CCF Archives - Le Canal Auditif

Concours: Alaclair Ensemble à la SAT le 10 novembre 2017

Alaclair Ensemble sera en spectacle à la SAT le 10 novembre prochain dans le cadre de Coup de Cœur Francophone. En plus de ça, c’est Columbine, la sensation française et Eman X Vlooper qui officie la première partie. En plus de tout ça, c’est présenté par nos amis de Sors-tu.ca. Eh bien, on vous offre l’opportunité d’y être vous aussi en gagnant une paire de billets pour le spectacle. Pour participer, vous n’avez qu’à répondre à la question suivante dans les commentaires :

Quel est votre membre préféré d’Alaclair Ensemble?

Le concours est en vigueur du 11 au 24 octobre 2017 à midi. La personne gagnante sera tirée et avisée avant 17 h le 24 octobre.

Bonne chance à tous!

4 premiers spectacles pour Coup de Coeur Francophone 2017

On a déjà 4 concerts de dévoilés et on est déjà excités!

1 – Keith Kouna

Keith Kouna débarque au Club Soda le 2 novembre pour ouvrir cette nouvelle édition. On sait qu’un nouvel album est en chemin alors, il n’y a pas de raisons de bouder son plaisir.


 

2- Alaclair Ensemble / Columbine

Les minces d’Amérique du noir sont un peu partout cet été! On vient tout juste de les voir aux FrancoFolies. Ils seront à la SAT le 10 novembre avec le groupe français Columbine. On ne les connaît pas encore, mais on entend que des bons mots du duo rennais!


 

3- Paupière / Juniore

Les premiers lanceront un premier album à la fin septembre. Voilà une des sorties qui est déjà attendue impatiemment par plusieurs mélomanes. Les deuxièmes font un genre yéyé noir assez intéressant et font jaser d’eux sur la scène européenne depuis quelque temps.


 

4- Corps amour anarchie

Ce spectacle hommage à Léo Ferré présenté pour la première fois en 2016 est repris cette année. Il met en vedette Bïa, Philippe B, Alexandre Désilets, Michel Faubert et Catherine Major appuyés par des arrangements réfléchis et conceptualisés par Philippe B et Philippe Brault (oui les deux qui sont constamment mélangés… rien pour aider les journalistes.) En plus de ces musiciens talentueux, des danseurs s’exécutent sur scène dans des chorégraphies d’Hélène Blackburn, Emmanuel Jouthe, Anne Plamondon, David Rancourt et Pierre-Paul Savoie.


 

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Le Coup de coeur francophone 2016 – suite et fin

coup-de-coeur-francophone-2016Mon périple au Coup de cœur francophone reprenait mercredi alors que je me dirigeais au Théâtre Fairmount pour y entendre Le Couleur. D’abord censé être précédé en première partie par Cliché, c’est finalement Choses Sauvages qui les a remplacés dernière minute après un désistement. La formation montréalaise a sorti ses chansons les plus dansantes pour l’occasion et cela a fait plaisir aux spectateurs présents. Ils étaient épars lors des premières notes, mais la salle s’est graduellement remplie, si bien que le groupe jouait devant une bonne foule lors de ses dernières chansons. Ils ont offert une prestation bien rodée et efficace.

Puis, c’est Le Couleur qui est débarqué avec un presque medley. C’était impressionnant de les voir enchaîner les tubes dansants les uns après les autres en prenant que de très rares pauses pour nous parler un tout petit peu. Le trio s’est échangé de nombreux sourires pendant la prestation alors qu’ils lançaient leur nouvel album P.o.p. Félix Dyotte était présent pour chanter sur les chansons auxquelles il a participé, dont Underage. Seul petit hic, le son des micros était vraiment très ordinaire. Sur certaines chansons, on avait du mal à entendre Laurence Giroux-Do. Un problème qui a finalement été réglé pendant le spectacle. Malgré ce petit désagrément, c’était tout un concert à forte concentration d’énergie brute.

