Car Seat Headrest Archives - Le Canal Auditif

Les 3 étoiles du 18 août 2017

Laura Sauvage – Alien (Anything Like It, Have You?)

Laura Sauvage, aussi connue en tant que Vivianne Roy des Hay Babies, lance cette semaine le premier simple de son deuxième album à paraître le 8 septembre prochain. Elle nous livre une chanson rock aux sonorités de synthétiseurs bien prononcés. Une chanson qui compte sur un pont tout à fait délicieux où le rythme se fait plus dynamique, avec des voix filtrées et une guitare distorsionnée bien à point.

Car Seat Headrest – War Is Coming (If You Want It)

Will Toledo commence par nous préciser que cette nouvelle chanson est à propos de « ne pas tuer des gens ». Oui, ça commence en lion. War Is Coming, premier simple depuis la parution de l’excellent Teens of Denial, est dotée d’un groove indéniable, une mélodie efficace et un chant plaintif de Toledo. Ça fonctionne à merveille.

Medora – Tsunami

Une autre annonce de sortie d’album nous est arrivée cette semaine. Medora lancera le 25 août prochain Ï, son premier long jeu. Pour nous donner un avant-goût de ce qu’on retrouvera sur la galette, le groupe fait paraître Tsunami. C’est plongé dans une réverbération appréciable et la mélodie est passablement accrocheuse. Bref, ça donne envie d’entendre le reste!

Osheaga 2017 : Première journée

La messe des mélomanes, qui favorisent l’indépendant et la pop, était de retour une fois de plus au Parc Jean-Drapeau. Petit changement cette année, les activités étaient déplacées sur l’île Notre-Dame en raison des travaux sur l’île Ste-Hélène. Gare aux festivaliers : mieux vaut arriver tôt parce que tous les chemins mènent à Rome… mais certains sont plus longs que d’autres.

On n’est pas fait en chocolat, mais…

Dès le début des festivités, Mère Nature a fait savoir sa présence. Le pauvre Andy Shauf n’a eu que le temps de jouer trois petites ritournelles avant que les orages prennent le dessus et renvoie tout le monde se réfugier sous des tentes ou encore… dans la section VIP. Cela a pris un peu plus d’une heure pour que les spectacles reprennent. Bon… Cela a permis d’oublier que De La Soul ne s’était tout simplement pas présenté. Badbadnotgood a repris, mais quelques instants à peine après le début, les festivaliers ont pris une douche de plus. Après quelques mesures de précautions qui se résument à quelques sacs de plastique pour entourer le clavier et les moniteurs, la bande torontoise a repris du service. Cependant, gêné par l’équipement moins accessible, nous avons surtout eu droit à des reprises du thème de Mission Impossible et Seven Nation Army des White Stripes. Pas exactement ce qu’on veut entendre du groupe jazz aux rythmes hip-hop.

Cette mauvaise température a sévi toute la soirée et n’aidera en rien les billets invendus pour la journée de vendredi et les suivantes. En fait, voilà bien une édition particulière, où le guichet n’affiche pas complet.

À la lumière du jour, le vrai stock

Les deux performances les plus intéressantes ont été livrées par Sampha et Car Seat Headrest qui jouaient l’un à la suite de l’autre sur des scènes qui se font face. Deux artistes très différents qui ont chacun relevé le défi.

L’artiste anglais Sampha, dont l’album Process est en nomination pour le prix Mercury, a offert une solide performance où il a prouvé ses qualités de chanteur et de musicien. Parfois jouant du piano, en chantant d’une voix aussi émouvante que puissante, il a prouvé qu’il est dans une classe à part. La touchante (No One Knows Me) Like the Piano Instro et la puissante Plastic 100 °C étaient des moments forts de sa performance. Étonnamment, son tube à succès Blood On Me n’avait pas le même dynamisme qu’en album. Sampha devait chanter très haut pour toucher la note et cela réduisait sa puissance. Bon, on jase là… c’était vraiment très bon.

Puis, Car Seat Headrest, alias Will Toledo et sa bande, a pris la scène. Sans ordre de chansons prédéfini, ils nous ont balancé plusieurs pièces de Teens of Denials. Fill In the Blank, Destroyed By Hippie Powers et Vincent ont toutes frappées dans le mile. C’est avec l’excellente Drunk Drivers/Killer Whales qu’il nous a achevés. Une performance puissante et sans prétention qui montrait un grand sens de la musique. Toledo a choisi ses chansons les unes après les autres en faisant fi d’une préparation coulée dans le béton. En fait, cela a demandé à tout le groupe beaucoup plus de contrôle et d’audace. Chapeau.

