Danny Brown Archives - Le Canal Auditif

Osheaga 2017: Jour 2

Cette deuxième journée d’Osheaga s’annonçait heureusement plus ensoleillée que la veille. En cette deuxième journée, ce sont plutôt les annulations qui pleuvaient. Tout d’abord, à notre grand regret, nous savions que Solange n’y serait pas. À cela s’est ajouté Georges Ezra, Lil Uzi Vert et Darius. Mais bon, il nous restait beaucoup de bons groupes à attraper.

Des hommes (et femmes) et de confiance

La formation de Québec Men I Trust était présente sur la Scène des arbres. Après quelques minutes nécessaires à faire fonctionner le clavier de Dragos Chiriac, le groupe s’est lancé. Avec ses chansons au groove indéniables, Men I Trust a offert une bonne prestation. On sent que le jeune groupe n’est pas encore tout à fait à l’aise sur scène. Emma chante bien et possède une bonne présence sur scène. Par contre, on voit encore ses hésitations lorsqu’elle fait aller ses doigts le long du manche de sa guitare. Ils nous ont livré aussi leur nouvelle chanson You Deserve This. Tout cela avant qu’une panne de courant vienne brutalement couper leur élan. Le quatuor a tout de même assuré, faisant d’abord taper des mains avant de faire quelques blagues à la foule. Et de reprendre dès que la situation est revenue à la normale.

Puis, je me suis dirigé vers l’une des deux grandes scènes pour assister à la performance de Jain, la jeune étoile montante de la pop française. Accompagnée seulement d’un DJ, elle a animé la foule mieux qu’Éric Salvail dans ses belles années. Petite dans cet espace immense, elle a gambadé d’un bout à l’autre, chantant avec énergie et entrain. Sur Come, elle est descendue rejoindre le public pour lui faire chanter une partie de refrain. Tout cela pour finalement lancer Makeba, qui a ravi la foule. La jeune Française peut se dire : mission accomplie au terme de ce 200e spectacle.

De la relève et de la nostalgie

Yung Lean est un rappeur suédois qui fait sa marque sur la scène underground depuis un bon bout de temps. Celui-ci a même coécrit quelques chansons sur Blond de Frank Ocean. Le jeune homme était visiblement heureux d’être à Montréal. « Montreal is a lot like Sweden. It’s nice. » Il a livré ses chansons sans « playbacks » ou presque, chose relativement rare pour un rappeur. On n’a décidément pas fini d’entendre parler de ce jeune prodige.

Puis, je me suis dirigé vers l’une des grosses scènes pour voir Liam Gallagher. L’un des deux frères d’Oasis n’a pas la meilleure réputation et sa récente performance à Lollapalooza qui n’a duré que 15 à 20 minutes n’aide en rien son aura de diva. À Montréal, la situation était tout autre. Il a joué un set complet contenant plusieurs chansons d’Oasis dont Morning Glory, Be Here Now et même Wonderwall pour fermer la marche. Le pauvre Liam avait manqué le mémo sur les conditions météorologiques. Il était toujours vêtu d’un imperméable et n’avait pas ses lunettes soleil. Entre les succès passés du groupe, Gallagher a aussi présenté 5 chansons de son album à paraître en octobre : As You Were.

Du gros fun

Danny Brown avait l’intention d’avoir du plaisir et c’est exactement ce qu’il a eu. Enchaînant les tubes de ses deux derniers albums, dont Dip, Dope Song, Ain’t It Funny et When It Rain, le rappeur de Detroit a donné généreusement sur scène. Visiblement content et en plein contrôle (contrairement à son DJ qui avait l’air d’avoir le corps sur scène, mais l’esprit pris dans le nirvana), Danny Brown n’a pas cessé de sourire et de sortir sa langue comme il le fait si souvent. Une performance sans accrocs et tout à fait satisfaisante.

