribe Called Red qui seront sur la scène extérieure, on retrouvera La Mverte, les doux de Thus Owls, les grooves de King Abid, Slosh et les furieusement solides de Duchess Says. Une bonne façon de commencer 4 jours de festivités.

Des lancements, du fun pis toute une soirée

Jason Bajada lancera son Blondie en direct de Rouyn-Noranda. À date, ses simples sont totalement convaincants. On a hâte d’entendre tout ça sur scène. Ce n’est pas le seul lancement qui aura lieu vendredi soir, Eman X Vlooper nous prépare aussi une nouvelle galette qu’ils vont nous garnotter pendant le spectacle hip-hop avec Alaclair Ensemble, Lary Kidd et Mathew James (un natif de la région). Vous pensez que c’est tout ce qui se passe? OH QUE NON. Les gens du FME ont pensé à nous, on les remercie. A Place To Bury Strangers sera là pour un concert! Ça fait tout un voyagement pour arriver là.


 

Parmi les autres participants, le barde Louis-Philippe Gingras sera à la maison, Julien Sagot, The Franklin Electric, Zen Bamboo, Elephant Stone, Chocolat et Bloodshot Bill. Les Français d’AeroBrasil, le chanteur américain Deke Dickerson et les Floridiens The WildTones. N’oublions pas non plus Pierre Flynn!

Saturday night’s alright for fighting

Mon Doux Saigneur est l’une des sorties attendues de l’automne et ça se passe à Rouyn-Noranda! On a très hâte. On y verra aussi Antoine Corriveau, Kroy, Saratoga, Betty Bonifassi et son magnifique projet Lomax, le duo montréalais I Shot Samo, le projet d’Adèle Trottier-Rivard : Le bleu,Raphaël Dénommé, Lubik et le groupe australien The Decline. Ce sera assez rock avec Barry Paquin Roberge, Les Dales Hawerchuk, les bruyants Belges d’It It Anita et Blood and Glass qui a lancé plus tôt cette année Punk Shadows.


 

Se bercer pour se remettre des abus

Si ton foie n’est plus capable le dimanche, tu pourras lui donner un peu de repos avec la douceur des chansons de Mat Vezio ou encore le piano imagé de Jean-Michel Blais. Si par contre, t’as toujours envie de danser, Le Couleur sera sur place tout comme Klô Pelgag et ses chansons magnifiques. N’oublions pas le charmant Matt Holubowski, ANEMONE ou les bruyants de HOAN.

Ce sera aussi le soir du métal avec le groupe suédois Marduk! Ils seront précédés d’Incantation et Abysmal Dawn. Ça risque d’être lourd en ti-pépère.

Une autre édition qui nous donne l’eau aux oreilles (euh… ça se dit-tu?). Prépare-toi Rouyn-Noranda, le Canal s’en vient pour célébrer la musique encore une fois. On se voit au bar des chums!

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La programmation du FMEAT 2017 : Premières annonces

C’est un de nos moments préférés de l’année! C’est le moment où on a une première idée des groupes que nous aurons la chance de voir au FMEAT à la fête du Travail. Avertissement, c’est très cool.

Vous avez dit R.E.D. ?

Le FMEAT va nous achever dès les débuts. A Tribe Called Red sera là pour le spectacle de la rentrée et partagera la scène avec Pierre Kwenders et La Bronze. Ça vaut déjà les 7 heures de char. Et pour la clôture? Eh bien, les artistes ayant participé à l’hommage à Richard Desjardins seront sur scène. Le tout dans la terre natale du poète-musicien. Un autre nom venu du Canada s’ajoute à la liste des spectacles à ne pas manquer, celui d’Andy Shauf qui nous a graciés de l’excellent The Party l’an dernier, finaliste au prix Polaris.

On pourra aussi voir des artistes qui ont fait paraître de très bons albums depuis le début de l’année. Philippe B présentera les chansons de sa Grande nuit vidéo alors que Canailles viendra faire des Backflips à Rouyn-Noranda. Pour sa part, Distorsion Psych Fest fera une collaboration avec le FMEAT pour présenter Atsuko Chiba, Paul Jacobs et Sunwatchers. L’Afrikana Soul Sister de JF Lemieux (Daniel Bélanger, Cargo Culte) y sera aussi tout comme Ludovic Alarie, Sarah Toussaint-Léveillé, Geoffroy et FUUDGE!