Et si je pleure dans la pluie

MGMT a offert un concert très satisfaisant où ils faisaient surtout référence à l’album qui les a fait connaître : Oracular Spectacular. Time to Pretend et Electric Feel ont mené cette charge directe vers les spectateurs qui ont apprécié malgré les conditions météorologiques précieuses. En bonne forme, le groupe a satisfait les mélomanes.

Avant la fin de leur prestation, je me suis dirigé vers la scène des arbres pour voir Hamilton Leithauser. Le chanteur du groupe The Walkmen a offert plusieurs chansons, dont A 1 000 Times tirée de son album avec Rostam. Une performance correcte, mais qui manquait un peu de punch. Au point où certaines jeunes demoiselles devant moi préféraient se filmer au concert plutôt que d’écouter Leithauser livrer ses chansons. Et elles n’étaient pas seules. Est-ce que j’ai tweeté pendant ce temps?

Justice a dû aussi vivre avec le mauvais temps, mais cela ne les a pas empêchés de faire danser la foule nombreuse qui s’était amassée devant eux. Derrière leurs machines et claviers, le duo a fait shaker du popotin à Montréal. Leur mise en scène sobre, mais efficace était parfaite pour accompagner les chansons entraînantes de la formation française.

Finalement, c’est Lorde qui est venu clore la soirée. Celle qui récolte les fleurs depuis la sortie de Melodrama a assuré telle une championne devant la foule gigantesque massée à ses pieds. Enchaînant les tubes de son plus récent, dont Homemade Dynamite avec Tove Lo (en personne et qui jouait aussi vendred, un peu plus tôt), elle a prouvé sa force. Se trouvent peu de chanteuses pop avec autant de flair artistique et de caractère. Visiblement contente de pouvoir jouer en entier, contrairement à sa performance à Chicago, où le temps a eu raison d’elle. Elle a finalement interprété cette nouvelle chanson en faisant avancer son guitariste plus près de la foule. Une performance tout à fait réussie pour la Néo-Zélandaise.

Bref, malgré le temps mauvais cette première journée d’Osheaga n’était pas si mal. Je vais maintenant aller porter mon linge à la sécheuse si vous le voulez bien.

https://www.osheaga.com/

La programmation d’Osheaga 2017

C’est un moment que tout mélomane de la métropole attend chaque année : le dévoilement de la programmation d’Osheaga. On savait déjà plusieurs noms grâce au traditionnel jeu à la recherche des noms. Mais voilà, nous n’avions pas le portrait global. Faisons donc une petite dissection de l’affiche avec ses gros et surtout, ses plus petits noms intéressants.

On va régler le cas des têtes d’affiche tout de suite. C’est Lorde, The Weeknd et Muse qui ont droit à de plus grosses lettres sur ladite affiche. Lorde, c’est intéressant : la jeune femme est très talentueuse et s’en vient avec un nouvel album. En tout cas, les indices pointent dans cette direction. Par contre, The Weeknd nous a offert un décevant Starboy cette année et la dernière fois que Muse nous a épaté en album, Le Canal Auditif n’était même pas encore en service. Ce n’est donc pas pour la typographie impressionnante qu’on a envie d’aller sur l’île Notre-Dame cette année. Que nenni. C’est pour tout le reste.
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Du côté hip-hop/soul/R&B, plusieurs artistes très intéressants seront présents. On peut parler de Danny Brown, Run The Jewels et De La Soul, tous des groupes qui sont passés relativement récemment à Montréal, mais qu’on ne se tanne pas de voir. Solange viendra présenter les pièces de son excellent A Seat at the Table, Sohn celles de son appréciable Rennen et Majid Jordan son R&B velouté. Et Die Antwoord fera danser les festivaliers sur leurs trames électroniques contagieuses. Sampha et Phantogram vont aussi nous gâter les oreilles avec leur électro mélodieux.

Le rock a aussi sa place. Car Seat Headrest, l’un de nos favoris, sera de la partie. Alabama Shakes et son indie-soul convaincant fera vibrer les foules tout comme Local Natives. Les seules opportunités de s’activer le mosh pits seront pendant Death From Above 1979 et PUP. Prenez des notes! Hamilton Leithauser sera présent en solo alors que Whitney et Cloud Nothings livreront les pièces de leurs albums parus dans les derniers mois. Et que dire de Father John Misty qui s’apprête à lancer une nouvelle galette en avril. On sera assurément heureux d’y assister. Foxygen et la sublime Angel Olsen seront aussi de la partie.

Les artistes canadiens de qualité auront aussi leur place à Osheaga cette année. De Broken Social Scene aux jazzmen de Badbadnotgood, la diversité est à l’honneur. N’oublions pas le capable Andy Shauf. Et les Québécois! Plants and Animals, Kroy, CRi, Rosie Valland, Men I Trust, Le Couleur et Bernardino Femminielli sont tous de bonnes raisons de se déplacer. On se voit là-bas!

https://www.osheaga.com/