Rone était pour sa part d’office sur la scène de l’île, cette fameuse structure placée directement sur l’eau. Le français a fait danser la foule qui était tout sourire alors que le soleil commençait à se coucher. Les seules bouilles perplexes étaient celles des fans d’EDM qui peinaient à comprendre les structures un peu plus audacieuses du compositeur. Bref, c’était très satisfaisant.

Punk et prédication

Le groupe torontois PUP était sur place pour casser la baraque et c’est exactement ce qui s’est passé. Après deux chansons, la barricade avant a cédé. Cela a entraîné un premier arrêt dans leur performance. Ils repartent avec Dark Days pour s’arrêter de nouveau. Cette fois, c’est un festivalier qui est blessé. Une bonne dizaine de minutes plus tard, une fois que les secours ont porté leur aide, il est temps de repartir. Le groupe a été très cool pendant ces moments d’arrêt, rappelant aux festivaliers qu’il est important de faire attention les uns aux autres. Reservoir, If This Tour Doesn’t Kill, I Will et Sleep In the Heat ont fait partie d’une quinzaine de minutes de puissance sans arrêt de la part de la bande. Un très bon concert.

Puis, je me suis dirigé du côté de Father John Misty qui était de très bonne humeur. Il échangeait avec la foule et semblait s’amuser authentiquement. J’ai eu le temps d’attraper True Affection sur laquelle il a dansé comme un dément, When the God of Love Returns There’ll Be Hell To Pay et Hollywood Forever Cemetery Sings. Tout cela pendant que la pluie revenait nous gâter. Il a terminé sur I Love You, Honeybear. Un très très bon concert, beaucoup plus entraînant que son Pure Comedy.

Voilà pour la deuxième journée. On se revoit demain pour le contre-rendu de la 3e et dernière journée. Et non, je n’ai pas été à <strong>Muse. Comme dirait le chanteur de PUP : « I got a good and a bad news for you. If you want to catch Muse, you’ll have to leave before the end. The bad news is we’re keeping all our bests songs for the end. The good is… who the fuck cares about Muse. »

À demain.

https://www.osheaga.com/

Pitchfork Music Festival : une fin de semaine magique

Une toute nouvelle édition du Pitchfork Music Festival débutait vendredi dernier. Si vous saviez à quel point j’étais excitée de couvrir cet événement organisé par les gens derrière le célèbre blog américain de critique musicale!

Vendredi Jour 1

Je commence ma journée avec la formation de Washington, Priests, qui était de passage à la Scène Verte dès 13 h 45. Après avoir englouti une couple de frites (on se gâte en voyage), je me dirige vers la foule. Le groupe a commencé sa performance avec de multiples titres engagés et personnels qui se sont avérés excellents pour la foule du Pitchfork. La voix rocailleuse de la meneuse de jeu Katie Alice Greer a su donner le ton au concert. En plus de dynamiser l’espace, la bande s’est démontrée drôlement efficace. On note aussi le maquillage et le costume de la chanteuse. Ombre à paupières bleue avec une chevelure blonde dorée. En plus d’une redingote longue et fleurie, elle arborait une robe jaune. En tout cas, mon début de vendredi commence ben flyé! On aime ça.

Pitchfork Music Festival

On continue cette aventure avec Hiss Golden Messenger. Le folk rock du groupe nous garde en haleine du début jusqu’à la fin. On aurait juré, voir la foule danser sur des airs de Achy Breaky Heart. En tout cas, sous le soleil américain, on peut l’affirmer, c’est quand même très cool de se déhancher sur du country tout relax.

On poursuit avec l’énorme coup de la journée. Le prince Vince Staples qui était de passage sur la Scène Verte au coup des 16:00. Sous des effets de fumées, le rappeur californien se montre le bout du nez pour interpréter Party people. Son public se met à sauter. Il enchaîne avec BagBak et Ascension (reprise de Gorillaz). L’énergie est tout simplement électrisante. Vince Staples possède une présence magnétique sur scène. Il ne s’arrête jamais, il est là pour faire le show. Honnêtement, on ne peut qu’être conquis. Mettez les titres de son nouvel album The Big Fish Theory : Yeah Right et 745, rajoutez quelques images de projection oranges puissantes et vous avez un fichu de bon spectacle. Ma-la-de.

