FEQ Archives - Le Canal Auditif

FEQ jour 10: Bruits sophistiqués en basse-ville – Yonatan Gat

Je suis un peu crevé, et presque tanné, d’avoir écouté autant de spectacles. Je décide donc de ne pas me rendre sur les plaines pour aller voir l’opéra rock futuriste des chevaliers de Cydonia. Une petite soirée explosive intime à l’ANTI pour assister à la prestation du guitariste Yonatan Gat. Accompagné d’un bassiste et d’un batteur, le virtuose de la six cordes originaire de Tel-Aviv, maintenant installé à New York, dissèque son instrument avec une précision à l’énergie viscérale punk.

22 h 10, le parterre de l’ANTI. 3 tapis, une batterie, une guitare et une basse (les deux sont électriques) et 2 lampes bien ordinaires. Le tout se tient au centre de la salle. Nous formons un public d’une vingtaine de personnes à entourer le gear. Le groupe entre vers 22 h 20. Gat débute avec des notes lentes avec un style de jeu ressemblant au sitar. Le guitariste module sans l’aide d’une pédale. La première pièce donne le ton, ou le Micro-Ton plutôt, en culminant en une cacophonie organisée.

Après 2 morceaux Gat nous invite à nous rapprocher. Je suis tenté de m’asseoir sur les genoux du batteur, mais je me retiens. Probablement trop dynamique pour moi. On a l’impression de les gêner, mais ils sont habitués à avoir l’auditoire aussi proche. Une mise en scène à l’image de la musique : une puissance compacte qui déstabilise aux premiers abords, mais qui s’avère d’une complexité fascinante et entrainante. On passe du surf-punk aux mélodies orientales, Gat nous faisant découvrir toutes les variations possibles qu’une guitare peut produire. Le bassiste privilégie les ondes et un rythme effréné tout en se balançant avec une telle force qu’il semble sur le point de fendre. Le batteur est infatigable. Passant de la destruction de ses tambours à l’effleurement. Les trois en cœur ils atteignent un équilibre entre cadences primitives et des arrangements extrêmement détaillés.

J’ai été le témoin d’un combat. Rien de moins. Les instruments ne laissaient pas amadouer. Toute l’expertise des musiciens était nécessaire pour réaliser les sons voulus. Je sors de l’ANTI fatigué, mais surement moins qu’eux. Une performance brute. Un point d’exclamation à une 50e édition du FEQ sans temps mort.

Ils seront au Festif! le 22 juillet à 2 h du mat’ au garage du Curé. La promesse d’un spectacle légendaire.

Un extrait d’une soirée en plein air de 2015, une copie quasi conforme de cette dernière soirée de festivités :

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FEQ jour 9 – La vie est belle pour un Headliner : Mauves, Kelela, Danny Brown et Gorillaz

Grosse avant dernière soirée du FEQ en perspective. Petit apéro rock racoleur avec Mauves. Puis, je me pose sur les plaines : après de la RnB de soie de Kelela et du rap Molly de Danny Brown, je vais pouvoir me capoter comme un adolescent devant Gorillaz. Mon disque compact acheté : Demon Days. Donc je n’ai ABSOLUMENT AUCUNE attente. AUCUNE.

Les riffs de qualité rendent heureux

La formation de Québec, Mauves, propose un rock charmant et un peu geek. Les 4 jeunes hommes activent le Star Power en entrée de jeu, les guitares règnent dans le cœur du FEQ. Le plaisir, l’humour et les bons riffs s’harmonisent à merveille en créant une ambiance surf-punk juste assez planante. Longtemps et Nouvelle-Calédonie, tirées du récent Coco, ensoleillent la scène plus fort. La transition vers un folk progressif se fait sans effort. Tout comme leur penchant pesant et distorsionné. Le quatuor est en mode séduction. Je quitte après l’excellente Cleo et son solo de basse où le visage de Cédric Martel était possédé par l’intensité. Je m’éloigne de la voix addictive d’Alexandre Martel (sans costume de squelette) pour les notes de cristal dont Kelela a le secret.

