Death From Above 1979 Archives - Le Canal Auditif

Osheaga 2017 : Jour 3

Dernière journée de l’édition 2017 d’Osheaga. La pluie cette fois n’était plus une menace du tout pour cette ultime soirée. La foule était dense au Parc Jean-Drapeau, l’air était frais et aucune annulation n’avait été signalée.

And the crowd goes…

Il n’y a pas si longtemps encore, Run The Jewels était presque de parfaits inconnus. Les deux rappeurs marginaux étaient aimés d’un groupe niché de mélomanes. Mais voilà qu’hier sur la grande scène, El-P et Killer Mike étaient encouragés par une foule bruyante qui a chanté à maintes reprises des « R-T-J » à tue-tête. Un événement qui a atteint son paroxysme pendant Legend Has It tirée de leur dernier album. De celui-ci, ils ont joué plusieurs chansons dont Stay Gold et Talk To Me. Le duo a aussi repris sa collaboration avec DJ Shadow, Nobody Speak. Rajoutez à ça une bonne dose de Close Your Eyes (and Count to Fuck) et la chansons Run The Jewels, tirée de leur premier album.

El-P et Killer Mike ont pris le temps de remercier la foule d’être présente en si grand nombre et de participer à ce qu’ils aimeraient être un mouvement social en plus d’un groupe. En tout cas, c’est bien parti et ça fait chaud au cœur de voir un groupe qui fait aussi bien les choses réussir à toucher tant de gens.

Les bizarreries de fin d’après-midi

Le dernier album de SOHN ne m’avait peut-être pas complètement convaincu, mais c’est loin d’être terrible. Par contre, sa pop avec un gros penchant électronique et un plus grand penchant soul n’est pas tout à fait taillée pour les scènes extérieures de festival à la lumière du jour. Il a livré Hard Liquor, Falling et Rennen du dernier effort en plus d’enchaîner quelques titres de Tremors. Disons que le tout aurait été plus convaincant dans l’intimité d’une salle. L’Anglais a donné une bonne performance, quoique statique, puisqu’il est assis derrière ses instruments électroniques.

Je me suis par la suite dirigé à Foxygen qui semblait en grande forme. Sam France, fidèle à son habitude, semblait sur le point d’exploser à tout moment. Il a donné une bonne performance où il semblait capable de tenir la route avec le groupe et avait mis de côté ses crises erratiques qu’on lui connaît. Par contre, ses interventions au micro étaient malaisantes, notamment il a accusé gratuitement la foule de s’en foutre des chansons de Hang, leur dernier album. Par contre, Jonathan Rado était solide tel un roc, entouré de musiciens compétents, dont un trio de cuivres. Les sonorités étaient chaudes et puissantes.

Avoir l’air de défoncés, mais…

Si certains artistes ont de la misère à tenir la scène pour raisons d’abus précédent la performance, Die Antwoord, fait exactement le contraire. La formation a créé une image marginale autour d’eux, mais la qualité constante de leurs performances trahit un professionnalisme exemplaire. Encore une fois à Osheaga, le duo a livré une performance du tonnerre où les tubes à succès se sont enchaînés rapidement. Le groupe a offert Daddy, Fatty Boom Boom, Banana Brain, Pitbull Terrier, I Find U Freaky et Baby’s On Fire. C’était un peu ahurissant de voir tous ces jeunes chanter et danser sur Cookie Thumper! Une apologie de la sodomie peu déguisée quand même! Avec une pièce à saveur quasi techno, le groupe a fait danser la foule avant de se retirer sous les applaudissements bien mérités de la foule. Et que dire de l’aspect visuel qui comptait sur des images de petits personnages ressemblant à des chérubins avec d’immenses pénis expulsant du liquide à tout vent… C’était, disons, un peu intense. Tout comme les deux danseurs qui étaient synchronisés parfaitement avec le groupe.

Parlant de défoncer, c’est exactement ce que DFA 1979 a fait. Avec un mélange efficace de chansons tirées de You’re a Woman, I’m a Machine et The Physical World, Sébastien Grainger et Jessy F. Keeler était en grande forme. Grainger a même fait quelques blagues. Alors que Keeler remarquait qu’il n’y a qu’au Canada qu’on dit « it rips », Grainger a répliqué : « But we’re not in Canada here. Actually this is not even a country. C’est l’hiver. That’s for all you non-millenials out there. » Bref, la paire était de party et la foule aussi qui a abondamment brassé sa tête sur Little Girl et Trainwreck 1979
pour ne nommer que celles-là.