Pitchfork Music Festival

À 17 h 15, je me dirige vers la Scène Bleue. Un mot pour décrire mon passage : aventureux. Il y avait foule foule foule foule pour voir la pop indie dodelinante de Frankie Cosmos. Plutôt chouette à voir en performance, le groupe nous présente quelques chansons de son dernier album paru en 2016, Next Thing. Très bien rodée, la performance s’est avérée sans anicroche. On aime bien le charisme sur scène de la meneuse de jeu Greta Kline. Sympathique, elle nous a bien accueillis dans la zone bleutée du festival comme si tout le monde était invité à jammer dans un party de sous-sol. Bien cool, tout ça.

Au tour de Danny Brown de monter sur la Scène Verte vers 18:00. Après l’énorme succès de son disque Atrocity Exhibition, il était évident de le retrouver au Pitchfork. Ramenant un bon nombre d’admirateurs, le rappeur originaire de Détroit, nous convie dans son univers très engagé où il utilise la scène comme un véritable terrain de jeu. D’un bout à l’autre, l’artiste se promène sans trop ne jamais s’arrêter. Après les Kool Aid, 25 Bucks et When it Rain, Brown ne se laisse pas faire. Il fait défiler les mots à la puissance de l’éclair. Tout est rapide. Tout est excellent. Grosse figure de hip-hop à (re) découvrir dès maintenant. Hey, ça rime. Deviendrai-je une rappeuse?

On termine cette première journée avec LCD Soundsystem vers 20 h 10. La soirée se fait un peu plus frisquette. On s’en fout, je ne suis pas fait en chocolat. Je le mange moi le chocolat. Voilà. Alors, pour en revenir à LCD, j’oriente mes flûtes pour aller vers la Scène Verte. J’ai passé une soirée magique. Toujours en très grande forme, LCD défend les Yr City’s a Sucker, I Can Change, Daft Punk is playing at my house, Dance Yrself Clean… pour faire danser la foule. On a eu droit à des sons sulfureux, des projections groovys où l’on pouvait même voir la ville de New York en arrière-plan (sur New York I Love You, But You’re Bringing Me Down). Gigantesque soirée pour lâcher son fou.

Pitchfork Music Festival

Jour 2

Samedi, je suis allée voir la formation Weyes Blood sur la Scène Verte vers 2:30. Le groupe menée par la talentueuse Natalie Mering. Le spectacle était d’une excellente sonorisation qui rendait gloire à l’album Front Row Seat to Earth. Avec un synthétiseur, des claviers, une guitare et une batterie, la disposition scénique était intéressante. Mering nous proposait un set assez floral qui regroupait les 7 words, Generation Why, Used to Be et Diary. J’étais bien satisfaite du rendu musical, règle générale. La musique de Weyes Blood m’a fait balancer la tête tranquillement sous la brise Chicagoise.

Par la suite, je me rends à 2 h 45 vers la Scène Bleu pour rejoindre la bande de Cherry Glazerr, originaire de Los Angeles. Belle découverte en ce qui me concerne! Le trio qui œuvre principalement dans le gros rock fuzzé a su conquérir mes oreilles. On aime aussi la capacité vocale de la chanteuse. Elle était capable d’utiliser divers niveaux de voix en restant dans des tonalités très graves. Ça frôlait presque le métal. Fou raide!

Après, je me rends vers la performance du groupe mythique George Clinton and Parliament Funkadelic. Supra-festif. Avec des sections de cuivres, des choristes et même des danseurs, la musique de Clinton est toujours d’actualité. La foule prenait plaisir à danser et avec raison. Il fallait absolument que je voie ce groupe légendaire. Je n’ai pas été déçue.

