chanson Archives - Le Canal Auditif

Les 3 étoiles du 19 mai 2017

Jason Bajada – Blondie

Jason Bajada a lancé des albums dans la langue Molière dans les dernières années, mais voici qu’il retourne à celle de Shakespeare. Blondie est le premier extrait d’un album nommé Loveshit II — Blondie & The Backstabberz qui paraîtra à l’automne. Avec ses grosses influences mélodiques des Beatles, la chanson offre une couleur intéressante avec ses claviers plus bonbons que de la bubblegum ainsi que ses percussions très présentes et dynamiques. Ça fonctionne très bien.

Vince Staples – Big Fish

Une très bonne nouvelle qu’on vient tout juste d’apprendre, Vince Staples va nous gracier de la suite à l’excellent Summertime ’06 le 23 juin prochain : The Big Fish Theory. Oui, tu vas pouvoir fêter ta Saint-Jean en écoutant du gros rap américain. Rien de moins. Ou attendre le 25. Ou alterner. Les options sont là. En attendant, tu peux te faire plaisir avec Big Fish qui est l’une des chansons les plus accrocheuses que Staples a faites depuis le début de sa carrière.

Flying Lotus – Night Grows Pale

Flying Lotus a aussi lancé une nouvelle chanson, ma foi, surprenante. Il échantillonne Queen pour cette chanson au rythme intoxicant, à la production intéressante et à la mélodie complètement délicieuse. On se fait emporter par Freddy Mercury qui nous tire vers les cieux avec ses paroles : « The Night Grows Pale » tirées de la chanson White Queen (As It Began). Encore une fois, Flying Lotus réussit à faire de la magie.

Écoute : FELP – James

FELP est le projet de Félix Petit (Bellflower, Van Carton, ex-les Guerres d’l’Amour). Il lance aujourd’hui une première chanson de l’EP CHOCOLOP qui paraîtra le 26 mai prochain. En attendant, on peut découvrir FELP et son électro qui flirte maintenant avec le soul depuis que Petit s’est mis à chanter. Et on doit le dire, il le fait très bien. Il est toujours entouré de vaillants musiciens : Jérémi Roy (Chienvoler), Gabriel Godbout-Castonguay (Yann Perreau, Yokofeu et Chienvoler), William Côté (Bellflower, Misc, Chienvoler) et Martin Rodriguez (Cabezòn).

Ce n’est pas tout, si tu veux te frotter pour la première fois au nouvel EP de FELP, il y aura une pré-écoute ce soir à l’Isle de Garde pendant laquelle tu pourras aussi écouter le nouvel album de Chienvoler. Les détails sont par ici.

Sinon, vous pouvez toujours vous rattraper au lancement le 26 mai prochain au Eastern Bloc. Tous les détails sont par ici.

Critique : The Sadies – Northern Passages

S’il y a un groupe de country rock qui mérite le plus grand des respects, c’est bien The Sadies. En plus d’avoir servi de soutien à de nombreux projets sonores (Neko Case, John Doe, etc.), le quatuor mené par les frères Travis et Dallas Good a accumulé pas moins de 10 albums studio à son compteur. Le dernier en date mettait de l’avant une collaboration avec l’être humain par excellence de 2016, M. Tragically Hip lui-même, Gord Downie.

La semaine dernière, les Torontois lançaient Northern Passages. En compagnie du batteur Matt Belitsky et du bassiste Sean Dean, les frangins Good nous proposent une autre chevauchée country rock qui possède quelques accents salopés des plus intéressants. Réglons tout de suite une chose. La chanson It’s Easy (Like Walking), mettant en vedette le bon Kurt Vile, est un très grand cru; une grande chanson à écouter à fond de train, surtout si vous aimez rouler la nuit sur nos tortueuses routes rurales. Les superbes guitares cristallines qui colorent cette pièce font la preuve que les Good y mettent toute la gomme lorsqu’il s’agit de donner vie à leur musique. C’est d’une minutie exemplaire.

Quelques chansons brassent la baraque. Je fais référence plus spécifiquement There Are No Words et à Another Season Again, celle-ci étant bâtie rythmiquement sur un « shuffle » tout droit inspiré du blues. On retrouve également quelques morceaux qui font honneur aux Gram Parsons (The Flying Burrito Brothers) et aux Roger McGuinn (The Byrds) de ce monde. God Bless The Infidels, c’est du Burrito Brothers pur jus. Riverfog View est typiquement Gram Parsons (tout fanatique de country rock se doit de connaître ce musicien américain) et avec la conclusive The Noise Museum, on se retrouve en territoire connu, à cheval entre les Byrds et R.E.M. Et que dire du jeu de guitares des frérots Good sur cette pièce? Silence radio rempli de respect.

Ce qui distingue ce Northern Passages de ses semblables, c’est cette beauté mystérieuse qui se dégage de chacune des chansons. À l’écoute de ce petit bijou, vous serez immédiatement téléportés dans un chalet rustique et lorsque dans votre songerie nocturne, vous lèverez la tête vers le ciel, vous verrez apparaître immédiatement des aurores boréales… à l’image de celles qui enjolivent la pochette de cet excellent disque.

