David Marchand Archives - Le Canal Auditif

TOP EP 2017

Je conclus l’année en vous proposant les 25 EP qui m’ont le plus accroché les oreilles cette année. Il faut se dire qu’il s’en fait de plus en plus et que déjà la chronique mensuelle fait un choix éditorial. Vous trouverez donc dans la liste suivante la crème de la crème en ce qui concerne les mini-albums.

 
 
 
 

25. Gramofaune – EP

Gramofaune est un surprenant jeune compositeur de Québec qui a lancé son premier EP. Ça rappelle un peu les premiers pas de Photay, ce qui est franchement prometteur. Un jeune homme que je vais garder à l’œil et à l’oreille dans les prochaines années.

Les EP de juillet

 

24. Anohni – Paradise

Anohni lance un EP qui fait suite à l’excellent Helplessness paru en 2016. Encore une fois, on y trouve des collaborations avec Hudson Mohawke et Oneohtrix Point Never. C’est aussi réussi que l’album et ça continue de jouer dans la critique sociale.

Les Ep de mars

 

23. Holy Fuck – Bird Brains

Holy Fuck, c’est une valeur sûre. Le groupe ne produit absolument rien d’ennuyant et l’EP Bird Brains ne fait pas exception à tout ça. On y trouve même certains des rythmes les plus dansants du groupe. Particulièrement la chanson-titre qui swingue sur un moyen temps!

Les EP de juillet

 

22. Street Sects – Rat Jacket

Le duo texan Street Sects a lancé le très réussi Rat Jacket cet automne. On y retrouve des pièces de rock alternatif expérimental fort intéressantes. L’agressive In Prison, At Least I Had You et la mélodieuse Blacken the Other Eye font le travail.

Les EP de novembre

 

21. CFCF & Jean-Michel Blais – Cascades

C’est le genre de collaborations qui fait saliver avant même d’avoir entendu une seule note. Et malgré l’attente qui m’habitait, CFCF et Jean-Michel Blais m’ont ému avec Cascades. On retrouve le piano nuancé et inspirant de l’un et les arrangements électroniques subtils et audacieux de l’autre. De quoi passer un bon moment.

Les EP de mars

 

20. Emma Ruth Rundle / Jay Jayle – The Time Between Us

J’adore Emma Ruth Rundle et ses chansons habitées d’une sombre mélancolie des jours de pluie. J’aime aussi le groupe de bruyants Young Widows de qui fait partie Jay Jayle. De retrouver ces deux musiciens sur le même EP est en soi quelque chose de plaisant. On y retrouve la réussie The Distance qui nous plonge dans un univers noir et déprimant. C’est magnifique!

Les EP de février

 

19. Millimetrik – Sour Mash EP

Pascal Asselin fait toujours des compositions de qualités et Sour Mash ne fait pas exception à la règle. On y retrouve des tounes inventives sur lesquelles des artistes de la scène locale apportent leur touche. On y retrouve d’ailleurs une deuxième collaboration avec Maude Audet. C’est fort réussi.

Les EP de février

 

18. Ariel Pink / Weyes Blood – Myths 002

Ariel Pink a été occupé cette année entre la sortie de son album Dedicated to Bobby Jameson et cet EP collaboratif en compagnie de Weyes Blood. On y retrouve ce à quoi on pourrait s’attendre de deux créateurs qui ont si peu froid aux yeux. C’est un peu excentrique, mais aussi très mélodieux.

Les EP de janvier

 

17. FELP – Chocolop

Félix Petit a été passablement occupé cette année. Entre ses présences requises avec Van Carton pendant les Francouvertes et ses présences scéniques avec BELLFL0WER, il a trouvé le temps d’enregistrer Chocolop, le premier EP sur lequel on retrouve sa voix. Ça fonctionne très bien.