L’aventure se poursuit avec Angel Olsen vers les six heures. Devant un soleil couchant, l’artiste a dévoilé les titres de son plus récent album My Woman. Shut Up and Kiss Me, Sister, Never Be Mine passent. La voix écorchée d’Olsen se fait entendre sur scène. Elle est venue me chercher, directement. Étant une grande fan de la chanteuse, j’étais très contente de la voir pour une première fois ici, à Chicago. Frissons après frissons, on écoute et on se laisse guider par ses riffs de guitare et sa présence scénique. Un moment bien charmant.

Pitchfork Music Festival / Alexa Viscius

Les gars de S U R V I V E embarquent sur la Scène Bleue. Équipée d’une couple de synthétiseurs et de bidules électroniques, la formation nous a présenté quelques-unes de leurs chansons, dont certaines parvenaient directement de la bande sonore de la série Stranger Things. Super performance qui nous a ramenés instantanément dans les années 80. En spectacle, l’ambiance était très bonne. Sous des éclairages verdâtres étincelants, le DJ set était bien structuré. Chouette.

Le hip-hop du légendaire groupe A Tribe Called Quest clôt cette deuxième journée sous les étoiles. Énorme fiesta qui a rassemblé une multitude d’admirateurs venus spécialement entendre les chansons du groupe. On a retrouvé The Space Program, Oh my God et même une reprise de Busta Rhymes Who! Ah! Got you all in check, par,exemple. Ça swinguait fort, samedi soir.

Jour 3

On commence cette troisième journée du Pitchfork avec l’Américain (basé à Montréal) Colin Stetson. Armé de trois saxophones, le musicien en a soufflé plus d’un dans la foule. D’une certaine façon, ces instruments se sont mélangés avec le corps de Stetson. On aurait cru voir une (belle) créature qui nous a interprété les chansons de son plus récent disque All This I Do For Glory. Doté d’une forte concentration et d’une incroyable respiration, Colin Stetson a été impressionnant dans la manipulation de son objet de prédilection. Noté surtout sur les pièces Judges et Beetween Water and Wind. Le concert de l’artiste a été un moment unique dans ma journée.

Peu après, on croise la saveur locale NE-HI pour une ribambelle de chansons rock garage issues de leur nouvelle galette Offers. On suit les mouvements dansés du chanteur à la coupe de cheveux bien en vogue. Les guitares se déchaînent, les pieds de micro partent dans les airs. La musique de NE-HI ne fait que prolonger l’été en arborant nos plus beaux coats de jeans. Rock and roll!

Par la suite, on rencontre la soul de Jamila Woods sur la Scène Verte. Après avoir sorti le très ensoleillé HEAVN, il y a de ça un an, l’artiste nous chantait plusieurs titres optimistes empreints d’une profonde solidarité. Heureuse d’être parmi nous, Woods est clairement une vocaliste talentueuse qui prend plaisir à jouer avec les mots.

Au tour de Nicolas Jaar de prendre place à la Scène Rouge. Je vous dirais que le spectacle a vraiment décollé vers le mi-chemin avec des mélodies teintées de house, de techno et de dubstep. En plus de rallier un bon nombre de personnes à danser, Jaar était inarrêtable derrière ses ordinateurs. Très pétillant.

C’est Solange Knowles (la sœur de l’autre) qui ferme la marche à la Scène Verte. Défendant les titres de son disque pop A Seat At The Table, la chanteuse possède de grands talents de « showgirl ». Derrière un décor coloré, Solange était accompagnée d’un groupe et de quelques choristes qui suivaient des mouvements chorégraphiés. Tout se suivait à la lettre, de manière très artistique. Il y aurait de quoi analyser niveau art contemporain et symbolisme, je vous dirais. Ce fut tellement magnifique de constater l’ensemble au clair de lune. Le concert prenait tout son sens. Envoûtant.

