Catherine Leduc Archives - Le Canal Auditif

GAMIQ 2017 : Les nominations

On attend ce moment chaque année : les nominations du GAMIQ. Cette année encore, Le Canal Auditif est présent dans la catégorie média de l’année. Ça nous fait chaud au cœur, surtout qu’on est en bonne compagnie avec Feu à Volonté, ecoutedonc.ca, CHOQ.ca et les amis de Livetoune avec qui LP Labrèche anime le projet Plaque Tournante.

C’est Alaclair Ensemble et Chocolat qui mènent les nominations avec six et cinq respectivement. Parmi les autres artistes qui récoltent quelques nominations, on retrouve Antoine Corriveau, Dear Criminals, Lydia Képinski, Avec pas d’casque, Of Course, Matt Holubowski et Dead Obies.

En attendant la grande soirée, vous pouvez voter en ligne dans plusieurs catégories dont celle de média de l’année… on dit ça comme ça.

On se voit le dimanche 26 novembre prochain pour le gala!

Prix du public

Alaclair Ensemble
Avec pas d’casque
Burning The Oppressor
Caravane
Chassepareil
Chocolat
Dead Obies
Floating Widget
Guy Brière
Harfang
Karen St-Laurent Trio
L’Oumigmag
La Carabine
Matt Hulobowski
Orloge Simard
Quebec Redneck Bluegrass Project
The Blaze Velluto Collection
The Bright Road
The Johans
Tintamare

Album Folk

Avec Pas d’Casque – Effets spéciaux
Leif Vollebeck – Twin Solitude
Les Hay Babies – 4e Dimension
Louis-Philippe Gingras – Troisième rangée
Samuele – Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent

EP Folk

Ada Lea – EP
Aliocha – Sorry Eyes
Helena Deland – Drawing Room
Meteor Ranchero – Incomplet
Noé Talbot – Déballer le présent (extra)

Album Pop

Gab Paquet – Santa Barbara
Groenland – A wider space
KROY – Scavenger
Le Couleur – P.O.P
Peter Peter – Noir Éden

EP Pop

Emilie & Ogden – 10 000 (solo)
Jeffrey Piton – Après le déluge, après le froid
Karim Ouellet – Aikido
Lydia Képinski – EP
Van Carton – La Saison

Album Electro

Das Mörtal – Always Loved
Ouri – Superficial
Suuns – Hold/Still
Valaire – Oobopopop
Xarah Dion – Fugitive

EP Electro

Dear Criminals – Seven songs for Nelly
Gold Zebra – Un amour d’été (OST)
HWYS – Beaches
Millimetrik – Sour Mash EP
Of Course – Naufrage un Jeudredi

Album Rap

Alaclair Ensemble – Les frères cueilleurs
C-Drik – Liqueur forte
KNLO – Long jeu
Lary Kidd – Contrôle
Nomadic Massive – The Big Band Theory

EP Rap

Dead Obies – Air Max
L’Amalgame X Of course – Le Prix du Funk
La Brigade des Moeurs – La Brigade des Moeurs
Le Nouveau Rappeur – Cristobal Huait
Yes Mccan – PS. Merci pour le love

Album Rock

Barry Paquin Roberge – Voyage massage
Chocolat – Rencontrer Looloo
Les Dales Hawerchuk – Désavantage numérique
Les Deuxluxes – Springtime Devil
O Linea – O Linea

EP Rock

Floating Widget – The Sounds of Earth
Jesse Mac Cormack – After the Glow
On a créé UN MONSTRE – Insectarium
Rodney the Walrus – Code Morse II
zouz – EP1

Album Indie-Rock

Antoine Corriveau – Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s’arrêter
Blood and Glass – Punk shadows
Catherine Leduc – Un bras de distance avec le soleil
Corridor – Supermercado
Lesbo Vrouven – Grifff Pifff

EP Indie Rock

Abrdeen – Endless Nights and Dreamlike Mornings
Adam Strangler – Key West
Cédrik St-Onge – Les yeux comme deux boussoles
L’Indice – Cycles Un
Mélanie Venditti – EP