Des collaborations qu’on applaudit

Le FMEAT en collaboration avec le Pow Wow de Pikogan va présenter un spectacle de musique et d’arts amérindiens sur les berges du lac Osisko. Fruit d’une année de création et de rencontres, ce projet a pour objectif de faciliter les rapprochements entre les différents habitants du territoire abitibien. Une démarche qu’on applaudit bien bas. Une collaboration intrigante et bien intéressante.

Bon, nous devons nous rendre à l’évidence, ce n’est pas cette année que nous bouderons notre plaisir. Rouyn-Noranda, prépare-toi, on arrive… ben en septembre là.

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La programmation des Quartiers d’hiver 2017

Cette année encore, les bonnes gens du FMEAT nous invitent à braver le Parc de La Vérendrye pour aller jouer dans la neige au mois de mars. Du 9 au 11 pour être plus précis. La qualité est encore au rendez-vous quoique certains spectacles nous laissent un peu de marbre. Résumé d’une programmation qui vaut amplement la route entre Montréal ( ou Québec ou Paris ) et Rouyn-Noranda.

Le tout démarre en lion avec un spectacle d’Adam Strangler et Lisa Leblanc. Bizarre mélange, mais un peu comme la tourtière et le ketchup, c’est différent, mais les deux sont délicieux alors pourquoi ne pas les consommer ensemble? En fin de soirée, au Cabaret de la dernière chance, c’est Jacques Jacobus qui nous présentera les pièces de son premier album solo post-Radio Radio. À date, ça semble prometteur.


 
 

Vendredi, c’est la soirée hip-hop qui est peut-être moins dans notre palette. Rymz, Saye et D-Track prendont la scène les uns à la suite des autres pour faire plaisir aux amateurs de rap. En fin de soirée, les festivaliers auront le choix entre les rappeurs français Odezenne et Dear Denizen… dures décisions. Puis, samedi pour clore le festival en beauté, les mélomanes auront le choix entre Panzerfaust et Anonymus (la soirée métal) ou encore Helena Deland, Gabrielle Shonk et Matt Holubowski. Finalement, pour clore en beauté, Gazoline se fera aller la guitare au Cabaret de la dernière chance alors que Shash’U fera tourner ses platines.

Cette programmation a peut-être l’air moins excitante que les éditions précédentes à première vue, mais plusieurs artistes en pleine ascension y seront. Nous pourrons dire que nous les avons vus alors qu’ils étaient encore méconnus. Et vous? On se voit l’autre bord du Parc!

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Le FMEAT 2016

top2016_980enIl est environ 16h15 quand nous arrivons dans la ville de Rouyn-Noranda. Mon appréhension grandit à mesure qu’on approche de la maison d’accueil. Usuelle anxiété sociale mêlée au doute de mes capacités de récupération rapide en période d’intoxication et de sommeil léger. J’ai entendu des choses sur le Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue. Que du bien qui s’étend de la qualité de son organisation à son équipe en or – ou en cuivre, c’est selon. Heureusement, ces rumeurs se sont toutes avérées véridiques durant le long et festif week-end. Aussi, je remercie les efforts des quelques 300 bénévoles qui se sont occupé(es) de la meilleure des façons des festivalier(es), des artistes, de l’industrie et des médias. Et, aussi bravo aux Rouynorandien(nes) de tous âges qui assistent volontiers aux spectacles et font preuve d’une grande ouverture devant l’offre musicale.

