canailles Archives - Le Canal Auditif

Critique : Canailles – Backflips

Canailles est un groupe à connaître si ce n’est pas déjà fait. La bande lance cette semaine son troisième album intitulé Backflips. Beaucoup de choses ont changé depuis la sortie de Ronds-points en 2014. La formation a vu Dan Tremblay et Jean-Philippe Tremblay quitter le groupe pour être remplacés par Olivier Bélisle et Étienne Côté. Ces brassages datent de l’été 2014, alors les nouveaux ont eu le temps de s’acclimater à la troupe.

Qu’est-ce que Canailles nous propose sur Backflips? Exactement le même genre d’album que les deux premiers. Non que la troupe fait du surplace, mais ils font déjà bien les choses et ça continue sur celui-ci. On y trouve la voix blues de Daphnée Brissette, des guitares folk efficaces et un peu crasses, des banjos délicieux et des harmonies vocales convaincantes. C’est un troisième opus sous le signe de la continuité que nous parachutent les huit musiciens.

La pièce-titre, parue quelques semaines avant le lancement, annonçait déjà un nouvel album le fun pour les oreilles. Les voix féminines du groupe nous envoient un refrain accrocheur qui reste pris dans les neurones :

« j’me sens pas violente, j’me sens pas triste
j’ai pas non plus envie d’faire des backflips
j’voudrais pas être bête
mais j’ai quand même envie de détruire toute
esti que j’me sens ben »
— Backflips

Fidèle à leurs habitudes, le groupe nous verse une chanson de boisson chantée par Erik Evans avec Margarita et une chanson mélodieuse et un peu plus émouvante chantée par Alice Tougas-St-Jak titrée Histoires de fantômes. C’est sûr que la voix la plus marquante du groupe est celle de Brissette. Elle frappe fort avec la chanson Plumage où sa voix éraillée qui semble sortir tout droit du cœur nous déchire :

« J’ai les poches pleines d’amour
Pis j’en échappe de temps en temps
La nuit, ça revole partout
Pis des fois, ça devient glissant
Chu pas ben bonne pour être sage
Mais r’garde mon beau plumage »
— Plumage

Machine à jus offre de belles harmonies vocales, Jachère donne envie de partir sur le pouce tout comme Chu Brûlé sera le genre de chanson qui électrisera les prochains spectacles de la formation.

Canailles n’innove pas particulièrement sur Backflips, mais nous envoie un sapré bon album qui donne envie de se faire aller la vareuse. La formation nous envoie des pièces qui rappellent les fins de soirées arrosées qui se terminent au lever du soleil, celles entre amis qui se terminent par un mal de mâchoire à avoir trop souri.

Ma note: 7,5/10

Canailles
Backflips
Grosse Boîte
32 minutes

https://canailles.bandcamp.com/

10 albums à surveiller en avril 2017

Clark – Death Peak (7 avril)

Chris Clark s’apprête à lancer son huitième album en studio avec Death Peak. Si l’on se fie aux dernières sorties de l’artiste, ça risque d’être encore une fois une expérience très plaisante pour les oreilles. D’ailleurs, il nous donne un aperçu avec Peak Magnetic, premier extrait rythmé et mélodieux.


 
 

Damien Robitaille – Univers Parallèles (7 avril)

Damien Robitaille s’apprête à lancer un nouvel album, successeur du bien plaisant Omniprésent paru en 2012. Le premier simple, laisse entrevoir un Robitaille un peu plus sérieux, mais toujours aussi pop et accrocheur. Que trouvera-t-on sur Univers Parrallèles? On le saura bientôt.


 
 

Father John Misty – Pure Comedy (7 avril)

Father John Misty s’est élevé au niveau des plus importants auteurs-compositeurs-interprètes contemporains avec l’excellent I Love You Honeybear paru en 2015. Le prochain opus arrive à grands pas et semble empreint d’une certaine critique sociale, surtout sur Pure Comedy, premier extrait de l’album du même nom.


 
 

Samuele – Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent (7 avril)

Samuele a connu une année 2016 assez folle : participation aux Francouvertes pour ensuite remporter le Festival de la chanson de Granby. Ces événements l’ont mené à l’enregistrement de son premier album qui fera découvrir cette jeune femme qui s’attaque à des questions de son temps : l’identité, l’égalité et les droits des minorités en société.


 
 

Timber Timbre – Sincerely, Future Pollution (7 avril)

Timber Timbre lancera sous peu son 6e album. Hot Dreams avait visé dans le mile et gageons que la formation refusera une fois de plus le surplace en proposant des sonorités différentes. Déjà sur Sewer Blues, on dénote des effets de claviers atypiques pour la formation.

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Les 3 étoiles du 24 mars 2017

Gorillaz – Saturnz Barz (Spirit House)

4 de nos personnages animés préférés reviennent en ville. Les rumeurs se faisaient de plus en plus nombreuses dans les derniers jours et voici qu’ils nous parachutent Saturnz Barz, un premier extrait de Humanz à paraître le 28 juillet prochain. Ce premier extrait nous livre une pièce qui mélange reggae et dancehall dans la voix à un rock groovy à souhait. Fidèle à son habitude, la formation nous offre une pièce archimélodieuse.