En mars 2017 le Divan Orange était témoin de leur rock’n’roll subtilement pop :

 
 

Lascif à moitié vide

Les plaines se remplissent tranquillement quand j’arrive pour entendre la voix si pure de l’Américaine Kelela. Une grosse sauce trap enrobe son RnB lascif qui me fait beaucoup pensé à FKA Twigs, sans l’esthétique gothique futuriste. La chanteuse de Washington en impose avec ses cordes vocales. La puissance de ses mélodies impressionne, tout comme les variations qu’elle réalise avec agilité. Le niveau difficulté fascine, surtout que ça semble facile. Ce n’est pourtant pas assez pour attirer les spectateurs vers le parterre, la colline se remplit en premier. Le monde commence à fatiguer, faut croire. Difficile de leur tenir rigueur, car à part sa voix enveloppante et son DJ il ne se passe pas grand-chose sur la scène. Le visage à demi caché par une forêt de dreds la jeune femme reste statique. Accrochée à son pied de micro pendant presque toute la prestation. Lente et langoureuse, l’atmosphère créée par l’artiste n’attise pas l’excitation de la foule. Aucun bassin en mouvement. Malgré tout, le talent de la chanteuse lui valait des applaudissements parsemés, mais enthousiastes. Ça me donne résolument l’envie d’une écoute de son ep Hallucinogen paru sur la légendaire étiquette Warp Records en 2015.

Un petit aperçu du talent brut au Pitchfork festival de 2014 :

 
 

Diva Brune

Une de mes voix favorites dans le rapjeu américain actuel, celle de l’agressant Danny Brown. Son vocal acide et ses trames aux lourds accents électros industriels me font retourner à tous ces albums depuis XXX.

Il nous a offert un setlist parfait et garni pour seulement 1 heure. Un échantillon des 13-14 bangers qu’il nous lance aux tympans : Pneumonia, Really Doe, Ain’t it Funny, Attak, Die Like A Rockstar, I Will, Monopoly, Side B ( Dope Song). J’ai redécouvert avec plaisir 25 Bucks sur laquelle le planant de Purity Ring balance merveilleusement la violence de Brown.

Musicalement, aucun problème. Par contre les attitudes se corsent. Celle de Brown et celle de la foule. Le rappeur de Détroit semble être habitué à des publics gagnés d’avance, car il n’interagit presque pas avec les festivaliers. On voit sur son visage qu’il n’est pas satisfait du niveau d’enthousiasme de ceux en avant-scène. Ce qui l’amène à interpeler… la fameuse section VIP. Comme Kendrick Lamar vendredi passé, Brown passe sa frustration sur la zone plutôt froide au rap-choc dont il a le secret. Il décide de ne jouer que pour ceux qui réagissent, ce qui amène les jeunes « wiggas » du « général » à s’animer de fierté, même s’ils ne bougeaient pas vraiment avant le compliment. Je suis d’accord avec Brown : la partie VIP/Corpo c’est un trou noir de fun. Cependant, quand un auditoire ne réagit pas en fonction de ses standards, sûrement parce qu’il ne connaît pas l’artiste, pourquoi le critiquer au lieu de le stimuler plus? Pour commencer, s’adresser aux auditeurs avant d’avoir enchaîné 6 chansons, ça aiderait à faire lever le party.

Je dis ça de même.

One Love : J’avais spotté un gars avec un chandail de motocross FOX RACING en espérant qu’on puisse se bousculer pendant Blunt after Blunt. Les Blunts ne sont jamais venus, mais les coups de coude y étaient! On se revoit aux pits de sable mon chum!

La preuve qu’il peut être un performeur sympathique et cru durant cette prestation de 2016 :

 
 

Tout, sauf Feel Good Inc.

C’était tout simplement génial. 1 h 30 de musique joyeuse et diversifiée avec une énergie débordante. Damon Albarn et sa bande ont été accueillis en héros avec une dose massive d’amour. Ça dégoulinait d’énergie positive, de rythmes dansants et de sueur. Dans le cas d’Albarn la sueur prenait le dessus et ce n’est pas pour cause de manque d’affection à donner. Il privilégiait une grande connexion avec les admirateurs en délire. Tantôt mélodramatique (Sex Murder Party) ou bouffon (Tomorrow Comes Today) Albarn s’amusait follement. Peu de discussion, mais une générosité de son contact avec les spectateurs. L’hystérie prend toute son ampleur lorsqu’il a terminé El Manana sur la clôture du parterre. Je vous assure que son élastique de bobettes est résistant. Un agent de sécurité l’a utilisé comme harnais d’une main… experte.

Dans une soirée si jouissive en succès qui me ramenait à l’époque de mon discman Sony, ce qui fonctionnait le mieux, c’était Albarn. Les invités (réels ou virtuels) débordaient d’énergie*. Cependant, les meilleurs coups de la discographie des Britanniques sont lorsque le chanteur de Blur dialogue avec les invités. L’alter ego de 2D se perdait parfois dans les pièces d’Humanz, ensevelit sous les collaborations.