Album ou EP Folk-Bluegrass

Canailles – Backflips
Élixir de gumbo – Le beau piège
Le Winston Band – Bolton Boogie
Quebec Redneck Bluegrass Project – Royale Réguine
Raphaël Dénommé – Raphaël Dénommé EP

Album ou EP Post-Rock/Post-Punk

Co/ntry – Cell phone 1
Duchess says – Sciences Nouvelles
Le monde dans le feu – Le miracle de la température
Oromocto Diamond – Atlantis
We Are Wolves – Wrong

Album ou EP Punk

Boids – Demo bag
Cirrhose et Cendrier – Hey le Trognon!
Clavicule Slingshot – Phénix Rôtis
Fuck Toute – Fuck toute
Mute – Remember death

Album ou EP Metal

Apes – Lightless
Krokmitën – Heta
La Corriveau – Black Sorrow
Never more than less – Peace, War, Whatever
Obey the Brave – Mad Season

Album ou EP Expérimental

Atsuko Chiba – The Memory Empire
Héliodrome – Le Jardin des espèces
Julien Sagot – Bleu Jane
Les Martyrs de Marde – Extinction de foi
Téhu – EP Boulevard

Album ou EP World

Afrikana Soul Sister – Afrikana Soul Sister
Di Astronauts – Lova Notes and Outta Space Poems
DJU – Fracas des racines
Gadji Gadjo – Regards
The Brooks – Pain & Bliss

Album ou EP Jazz

L’Oumigmag – Territoires
Parc X trio – Dream
SHPIK – Fabulation
Trio Jonathan Turgeon – Les rêves errants
West Trainz – Train Songs

Vidéoclip de l’année

Alaclair Ensemble – C’était ça que c’tait
Antoine Corriveau et Fanny Bloom – Constellations
Athena – Acide
Bad Nylon – Rappa
Canailles – Rendez-vous galant
Chocolat – Ah ouin
Das Mörtal – Midnight Rendez-Vous (feat. French Fox)
Dead Obies – Waiting
Dear Criminals – Nelly
Degueu ça pu – Je fais le bacon
Élixir de Gumbo – Gang de rue
Gazoline – L’amour véritable est aux rebelles
Geoffroy – Sleeping on my own
KNLO – Justeçayinque
KROY – Learn
Le Couleur – Premier Contact
Matt Holubowski – Exhale/Inhale
Mauves – Longtemps
Mundy’s Bay – Glow
Rouge Pompier – Mercredi
Saratoga – Je t’attends dehors
Simon Kinsgbury – Comme douze
Valaire – GOLDEN RULE Do The Oobopopop (feat. Alan Prater)
VioleTT Pi – Betsey Johnson
We are Wolves – Wicked Games

Pochette d’album de l’année

Atsuko Chiba – The Memory Empire
Avec pas d’casques – Effets spéciaux
Chocolat – Rencontrer Looloo
Héliodrome – Le Jardin des espèces
Julien Sagot – Bleu Jane
Mardi Noir – L’Oeil de la tempête
Mauve – Coco
Nomadic Massive – The Big Band Theory
Of Course – Naufrage un jeudredi
Ripé – Rock Ripé

Chanson de l’année

Alaclair Ensembe – Ça que c’tait
Beyries – Wondering
Corridor – Coup d’épée
Lydia Képinski – Apprendre à mentir
Matt Holubowski – Exhale/Inhale

Spectacle de l’année

Alexandre Desilets – Windigo
Black Tiger Sex Machine
Chocolat
Dear Criminals
L’osstidtour – Alaclair Ensemble, Koriass, Brown

Artiste de l’année

Alaclair Ensemble
Antoine Corriveau
Dear Criminals
Émile Bilodeau
Louis-Philippe Gingras

Révélation de l’année

Beyries
Blood and Glass
Lydia Képinski
Zen Bamboo
zouz

Média numérique de l’année

Choq.ca
Ecoutedonc.ca
Feu à volonté
Le Canal auditif
Livetoune

Salle de spectacle de l’année

Bar Le Ritz PDB
Le Cercle
Le Divan Orange
Le Mouton Noir
L’Esco

Radio de l’année

CFAK
CFOU
CIBL
CISM
CKRL

FME 2017 : en route vers une première fois !