Une édition réussie, mais…

On peut dire que cette édition d’Osheaga était réussie, mais ça manquait quand même de têtes d’affiche affriolantes et cela s’est ressenti dans la vente de billets qui pour une première fois n’affichait pas complet. Par contre, l’équipe d’Evenko a réellement réussi un petit miracle en prenant en compte le changement de site complet. De plus, la sous-carte était toujours de bonne qualité.

On se dit à l’année prochaine!

https://www.osheaga.com/

FEQ Jour 4 – Danser, crier et suer le Rock

Après une pause samedi le jour du Seigneur s’annonce intense. Une croisée des chemins s’offre à moi. J’hésite entre les mèches blondes de Nick Carter et celles de Sébastien Grainger. L’adolescent Emo que je n’ai jamais été ne peut pas s’en empêcher, je veux qu’on m’éclate les tympans* comme en 2004. Death From Above (1979 ?) ce sera. En plus, les mystiques montréalais I.D.A.L.G. s’occupent de nous délier les genoux en première partie.

Les Toltèques sur amplis

À l’hiver 2016 est paru Post Dynastie, l’offrande rock stoner au dieu Quetzalcoatl d’I.D.A.L.G.. Majoritairement, les pièces de ce dernier opus qui attisent l’intensité de l’Impérial pendant un solide 45 minutes. Musicalement rien à redire. La basse à la distorsion lourde, la batterie s’agite nerveusement et les guitares, assurément post-punk, stimulent la piste de danse. Malheureusement, la foule éparse ne se lâche pas beaucoup, excepté un mignon moshpit de 4 gars vers la fin de la prestation. Il faut dire qu’I.D.A.L.G. préfère faire parler leurs instruments plutôt que de s’adresser au public pour nous entrainer dans leur bulle. Les quelques interventions sont d’une timidité presque gênante. Avec une musique de cette qualité, ils peuvent murmurer tout le concert, je retournerai les voir.

Mention spéciale au duo vocal de Yuki Berthiaume et Jean-Michel Coutu malgré des micros pratiquement fermés. Impossible de taire la présence du MVTP (Most Valuable Tambourine Player) : Philippe Beauséjour. Il rôdait sur les planches, ensorcelant les autres musiciens comme l’assistance avec son cerceau de cymbales. S’il organise des messes sataniques, j’aimerais y prendre part.

Un extrait musical de leur rituel psychédélique en direct d’une grotte, en 2016 :

 

They’re screaming back again

Avec un petit retard, Sebastien Grainger et Jesse F. Keeler entrent sous les acclamations. Sans introduction ils attaquent Right On, Frankenstein de The Physical World que suit Going Steady. Ils passeront ainsi du vieux au récent à un rythme infernal. Ils pigeront également dans leur période Heads Up EP. Dead Womb détruit tout simplement tout sur son passage. L’impérial fut, sans contredit, le royaume de la sueur et des mosphits cette soirée-là. Durant les courtes poses, il faut bien descendre* ses bières, Grainger est affable et nonchalant. Très fier de son cardio mis à l’épreuve par les pentes locales, il nous raconte avoir expliqué à un serveur qu’il n’ira pas au spectacle des Backstreet Boys le soir même. En fait pas besoin de se rendre à la scène Bell, car le batteur/chanteur entonne le refrain d’Everybody (sans le costume de momie) avec l’aide des mâles présents.

Même après avoir écouté leur album de 2004 pendants 13 ans les deux Ontariens sonnent encore rafraîchissants. Un dance-punk qui vous arrache les tripes, avec plus de variations grâce au matériel sorti en 2014. D’ailleurs, la correcte Trainwreck 1979 en version studio m’a agréablement surpris sur scène. N’empêche qu’ils n’ont pas joué Pull Out.

Avec environ 1 h 30 la représentation du FEQ était plus longue que celle de Glastonbury en 2015 : https://www.youtube.com/watch?v=keTf9T-yA8U&feature=youtu.be&t=633
 

Il y avait un troisième groupe à 23 h 30, BROS, mais je manquais de courage pour assister leur mouture moins bonne de vieux succès des Black Keys :

 

*Fun Fact 1 : Je suis maintenant le gardien légal de deux acouphènes en bonne santé, je les ai nommés A. et J.

*Fun Fact 2 : La durée d’un spectacle pour Keeler se compte en bières. Nous avons eu droit à une prestation de 4 consommations alcoolisées et 1 bouteille d’eau pour le rappel.