Mes coups de cœur d’une soirée proche de la perfection (dans un ordre chaotique) : Sleeping PowderLast living soulsKids With GunsSex Murder PartyDemon daysElevationClint Eastwood

* Immense shoutout à Jamie Principle et Peven Everett, on se rappel de leur venue même si ce n’est que pour une chanson.

Puisqu’ils ne l’ont pas joué hier soir :

 
 

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FEQ jour 7: Un gêné, un charmeur et Napoleon Dynamite entouré de 3 Pedros

J’ai beaucoup d’attentes pour ce soir spécialement, mais pas uniquement, parce que les p’tits gars de BADBADNOTGOOD sont en ville. La soirée commence au parc de la francophonie avec Leif Vollebekk puis je chercherai la douce voix de Gab Paquet avant d’écouter les pas bons.

Plaintes dynamiques

Cette mise en bouche se résume à deux choses : sourires gênés et spasmes. Leif Vollebekk paraît possédé lorsqu’il entame son folk country aux forts accents soul sur le sublime Twin Solitude. Les yeux clos il chante ses plaintes énergiques, chaque note semblant lui tordre tout son squelette. Chaque son joué sur son Rhodes Fender ou qu’il entonne est empreint d’une richesse et d’une générosité. Il voulait être lui sans compromis sur son dernier opus, comme il l’est sur les planches du Pigeonnier.

Il se hâte, 45 minutes c’est résolument trop court pour rendre justice à cet artiste. Il est accompagné d’un bassiste et d’un batteur. Tous les deux étaient très à l’aise avec l’atmosphère délicate de la musique Vollebekkienne. C’est principalement le plus récent album qui a été représenté : MichiganElegyVancouver TimeAll Night Sedans. À voir en spectacle, au plus vite.

Un homme, son Rhodes et ses convulsions charmantes, en 2017 à Toronto :

 
 

Assis et inattentifs

Hier, à la scène Hydro-Québec c’était l’Amour. Le suave Gab Paquet délivrait son miel mélodique avant l’amoureux de la dame en bleue.

J’arrive et la Place d’Youville est shutdown par les sièges installés pour l’auditoire qui déborde partout. La rue St-Jean complètement bloquée devant le Capitole, comme l’esplanade en face du Palais Montcalm. Sans compter le parvis derrière la tente de la sonorisation. Une vraie mafia de chaises de camping, c’est intimidant. Les personnes assises étaient mécontentes que certains se présentent DEBOUT devant elles à l’extérieur du site. Une première pour moi personnellement.

Peu importe l’immobilisme et la froideur de la foule, Paquet se démène superbement pour les faire tomber… en amour. Il réalise ses meilleures cabrioles, se rapproche de son public, pendant que sa coupe Longueuil virevolte. Tous les moyens sont permis pour réchauffer l’assistance. La plupart sont ahuris par les paroles PG-13 et contrariés d’avoir quelques danseurs ghettoïsés devant eux. L’élixir de Paquet fonctionne finalement pour la fin de la représentation : plusieurs se lèvent pour son ode à la tendresse familiale papa maman bébé amour, version Sexü.

Pour sa finale offrande des festivités, il nous demande de faire l’amour avec lui. Difficile de refuser, tout le monde est donc consentant. Même les réticents se trémoussent. Le vent gonfle sa chemise ouverte. Une vision glorieuse. Les notes finales de cette leçon de charme impliquent Paquet et son guitariste, le manche dressé, dans un moment Prince (RIP) juste pour nous. L’apothéose charnelle.

Un Policier Poète d’une prochaine génération se montre déjà le bout des cheveux : j’ai aperçu un petit garçon avec une perruque de Longueil.

Admirez la puissance de sa tignasse mi-courte mi-longue en février 2016 au cabaret du Festif :

 
 

Le Jazz c’est cool, t’entends?

Voilà, 21 h à l’Impérial. La salle n’est pas pleine à craquer, mais dès que les 4 musiciens on sent l’impatience de les accueillir. Ça hurle sans vergogne.

Dès l’ouverture avec Triangle le public est conquis, surtout avec l’ajout de Leland Whitty au saxophone. Ils enchaînent rapidement avec Speaking Gently et Whitty nous propose une séduisante flûte traversière. Le multi-instrumentiste s’est ajouté à la formation en 2016. Ses solos captivent à chaque fois. Pour les danseurs : avec son air un peu blasé et son t-shirt dans ses jeans il ressemblait au cousin talentueux de Napoleon Dynamite. Surtout qu’Alexander Sowinski et lui nous entraînent dans une chorégraphie de danse contemporaine pour l’une des pièces. Un moment aussi bizarre que parfait.

