Caroline Savoie Archives - Le Canal Auditif

La programmation musicale de ZH Festival 2017

ZH Festival est le nouveau nom qu’arbore le fameux Zone Homa qui depuis des années est un pourvoyeur de relève artistique de qualité. D’abord centré autour du monde du théâtre, l’événement a ouvert de plus en plus ses portes à d’autres formes d’art, si bien que cette année, c’est 16 artistes musicaux qui vont fouler la scène dans des vitrines format plateau double. C’est une occasion parfaite pour découvrir ce qui se trame dans les souterrains de la musique québécoise et surtout rencontrer des artistes qui seront les grands de demain.

13 juillet

Les premiers à se présenter sur scène sont Jérôme St-Kant et Les Louanges. Le premier est originaire de Québec et son nom commence à circuler sur la scène indépendante. Peu de matériel est disponible sur internet, mais sa première chanson intitulée Skateboard démontre un talent pour la mélodie mélancolique. Avec sa poésie atypique, il trouve des chemins intéressants pour exprimer ses émotions. Vincent Roberge, mieux connu comme la bougie d’allumage du groupe Les Louanges, a connu un parcours réussi aux dernières Francouvertes. L’habitant d’Hochelaga pourra jouer à la maison et dispenser son rock plein de soul et de petites pépites d’or dans lors de cette soirée.

14 juillet

Caroline Savoie a le vent dans les voiles. Au dernier gala des prix Trille Or, elle a raflé le prix dédié au Nouveau-Brunswick. L’Acadienne fait de plus en plus parler d’elle et son charisme extraordinaire a tôt fait de convaincre les sceptiques. Maxime Auguste est aussi un des participants à la dernière édition des Francouvertes et de l’Étoile montante Ford. Bref, ça se passe pour le jeune homme. Avec sa poésie aux accents comiques, il complète à merveille son folk country mélodieux.


 

20 juillet

Zagata est le projet solo de Jesse Proteau qui a mis quelques années à préparer les chansons de son premier EP paru l’an dernier : Backseat. Préparez-vous à des chansons qui incorporent des synthétiseurs, des drum machines des années 80 avec une bonne touche de nostalgie et des airs pop. Tsé la pub de Barbies resto-bar grill? Ben c’est Choses Sauvages, sauf qu’à leur habitude, le quatuor est plus rock et chante dans les deux solitudes. Par moment, c’est un peu disco ou dansant ou encore un peu coloré de synthétiseurs, mais généralement, c’est très efficace.

27 juillet

Sainte-Rose est un groupe d’indie-rock avec de grosses mélodies pop. Si vous avez envie de vous laisser-aller sur des airs qui intoxicant pour les oreilles, ils sont de solides pourvoyeurs. Leur EP Sweet Talk paru l’an dernier en est un bon témoin de ce que la bande a à offrir. Fuudge n’est pas sucré, Fuudge ne contient pas vraiment de chocolat, mais il est délicieux. Fuudge en sont à un deuxième EP avec Man! sorti au début du mois de juin. Il confirme ce que nous pensions déjà, ils seront sur la scène québécoise pour un bon bout avec leur grunge qui flirte avec le stoner rock et le psychédélisme. C’est comme si ta grand-mère t’avait concocté des sucreries, mais en écoutant du Nirvana assez fort pour déranger ses voisins. Ça défrise!

Pages : 1 2

Les FrancoFolies 2017: du rock acadien et de l’électro-pop française

Les FrancoFolies battent leur plein. On court comme des fous pour essayer de tout couvrir ce que les programmateurs ont préparé pour nous… mais il faut se rendre à l’évidence, il y a tout simplement trop de bonnes musiques qui se jouent dans les rues de Montréal en ce moment.

Es-tu stylé?

Le premier arrêt de la soirée était en compagnie de Bengale, une troupe de Bordeaux fait son chemin sur la scène électro-pop depuis quelque temps maintenant. Ils avaient même fait un split avec les doux voyous de X-Ray Zebras. Voici que le duo était à Montréal pour présenter ses pièces qui mélangent les planchers de danse et une attitude nonchalante. Pour l’occasion, ils étaient accompagnés à la basse par Symon Marcoux de Los. Le duo transformé en trio a enchaîné les pièces qui étaient généralement intéressantes. Un sentiment d’inégalité se dégageait de la performance, mais il faut dire que ce n’était peut-être pas les conditions idéales pour les voir alors que le soleil était encore là pour nous éclairer.