Le Festival tire à sa fin. Merci, Pitchfork, pour la fabuleuse expérience. Merci, Pitchfork, pour le support d’une culture musicale indépendante originale et de qualité. Merci pour les découvertes. Merci, Pitchfork, de rassembler tous mélomanes avides de nouveautés. Merci, Pitchfork, d’être ce que tu es… une référence extrêmement importante pour chacun d’entre nous.

À l’an prochain!

http://pitchfork.com/festival/chicago/

FEQ jour 9 – La vie est belle pour un Headliner : Mauves, Kelela, Danny Brown et Gorillaz

Grosse avant dernière soirée du FEQ en perspective. Petit apéro rock racoleur avec Mauves. Puis, je me pose sur les plaines : après de la RnB de soie de Kelela et du rap Molly de Danny Brown, je vais pouvoir me capoter comme un adolescent devant Gorillaz. Mon disque compact acheté : Demon Days. Donc je n’ai ABSOLUMENT AUCUNE attente. AUCUNE.

Les riffs de qualité rendent heureux

La formation de Québec, Mauves, propose un rock charmant et un peu geek. Les 4 jeunes hommes activent le Star Power en entrée de jeu, les guitares règnent dans le cœur du FEQ. Le plaisir, l’humour et les bons riffs s’harmonisent à merveille en créant une ambiance surf-punk juste assez planante. Longtemps et Nouvelle-Calédonie, tirées du récent Coco, ensoleillent la scène plus fort. La transition vers un folk progressif se fait sans effort. Tout comme leur penchant pesant et distorsionné. Le quatuor est en mode séduction. Je quitte après l’excellente Cleo et son solo de basse où le visage de Cédric Martel était possédé par l’intensité. Je m’éloigne de la voix addictive d’Alexandre Martel (sans costume de squelette) pour les notes de cristal dont Kelela a le secret.

En mars 2017 le Divan Orange était témoin de leur rock’n’roll subtilement pop :

 
 

Lascif à moitié vide

Les plaines se remplissent tranquillement quand j’arrive pour entendre la voix si pure de l’Américaine Kelela. Une grosse sauce trap enrobe son RnB lascif qui me fait beaucoup pensé à FKA Twigs, sans l’esthétique gothique futuriste. La chanteuse de Washington en impose avec ses cordes vocales. La puissance de ses mélodies impressionne, tout comme les variations qu’elle réalise avec agilité. Le niveau difficulté fascine, surtout que ça semble facile. Ce n’est pourtant pas assez pour attirer les spectateurs vers le parterre, la colline se remplit en premier. Le monde commence à fatiguer, faut croire. Difficile de leur tenir rigueur, car à part sa voix enveloppante et son DJ il ne se passe pas grand-chose sur la scène. Le visage à demi caché par une forêt de dreds la jeune femme reste statique. Accrochée à son pied de micro pendant presque toute la prestation. Lente et langoureuse, l’atmosphère créée par l’artiste n’attise pas l’excitation de la foule. Aucun bassin en mouvement. Malgré tout, le talent de la chanteuse lui valait des applaudissements parsemés, mais enthousiastes. Ça me donne résolument l’envie d’une écoute de son ep Hallucinogen paru sur la légendaire étiquette Warp Records en 2015.

Un petit aperçu du talent brut au Pitchfork festival de 2014 :

 
 

Diva Brune

Une de mes voix favorites dans le rapjeu américain actuel, celle de l’agressant Danny Brown. Son vocal acide et ses trames aux lourds accents électros industriels me font retourner à tous ces albums depuis XXX.

Il nous a offert un setlist parfait et garni pour seulement 1 heure. Un échantillon des 13-14 bangers qu’il nous lance aux tympans : Pneumonia, Really Doe, Ain’t it Funny, Attak, Die Like A Rockstar, I Will, Monopoly, Side B ( Dope Song). J’ai redécouvert avec plaisir 25 Bucks sur laquelle le planant de Purity Ring balance merveilleusement la violence de Brown.