Maison d’accueil, 16h15. On empoigne les cocardes, puis on passe à l’hôtel enfiler les vêtements chauds. Le transport nous débarque devant le superbe portail du FME d’où s’échappe l’odeur appréciable du méchoui d’accueil chaleureux et féculent. Québec Redneck Bluegrass Project fait son entrée sur la grande scène: «Bonsoir FME, câlisse t’es-tu en forme!?». Le ton est donné et ils débitent à fond de train leurs chansons traitant de Réalité Régionale, de café Chemineau et de Pantera Arctic Cat Triple 800; des virelangues de boisson et des solos de tous les diables. Le public se fait plus dense et réchauffé, j’ai le temps de me mettre en troisième rangée pour voir la collaboration de Galaxie avec Marie-Pierre Arthur. Même si je ne comprends pas bien l’intérêt de ce tandem, leur plaisir à jouer ensemble est indéniable et ils ne manquent pas de nous livrer une performance de rock à la fois bien gras et bien dansant; un savant mélange de torticolis et de crampes au mollet.

À minuit, je me rends au Cabaret de la dernière chance pour voir Partner, un duo de forces féminines indie-grunge originaire de Sackville au Nouveau-Brunswick. Lucy Niles et Josée Caron donnent un show juste assez sale et intimiste chantant des pages de leur journal d’anecdotes «100% queer» baignées d’autodérision et d’hygiène de vie discutable, super le fun. Josée Caron sort parfois sa guitare à deux manches… quand un minimum de 18 cordes est requis pour se faire entendre. Seule remarque faite au ventilateur de plafond qui menace à tous moments de scalper les mélomanes du Cabaret.

La deuxième journée démarre à 15h, à la place de la Citoyenneté, où sont déjà en position les quatre groupes de La Colonie de Vacances, Papier Tigre, Electric Electric, Marvin et Pneu. Ces derniers proposent un concert quadriphonique qui place le public au centre d’un quadrilatère de scènes. Dans cette arène de la 4e dimension musicale, j’ai une pensée pour Scott Pilgrim alors que les groupes nous précipitent leur orgie de rock mathématique au travers du corps. C’est une pièce de Greg Saulnier. Les 26 sauces de maître saucier, écrites à l’occasion du festival nous explosent dans les tympans, se lançant et relançant le bâton du rock devant un public qui visiblement apprécie de se faire prendre de tous les côtés. La deuxième partie écrite par La Colonie est tout aussi fulgurante. Montréal, si tu m’entends, fais-les venir.

Je marche ensuite jusqu’au Café-bar L’Abstracto où je m’installe avec une pinte pour le spectacle de Ludo Pin. Il nous présente de la pop électro douce bizarroïde et éclectique qui sert magnifiquement bien sa poésie poignante à la recherche du temps perdu. Accompagné de Mathieu Vezio, à la batterie, de Simon Dolan à la basse et de Navet Confit, «à toute ça», il nous joue entre autres les morceaux de son album paru récemment, Les moyens du bord. L’artiste remercie fréquemment la salle, reconnaissant de les voir si attentifs. J’emprunte le boardwalk du Lac Osisko pour me rendre à la 7e rue où se compactent depuis un moment les festivalier(es) devant la scène où Yann Perreau doit nous présenter les pièces de son dansant nouvel album Le fantastique des astres. Déjà euphorique, la bête de scène nous envoie Baby Boom en pleine figure et défile sa pop cynique de discothèque, mettant en valeur toute l’ardeur de son ouvrage. Il pense à nous et nous fait même prendre deux grands respires avant de repartir le cycle de machine à danser. Malheureusement, je dois quitter pour la prestation de Lakes Of Canada à l’Agora des Arts. L’ancienne église s’avère à propos pour accueillir leurs voix harmonisées en chorale gospel. La sympathique Sarah Morasse associe son nom avec le plus célèbre restaurant de poutine de la région. Le groupe nous porte doucement, mais fermement au-dessus du Bouclier canadien, élevé par leurs prouesses harmoniques.

De retour devant la Grande Scène, la foule se fait impraticable pour atteindre les places à visibilité moyenne. Half Moon Run est bel et bien dans la place. Faute de les voir, je profite tout de même d’un fort joli spectacle d’éclairage et de leurs voix aiguës qui percent avec douceur la fraîcheur de Rouyn-Noranda. Je suis touchée d’un apaisement extrême avant de tourner de nouveau les talons vers l’Agora.