Les EP de mai

 

16. Louis-Philippe Gingras – La rangée des popsicles

Après son album Troisième rangée paru en 2016, Louis-Philippe Gingras est revenu rapidement avec un EP sur lequel on retrouve cinq nouvelles chansons. Parmi les titres qu’il nous propose, il y a la magnifique Sutton et une toune qui parle de son Rouyn-Noranda natal.

Les EP de juin

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Critique : Mon Doux Saigneur – Mon Doux Saigneur

Mon Doux Saigneur lance son premier album qui était très attendu dans l’industrie musicale. Depuis ses premières sorties indépendantes sur Bandcamp, Emerik St-Cyr Labbé séduit les mélomanes qui évoluent pour les médias, les autres artistes et ceux qui gravitent autour du Quai des Brumes. Il faut dire que le jeune homme est un parolier et un compositeur doué. Est-ce que ça se transmet sur son premier album en bonne et due forme?

Oui, totalement. Mon Doux Saigneur arrive avec un folk légèrement crasse qui compte à la fois sur des structures de chansons intelligentes et différentes de ce qui se fait ainsi que des textes qui capturent la poésie des situations quotidiennes. Avec ce premier album, le finaliste des Francouvertes en 2016 prouve que la foi qui avait été placée en lui en valait le coup. Le buzz n’est pas artificiel.

« J’ai jamais dit que j’étais lucide
J’ai jamais dit que j’étais sauvage
J’ai jamais dit que j’étais sénile
J’ai jamais dit que j’étais un mirage
J’ai jamais dit que j’allais sauver le monde
J’ai jamais dit que j’allais pas sauver le monde
J’ai jamais dit que j’allais sauver le monde
J’ai jamais dit que j’allais pas sauver ton monde»
Le Courant

Le Courant ouvre l’album homonyme et nous percute par sa progression qui chante du tout au tout en plein milieu. Oubliez les refrains faciles, Mon Doux Saigneur tisse des toiles poétiques avec ses mots qui évite les terrains convenus. Déjà, Primitif nous indiquait qu’on pouvait s’attendre à des chansons de qualités et ça ne se dément pas sur ce premier album. Ne pensez pas pour autant qu’il reste emprisonné dans ses sonorités folk, Poff poff rentre au poste avec un rock contagieux et entraînant.

Pour la plupart, les chansons qui se retrouvent sur l’album sont des compositions qu’on a peu entendues avant. Il y a cependant une exception, Ici-bas, une chanson qu’il traîne avec lui depuis un bon bout de temps. Par contre, sa version ici est délicieuse, ralentie et rendue plus lourde. Une chanson qui parle de la grève de 2012 (des étudiants québécois) qui a marqué une génération au fer rouge. Une génération qui a compris que l’établissement n’était pas là pour lui faciliter la vie ou encore se pencher sur ses préoccupations.

« Envoyez la boucane
Envoyez les bombes
On trouvera ben une façon de se rendre
Envoyez les gros pits
Avec les répercussions
On s’agitera dans la ville jusqu’au dernier son»
Ici-bas

Musicalement, on reconnaît une filiation avec ce que propose Bernard Adamus, mais aussi un Philippe B pour les pièces plus tranquilles. Dans les textes, ça donne parfois l’impression de la folie des textes des chansons de Robert Charlebois souvent signé par Mouffe. Bref, c’est du gros stock.

C’est un premier album tout à fait réussi pour Émerik St-Cyr Labbé qui est entourée de solides musiciens: David Marchand (Eliza, Zouz), Étienne Dupré (Caltâr-Bateau, Jesse Mac Cormack), Mandela Coupal-Dalgleish, Eliott Durocher (Caltâr-Bateau) et les deux réalisateurs Tonio Morin Vargas (Bernard Adamus) et JB Pinard (Pandacide, Fire/Works). Une sortie attendue qui ne décevra pas les mélomanes.

Ma note: 8/10

Mon Doux Saigneur
Mon Doux Saigneur
Grosse Boîte
39 minutes

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