Jeudi soir, je me dirigeai d’abord du côté de Samito. Le jeune homme était encore une fois en pleine forme alors qu’il foulait les planches de l’Astral. D’ailleurs, on se demande un peu pourquoi l’Astral? Les chaises devraient être bannies lors des concerts du chanteur. Cela a pris de nombreuses chansons avant que les spectateurs présents réunissent suffisamment de courage pour aller se déhancher à l’avant. Évidemment, Samito les a gagnés avec Tiku La Hina, Flôr et Oskia. Entre sa performance et celle de Laurence Nerbonne, le marteau est tombé. On apprenait que Leonard Cohen avait poussé son dernier souffle. Qu’il repose en paix. Cela n’a pas empêché Laurence Nerbonne d’embarquer sur scène pour présenter les pièces de Montréal XO. Elle semblait en pleine forme et revenait d’un chalet d’écriture. Son esprit était encore en ébullition et cela paraissait dans sa livraison.

J’ai ensuite quitté pour le Divan Orange pour attraper le sympathique et drôle Gab Paquet en spectacle. Celui-ci sait insuffler un vent de folie à ses publics et je n’ai pas échappé à la vague. Rapidement, j’étais vêtu d’une robe à paillette. Oui, je sais tu veux des photos. Ce ne sera malheureusement pas possible… Revenons à Paquet qui lançait Santa Barbara. Il nous a catapulté avec une assurance et une présence scénique hors pair les Coach de vie, Ton appel à frais virés, Voyage astral et Casio pad et moustache. Il a même été accompagné de Navet Confit sur deux chansons qui portaient pour l’occasion un magnifique chandail de Charles Lafortune. Il a terminé avec l’excellente Papa, maman, bébé, amour. Le jeune homme de Québec a vraiment pris beaucoup d’assurance sur scène. Gros concert. Puis, Bleu Jeans Bleu a à son tour livré les chansons de leur délicieux Franchement wow. On a eu droit aussi à plusieurs chansons du dernier album dont Pantalon de yoga et Petit pudding. Une soirée qui vous laisse un sourire indélébile sur le visage.

Vendredi soir, mon attention était d’abord tournée vers le Divan Orange où la Saskatchewanaise Alexis Normand lançait son nouvel album. C’était une douce façon de commencer la fin de semaine alors qu’elle nous chantait la pomme avec sa guitare, accompagnée d’un homme-orchestre qui s’occupait des claviers, de la guitare et des percussions avec ses pieds. Elle avait même amené de la confiture qu’elle a faite avec sa mère et qui était en vente à la table de marchandise. Adorable. Je me suis ensuite dirigé au Club Soda pour les Belges de Dalton Télégramme. Ceux-ci ont livré un spectacle solide dès les premières chansons. Cependant, il y a eu un certain passage à vide entre la 4e et 8e chanson environ. Les titres étaient alors moins dynamiques, mais bon,La terrible histoire de Baby Face Nelson, Tant pis pour hier, Je t’ai jeté étaient tous de beaux moments. Ça fait penser à un Louise Attaque en plus folk-bluegrass. Le groupe est très divertissant sur scène et sait donner un spectacle. Leur finale, Téquila a été chaudement applaudie par la foule.

Puis, c’est Yann Perreau qui a pris la scène avec la force d’un lion et à coup de riff rock. Le montréalais semblait en pleine forme et dansait un peu partout sur la scène comme lui seul sait le faire. Il nous a balancé par la tête Conduis-moi, La vie n’est pas qu’une salope, Le président danse autrement et Le bruit des bottes sur laquelle Philippe Brach est venu rapper. Oui, oui, rapper. Il a ensuite enchaîné avec Bonne journée avec le groupe de Perreau. Assez surprenant comme moment. Je me suis ensuite dirigé au Divan Orange pour assister à Francis Faubert. Il était en duo avec un Mat Vézio amoché par une élongation musculaire. Ça n’a pas empêché les deux hommes de livrer une solide prestation. Il a, entre autres, présenté une nouvelle chanson intitulée Donne-moi du lousse, qui… ben le titre le dit. Terriblement efficace, il y a même un couple (ou en tout cas, deux personnes qui se connaissaient) qui se sont chicanés sous mes yeux. Ils ont terminé avec une adaptation d’On va crever en attendant l’été (ou l’hiver) pour laquelle il s’est fait virer d’un spectacle hommage à Dédé à Granby parce que ce n’était pas « dans l’esprit ». Je pourrais vous jaser longuement de la vision réductrice et romantique que les gens ont de Dédé Fortin, mais ce sera pour une autre fois.