La fébrilité des médias est perceptible avant l’entrée en scène d’Avec pas d’casque, venus nous interpréter pour la première fois leur nouvel album Effets spéciaux. Pour un opus dont on proclame la lenteur et la langueur, je passe l’heure la plus courte de ma vie. Au creux de leur espace folk enveloppant, on sent que tout ce qui nous parvient a passé le cap d’un dépouillement rigoureux pour n’y laisser que l’essentiel. Stéphane Lafleur n’est assurément pas un adepte de fla-fla, et les images qu’il évoque, les phrases qu’il construit touchent par leur justesse et leur sobriété. Par ici la nuit des beaux rêves.

Tous mes espoirs d’enfiler du linge d’automne s’évanouissent à la troisième journée. À 28 ºC devant la grande scène, le réveil doit être dur pour certains, mais apparemment pas pour Samito. Ce dernier se déhanche magnifiquement et avec vigueur devant l’audience familiale aux centaines de mini cache-oreilles. Ce son plaisant, hybride, inspiré d’esthétiques africaines, d’électro-pop, de funk et même de solos bien bruyants, parvient à faire délier les jambes de certains timides. Il termine avec la pièce Oskia qu’il rebaptise Huskys en l’honneur de l’équipe rouynorandienne de hockey junior majeur, et lève glorieusement la Coupe du Président devant les festivalier(es) en liesse.

Arrivant de justesse au Bistro le Cachottier, je capte les ritournelles pop planantes qu’on retient instantanément d’Ariane Zita. Tough Love, Soyons Sauvages, Oui mais non, une reprise des B.B., puis en rappel et au plaisir de tous les enthousiastes précoces, sa chanson de Noël, Mon cadeau c’est toi. «Joyeux Noël. Joyeux FME». J’ai le temps de me rendre à la Maison d’accueil pour ne parler à personne, et pour me bourrer la face dans le gravlax de saumon à l’occasion du barbecue de l’industrie. Il est à noter que tous les restes ont été portés à un organisme de récupération alimentaire, bravo! Je me dépêche à l’Agora où Bernhari a déjà envahi l’ancien lieu sacré de sa musique impure! En grande partie tirée de l’album paru en mai, ÎLE JÉSUS, les pièces s’emboîtent les unes dans les autres, il ne reste plus qu’à se laisser émoustiller la chair de poule par la voix langoureuse de Bernhari et son orchestration sensuelle.

En face, au Petit théâtre du Vieux Noranda, VioleTT Pi entre en scène, tous vêtus en ingénue. Impossible de voir venir ce qui suit. On est violemment trimballé entre des humeurs musicales allant du grunge, au dubstep; du funk au nu métal. Karl Gagnon propose la plupart du temps des mélodies à faire mourir de jalousie n’importe quel artiste pop… et change de registre avec des cris d’outre-tombe. Puisqu’il prononce si bien, la totalité de sa poésie, bijou de saletés immondes et imprévisibles nous viole les oreilles et l’imaginaire. Il a joué les titres de son dernier album Manifeste contre la peur ainsi que plusieurs autres d’Ev et j’ai été pleuré aux toilettes avant de traverser le centre-ville en direction de la Scène Paramount.

Rednext Level, formé des membres d’Alaclair, Ogden, Maybe Watson et Tork entrent en scène à bord de leur air motocross, la cérémonie ironique de la classe moyenne peut officiellement commencée. Argent légal, tiré de l’album homonyme, puis 40 K, Sri Lanka; les références drôlissimes fusent sur des beats réjouissants de gangsta rap, de house, d’électro, de tout ce que tu veux qui te raisonnent des pieds à la casquette. Et, même si l’heure est à la rigolade, pas de compromis sur le flow, la salle se démène, il fait chaud. On post-chantonne le refrain de Baby Body en attendant l’enfant prodigue, nul autre que Koriass, le rappeur féministe. Ce dernier fait irruption sur scène avec un aplomb désarmant, il interprète Légendaire de son récent opus Love Suprême, Petit Love, Black Lights, Zombies, Ouvre ta fenêtre, Nulle part – la foule opine bruyamment quand il dit qu’il a «toute une génération dans [son] back», il ne manque pas de nous faire ses vieux succès tirés de Petites Victoires, Garde ta job et Enfant de l’Asphalte. Koriass livre une prestation à tout rompre, mais la foule en veut encore. Sous la pression, le guerrier engagé se coule dans le gosier infecté d’amygdalite une pleine canisse de Boréale rousse. Respect.