FME / Louis Jalbert

C’est avec la naïveté de la première fois (pour ma part) que nous avons traversé les kilomètres séparant Montréal de Rouyn-Norada, en route vers le Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue. La table était mise pour un rallye de musique et de nombreuses rencontres. Au menu, des artistes « coup de cœur » qu’on ne veut absolument pas rater et des découvertes que l’on espère faire lors de ces quatre jours intensifs de concerts. Pour tous fans de musique, le FME marque le pèlerinage de transition entre l’été et l’automne, un rite de passage!

Un festival décomplexé

Ce qui frappe d’emblée avec le FME, c’est le travail investi dans l’organisation et la logistique d’un tel événement. Pas facile de convaincre les Montréalais de traverser le parc et faire 8 heures de voiture. Et pourtant, la formule fonctionne et bon nombre d’artistes, professionnels et journalistes se déplacent grâce à l’accueil chaleureux des organisateurs. Célébrant sa 15e édition cette année, le Festival se démarque par sa qualité et sa programmation variée. Ce qui me frappe d’autant plus, pour ma première fois, c’est l’ambiance relaxe qui règne chez le public et les artistes. On sent que le festival offre l’occasion idéale aux artistes pour essayer des formules moins conventionnelles et c’est ce qui nous plaît et marque la bonne réputation de l’événement, qui perdure depuis les dernières années.

Douceur, émotion, subtilité et sublime

En route vers l’Agora des arts pour attraper quelques chansons de l’excellent duo Thus Owl. Pour les accompagner, 3 guitaristes se retrouvaient positionnés en demi-cercle dans la foule devant la scène, ce qui ajoutait de la définition et du dynamisme à la prestation. J’étais plutôt intriguée d’entendre ce que le groupe avait de nouveau à offrir puisque leur dernière offrande Black Matter, un ep de deux chansons parut en 2015, m’avait laissé sur ma faim. Le groupe nous offre cette fois-ci de nouvelles compositions plutôt prometteuses pour la suite à venir.

Au tour de Philippe B de monter sur la scène de l’ancienne église pour le public qui est visiblement déjà conquis. Balançant entre sa guitare et le piano, l’auteur-compositeur-interprète nous a proposé un heureux mélange de pièces tirées de ses 3 derniers albums. Accompagné par la sublime voix de Laurence Lafond-Beaulne, il interprète les pièces de son plus récent album La grande nuit vidéo. Rouge-gorge et Anywhere sont d’une beauté à couper le souffle. Il en profite pour nous faire la classique Petite leçon des ténèbres puisqu’il aime faire cette chanson lorsqu’il est en spectacle dans une église, c’est concept.

FME / Louis Jalbert

Ce n’est pas le premier festival en sol québécois pour le canadien Andy Shauf puisqu’il était au Festival d’été de Québec, à Grosse Lanterne et Osheaga plus tôt cet été. Shauf arrive sur scène, fidèle à son habitude avec son allure timide sympathique. Une entrée de jeu relativement sobre qui charme le public dès les premières notes. Plutôt que de commencer son spectacle avec des pièces de l’excellent The Party (en nomination au prix Polaris de l’an dernier), il amorce avec la pièce Jenny come home. Shauf est accompagné de deux clarinettistes en plus de ses musiciens. Un ajout qui aide à enrichir les arrangements des pièces. Malgré tout, le Canadien ne réussit pas à nous réveiller (après les 8 heures de route de la journée) et n’arrive pas à nous toucher à la manière de Philippe B qui le précédait sur scène.

