CCF 2017 Archives - Le Canal Auditif

CCF 2017 : Halo Maud et Corridor en image

 

 

 

 

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CCF 2017 : Halo Maud et Corridor

C’était très honnêtement le concert que j’attendais avec le plus d’anticipation. Depuis quelques mois je garde une oreille et un œil sur ce qui se passe du côté d’Halo Maud. Et puis, Corridor, c’est un peu une valeur sûre. Bref, j’arrivais avec des attentes assez hautes. Est-ce qu’elles ont été comblées? Oh que oui, et même dépassées.

Crédit photo : Shanti Loiselle

Du solide d’un bout à l’autre

Halo Maud a été franchement impressionnante sur scène. Devant un public plutôt clairsemé au Lion d’Or (public qui s’est rempli pendant la performance), elle a livré une performance où le psychédélisme tient une place de choix. Il est plaisant de se rendre compte à quel point le son de Maud est complet, enveloppant et puissant sur scène. Maud est une guitariste douée et elle a démontré ses habiletés à plusieurs occasions alors que les fins de chansons s’étiraient dans de merveilleux jams psychédéliques. En plus de nous livrer des chansons de son EP Du pouvoir paru un peu plus tôt cette année, elle a joué à mon plus grand étonnement (et plaisir), sa reprise de Revoir la mer d’Arlt. Elle a terminé sa performance avec Des bras toujours entourée de ses trois musiciens Stéphane, Jérôme et Olivier. On a déjà hâte de la revoir sur scène. Et d’écouter un album complet. Parce que c’est très intéressant.

Crédit Photo : Shanti Loiselle

Fuzz et plaisir

Corridor nous a habitués à des performances intéressantes et celle de vendredi soir ne faisait pas exception à la règle. Le quatuor était baigné dans les images lancées d’un projecteur alors qu’ils ont livré un bon mélange de chansons tirées de Supermercado et Le Voyage éternel. Coup d’épée a fait mouche dès les premiers instants, confirmant du même coup qu’on allait avoir beaucoup de plaisir pendant cette soirée. Corridor nous a aussi rapidement rappelé pourquoi ils sont l’un des groupes les plus excitants sur la scène locale. Son rock psychédélique mélodique nous a transportés alors que les chansons s’enchaînaient de manière fluide et naturelle. Pendant le concert, Maud est montée sur scène pour chanter une chanson en compagnie du groupe et même que le groupe a souhaité un joyeux anniversaire à Martin Blackburn (Jesuslesfilles). Ils ont même joué Oiseau, on cogne à la porte tirée d’Un magicien en toi, leur premier EP, paru en 2013. Le tout a terminé sur une bonne salve sonore qui nous a laissés heureux et repus.

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CCF 2017: Les Soeurs Boulay et Caroline Savoie

Coup de cœur francophone se poursuit avec la soirée au Club Soda où j’allais retrouver les Sœurs Boulay et Caroline Savoie.

La notion du ici et maintenant, façon Boulay

Sous un décor de maisons en papier et d’ampoules de lumière, autour des 21hrs, le duo de frangines ( composé de Mélanie et Stéphanie Boulay) grimpe sur scène pour amorcer leur dernier spectacle de leur tournée à Montréal avant de prendre une pause d’un an. Toutes deux rayonnantes dans leur robes rouges, elles débutent Les couteaux à beurre qu’on peut retrouver sur la galette 4488 de l’Amour. En milieu de chanson, l’ampli de Mélanie est défectueux. Un petit son se fait entendre. La performance s’est vue interrompue de quelques minutes. Rien de bien grave, les filles ont su retourner ce petit pépin à leur avantage à lançant quelques blagues à la foule. Par la suite, La formation s’absente dans les coulisses histoire de bien régler le problème. L’atmosphère est détendue. Les sœurs reviennent. Nous demande de faire comme si de rien n’était. Le public se tait. Écoute. Sourit. Les Boulay recommencent la pièce. Puis, elles enchainent avec la puissante Cul-de-sac. La symbiose opère. Le Club Soda continue de rester silencieux devant les deux jeunes femmes absolument charmantes et rayonnantes. Rappelons que le spectacle était essentiellement en duo.