J’arrive de justesse au Cabaret de la dernière chance pour l’ultime prestation de Fred Fortin. Encore bien solide et accompagné d’Olivier Langevin, de Sam Joly et de François Lafontaine, ainsi que de Joss Tellier, il enchaîne les pièces de son album Ultramarr, avec tout le talent d’instrumentiste qu’on lui connaît et toute la sensibilité aussi. La crème de la génération X livrée pour nous, exécutant à tour de rôle des solos mentaux. Devant l’amour manifeste et bruyant du public, c’est un Fred Fortin bien ému et sans doute pas loin d’être vidé de son énergie résiduelle qui nous consent de multiples rappels, et même Vénus de Gros Méné.

On peut se lever tard à la quatrième journée, puisque le premier rendez-vous a lieu à 14h au parc Botanique. Sous le chapiteau, le sextuor Dan San originaire de Liège en Belgique nous réveille bien en douceur avec son indie pop mélancolique aux harmonies vocales touchantes. Le transport me débarque une dernière fois devant le Café-bar L’Abstracto. Rosie Valland, dans une concentration absolue, et en formule trio, nous joue la pop folk déchirante de son album Partir avant avec un son dramatiquement épuré pour un maximum de profondeur et de chagrin. Très beau. Je remprunte le boardwalk vers l’Agora des Arts pour le spectacle de clôture du FMEAT. Je suis surprise de trouver Tire le coyote aussi drôle. Pas juste drôle, disons-le. Son œuvre country tantôt calme, tantôt pourchassée par le diable, et tirée de ses albums Mitan et Panorama, est des plus agréables. Sa poésie est belle et juste, il semble bien habile pour inventer les bonnes locutions et évoquer les bonnes images.

On se précipite à l’extérieur pendant les changements, vu la chaleur suffocante qui règne à l’Agora. C’est au tour de Laura Sauvage, le projet solo de Vivianne Roy des Hay Babies. Moi qui croyais son «son» folk, il est plutôt grunge (Yé!) elle alterne les pièces d’Extraordinormal et les blagues pince-sans-rire (mes préférées!) Notons aussi qu’elle est entourée d’une solide formation incluant Dany Placard à la basse – qui a aussi réalisé son album – ainsi que Jonathan Bigras et Nicolas Beaudoin de PONI. On leur remet la palme de l’ubiquité au FMEAT 2016.

C’est là-dessus que se termine ma première expérience du festival, venue sans grande surprise confirmer qu’il n’a pas de meilleur moyen de célébrer la fête du Travail. Tout le monde le sait, personne ne s’obstine, maintenant, ou plutôt l’année prochaine, c’est le temps de passer à l’action, de joindre le grand pèlerinage vers la Mecque de la musique émergente qu’est le FMEAT.

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Le FMEAT 2016

top2016_980enC’est avec un filet de bave séché sur le bord de la bouche que j’écris ces lignes encore en chemin entre Rouyn-Noranda et Montréal. Comme à son habitude, l’organisation du FME avait encore une fois préparé une édition bien en chair. Mais commençons du début. Nous avons touché terre en Abitibi jeudi, à temps pour profiter pleinement de notre soirée. Évidemment, ce périple impliquait qu’on était debout depuis plusieurs heures déjà et qu’on avait affronté le terrible, mais inévitable parc de La Vérendrye.

J’ai commencé mon périple musical en compagnie de la Montréalaise Charlotte Cardin. Celle-ci s’est installée au piano, entourée de deux collègues, pour nous livrer sa pop émouvante et intime. Elle a joué les pièces de son maxi Big Boy. La chanson-titre et Talk Talk qui ont frappé dans le mille. La foule de L’Agora des Arts semblait sous le charme lorsqu’elle a quitté la scène. Puis, c’est la formation Groenland qui avait de nouvelles chansons à présenter aux nombreux spectateurs amassés dans cette ancienne église. C’était seulement la deuxième fois que le groupe interprétait les chansons qui se retrouveront sur A Wider Space dont la sortie est prévue le 16 septembre. On peut dire que la mayonnaise est pas mal déjà prise! Groenland a, comme à son habitude, livré une solide performance où les chansons mélodieuses et entraînantes se succédaient. Le tout a été ponctué de quelques blagues dont une inévitable allusion à l’incident PKP lors des Quartiers d’hiver 2015 alors que l’ex-chef du PQ, qui n’était alors qu’un candidat au poste convoité, avait lancé tel un cornichon: «En français s’il-vous-plaît». Ils nous ont aussi joué quelques pièces tirées de leur premier album dont les sympathiques Immune et Superhero.