Musicalement, aucun problème. Par contre les attitudes se corsent. Celle de Brown et celle de la foule. Le rappeur de Détroit semble être habitué à des publics gagnés d’avance, car il n’interagit presque pas avec les festivaliers. On voit sur son visage qu’il n’est pas satisfait du niveau d’enthousiasme de ceux en avant-scène. Ce qui l’amène à interpeler… la fameuse section VIP. Comme Kendrick Lamar vendredi passé, Brown passe sa frustration sur la zone plutôt froide au rap-choc dont il a le secret. Il décide de ne jouer que pour ceux qui réagissent, ce qui amène les jeunes « wiggas » du « général » à s’animer de fierté, même s’ils ne bougeaient pas vraiment avant le compliment. Je suis d’accord avec Brown : la partie VIP/Corpo c’est un trou noir de fun. Cependant, quand un auditoire ne réagit pas en fonction de ses standards, sûrement parce qu’il ne connaît pas l’artiste, pourquoi le critiquer au lieu de le stimuler plus? Pour commencer, s’adresser aux auditeurs avant d’avoir enchaîné 6 chansons, ça aiderait à faire lever le party.

Je dis ça de même.

One Love : J’avais spotté un gars avec un chandail de motocross FOX RACING en espérant qu’on puisse se bousculer pendant Blunt after Blunt. Les Blunts ne sont jamais venus, mais les coups de coude y étaient! On se revoit aux pits de sable mon chum!

La preuve qu’il peut être un performeur sympathique et cru durant cette prestation de 2016 :

 
 

Tout, sauf Feel Good Inc.

C’était tout simplement génial. 1 h 30 de musique joyeuse et diversifiée avec une énergie débordante. Damon Albarn et sa bande ont été accueillis en héros avec une dose massive d’amour. Ça dégoulinait d’énergie positive, de rythmes dansants et de sueur. Dans le cas d’Albarn la sueur prenait le dessus et ce n’est pas pour cause de manque d’affection à donner. Il privilégiait une grande connexion avec les admirateurs en délire. Tantôt mélodramatique (Sex Murder Party) ou bouffon (Tomorrow Comes Today) Albarn s’amusait follement. Peu de discussion, mais une générosité de son contact avec les spectateurs. L’hystérie prend toute son ampleur lorsqu’il a terminé El Manana sur la clôture du parterre. Je vous assure que son élastique de bobettes est résistant. Un agent de sécurité l’a utilisé comme harnais d’une main… experte.

Dans une soirée si jouissive en succès qui me ramenait à l’époque de mon discman Sony, ce qui fonctionnait le mieux, c’était Albarn. Les invités (réels ou virtuels) débordaient d’énergie*. Cependant, les meilleurs coups de la discographie des Britanniques sont lorsque le chanteur de Blur dialogue avec les invités. L’alter ego de 2D se perdait parfois dans les pièces d’Humanz, ensevelit sous les collaborations.

Mes coups de cœur d’une soirée proche de la perfection (dans un ordre chaotique) : Sleeping PowderLast living soulsKids With GunsSex Murder PartyDemon daysElevationClint Eastwood

* Immense shoutout à Jamie Principle et Peven Everett, on se rappel de leur venue même si ce n’est que pour une chanson.

Puisqu’ils ne l’ont pas joué hier soir :

 
 

https://www.infofestival.com/

Pitchfork Music Festival : 10 artistes qui nous allument

J’ai l’honneur d’aller représenter Le Canal Auditif à Chicago pour le prestigieux Pitchfork Music Festival qui se tiendra du 14 au 16 juillet prochain dans le grand Union Park. La programmation a dévoilé une belle brochette de musiciens. Notons les têtes d’affiche Solange, A Tribe Called Quest et LCD Soundsystem qui seront, sans aucun doute, des spectacles à ne pas manquer.