Mélanie et Stéphanie se réinventent tout en explorant leurs possibilités d’instruments (piano, ukulélé, guitare, tambour). Ce qui donnait une jolie impression de chimie même si les filles ont beau dire qu’elles se chicanent, par moments, malgré tout. Ceci dit, je crois sincèrement que leur voix et leur immense talent d’auteur-compositeur-interprète se complètent pour en faire une incroyable force musicale. Plus les chansons défilent, plus ça se comprend assez rapidement. Voilà que Gab des Îles se fait entendre. Mélanie chantonne les paroles. De sa voix chaude, la brunette nous couvre d’une belle chaleur humaine. Moment magnifique. Ça se poursuit avec Le cœur par le Chignon du coup, véritable hymne où tous dans la salle savaient les paroles sur le bout de leurs doigts. Stéphanie nous confit qu’elle avait juré voir un moshpit, tellement que l’énergie était bonne. L’intervention provoque un rire général, ce que c’était comique dans le moment. Mappemonde s’en suit. J’ai les joues humides. Les guitares et les ukulélés faisaient lanciner mes voisins de foule d’un côté et de l’autre. Magique. Plus loin, les Boulay nous donnaient envie de prendre le large avec Où la vagie se mêle à la grand’route et de se brasser la caisse de résonnance avec Sonne-Décrisse et Des Shooters de Fort sur ton bras. Tous y ont mis du sien en lâchant leur fou. Ça dansait, ça chantait. Les gens de l’auditoire ne semblaient pas centrés sur eux-mêmes avec leur téléphone pendant cette soirée. Ce que ça faisait du bien de voir ça. Le spectacle se termine sur Fais-un show de boucane et Langue de Bois. Visiblement touchées par tout cette amour, les filles partent en pause la tête tranquille et le cœur comblé. Une pause qu’elles ont grandement mérité.

À la découverte de Moncton

C’est la demoiselle originaire de Moncton Caroline Savoie qui avait la tâche d’ouvrir la soirée avec son folk chaleureux et poignant. En duo avec son guitariste, la jeune femme a su démontrer une présence sympathique en parlant d’anecdotes liées à son enfance, à son père et à ses amours. La musique n’a visiblement pas déplut à la foule. Certains s’exclamaient : « Ce qu’elle est bonne! ». Les riffs de guitare et l’accent de la jeune femme ont su en faire vibrer plus d’un. Seul petit bémol, à l’écoute, les chansons étaient très similaires les une des autres. Rien de bien alarmant. La demoiselle a su tout de même présenter son répertoire avec ténacité et charisme. Chose certaine, Savoie s’est fait découvrir par plusieurs hier soir, ça c’est sûr. Et c’est tant mieux.

 

CCF 2017 : Sandor, Sagot et de la musique énervante

Mon périple à Coup de cœur francophone se poursuivait avec un jeudi soir bien rempli qui commençait au Lion d’Or avec Sandor, une Suissesse, pour se poursuivre avec Julien Sagot et se terminer au Ministère en compagnie de gens qui font de la musique énervante.

De l’électro-pop pas comme les autres

Sandor est arrivé sur scène solide comme du roc et cette perfection dans l’exécution ne s’est jamais démentie. Le groupe habite bien sa scène et offre au spectateur une performance honnête et bien travaillée. Si le projet est très intéressant en album, sur scène, c’est un peu difficile de se sentir impliqué avec les instruments électroniques qui sont mis de l’avant. Sans prendre en compte que la formation joue avec une trame sonore qui trop souvent rythme la cadence. Dites que je suis un puriste, mais j’aime voir les choses se construire devant moi de façon authentique et cette présence d’une bande sonore brisait la magie. N’en reste que la formation n’a pas à rougir de sa prestation. Nous avons même eu droit à un rappel de l’efficace chanson Bar de nuit. Un groupe qui est à mettre sur votre radar.

Attachant Sagot

Julien Sagot s’est présenté sur scène avec une armée derrière lui. Ou plus concrètement, un batteur, un percussionniste, trois claviéristes, un bassiste et une énergie débordante. C’était la formation parfaite pour nous offrir les pièces de son album Bleu Jane paru plus tôt cette année. Le sourire aux lèvres, Sagot a mené sa troupe tel un chef d’orchestre étirant un riff par-ci, s’amusant par-là. Le sourire était contagieux et les musiciens sur scène partageaient le plaisir avec le public pendant que Sagot s’amusait. Comme un gamin, il a tiré les ficelles avec un plaisir palpable. Sagot est descendu dans la foule, s’est dandiné en robe de chambre, et même a harangué la foule : « Vous embarquez dans la toune et elle dure une heure. Vous n’embarquez pas et elle va durer une minute. » Une douce menace venant avec le sourire avant d’entamer Le Corail. Parmi les musiciens sous-estimés au Québec, Sagot tient une place de choix.