La bande ontarienne est impressionnante en étant aussi à l’aise dans le Jazz rock qu’avec la douceur d’un slow jam. Des influences Trap ou plus Old School s’entendent dans le jeu du batteur Sowinski. Depuis leur galette III où il n’y avait que du matériel original, leur identité s’affine et se complexifie tout en restant extrêmement amusante.

Au-delà des qualités techniques incontestées de tous les membres (le solo de basse de Chester Hansen donne des frissons) c’est le plaisir qu’ils ont à jouer ensemble qui met la cerise sur ce sundae. Le rappel s’ouvre avec un remix du James Bond’s Theme. Ça se finit avec tout l’Impérial accroupis en attendant le drop de Cs60. Un mosphit immense s’ensuivra.

Je pourrais en écrire encore beaucoup, parce que ce spectacle est maintenant dans mon top 3 personnel à vie. Impeccable, surprenant et divertissant. J’en aurais pris pendant 1 h 30 de plus, et je ne pense pas être le seul à être de cet avis.

BBNG : Comme toujours, le minuscule bureau de NPR (prestation de 2017) :

FEQ Jour 6 — Soirée chaude et aventures de la haute à la basse ville

Presque une semaine de FEQ déjà. Pour fêter ça, je veux sortir des sentiers battus. Deux groupes qui me sont inconnus font commencer ma soirée à Place d’Youville. Dès 18 h c’est une légende réunionnaise, la bande de musiciens nommée Ziskakan. Suivra Mbongwana Star, un groupe Français/Congolais dont Docteur L, l’ancien batteur des Rita Mitsouko, est l’un des chanteurs. J’entends bien me déplacer le bassin comme si j’étais possédé par James Brown.

Se faire dégêner, qu’on le veuille ou non

Ziskakan fait partie de la culture de l’île de l’océan Indien depuis 1979. Au style traditionnel insulaire, la Maloya, le groupe intègre des sonorités indiennes, africaines, blues et reggae. Le cœur et fondateur est le chanteur Gilbert Pounia à longue chevelure de soie. J’arrive un peu en retard à cette scène gratuite qui est principalement occupée par des familles et plusieurs têtes blanches. Ça se dandine allégrement pendant que d’autres jouent à la marelle dessinée à la craie jaune. Il y a même une demoiselle qui décore l’air de bulles de savon. On se croirait à une réunion de famille. En ce qui est de la performance, c’est chaleureux, énergique et décomplexé. Pounia s’adresse à la foule dans son créole natif comme un patriarche, nous entraînant dans les rythmes de son île.

La percussionniste et chanteuse Maya Kamaty, qui joue du Kayamb avec vigueur, ne se gêne pas pour diriger la foule. Pendant une chanson complète, nous sommes une section rythmique de plus. Ceux qui ne participent pas se font presque pointer du doigt, et avec sourire tous s’y mettent. Quelques pièces plus tard, Kamaty entonne une courte ritournelle à laquelle doit répondre la foule. On ne s’époumone pas assez fort et Kamaty veut nous entendre. À force de patience et de directions, la chorale de la place d’Youville est née.

Un voyage à la Réunion à faible prix qui date de 2015 :

 
 

« Vous êtes chaud, ou quoi?!?! » — Docteur L

Bien réchauffé par les Réunionnais, je cours me chercher un sandwich de l’épicerie Couillard avant l’entrée en scène de Mbongwana Star. J’ai un peu dansé avec Ziskakan, mais je compte bien suer avec les Congolais/Français. Selon le site du FEQ, ils mélangent de l’électronique à un style traditionnel afrobeat. Personnellement, je n’ai pas entendu beaucoup de sonorités électroniques, excepté pour la structure musicale. Des pièces longues et répétitives qui hypnotisent comme la musique techno. Ils ne s’arrêtent tout simplement pas. Le batteur est rapide et constant, ne laissant aucun répit aux trois chanteurs. La piste de danse est chaude, même si le chanteur Docteur L nous le demande à plusieurs reprises. Je voulais danser et j’ai été servi. Un maximum de respect à ma partner de danse pendant 4 chansons. J’ai adoré ton style chorégraphique qui se rapprochait beaucoup de celui de Véronique Cloutier dans la Fureur. À quand un remake avec Docteur L comme animateur?

Je ne peux pas m’empêcher de boogie en écoutant leur prestation de 2016 captée en 2016 :

 
 

L’épopée

Bien fatigué et étourdi de tous ces mouvements de bassins, je me dirige au Pigeonnier pour voir les sensations d’Atlanta, Migos. J’ai mal prévu mon plan, ça déborde de partout. Des grills et des chaines d’or jonchent la pile de détritus suivant la file d’attente. Des zombies infectés au lean secouent les barrières en hurlant « BAD AND BOUJEEEEEE ». Voulant éviter l’infection (mais surtout parce qu’ils ne me laissent pas rentrer) je décide de descendre en basse ville pour Phantogram.