Encore une fois, les Sadies démontrent de manière manifeste qu’ils se hissent parmi les grandes formations country rock de l’histoire de la musique. J’exagère? Pas du tout. S’agit de plonger sérieusement dans l’ensemble de leur discographie pour s’apercevoir que le travail de ce grand groupe n’a rien à envier aux meilleurs du genre. Depuis plus de 20 ans, les Sadies ne cessent d’épater. Depuis plus de 20 ans… et dans un monde fasciné par la saveur du mois, l’œuvre des Sadies mérite une sérieuse révérence.

Ma note: 8/10

The Sadies
Northern Passages
Dine Alone Music
34 minutes

http://www.thesadies.net/

Critique : The Flaming Lips – Oczy Mlody

L’un des groupes préférés de l’ami Charles Laplante (pas vraiment!) lançait le 13 janvier dernier un 14e album studio. Les Flaming Lips étaient donc de retour avec Oczy Mlody. Le dernier album officiel de la formation, The Terror, avait pour sa part paru en 2013. La bande à Wayne Coyne a également fait paraître quelques inutilités ces dernières années, entre autres, l’imbuvable With A Little Help From My Fwends; cette inutile relecture du Sgt. Peppers Lonely Heart Club Band des Beatles.

Réalisé encore une fois par Dave Fridmann (Baroness, MGMT, Spoon, etc.) Oczy Mlody raconte l’histoire d’une « nouvelle humanité » entichée par une drogue en vogue qui la propulse dans un univers féérique/enfantin. Fait à noter, l’amie de la formation, Miley Cyrus, pousse la vocalise, au maximum de ses faibles possibilités, dans la conclusive We A Family. Aux dires de Coyne, Oczy Mlody se situe entre le psychédélisme hallucinogène de Syd Barrett et le hip-hop contemporain de A$AP Rocky… après plusieurs écoutes, je ne vois toujours pas le rapport avec le rappeur.

En toute franchise, le déclin des Flaming Lips se poursuit avec ce nouvel album. Malgré le concept ampoulé, la basse tonitruante (qui est la seule constante musicale de ce disque inconstant) et le virage synthétique assumé, on peine à trouver une seule pièce valable dans ce fourre-tout faussement expérimental.

La réponse réside probablement chez le principal compositeur et tête dirigeante de la formation, Steven Drozd. Il ne faut pas se leurrer, même si Coyne est le porte-étendard des Flaming Lips, c’est la santé mentale et créative de Steven Drozd qui dicte la qualité de tous leurs albums. Bien franchement, depuis Embryonic (2009), le musicien est en perte de vitesse créative accentuée. Combiné au départ du batteur Kliph Scurlock (la parfaite réincarnation de John Bonham de Led Zeppelin), les Flaming Lips retrouvent leur naturel : un groupe surévalué qui nous a fait bien triper pendant deux ou trois albums, mais qui n’a pas l’assurance technique et imaginative pour être une véritable entité d’importance.

Ceux qui connaissent bien les Lips savent que la voix et les mélodies de Coyne ne sont pas ce qui a fait sa renommée, tant s’en faut. C’est surtout son charisme et son positivisme naïf qui ont fait de lui une icône du rock américain. Sur Oczy Mlody, les faiblesses mélodiques du chevelu chanteur sont plus que jamais étalées au grand jour. Alors, tous ces éléments nocifs mis ensemble donnent un disque très moyen, et ce, même si j’ai apprécié les éléments synthétiques incorporés au psychédélisme habituel du groupe.

La décroissance se poursuit donc pour les natifs d’Oklahoma City et je n’anticipe aucun retour à la vie pour ces probables has-been. Ne reste plus qu’à se rabattre une fois de temps en temps sur The Soft Bulletin et Yoshimi Battles The Pink Robots pour se rappeler du bon vieux temps. Ce n’est pas bien grave. Nous serons tous un jour ou l’autre en état de dégénérescence, n’est-ce pas?

Ma note: 5/10

The Flaming Lips
Oczy Mlody
Warner Brothers
57 minutes

http://flaminglips.warnerbrosrecords.com/OczyMlody/

Les 25 meilleures chansons de 2016 selon LCA

25. Mitski – Your Best American Girl

24. Holy Fuck – Tom Tom

23. Rob Crow’s Gloomy Place – Oh, The Sadmakers

22. Whores – I See You Are Also Wearing A Black T-Shirt.

21. Chocolat – Ah Ouin

20. DJ Shadow Feat. Run The Jewels – Nobody Speak

19. Fuudge – Ju

18. Elysian Fields – Shadow Of The Living Light

17. La Bronze – Rois de nous

16. King Gizzard & The Lizard Wizard – Gamma Knife

15. Klô Pelgag – Les Ferrofluides-fleurs

14. Andy Shauf – The Magician

13. Antoine Corriveau – Rendez-vous

12. Solange – Don’t Touch My Hair

11. Alaclair Ensemble – Ça que c’tait

10. Avec pas d’casque – Derviches tourneurs

09. Louis-Philippe Gingras – Parc à chiens (avec La Bronze)

08. The Drones – To Think That I Once Loved You

07. Danny Brown Ft. Kendrick Lamar, Ab-Soul & Earl Sweatshirt – Really Doe

06. David Bowie – Blackstar

05. A Tribe Called Red – R.E.D.

04. Car Seat Headrest – Drunk Drivers / Killer Whales

03. Radiohead – Ful Stop

02. Fred Fortin – Oiseau

01. Nick Cave & The Bad Seeds – I Need You