Parlant de marginaux…

À mon entrée au Ministère, j’avais peine à y croire. Pour une deuxième année de suite, j’avais trouvé le moyen de manquer Le monde dans le feu. Alors qu’aucun spectacle commence à l’heure, le festival de la musique énervante avait commencé pile-poil à l’heure et Le monde dans le feu avait craché son fiel en 10 minces minutes. Je suis sur le point de les engager pour un show privé. Au moins, je serai assuré de ne pas les manquer.

Toute cette déception a été adoucie par Navet Confit qui entamait le premier de plusieurs Mannequin de magasin. En formule trio avec Carl-Éric Hudon et Lydia Champagne, Navet Confit a fait ce qu’il sait le mieux faire, c’est-à-dire un spectacle complètement déjanté et plein de visuels complètement psychédéliques. À un moment, un spider-man dansait Thriller de Michael Jackson… c’est pour dire. Le grand bonhomme nous a balancé des chansons souvent bruyantes avec une précision appréciable et la foule réunie y trouvait son compte entièrement. Puis, pour faire le changement avec Crabe, les deux groupes se sont réunis sur scène pour un Bébé dans la boîte aussi déjantée que jouissive. Un moment particulièrement impressionnant.

Je suis malheureusement resté trop peu à Crabe pour en parler intelligemment, mais le groupe était en forme et s’amusait avec leurs chansons lorsque j’ai remis le pied dans le froid de Montréal qui se transformait en première neige.

La suite à venir demain.

CCF 2017: Julie Aubé et Samuele

Hier soir, avait lieu le spectacle de Samuele et de Julie Aubé à la Sala Rossa. Un bien agréable soirée mettant en vedette deux artistes qui se complétaient bien. En arrivant dans la salle, on y croise quelques personnes sourdes muettes, en plus d’interprètes sur scène. Une belle initiative de Samuele, qui avait le désir d’inclure à son spectacle cette communauté trop souvent oubliée par la société.

La joie de vivre de Julie Aubé

C’est Julie Aubé qui assurait la première partie de Samuele. Ce fut le premier spectacle pour la membre des Hay Babies depuis la parution de son disque solo La Joie de vivre. Vêtue de pantalons pattes d’éléphants fleuri et d’un chandail col roulé, Aubé a bien charmé la foule avec son adorable présence sur scène. Elle nous propose la pièce-titre de son album. Puis,
Aubé accorde sa guitare prenant ainsi quelques minutes supplémentaires. Même si on sentait un peu de nervosité et de timidité chez la chanteuse, ce n’était pas des raisons qui l’ont empêché de lançer quelques blagues salaces au public. Ça m’apprendra à acheter des guitares à l’armée du salut dit-elle. La foule glousse de rire. Sa musique rock inspiré des années 70 reprend. Ce qu’elle est franchement efficace cette Julie! Un peu plus loin dans le spectacle, elle enchaîne avec Tu veux savoir. Chanson véritablement rageuse où elle nous explique que ça parle de blues et de garçons. Aubé a cette manière de mêler émotions et instrumentation avec brio, saupoudré même d’un peu de psychédélisme! Pas mal.

L’authenticité de Samuele

Samuele foule les planches de la Sala Rossa vers les 21 heures avec un groupe de sept personnes (contrebasse, batterie, guitare, basse, clarinette, trompette, saxophone). Chacun d’entre eux avait des brillants un peu partout sur le visage et sur le costume. Une démarche inspirée de Lady Gaga, selon Samuele. On dit oui! Voilà qu’on entend Le Matin (mon chandail préféré) où le ukulélé occupe une belle place de prédilection. Le mariage entre ce petit instrument et le reste est tout simplement magnifique. On accède à une sensibilité de l’artiste et une proximité vive. Ce qui frappe chez cet auteure-compositrice-interprète est sa franche poésie et son côté rassembleur à travers les chansons qui incitent le public à changer le monde, un petit pas à la fois. L’artiste nous explique quelques notions sur l’engagement social. Ça se poursuit avec La Révolte, titre qu’on peut retrouver sur le nouvel album Les Filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent. Un aspect militant se fait ressentir par la performance. Et c’est tant mieux! Malheureusement, Samuele a été victime de quelques problèmes techiques (buzz ambiant) facilement retournés à son avantage. Les interventions étaient bien cocasses, en plus de nous livrer quelques réflexions sur le consentement, selon les derniers sujets d’actualité. Parions que certains ont réfléchi à de multiples reprises ce soir là, sous les lumières tamisées de la Sala.