Puis, c’était aux Revenants de nous gracier des chansons de leur album Épouvantail. Le son n’était pas parfait, mais on a eu droit tout de même à une enfilade pas piquée des vers des chansons de l’album. C’était pas mal bon dans les oreilles. J’ai quitté à un certain moment pour me diriger vers le métro et finalement, je me suis fait aspirer au Quai des Brumes où jouait Valérie Poulin. Et je ne l’ai pas regretté. La jeune femme a offert un spectacle mémorable et puissant. Je n’ai vu que les cinq dernières chansons, mais c’était impressionnant et marquant. Une jeune femme qu’on va suivre de très très près.

Samedi soir, c’était au tour de Philippe Brach de nous émerveiller. Et il l’a fait en grand. Il nous a invités à Enfant-Ville, un concept costumé où le trash et les souvenirs de jeunesse se côtoyaient nerveusement de trop près. Il était aussi accompagné d’un quatuor à corde, ce qui a évidemment donné une nouvelle dimension à ses chansons. Voici quelques points qui résument bien son spectacle :

• Après deux chansons, il a demandé à tous : « Les amis-loups, est-ce que vous aimez ça les enfants? » Le Club Soda a répondu d’un gros : « Oui! » Ce à quoi, il a rajouté : « Ben Paul Cagelet aussi. » Si tu la comprends pas suit ce lien : http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-affaires-criminelles/actualites-judiciaires/201611/11/01-5040373-lacteur-paul-cagelet-accuse-de-pornographie-juvenile.php

• On est très loin des débuts. Maintenant, il y a une foule de jeunes femmes qui connaissent TOUTES les paroles de ses chansons. Je me sentais vraiment vieux. Elles se demandaient sans doute ce qu’un papi faisait un samedi soir au Club Soda.

• Il a invité Carmen Campagne (oui, oui, la chanteuse pour enfant) pour chanter La moustache à papa. Suivit d’un Lucy in the Sky With Diamonds où une machine à bulle fonctionnait à plein régime.

• Il a repris Black Swan de Thom Yorke (oui… une autre toune en anglais pendant le CCF)

• Il nous a laissés en nous disant qu’on se reverrait pour le 3e album. O_o

Encore sous le choc de ce que je venais de voir, je me suis dirigé du côté de l’Esco pour attraper les lourdauds de Milanku. La formation a livré son rock abrasif fortement influencé par Thrice devant une foule compacte et nombreuse. Ça rentrait au poste en ti-péché. Toute cette aventure s’est terminée le dimanche dans un « 5@7 déplogue » au Quai des Brumes en compagnie de Bernhari qui s’apprête à s’envoler pour l’Europe. En trio avec Shawn Cotton et Simon Quevillon, il a fait notamment une version plus dansante de Toujours toujours particulièrement délicieuse. C’était une parfaite façon de terminer cette édition 2016 du Coup de cœur francophone.

Encore une fois, c’était une édition géniale qui a compté sur plusieurs spectacles marquants. Merci à l’équipe du CCF de faire de la magie chaque année. Voici en rafale quelques coups de cœur.

Klô Pelgag, Philippe Brach, Gab Paquet, Valérie Poulin, Les Goules et les Abdigradationnistes.

À l’année prochaine!

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Le Coup de coeur francophone – partie 3

coup-de-coeur-francophone-2016Voilà que la 30e édition du Coup de cœur francophone tire déjà à sa fin. Comme première expérience, en tant que collaboratrice pour LCA, ç’a été une expérience inoubliable. Ce festival-là, ce n’est pas compliqué. C’est ta petite laine de novembre. Ta boisson chaude des temps gris. Une pépite d’or qui vient bercer tes tympans… Voici une revue des concerts que j’ai vadrouillés de mon côté.

