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Critique : Cloakroom – Time Well

J’ai personnellement découvert Cloakroom avec la sortie de Further Out en 2015. Le band avait, à l’époque, déjà lancé un EP passé un peu inaperçu, mais c’était tout de même retrouvé dans les suggestions Bandcamp de la semaine en lançant leur premier album complet. Je commençais à peine dans le temps à m’initier à la critique d’album, et je retiens principalement de mon appréciation que j’avais trouvé un côté un peu monolithique et gras à la formation, et n’avais pas vraiment retouché à leur musique depuis. Mais j’avais quand même assez aimé pour éprouver pas mal de curiosité envers cette deuxième sortie, intitulée Time Well.

Cloakroom est un band intelligent. Formé de trois gars de l’Indiana avec des passés emo et math rock, le groupe combinait par le passé la plupart de ses énergies sur une musique stoner assez shoegazée, mais qui avait de la difficulté à bien se démarquer et s’identifier. Quand je dis que la formation est intelligente, c’est que ses membres ont bien fait leurs devoirs. Ma critique de l’époque ressemblait à celles des quelques rares médias à s’être intéressés à l’album : le manque de variété musicale plombait un peu la qualité et la lourdeur des compositions. Sans être parfait, Time Well reste intéressant puisqu’il vient justement répondre d’une belle façon à ces critiques.

Si le groupe conserve la multitude d’influences qui composait sa musique par le passé, il laisse ici plus de place à chacun des genres différents qu’on peut y identifier. Oui, le bon gros rock stoner et shoegaze du passé règne en roi et maître sur les compositions, mais les chansons se retrouvent ici plus aérées, moins arides. C’est probablement dû à une étonnante, mais bienvenue, touche d’americana qui vient ponctuer l’opus çà et là. Regardez par exemple The Sun Won’t Let Us Go. On retrouve sur cette pièce un son de guitare venant évoquer la slide-guitare de terroir américain. À défaut d’être parfait, ça reste néanmoins imaginatif comme intervention, au milieu d’un grunge incessant.

Mais à trop vouloir en faire, le trio flirte par moment avec l’autre extrême. Par chance, Time Well devient un peu cohérent par lui-même à force d’écoute. C’est que l’album est long, compilant 10 morceaux et une durée dépassant les 60 minutes. Avoir accueillie moins de morceaux, la sortie aurait tout simplement sonné comme décousue par moments. Le tour de force est donc de nous plonger dans un état un peu songeur, plus ouvert et surtout plus à même de repérer et d’apprécier les subtilités des compositions, au point où le contenu finit par supplanter la forme. La lenteur méditative qui marque les compositions est donc ici bien utile.

Au final, est-ce que Time Well passera à l’histoire comme un bon album, ou comme une seconde sortie seulement correcte d’un groupe pourtant talentueux? L’album charme par son acharnement à se dépasser et un certain romantisme emo porté par les chansons qui le compose. Non, il ne passera pas à l’histoire comme un excellent album à mon avis, mais il réussira tout de même à marquer quelque peu par les sentiments qu’il arrive à susciter dans la bienveillante grisaille musicale qui est sienne.

Ma note: 6,5/10

Cloakroom
Time Well
Relapse Records
61 minutes

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Les 10 albums à surveiller en août 2017

Dead Cross – Dead Cross (4 août)

Dead Cross est un nouveau groupe de punk hardcore à apparaître sur la scène californienne. La formation est composée de membres qui ont tous fait leurs preuves auparavant : Mike Patton (Faith No More et Fantômas), Mike Crain (Retox), Justin Pearson (Retox et Head Wound City) et Dave Lombardo (ex-Slayer et Fantômas). Patton est toujours aussi excentrique et ses maniérismes vocaux collent à merveille à la musique brutale du groupe.