J’ai quitté l’Agora pour tomber sur Rouge Pompier qui était en pleine session de rock. Le duo ne lésine pas sur l’énergie, Jessy Fuchs allant jusqu’à monter sur la structure qui était sur le parterre devant la scène et d’inviter les gens à faire un bon vieux «circle pit». Leur distorsion était grasse tout comme leur humour. Je me suis ensuite dirigé du côté du Petit Théâtre du Vieux-Noranda pour Black Legary, un «supertrio» qui compte sur Mishka Stein et Robbie Kuster (tous deux jouent avec Patrick Watson) et Morgan Moore de Blood And Glass. La formation fait dans un genre de math rock non conventionnel. Stein feignait même de parler une langue slave tout au long de la prestation. Musicalement, c’est solide et ça donne envie d’aller entendre le maxi qu’ils viennent tout juste de lancer. Finalement, c’est We Are Wolves qui clôturait ma première soirée de FME. Le trio nous a présenté quelques nouvelles chansons de Wrong qui paraîtra le 30 septembre. Ça promet! Évidemment, ils nous ont aussi balancé de bons vieux succès qui ont fait danser les nombreux mélomanes.

Le réveil était déjà moins aisé vendredi. La journée s’est entamée avec La Colonie de Vacance. Avant d’en lire la description, j’avais peur qu’on soit convié au spectacle des finissants de camp de vacances spécialisé en chant. Heureusement, il s’agit plutôt de quatre groupes français qui jouent simultanément (et en alternance autour du public) une pièce construite et dirigée par Greg Saunier, batteur de Deerhoof. 60 belles minutes complètement hallucinantes de musique en continu alors que les sons viennent de tous bords, tous côtés. J’ai eu un sourire d’émerveillement collé dans le visage pendant la durée complète du spectacle. C’est un magnifique projet qui j’espère fera un jour escale à Montréal. Puis, je me suis dirigé vers Le Cachottier pour écouter Le Carabine en version 5 à 7. La formation originaire de Val-d’Or fait un mélange de rock, de jazz, de musique tropicale majoritairement instrumentale et franchement groovy.

Puis, je me suis dirigé à l’Agora des Arts pour voir Chantal Archambault qui ouvrait la soirée. Une autre abitibienne qui venait présenter ses chansons chez elle. Et ce fût totalement réussi! Les chansons d’À hauteur d’homme prenaient une nouvelle ampleur sur scène en band complet. C’était beau, doux, mélodieux et complètement hypnotique. La chanson-titre du maxi et Dos d’âne étaient plus que convaincantes. Puis, je me suis dirigé à la scène Paramount pour entendre les chansons de Kenlo. Le membre d’Alaclair Ensemble a donné un concert plus qu’énergique. Son débit est impressionnant dans sa rapidité et sa précision. En plus de livrer des pièces issues de projets des dernières années, il nous a aussi présenté quelques nouvelles chansons. Encore une fois, c’était très intéressant et j’ai hâte d’en entendre un peu plus. Lui et Caro, sa comparse, étaient très divertissants avec leurs steppettes et petites mise en scène. C’était tout à fait charmant.