J’appelle le bus 800 et seulement 15 minutes plus tard il est devant moi (MEDIA VIP BABY!!). Devant l’Impérial, même scénario qu’avec Migos, mais avec des jeans taille haute et des avocats. Impossible d’entrer. J’ai entendu les premières notes du spectacle à travers les portes par contre. C’était. Excellent.

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FEQ Jour 4 – Danser, crier et suer le Rock

Après une pause samedi le jour du Seigneur s’annonce intense. Une croisée des chemins s’offre à moi. J’hésite entre les mèches blondes de Nick Carter et celles de Sébastien Grainger. L’adolescent Emo que je n’ai jamais été ne peut pas s’en empêcher, je veux qu’on m’éclate les tympans* comme en 2004. Death From Above (1979 ?) ce sera. En plus, les mystiques montréalais I.D.A.L.G. s’occupent de nous délier les genoux en première partie.

Les Toltèques sur amplis

À l’hiver 2016 est paru Post Dynastie, l’offrande rock stoner au dieu Quetzalcoatl d’I.D.A.L.G.. Majoritairement, les pièces de ce dernier opus qui attisent l’intensité de l’Impérial pendant un solide 45 minutes. Musicalement rien à redire. La basse à la distorsion lourde, la batterie s’agite nerveusement et les guitares, assurément post-punk, stimulent la piste de danse. Malheureusement, la foule éparse ne se lâche pas beaucoup, excepté un mignon moshpit de 4 gars vers la fin de la prestation. Il faut dire qu’I.D.A.L.G. préfère faire parler leurs instruments plutôt que de s’adresser au public pour nous entrainer dans leur bulle. Les quelques interventions sont d’une timidité presque gênante. Avec une musique de cette qualité, ils peuvent murmurer tout le concert, je retournerai les voir.

Mention spéciale au duo vocal de Yuki Berthiaume et Jean-Michel Coutu malgré des micros pratiquement fermés. Impossible de taire la présence du MVTP (Most Valuable Tambourine Player) : Philippe Beauséjour. Il rôdait sur les planches, ensorcelant les autres musiciens comme l’assistance avec son cerceau de cymbales. S’il organise des messes sataniques, j’aimerais y prendre part.

Un extrait musical de leur rituel psychédélique en direct d’une grotte, en 2016 :

 

They’re screaming back again

Avec un petit retard, Sebastien Grainger et Jesse F. Keeler entrent sous les acclamations. Sans introduction ils attaquent Right On, Frankenstein de The Physical World que suit Going Steady. Ils passeront ainsi du vieux au récent à un rythme infernal. Ils pigeront également dans leur période Heads Up EP. Dead Womb détruit tout simplement tout sur son passage. L’impérial fut, sans contredit, le royaume de la sueur et des mosphits cette soirée-là. Durant les courtes poses, il faut bien descendre* ses bières, Grainger est affable et nonchalant. Très fier de son cardio mis à l’épreuve par les pentes locales, il nous raconte avoir expliqué à un serveur qu’il n’ira pas au spectacle des Backstreet Boys le soir même. En fait pas besoin de se rendre à la scène Bell, car le batteur/chanteur entonne le refrain d’Everybody (sans le costume de momie) avec l’aide des mâles présents.

Même après avoir écouté leur album de 2004 pendants 13 ans les deux Ontariens sonnent encore rafraîchissants. Un dance-punk qui vous arrache les tripes, avec plus de variations grâce au matériel sorti en 2014. D’ailleurs, la correcte Trainwreck 1979 en version studio m’a agréablement surpris sur scène. N’empêche qu’ils n’ont pas joué Pull Out.

Avec environ 1 h 30 la représentation du FEQ était plus longue que celle de Glastonbury en 2015 : https://www.youtube.com/watch?v=keTf9T-yA8U&feature=youtu.be&t=633
 

Il y avait un troisième groupe à 23 h 30, BROS, mais je manquais de courage pour assister leur mouture moins bonne de vieux succès des Black Keys :

 

*Fun Fact 1 : Je suis maintenant le gardien légal de deux acouphènes en bonne santé, je les ai nommés A. et J.

*Fun Fact 2 : La durée d’un spectacle pour Keeler se compte en bières. Nous avons eu droit à une prestation de 4 consommations alcoolisées et 1 bouteille d’eau pour le rappel.