 

Canailles – Rendez-vous galant

Canailles vient de nous lâcher ce petit bijou, deuxième extrait issu de Backflips qui paraîtra le 28 avril prochain. La toune est bonne et le vidéoclip… juste… wow. Daphné Brissette nous chante déjà l’amour en nous parlant de fin du monde, ça donne le ton. On suit pendant le clip un couple dans la quarantaine qui fait tout péter. Littéralement. Comme des Bonnie & Clyde plus violents, la paire tire sur des animaux-humains qui pissent le sang coloré. On dirait que du sang bleu, ça rend la mort festive.


 

Feist – Pleasure

Leslie Feist nous a fait patienter un bon bout de temps entre la sortie de Metals et ce nouvel album intitulé Pleasure. Déjà dans Metals, la jeune ontarienne faisait un virage marginal, délaissant la pop qui a fait son succès. Voici que sur la chanson-titre, on est dans le grunge lo-fi mélodieux et bruyant. Une raison de plus de tomber en amour avec elle si ce n’est déjà fait. On a très hâte qu’arrive son cinquième album en carrière.

Les 3 étoiles du 10 mars 2017

Canailles – Backflips

Réjouissez-vous parce que la formation Canailles a annoncé la date de sortie de son nouvel album! C’est le 28 avril qu’on pourra se mettre Backflips dans les oreilles. En attendant, vous pouvez taper du pied sur la mélodieuse chanson-titre. On y entend les voix d’Annie Carpentier et Daphnée Brissette qui semble sortir tout droit d’un rêve enfumé pendant que le piano se fait aller et que le banjo swing. Est-ce qu’on a hâte au reste? Oui.


 

Fleet Foxes – Third of May / Ōdaigahara

Cette semaine, Fleet Foxes a annoncé son retour. Un retour que bien des mélomanes n’attendaient plus. Après tout, Helplessness Blues est paru en 2011. Voilà que Robin Pecknold annonce l’arrivée de Crack-Up le 16 juin prochain. Et pour donner un avant-goût, et prouvé qu’il n’a pas perdu la touche, il partage le premier simple intitulé Third of May / Ōdaigahara. Cette pièce est convaincante avec son texte imagé, ses détours musicaux surprenants et sa composition de haut niveau.


 

CRi – Keep It Real (ft. Jesse Mac Cormack)

Le producteur Christophe Dubé revenait dernièrement avec un nouveau simple en collaboration avec Jesse Mac Cormack et annonce du même coup un EP à paraître le 24 mars. Someone Else sera composé de cinq chansons parmi lesquelles on retrouve des collaborations avec Ouri et Odile Myrtil. De plus, CRi officiera la première partie de Moderat le 18 avril lors de leur passage au Metropolis.

Olivier Bélisle – Une fois par jamais

Olivier BelisleLe dernier album du grand Olivier Bélisle datait de 2012 et il était temps de lui donner une suite. Depuis, le grand roux à la chevelure généreuse a fait bien des choses dont rejoindre la joyeuse bande de Canailles. Celui-ci s’est gardé occupé en faisant des spectacles ici et là avec son projet solo à travers la province.

Ce qui frappe sur Une fois par jamais est la douceur de la voix de Bélisle qui nous envoie des rimes inusitées par les oreilles. Celui à l’imaginaire fertile et excentrique trouve le moyen de coucher sur papier ce qu’il voit comme image. Ça donne des petites perles comme «L’enfer c’est une shot de Jack dans un publi-sac en or». Le tout est couché sur des chansons où la guitare acoustique occupe le centre. C’est classique comme approche, mais efficace.

Ce n’est pas toujours très mollo sur Une fois par jamais. Gros tournoi brasse la patente avec une bonne dose de rock et une slide-guitar qui ne laisse pas sa place. Garde-malade qui suit a aussi un petit côté entraînant avec son banjo, sa guitare et son trombone joué par Benoît Paradis. On peut dire aussi la même chose pour la funky Chu fier qui a un petit quelque chose du big band.

Les moments les plus intimes de Bélisle font bien la job aussi. Le Score et sa douce simplicité montrent là où il est le plus efficace: le blues. Parce que ce qui ressort dans les paroles de Bélisle, c’est son don pour observer les moments du quotidien et en extraire de la poésie. Ce n’est pas égal sur Une fois par jamais. C’est charmant, mais ça manque parfois d’une petite explosion. On sent cependant tout le chemin parcouru depuis le premier album.

Une fois par jamais, c’est un album bien sympathique de ce qu’on pourrait classer dans la catégorie «folk sale» autant pour ses choix thématiques plus que pour sa facture auditive. C’est intéressant et si t’aimes Bernard Adamus et Canailles, tu risques de trouver que le grand Bélisle sait faire ça comme un champion.

Ma note: 6,5/10

Olivier Bélisle
Une fois par jamais
Production La Ligne Jaune
35 minutes

http://www.olivierbelisle.com/