C’est jeudi soir dernier qu’avait lieu le concert de Karim Ouellet au Club Soda (avec Nicolas Michaud, en première partie). Personnellement, ce fut la troisième fois que je le voyais en spectacle. La dernière fois remontait à son événement symphonique donné à Québec, l’hiver dernier. Depuis la parution de son nouvel album Trente, c’était une première pour moi de le revoir sur scène. J’étais particulièrement curieuse et disons-le, j’avais hâte !

Arrivée sur les lieux, je constate rapidement que le Club Soda était particulièrement vide, ce soir-là. Je me suis dit que ça allait sûrement se remplir un peu après le début du spectacle. Honnêtement, je n’ai pas porté attention plus que ça. Sur le coup de 21h00, Karim et sa bande de musiciens arrivent sur scène devant un décor magnifique. On pouvait remarquer au mur une énorme tête de monstre construite à partir de formes géométriques. Au fur et à mesure, il y avait des projections de couleur et d’images qui se dévoilaient. Très esthétique.

Ouellet ouvre avec Chapitre 1 et Chapitre 3, chansons qu’on pouvait retrouver sur AIKIDO, nouvelle galette gratuite lancée sur le Bandcamp du chanteur, il y a de cela quelques semaines déjà. Armé de sa guitare, l’artiste nous surprend dès les premières notes. Toujours très sympathique, l’auteur-compositeur-interprète se présente, comme à l’habitude. La foule lui en donnait beaucoup, en plus, avec plusieurs applaudissements. Il va sans dire, le petit Karim est très apprécié du public.

Par la suite, il enchaîne avec Prélude et Dans la nuit qui tombe, pièce où les saxophones et trompettes seront priorisés dans les arrangements. On aura reconnu deux membres de la formation Valaire: Jonathan Drouin et Thomas Hébert. Plutôt cool de les avoir invité! Sans oublier la très touchante Il était une fois. Pièce de circonstance et d’actualité. Un beau moment d’introspection.

Plus la soirée avance, plus on a senti l’esprit de groupe que Karim voulait instaurer sur la scène du Club Soda. Après l’avoir remercié à de multiples reprises, Claude Bégin, son meilleur ami, s’est (finalement!) joint à la fête en venant interpréter deux de ses titres personnels. Sans oublier la soeurette Sarahmée, qui, avec son frère Karim à la guitare acoustique, est venue mettre sa touche personnelle hip-hop en interprétant Laisser tomber, chanson qui se retrouve sur son disque Légitime. Un excellent moment acoustique où l’on a pu apprécier la proximité familiale.

C’est ça qui est beau avec Karim Ouellet, même si la foule était un peu dispersée, l’artiste a tout donné. Soudé avec son groupe, le chanteur de Québec a su mettre un baume sur nos inquiétudes de la semaine avec ses pièces pop, qui sont ma foi encore bien efficaces. On dira bien ce qu’on voudra, quand Ouellet chantonne, son public l’écoute du début jusqu’à la fin, surtout quand il a interprété Karim et le loup, vêtu de son costume de monstre. Festif à souhait. Un peu plus et on aurait juré de voir des confettis dans les yeux de l’artiste. Visiblement, Karim était en forme ce soir-là.

Je continue (et termine) mon aventure musicale avec la soirée de Juste Robert et Valérie Poulin au Quai des Brumes, le lendemain, vendredi soir. Deux groupes que je ne connaissais pas beaucoup, je dois vous avouer. C’était plutôt une soirée de découvertes, en ce qui me concerne.