Sur scène nous avions un guitariste fort doué, un chanteur avec de l’attitude à revendre et Marcoux à la basse, efficace et solide comme un chêne. Là où ça fait un peu plus mal c’est les enchaînements de percussions préenregistrées qui enlevaient de la force à leur son contagieux. Ça aurait été une expérience d’autant plus satisfaisante avec de vrais tambours qui éclatent. Manque de moyens? Sans doute… ce n’est pas facile de faire de la musique indépendante et de traverser l’océan Atlantique pour la partager. Somme toute, Bengale a prouvé que c’était un groupe à surveiller et qui possède une parole poétique intéressante. Parfois, on a l’impression qu’on beurre un peu épais pour nous convaincre qu’ils sont cools. Les gars, on vous trouve cool, ce n’est pas nécessaire de nous convaincre.

Quand l’Acadie débarque à Montréal

Depuis les premiers succès de Radio Radio, une vague d’artistes incroyablement talentueux nous proviennent chaque année de la péninsule acadienne. Et tous ces beaux garlous étaient rassemblés sur la grande scène de la Place des Festivals à l’appel de Joseph Edgar qui avait proposé aux FrancoFolies de faire un gros party. On peut dire : mission accomplie de A à Z.

C’est la talentueuse Marie-Jo Thério qui lançait les hostilités avec Café Robinson. Puis le band maison, Les Païens sont arrivés. On va s’entendre tout de suite sur quelque chose : quand ton backing band c’est Les Païens c’est comme faire une course avec une F1 quand les autres conducteurs chauffent des Ladas. Rapidement, ils ont été rejoints par les Hay Babies pour Motel 1755 de leur plus récent album La 4e dimension. Puis, Les Hôtesses d’Hilaire sont venus nous convaincre de faire faillite avec un Serge Brideau en robe. Seul bémol? On n’entendait pas du tout les trois Hay Babies restées pour agir à titre de choristes. Faut pas oublier Céleste Godin qui est moins connu ici, mais qui sait aussi se débrouiller derrière un micro. Amélie Hall et Joseph Edgar nous ont proposé une composition C’est pas donné, qui sonnait étrangement comme Tomber de Laurence Jalbert. Ça doit être le riff de guitare qui s’y apparente… mais OH MY GOD, on était sur le bord de chanter du Jalbert à tue-tête.

Que serait un party acadien sans Lisa Leblanc. Elle a mis le feu à la foule avec Ma vie c’est de la marde et Motels. Et là… tout s’est emporté dans l’ouragan acadien. Joseph Edgar qui fait Horizon, Jocobus qui drop Ma vie c’est un movie et des recrues qui font jaser : Caroline Savoie, Pierre Guitard et Menoncle Jason. Ce dernier a un petit quelque chose de Johnny Cash en version marché aux puces. Ça fonctionne à merveille. Et là… la surprise : Jean-Paul Daoust qui nous fait une Ode à Tarzan avec toute la grandiloquence dont lui seul est capable. C’était beau. C’était puissant. C’était contagieux. Il a conquis la place des festivals avec une parole forte et viscérale et rapidement la foule a entonné les « Hi Han Hi Han » en sa compagnie.

«Tous les soirs j’attends Tarzan*
Tous les soirs c’est effrayant
Tous les soirs c’est indécent
Tarzan son sexe de diamant
Han hi han hi han hi han
Han hi han hi han hi han »
– Ode à Tarzan

Le spectacle s’est clôturé sur un medley de Radio Radio, Les Hôtesses d’Hilaire avec un Serge messianique, Joseph Edgar et son Espionne russe, Lisa Leblanc qui joue du triangle sur Ti-gars et les Hay Babies et la poignante La Poule qui nous rappelle que le trio a un petit quelque chose des sœurs McGarrrigle.