J’ai par la suite sprinté pour retourner à l’Agora des Arts pour l’un des concerts les plus attendus de cette édition du FME. C’est Avec pas d’casque qui avait son Effets spéciaux à présenter à salle comble. La formation n’a pas déçu et a joué l’album dans son intégralité. Les introductions de Stéphane Lafleur étaient particulièrement savoureuses. Pour Il fait noir de bonne heure, il a parlé de l’automne qui arrive, mais après une longue explication sur les choses qui meurent a promis que la chanson allait être joyeuse. La formation a fait appel aux cordes vocales des spectateurs pour Hu-hum et encore une fois Lafleur a fait rire tout le monde en affirmant que c’était bien parce que si ça t’énerve de participer à ce genre de truc (comme lui) tu n’as pas à bouger les lèvres. Disons-le une fois pour toutes, c’est tout un boute-en-train! En plus des excellentes chansons du nouvel album, la bande a livré quelques classiques dont La journée qui s’en vient est flambant neuve.

Ma fin de soirée s’annonçait tout aussi plaisante puisque j’avais une «date» avec Fred Fortin au Cabaret de la dernière chance. Fortin était dans une forme resplendissante et a livré un généreux concert où les pièces d’Ultramarr étaient à l’honneur. Il a enfilé Oiseau et 10$ et Langevin s’est gâté à la guitare avec des solos comme lui seul sait les faire. Tête perdue et Grippe ont été deux autres forts moments de sa prestation. En rappel, ils nous ont gâtés avec une Vénus de Gros Mené et cherchaient à la fin de la performance d’autres chansons à jouer. Ils ont trouvé pour la représentation du lendemain puisque les spectateurs ont eu droit à 6 rappels. Oui, oui, par 6 fois, il est revenu.

Le soleil se levait sur Rouyn samedi matin, mais la plupart des gens dormaient encore. J’ai osé bravé la lumière du jour vers les midi trente pour aller écouter Samito sur la scène extérieure. Les chansons prennent une nouvelle tournure sur scène et sont franchement plus rock. Ce n’est pas étranger à la formation qui l’entoure: Nicolas Beaudoin (PONI, Les Buddy McNeil & The Magic Mirrors), Jonathan Bigras (PONI, Les Guenilles, Galaxie et j’en passe) et notre Sam Beaulé, lui-même, qui officiait à la basse. Parfois dansant, parfois rock et même bruyant, Samito a livré une bonne performance. Tiku la hina était plus que solide et il a même adapté Oskia pour que les gens chantent Huskies… la Coupe du Président bien en main. Samito aime se mêler à la culture locale et il l’a fait avec classe et perspicacité. En 5 à 7, je suis allé du côté de la scène Evolu-Son pour attraper le concert de Pandaléon. Les trois jeunes franco-ontariens sont des geeks de musique à voir les nombreuses pédales et multiples effets qu’ils utilisent. Encore une fois, c’était une prestation charmante qui fait voir les chansons sous un nouvel angle.

En soirée, j’ai été Petit Théâtre du Vieux-Noranda pour une soirée tout en rock. C’est le duo Royal Caniche qui cassait la glace avec ses chansons déjantées à l’humour scabreux. Il y a notamment une chanson sur le Petit Chaperon Rouge qui mange la grand-mère avec du beurre d’arachide… vous comprendrez qu’ils ne faisaient pas une lecture classique du conte pour enfant devenu très adulte. Ce n’est pas encore toujours à point, mais ils tiennent quelque chose d’assez intéressant entre les mains. Puis, c’est Violett Pi qui a cassé la baraque avec un spectacle très énergique. Gagnon a catapulté Héroïne avec la rage au corps, Fleur de Londres, Les huîtres de Julie Payette et Six perroquets séchés dans un tiroir en bois. Ça déménageait plus que Le Clan Panneton! C’est ensuite le trio canadien Metz qui est venu rincer les oreilles des spectateurs. Avec un bon mélange de chansons des deux albums, dont Headache, Spit You Out, Acetate et Wet Blanket. Ils ont tout donné, mais j’ai trouvé qu’une heure et quelques grenailles c’était un peu trop. Le groupe étirait les chansons alors qu’on les aime cassants, violents et dynamiques. Ça reste un bon spectacle quand même!