Pour l’occasion, je vous ai concocté une sélection d’artistes à (re)découvrir dans le cadre du festival. C’est parti!

Angel Olsen

Un des incontournables du festival. L’auteure-compositrice-interprète, originaire du Missouri, m’avait conquit les oreilles avec son deuxième album Burn Your Fire For No Witness, paru en 2014. Un disque folk/rock grungy convaincant et assez réussi. Depuis, en 2016, la consécration s’est poursuivie avec My Woman, album qui regroupait des chansons rock empreintes d’une profonde nostalgie. Samedi à 18h15 sur la Scène Verte, elle y sera. Moi aussi. Oreilles comprises.


 

NE-HI

Les rockeurs de NE-HI, originaires de Chicago, nous avait offert Offers en février dernier. Une galette aux sonorités garages, brutes et nerveuses. Les Américains donneront sûrement tout en performance. Ils ont cette énergie musicale qui ne peut que durer. En concert dimanche à 14h30 à la Scène Verte.


 

Vagabon

Une de mes plus belles découvertes musicales que j’ai fais cette année. Laetitia Tamko, qui est derrière le nom de Vagabon, a suscité l’attention de plusieurs avec son Infinite Worlds, sorti l’hiver dernier. La jeune brooklynoise, originaire du Cameroun, oeuvre dans un rock crû, tantôt shoegaze, tantôt garage. Rajoutez quelques éléments pop et le tour est joué. L’ascension est là. Le nom de Vagabon sera bientôt sur toutes les lèvres. Êtes-vous prêts? En concert à 13h00, samedi à la Scène Verte.


 

Colin Stetson

C’était clair. Il ne fallait pas passer à côté de l’Américain, dorénavant basé maintenant à Montréal, Colin Stetson. Après la sortie de l’excellent All this I Do For Glory, chose certaine, le petit prodige du saxophone en fera vibrer plus d’un avec son instrument de prédilection. En spectacle à 13h45, dimanche, sur la Scène Rouge.


 

Weyes Blood

Natalie Mering, ayant le pseudonyme Weyes Blood, montera sur les planches du Pitchfork pour nous présenter ses superbes mélodies pop/rock de son troisième long-jeu Front Row Seat to Earth. Parions qu’en pleine nature, la performance sera magnifique. En prestation à 14h30, samedi, sur la Scène Verte.


 

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Les 3 étoiles du 7 juillet 2017

Bad Nylon – Rappa

Les filles de Bad Nylon sont de retour avec une nouvelle pièce intitulée Rappa. On sent que le groupe se rapproche un peu plus de ce que Dead Obies faisait du temps de Montréal $ud mais avec pas mal plus de sensualité. La trame est ronde et les rythmes sont assez lents pour mélanger le lascif et l’arrogant. Ça fonctionne à merveille. On est bien content que le combo nous envoie de la nouvelle musique.


 

Chapelier Fou – Philemon

Louis Warynski est de retour avec une nouvelle chanson qui annonce elle-même, un nouvel album intitulé Muance. Celui-ci paraîtra le 20 octobre prochain. En attendant, on peut découvrir la rythmée et belle Philemon qui fait encore de la place au violon. Les sonorités sont riches, variées et totalement convaincantes pour les tympans. Ce sera une sortie à surveiller cet automne!


 

DJ Shadow & Danny Brown – Horror Show

Voilà une association qui s’annonce délicieuse sur papier et qui livre la marchandise. DJ Shadow qui a le vent dans les voiles depuis la sortie de The Mountain Will Fall s’allie cette fois à Danny Brown pour Horror Show, une pièce qui se retrouve sur l’EP The Mountain has Fallen. La verve rapide et unique de Brown se marie facilement à la trame assez agressive et rapide de Shadow.