Bref, l’Acadie est toujours belle, mais rassemblée comme ça sur la place des festivals, c’est beaucoup à prendre d’un coup. Ça donne envie d’aller se perdre dans la péninsule, de manger des guédilles sur le bord de la mer et de finir sa soirée dans un jam au Plan B. Espérons que la bande se sent aussi bien accueillie à Montréal qu’on l’est lorsqu’on se transporte par chez eux.

www.francofolies.com

Les lauréats du Gala des prix Trille Or 2017

L’APCM présentait vendredi dernier la remise des prix Trille Or. Ce gala récompense des artistes franco-canadiens hors Québec. Parce que faire de la musique dans un marché minoritaire comme au Québec, ce n’est pas facile. Je vous laisse vous imaginer la situation quand tu vis à Saskatoon… disons qu’une bonne dose d’amour au deux ans, ce n’est vraiment pas de trop. Et pour cette 9e édition, c’est Mehdi Cayenne et Anique Granger qui ont été les plus décorés. Le gala des prix Trille Or a duré 1 h 30! UNE HEURE TRENTE. Allo, les québécois, on prend des notes svp, ce n’est pas nécessaire de s’éterniser. Bravo l’APCM, vous êtes bien efficace. Une heure et demie a été animée avec brio et humour par Vincent Poirier.

Le gala

Mehdi Cayenne a monté trois fois sur les planches du Centre des arts Shenkman pour recevoir les prix de meilleur interprète masculin, meilleur album pour Aube et chanson primée pour La pluie (particulièrement de circonstance avec la grisaille ambiante). Granger est repartie pour sa part avec le Trille Or pour meilleure interprète féminine et meilleure auteure-interprète-compositrice en plus de remporter meilleur export ouest au gala de l’industrie qui s’était tenu la veille. On y reviendra.

Pandaléon pour sa part est reparti avec le prix de meilleur groupe tandis que les Fransaskois de Ponteix sont repartis avec le meilleur EP et le prix découverte. Le groupe franco-ontarien Hey, Wow qui a aussi lancé le party à la toute fin du gala avec une dynamique prestation, sont repartis avec meilleur spectacle. BRBR, nos collègues de TFO, sont repartis avec le prix pour la meilleure émission télé, radio ou web. Autre fait remarquable, l’APCM, qui est un organisme ontarien, a décidé d’ouvrir ses bras à l’Ouest-Canadien et à l’Acadie. Ceci s’est traduit aussi par le prix meilleur album de l’Acadie qui a été remporté par Caroline Savoie pour son album homonyme.

Le gala de l’industrie

La veille, nous avions assisté aussi à la remise de prix de l’industrie. Plusieurs artistes y ont été primés, dont le groupe Dans l’Shed de la Gaspésie en tant que meilleur export-Québec. Cette soirée se déroulait alors que nous étions attablés pour souper. Quelle surprise quand j’ai compris que le farceur bien sympathique assis à mes côtés était Daniel Bédard à qui était décerné le prix hommage pour l’ensemble de sa carrière. Avoir su, nous l’aurions appelé monsieur Bédard depuis le début de la soirée, au lieu de Dan. Il aurait sans doute aussi détesté ça. Daniel Bédard est le genre d’artiste qui travaille dans l’ombre et qui permet à une foule de talent d’émerger. Le résident de Sudbury a contribué aux carrières à des artistes comme Stef Paquette et Chuck Labelle. Il a aussi créé de nombreuses pièces pour des pièces de théâtre, des films en plus réaliser plusieurs albums. Un être humain chaleureux et fascinant à découvrir.

Plusieurs artistes ont été décorés lors de la soirée, dont Shawn Jobin qui a remporté le prix de meilleur vidéoclip alors que Céleste Lévis est reparti avec meilleure présence web. Pandaléon a raflé deux prix pour la réalisation et la prise de son de l’album Atone.

Je dois le dire franchement, j’ai été complètement charmé par l’APCM et son travail essentiel pour soutenir des artistes qui évoluent dans des milieux peu amicaux à leur choix de chanter en français. Je vous rappelle que même à Ottawa, ville où vivent de nombreux francophones, ce n’est pas exceptionnel de se faire répondre en anglais uniquement. Dans un contexte minoritaire, il est d’autant plus important de soutenir les voix qui portent la culture par leur démarche artistique.

On se dit à dans deux ans, l’APCM, j’ai déjà hâte de revenir vous visiter. Pour la liste complète des gagnants, visitez la deuxième page.

http://www.apcm.ca/

Pages : 1 2