Rythme envoûtant et rock déroutant

Le choix est déchirant pour le 5 à 7 du vendredi (pour tous les 5 à 7 du festival à vrai dire) et j’opte donc pour Sarah Toussaint-Léveillée car je n’avais pas encore eu la chance de la voir en spectacle depuis la sortie de son album La mort est un jardin sauvage. Je ne suis pas déçue! Accompagnée par Jérémy Roy à la contrebasse, Julie Boivin au violon et Élisabeth Giroux au violoncelle, l’artiste nous interprète ses pièces poétiques et le timbre feutré de sa voix se déploie en subtilité dans les chansons.

Le petit théâtre du Vieux-Noranda se remplissait graduellement dans l’attente d’Elephant Stone qui montait sur les planches tout juste après Zen Bamboo. Le groupe psychédélique montréalais, avec 4 albums à son actif, s’inscrit dans une tendance à l’éclectisme et enchaînait les pièces avec une belle énergie contagieuse, ce qui allait dicter le reste de la soirée. On aime particulièrement les pièces dans lesquelles Rishi Dhir ajoute des notes de sitar.

FME / Thomas Dufresne

La foule s’accumulait dans la cour arrière du Cabaret de la dernière chance, espérant avoir la chance d’assister au spectacle de Chocolat. Ce qu’on remarque, c’est que la réputation du groupe est bien installée et méritée depuis la sortie de l’album Rencontrer Looloo, il y a maintenant près d’un an. Le groupe a fait le tour des festivals cette année. Ils nous offrent un set assez solide et bien rodé, toutefois sans surprises. On aime tout de même la désinvolture du groupe alors que les notes de « Ah ouin » résonnent et que la foule s’emporte.

Dernier arrêt avant de retourner à l’hôtel, le groupe de Brooklyn Sun Watchers. La description disait punk et jazz instrumental ce qui semblait être une formule gagnante pour la finale de la soirée. Les notes de saxophones bien distortionnées et les rythmes jazz s’accordent parfaitement. Une belle découverte qu’on espère avoir la chance de voir de nouveau en spectacle au Québec.

Le calme avant la tempête

Pour le 5 à 7 du samedi, c’est autour de Catherine Leduc de faire résonner les planches du Café l’Abstracto. Une vague de chaleur humaine émane de sa musique langoureuse. Elle nous confie que c’est son troisième spectacle depuis la sortie de son album en solo Un bras de distance avec le soleil. On se laisse doucement bercer par ses chansons.

Un triplé parfait à l’agora de la danse pour le vendredi soir. On découvre d’abord Le bleu. Le duo composé de Nicolas Basque et de Adèle Trottier-Rivard se dévoile enfin sur scène. Ils n’ont aucun matériel de disponible en ligne. Les compositions sont texturées et rappellent parfois Daugther et Beach House. Ils invitent Safia Nolin pour le temps d’une pièce et les deux voix féminines se marient à merveille. On a envie de se plonger davantage dans cet univers onirique.

FME / Louis Jalbert

Antoine Corriveau monte sur scène en solo pour la première chanson et entame avec la pièce Rendez-vous. Moment de silence dans la salle qui est saisie. Une succession de pièces de son dernier album Cette chose qui cognait au fond de sa poitrine sans jamais vouloir s’arrêter (cœur) fait grimper l’intensité. On le sent fougueux. Le musicien nous propose une mouture de son spectacle avec deux drums, permettant ainsi de se laisser aller dans des envolées plus violentes, contrairement à sa performance plus tranquille au parc botanique à Fleur d’eau le dimanche après-midi. C’est ce qu’on aime d’Antoine Corriveau, sa polyvalence.

Betty Bonifassi a mis le feu aux braises allumées par Corriveau. Elle entame avec une sublime interprétation voix et guitare de la pièce Black WomanBetty utilise des chaînes qu’elle fait cogner sur une caisse de bois comme instrument de musique. On est happé par l’ampleur de la voix de l’artiste. Petit bémol, lorsque l’intensité grimpe dans les chansons plus rythmées, on perd légèrement la puissance de sa voix au profit des deux guitares électriques. N’empêche que Betty réussit à faire lever et danser la foule et le party est pogné.