J’arrive à la salle presque bondée et je croise le bassiste de la formation Juste Robert (que j’avais déjà rencontré en entrevue dans le passé). Il m’informe qu’ils ont un peu de retard dans l’horaire. Effectivement, au lieu de 22h00, ils ont joué vers 22h30. La bande rock de Juste Robert est menée par Jean-Robert Drouillard, un gars de Québec, ayant un timbre rauque qui rappelle, à certains moments, un certain Keith Kouna. Avec deux guitares, une basse et une batterie, la soirée débute avec Fleur. Une jolie chanson qui nous fait balancer la tête d’un côté et de l’autre. S’ensuit Golden Storm, véritable vers d’oreille qui possède un refrain assez entraînant avec des guitares électriques manipulées avec dextérité. On va se le dire, Juste Robert commence à buzzer en ce moment. Après avoir lancé le disque titré Des autoportraits, en octobre dernier, le groupe fait agréablement plaisir avec des mélodies punchées tantôt douces, tantôt brutes, qui font beaucoup de bien, à mon avis. Ça sent la nostalgie à plein nez transmise par des émotions éloquentes issues directement des textes. Cependant, entre les pièces, Drouillard avait peut-être un peu de difficulté à parler entre les chansons. On voyait que c’était sincère, mais en même temps, il y avait probablement un peu de stress derrière tout ça. Rien de bien majeur, j’imagine que pour les prochaines performances, ça finira par bien rentrer.

Après cette prestation, Valérie Poulin, jeune rockeuse, habillée d’une magnifique robe lignée, est arrivée avec une baguette en fleur à la main, pour souligner le Jour du Souvenir. Elle enchaîne les diverses chansons qui se retrouvaient sur son EP 1992-2016, paru le 2 juin dernier. Poulin s’exécute avec brio et propose des mélodies plutôt rocailleuses qui font bien planer. Avec une voix très forte et juste, la chanteuse nous a prouvé qu’elle avait beaucoup de talent…et que ce n’était qu’une question de temps avant que tout le monde commence à parler d’elle. Étant accompagnée d’Étienne Dupré à la basse et de Thomas Sauvé-Lafrance à la batterie, la chanteuse est une fille de party. Son charisme et sa présence scénique ne lui font pas de tort du tout. Elle s’affichait extrêmement passionnée et sympathique entre les chansons.

Grosse soirée de découvertes et de belles surprises musicales, en ce qui me concerne. Je vous invite fortement à vous procurer leur matériel. Du délice pour vos oreilles.

Et c’est ainsi que mon périple au CCF se termine (faute de maladie), merci encore au festival pour cette expérience incroyablement enrichissante! Merci à Stéphane Deslauriers et à Louis-Philippe Labrèche pour la confiance et les bons conseils. On se dit à l’an prochain, assurément!

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Le Coup de cœur francophone – partie 2

coup-de-coeur-francophone-2016Je ne vous le cacherai pas. C’est l’âme un peu inquiète, que je me suis dirigée vers les concerts de CCF en ce mardi 8 novembre 2016. Je vous explique. Bien sûr, nous étions en contexte électoral ce soir-là. Je ne m’attendais pas à me retrouver dans une grosse foule de festivaliers aux spectacles que j’avais convoités. À vrai dire, la foule ne courait pas les rues non plus. Il y avait ce vent chaud, cette atmosphère plutôt sombre dehors… Je croisais même des passants qui me fuyaient du regard ou qui me semblaient, visiblement, dans la lune. Tous avaient probablement la tête ailleurs ou les yeux simplement rivés sur leur téléphone, histoire de voir les résultats. Même que certains ont préféré regarder la soirée électorale à la maison, au lieu de sortir.

C’est en me rendant au Divan Orange, pour la première partie de la soirée, que j’ai commencé à voir, dans les fenêtres de bars, des écrans de télé… des écrans de télé qui disaient que Trump allait devenir président des États-Unis d’Amérique. Non, je ne suis pas Américaine. Non, je ne vous fais pas non plus un topo sur la course à la présidence. C’est trop ennuyeux, j’ai vu la série House of Cards et pour moi, c’est bien assez. Comme toute personne, c’est à ce moment-là que j’ai commencé à me dire. OK, mais si Trump rentre? Qu’est-ce qui va se passer? Le genre de questions que tout le monde s’est posé durant cette nuit insoutenable, j’imagine.

Est-ce que je devais rentrer chez moi pour regarder les résultats? Et c’est à cet instant que je me suis dit, non, je dois voir les concerts du CCF. Pourquoi? D’abord, je tenais absolument à y aller. Non seulement parce que c’était un devoir…mais parce que la musique et l’amour triomphent toujours sur tout.