J’ai ensuite accouru à la Scène Paramount pour Koriass. Quel spectacle de feu. Le rappeur de Québec avait une amygdalite et ça n’a jamais paru. Il était d’un dynamisme et d’un entrain contagieux. Accompagné de son fidèle «padawan», Bobby One, ils ont donné l’une des meilleures prestations de la fin de semaine avec les Blacklight, Zombies, Petit Love, Ouvre Ta Fenêtre et un tas d’autres. C’était un sauna sur place et Koriass était le feu qui l’alimentait. C’était ardent, puissant et parfaitement mis en scène. Après avoir eu ma dose de hip-hop, j’ai décidé de retourner du côté du rock, mais misère! On m’a refusé l’entrée aux Goules. J’ai donc tourné les talons derechef et je me suis rendu à Abakos, le duo formé de Pierre Kwenders et Ngabonziza Kiroko (Dear Denizen). Je n’ai pas regretté, car les deux hommes ont livré une solide performance dansante affublée d’un visuel impressionnant. Des projections accompagnaient les deux chanteurs qui affichaient de grands sourires. Les deux hommes aiment jouer ensemble et ça paraît.

Ma quatrième et ultime journée a commencé en douceur au parc Botanique. Le groupe belge Dan San faisait une performance dans un décor enchanteur alors que le soleil brillait de plein feu. Le groupe n’a pas déçu et son folk aux harmonies vocales magnifiques a gagné les curieux. À dix-sept heures, je me suis rendu à la salle Evolu-Son pour prêter l’oreille au groupe The Vasts. Ceux-ci avaient fait un tabac un peu plus tôt cet été au FÉEAT. Le groupe offre en effet une performance digne de ce nom. Les cuivres sont chauds et très présents et leurs envolées musicales valent le détour.

En soirée, c’était le spectacle de clôture mettant en vedette Tire le coyote. Je fais mon mea culpa, je ne connaissais pas très bien la discographie du chanteur folk, mais après la solide performance de dimanche soir, je vais devoir y retourner. Les textes sont tout simplement délicieux comme dans Jésus: «Parfois l’amour s’achève au dépotoir/Une montagne de merde qui pue en ciboire/Parfois l’amour est à l’image de Jésus/Les questions demeurent même si on pense l’avoir vu». Sa prestation était tout simplement parfaite. D’ailleurs, Rouyn-Noranda lui a bien rendu avec une longue ovation. C’était ensuite au tour de Laura Sauvage. Et oh mon dieu! Vivianne Roy tient quelque chose avec ce projet solo. Les pièces sont bonnes sur l’album, mais sur scène, on a droit à du solide, même du très solide. La jeune femme a des airs de PJ Harvey et une attitude authentique et sincère. White Trash Theatre School, Dying Alone et Have You Heard The Good News ont toutes été interprétées avec brio. Elle nous a offert aussi une émouvante No Direction Home. Vraiment, la Hay Babies tient un filon de très solide avec ce projet solo et j’ai bien hâte de voir où ça va la mener.

C’était ensuite au Barr Brothers de venir charmer la foule… cette foule qui était plus que nombreuse. Les murs craquaient tellement c’était bondé. Mais ça n’a certainement pas empêché la formation montréalaise d’offrir un généreux concert où les titres coulaient les uns dans les autres avec aisance. Malgré le nombre incalculable de spectateurs, ils ont réussi à garder ça intime et chaleureux. Finalement, j’ai atterri au Cabaret de la dernière chance pour voir Plants & Animals. Et je n’ai pas regretté mon dernier arrêt du FME. C’était dansant, entraînant, mélodieux et carrément réussi pour le quatuor. Ils ont livré un spectacle incarné et généreux avec les pièces de leur dernier album, mais aussi quelques morceaux des précédents. Une très belle façon de fermer les livres sur cette 14e édition.

Encore une fois, je tiens à remercier toute la bande de beaux fous qui font en sorte que ce festival est une expérience hors du commun. Jenny Thibault et Sandy Boutin réussissent chaque année à créer une programmation magique. Mais ils ne sont pas seuls. Ils ont une équipe du tonnerre pour les épauler et une tonne de bénévoles qui font en sorte que ces quelques jours sont une expérience inoubliable pour tous les festivaliers. Pis merci à ma collègue Mélanie Harel-Michon qui a couru elle aussi les spectacles et qui a fait de ce FME une réussite. Merci Rouyn, je te love. On se revoit cet hiver.

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