À l’extérieur, nous retrouvons à nouveau une ambiance festive alors que Barry Paquin Roberge est sur scène. Tout vêtu de blanc, le groupe, composé d’anciens membres des Buddy McNeils et du groupe Les Deuxluxes anime la foule dansante. J’y reste le temps de quelques chansons avant de filer en vitesse pour voir Blood and Glass. Le tandem de Lisa et Morgan Moore nous propose une pop bien groovy aux envolées lyriques doublées de violon. Une autre belle découverte pour ma part.

Voguer vers la fin

Le dimanche gris nous annonce la fin du FME. De nouveau à l’Abstracto, Mat Vézio charme la foule. Il est accompagné par Antoine Corriveau et deux choristes, dont Sabrina Halde de Groendland. Une mouture relativement sobre qui sert à merveille les pièces Fukushima, L’automne de Buffalo, Adèle et la pièce de son plus récent clip La mort est comédienne qui vous ignore. Une formule parfaite pour ce dernier 5 à 7.

Le pèlerinage prend fin sur la berge du Lac Kiwanis ou une grosse soirée nous attend. J’arrive à temps pour attraper quelques chansons de Klô Pelgag. L’artiste revient tout juste du Japon et on sent déjà l’influence de ce voyage dans son interprétation. C’est peut-être à cause du contexte ou de la foule impatiente de voir le show hommage à Richard Desjardins, mais les chansons de l’artiste nous semblent moins accrocheuses.

Drôle de choix de la programmation de mettre Matt Holubowski entre Klô Pelgag et le show hommage. Il débute avec des pièces plutôt tranquilles, ce qui ne nous aide pas vraiment à chasser le froid. Fort heureusement, il nous offre quelques pièces plus rythmées, mais on sent que la foule est vraiment présente pour Desjardins.

FME / Christian Leduc

Avec un peu de retard, le show hommage débute et Stéphane Lafleur, Bernard Adamus, Philippe B, Safia Nolin, Les Sœurs Boulay et Klo Pelgag, pour ne nommer que ceux-là, défilent un à la suite de l’autre sur scène pour nous interpréter les grandes et magnifiques chansons de Desjardins. Une formule qui semble un peu longue, alors que le froid et l’humidité ont raison de ma patience. Cela dit, la patience est récompensée par l’arrivée sur scène du grand Richard Desjardins lui-même et on sent que c’est un pur plaisir pour le public qui lui rend hommage. Une belle façon de clore le festival.

Bilan de la fin de semaine : une panoplie de belles découvertes et un gros gros coup de cœur pour le FME. Je fais maintenant partie des initiés et je dis moi aussi à l’an prochain!

Critique : Catherine Leduc – Un bras de distance avec le soleil

Dans Urban Dictionnary (ben oui), on décrit l’expression anglophone « slow burn » comme étant « une attirance pour quelqu’un qui n’est pas instantanée, mais se développe avec le temps » ou, « le processus de se sentir attiré par quelqu’un sur une longue période de temps. » Moi, mon slowburn de l’été, c’est le plus récent album de Catherine Leduc, intitulé Un bras de distance avec le soleil, un foutu bel album contemplatif, poétique, un brin « druggy », teinté de rock psychédélique, avec un son seventies loin d’être nostalgique. Avec cet album, les yeux rêveurs, Leduc regarde droit vers le futur.

J’avais pourtant essayé de le digérer en quelques jours, en quelques semaines. Je l’ai étrenné longtemps, dans de longues marches dans Montréal, mais on dirait que cet album, je voulais le garder pour moi. Pas qu’il est indigeste, bien au contraire. Il est touffu, généreux, dense, ces 9 chansons contenant autant de petites merveilles entre prog, folk aux tendances acides, et rock de seventies. Ça se situe entre la dream-pop de Beach House, la pop/rock glauque et sombre de Timber Timbre et du dernier Jimmy Hunt. On est loin des ritournelles que l’on connaissait de son premier duo Tricot Machine, disons.