 
 

Oneohtrix Point Never – Good Times OST (11 août)

Le musicien Danien Lopatin lancera à la mi-août la trame sonore du film Good Times, un drame judiciaire réalisé par Ben et Josh Safdie et qui a été sélectionné pour la compétition officielle de la Palme d’Or à Cannes. D’ailleurs, Oneohtrix Point Never a remporté le prix de la meilleure trame sonore de film pour celui-ci lors du festival. En attendant le reste de l’album, vous pouvez vous remplir les oreilles de la touchante et émouvante The Pure and the Damned sur laquelle chante Iggy Pop.


 
 

Photay – Onism (11 août)

Photay est le nom de scène d’Evan Shornstein. Ce jeune compositeur de musique avait fait tout un tabac avec son premier EP en 2014. Voici qu’il lancera un premier album en bonne et due forme, le 11 août prochain. Si l’on se fie aux simples parus à ce jour, le jeune homme réussi toujours à naviguer dans les eaux de l’électronique d’avant-garde tout en y insérant un minimum de mélodie. C’est très convaincant.


 
 

Cloakroom – Time Well (18 août)

Cloakroom est un groupe à la mélancolie pesante qui avait fait paraître le très appréciable Further Out en 2015. Voici qu’ils reviennent avec Time Well qui semble se poursuivre dans la même veine de tristesse distorsionnée. Seedless Star exulte ce son qui se se rapproche des chansons plus douces de Deftones et celles des groupes emo des années 90 comme Sunny Day Real Estate et Pedro The Lion.


 
 

Grizzly Bear – Painted Ruins (18 août)

Le groupe américain Grizzly Bear s’apprête à lancer son 5e album, Painted Ruins, en août. Ceux qui avaient très bien fait sur Shields sauront-ils offrir un autre album d’aussi grande qualité? Quatre simples sont apparus sur le net dans les deux derniers mois et à date, on peut dire que c’est très satisfaisant pour les tympans. Leurs mélodies vocales sont toujours aussi riches, leurs trames originales et leur son nuancés.


 
 

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Cloakroom – Further Out

CloakroomCloakroom est un groupe du nord de l’Indiana qui a fait paraître son premier album en janvier dernier. La formation avait précédemment lancé le maxi Infinity en 2013. Voici que le trio fait ses premiers pas avec un album en bonne et due forme. La formation compte dans ses rangs Doyle Martin (voix et guitare), Brian Busch (batterie et voix) et Bobby Markos (basse).

On pourrait rapidement classer Cloakroom dans une catégorie dite «nostalgique». Oui, le trio tire beaucoup ses influences des années 90 et fait ressurgir le rock «emo», celui des débuts de Sunny Day Real Estate et Pedro The Lion. On est très loin de My Chemical Romance, je vous l’assure. Amalgamant riffs lourds à une mélancolie tout aussi pesante, la formation est particulièrement douée pour la mélodie.

Dès les premières notes de Further Out, vous saurez si Cloakroom est un groupe pour vous. Le son appuyé et la mélodie vocale présente sur Paperweight affichent clairement et sans ambiguïté les couleurs du groupe américain. Le mélange de noise au vrombissement de la basse se fait particulièrement efficace sur Starchild Skull et Deep Sea Station.

Mais comme les groupes des années 90, Cloakroom accroche l’oreille avec des mélodies, qu’elles soient vocales ou instrumentales, particulièrement efficaces. Le genre de talent qui a fait la renommée de Death Cab For Cutie à leurs débuts. Lossed Over ou encore Outta Spite nous offre de beaux moments qui captivent l’oreille. Si vous aimez ce qui se vautre dans le grisâtre et les coins sombres, vous aurez un plaisir certain avec Cloakroom. Reprenant les sonorités riches des années 90, le groupe trouve le moyen de les moderniser et de nous offrir un Further Out de grande qualité.

Ma note: 8/10

Cloakroom
Further Out
Run For Cover
45 minutes

https://www.facebook.com/cloakroomisaband