C’est après m’être rendue au Divan Orange pour la soirée de Ponteix, ce groupe rock psychédélique acidulé venant de la Saskatchewan, que j’ai constaté que la salle n’était pas vraiment pleine. Elle se remplissait petit à petit au rythme des bières qui coulaient à flots. Surprenant? Pas vraiment, selon le contexte très particulier. C’est au coup des dix heures quinze minutes que la bande à Mario Lepage, meneur de jeu de la formation, monte sur scène. Certains des garçons étaient même en pieds de bas sur le plancher. On est relax ou on ne l’est pas. Le Divan Orange, c’est un peu ça. Tu joues un peu dans ton salon. Pas besoin de paillettes, de perruques ou de costumes spéciaux. Et c’est bien correct comme ça. C’est ce qui fait le charme du bar, à mon avis.

Au début de la performance, Ponteix s’est révélé assez efficace dans l’enchaînement des chansons qui se retrouvent sur leur premier EP, J’orage, lancé en mai dernier. Avec une présence scénique un peu timide, le trio s’est vite rattrapé en interprétant des titres où ils se sont donnés à cœur joie dans les effets musicaux. Prenons Béat, par exemple. Il y avait de la réverbération à souhait dans la voix. Peut-être un peu trop par contre, puisqu’on avait de la difficulté à comprendre les paroles. Tandis que sur Chasing The Sun, on reconnaissait facilement la signature musicale avec des guitares électriques pleines de fuzz et des batteries rythmiques plutôt bien guidées.

Quoi qu’il en soit, la musique se voulait très planante et expansive ce soir là, au Divan. La gang vient de la Sasktachewan et ça s’entend en spectacle. On a l’impression que la voix rauque de Lepage nous transporte vers des grands espaces. Et avec le contexte politique actuel, on en avait besoin. Pas de doute ici.

Le temps filait à la vitesse de l’éclair et j’ai décidé de quitter les lieux pour me diriger vers l’Escogriffe, sur St-Denis, afin d’assister à la prestation du quatuor new wave/post-punk Bermudes. Rendue à la salle, je constate rapidement qu’il manquait encore plus de monde dans l’auditoire. Certains étaient plutôt inquiets avec leur téléphone en main. Et avec raison. J’ai compris rapidement que Trump était en avance. En essayant de ne pas trop paniquer, j’essaie de me concentrer encore plus sur le moment présent. Voilà que Bermudes grimpe sur scène, dans le décor caverneux et nocturne de l’Esco. Je redeviens détendue.

La soirée débute. Malgré le contexte spécial, la formation, menée par Louis-Jean Trudeau, au chant et à la guitare, a réussi à performer avec aisance et authenticité. C’est en enchaînant les chansons comme Cinémascope, La Descente, Animal ou Troisième Oeil, que la bande de joyeux musiciens a réussi à capter leur public en les faisant dandiner d’un côté et de l’autre. Au fil des chansons, la salle s’est même remplie tranquillement pour finalement avoir un public soudé d’une dizaine de personnes à peu près. Mais vous savez, on s’en fou de la quantité. On ne garde que la qualité. Et c’est ce que nous avons eu cette soirée-là. Un spectacle de qualité (et un bon party). Trudeau a échangé des regards complices avec ses comparses musiciens (Pasqualina Pisano aux claviers et à la voix, d’Étienne Galarneau à la batterie et à la voix et de Pierre-Olivier Blais à la basse et à la voix), en plus de quelques blagues bien placées sur les élections américaines, secondées par Misteur Galarneau. D’ailleurs, on a senti que le quatuor interagissait entre eux afin d’inciter son public à rester uni du début jusqu’à la fin. Et ç’a très bien fonctionné. Vous savez, Bermudes est sympathique, soudé et rafraîchissant. Les mélodies sont riches, dynamiques et extrêmement bien rôdées tout en amenant l’auditoire vers une zone supérieure qui se veut très festive dans le spectacle. Les festivaliers se sont mis à ranger leur téléphone de côté. Tout le monde dansait ensemble. Tout le monde avait un sourire collé au visage dans la pièce. Et vous savez quoi? Ça m’a fait un bien fou de le constater durant cette nuit-là. Pourquoi? Parce qu’en étant ensemble, la musique et l’amour triomphent sur tout.

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