Puis, après l’avoir compris et contenu dans mes oreilles une bonne partie de l’été, je pouvais enfin le partager. Ma première brulure, ça a été avec la magistrale Tes sommets sont mes montagnes avec sa montée lente. L’artiste nous chante:

« Ma peau pâle réclame l’ombre
La tienne ou celle d’un autre
Je suis ton creux de vague
Tes sommets sont mes montagnes »
Tes sommets sont mes montagnes

Elle nous le livre avec la voix confidente que l’on lui connait, avec des effets psychédéliques en plus.

« Ton point de vue
Spectaculaire
Il me tente
Mais je pense que j’aurais le vertige
Je sais que j’aurais le vertige »
Tes sommets sont mes montagnes

Vers qu’elle chante à l’infini jusqu’à la fin de la pièce. Tout ça en un 8 minutes de pur bonheur, entremêlant guitare, claviers, dans un mood très relaxe. Je vous mets au défi de ne pas être enivré par cette pièce. Moi, à chaque fois, je tombe dans la lune et je me perds. C’est fou.

Il y en a bien sûr plein d’autres qui brûlent lentement, comme Good Eye, qui ouvre l’album de belle façon, les chansons Anticosti, La fin ou le début, et Le temps séparé. C’est le genre d’album qu’il faut écouter de bout à l’autre pour en comprendre les nuances, les détours et toute sa topographie. La seule chose qu’on pourrait lui reprocher est le petit manque de diversité et de rythme, qui pourrait rendre l’auditeur peu patient ennuyé rapidement.

Au final, le duo formé de Leduc et de son partenaire des débuts, Matthieu Beaumont, manie les arrangements et la réalisation en partageant la même vision, même équipe qui nous avait donné son premier solo, Rookie, il y 3 ans. Synthétiseurs aux sonorités originales, basses bien présentes, guitares tantôt vaporeuses tantôt distordues, on sent que le couple a travaillé les différents arrangements de façon rigoureuse afin d’amalgamer une palette de sons les plus riches et inusités que possibles.

On écoute Un bras de distance avec le soleil avec la volonté d’entendre la suite rapidement. C’est si bon que ça — et pas dans trois ans, s’il vous plaît! Et en attendant, on souhaite que sa vision puisse faire des petits dans le paysage musical québecois.

Ma note: 8/10

Catherine Leduc
Un bras de distance avec le soleil
Grosse Boîte
39 minutes

http://catherineleduc.ca/

La playlist à Boubi d’août 2017

Salut les mélomanes!

Ça fait quelque mois maintenant que je suis sur Spotify, et étrangement, je n’ai jamais autant fait de découvertes par moi-même. Ce qu’on me présente dans les mix qui me sont dédiés est beaucoup trop lisse et me plait une fois sur deux; ce qu’on y met dans les playlists officielles ne me surprend pas vraiment. On dirait que les découvertes faites par moi-même seront toujours plus plaisantes et plus surprenantes que celles qu’on me propose. Loin de moi l’idée de parler en mal du géant du streaming. Spotify donne accès à monsieur madame Tout-le-monde accès à une tonne de musique pour pas cher, ce qui est quand même cool. Ça me donne encore plus de moyen pour gratter plus loin et découvrir des trucs qui sortent de l’ordinaire.

Bref, tout ça pour dire que vous trouverez dans la playlist Rose Fargo, Canon Blue, Phoebe Bridgers, Alvvays, Catherine Leduc, Fuudge, D R M S, la nouvelle de Wolf Parade, Corridor, Hundred Waters, Ludovic Alarie pis pleins d’autres.

Bonne écoute!

 
 

 
 

La playlist à Boubi de juin 2017

Salut !

Finalement, j’ai décidé de me mettre «à la plage», aux tendances. Vous trouverez ma playlist du mois de juin sur trois plateformes différentes, la mal-aimé Soundcloud, la populaire Spotify et, on va le dire, la compliquée Apple Music.

Vous y trouverez des nouveautés de Men I Trust, Haim, Broken Social Scene, Phoenix, Chances, Fuudge, Catherine Leduc et pleins d’autres.

Bon mois de juin, les mélomanes !