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Paper Beat Scissors – Go On

Paper Beat ScissorsPaper Beat Scissors, c’est le nom de groupe du Britannique Tim Crabtree, établi depuis un moment au Canada. Avec son disque titré Go On, le chanteur nous étonne avec un effort folk/indie bien réussi. Pour illustrer le tout, tiens, ce serait le genre de musique que tu écouterais sur le bord d’un feu, en faisant griller un bon gros sac de guimauves (c’est l’été, vive la gourmandise !) acheté à l’épicerie du coin.

Go On regorge de mélodies surprenantes qui offrent ce genre d’ambiance (expliqué ci-haut) à l’auditeur. C’est très réfléchi, minutieux… À vrai dire, les arrangements musicaux font toute la différence dans l’album. Les pièces sont douces, efficaces et très égales. Le tout est orchestré par la magnifique voix du Britannique. Les pièces intitulées Enough, Lawless et Bundled en sont de bons exemples. L’auditeur se sent emmitouflé par les vibrations sonores et l’émotion vocale chaleureuse transmise par Crabtree. Autre point, les envolées musicales sont poignantes et très énergiques à d’autres moments dans l’album. Le tout colore l’ambiance du disque. En plus, la texture sonore de ces fameux arrangements est très intéressante. Effectivement, le chanteur signe des ballades qui sont non seulement distinguées, mais qui sont accompagnées de petites parcelles électros/pop bien juxtaposées (comme avec la pièce When You Still). Les expérimentations sonores sont donc d’une très belle finesse.

Même si, à certaines reprises, certaines atmosphères peuvent s’avérer redondantes, point de vue de la forme, le Britannique se réajuste en tirant les meilleurs avantages de son instrument de prédilection: la guitare. Les riffs sont très bien exécutés. Chose certaine, ça nous fait rapidement oublier ces éléments répétitifs (tant qu’on entend la voix séductrice de Crabtree, tout est beau!).

D’ailleurs, les critères de base de l’esthétisme du folk sont respectés avec les pistes faisant partie du projet Go On. Au fait, on a l’impression qu’on les dépasse et c’est parfait comme ça. Le disque de Paper Beat Scissors gagne à se faire découvrir d’écoute en écoute et c’est grandement mérité. Ces ballades folk/indie, composées à partir de quelques éléments électros, permettent d’affirmer qu’on a droit à un album riche en sonorités et en émotions. Tout en douceur… et en unicité !

Ma note: 7/10

Paper Beat Scissors
Go On
Forward Music Group
40 minutes

http://www.paperbeatscissors.com/

https://paperbeatscissors.bandcamp.com/album/go-on

Nap Eyes – Whine Of The Mystics

Nap EyesNap Eyes est un quatuor punk lo-fi d’Halifax qui avait originalement fait paraître Whine Of The Mystics en quantité limitée en 2014. Le succès de leur premier album a attiré l’attention de You’ve Changed Records et Paradise Of Bachelor qui ont décidé de leur offrir une réelle sortie mondiale. C’est donc en juillet dernier que Whine Of The Mystics a eu droit à un véritable lancement.

La première chose qui saute aux oreilles lorsqu’on écoute Nap Eyes est leur côté mélancolique qui frôle parfois la dépression et parfois le je-m’en-foutisme. C’est très présent tout au long de Whine Of The Mystics. C’est à la fois dans la voix de Nigel Chapman aussi dans la basse groovy de Josh Salter, la batterie parcimonieuse et bien dosée de Seamus Dalton et la guitare mélodieuse de Brad Loughead.

Le groupe se fait parfois rock et il tangue un peu vers les Beatles comme le démontre bien No Man Needs To Care. La répétition, le rythme carré martelé avec rigueur et le petit air entraînant/bon enfant sont autant de raisons qui rendent la ritournelle sympathique. Dans la même veine, on retrouve la tout aussi appréciable The Night Of The First Show qui a un petit je-ne-sais-quoi de Britannique.

Le côté moins lumineux de la bande se fait sentir surtout en première moitié de Whine Of The Mystics. La mélodieuse Dark Creedence respire moins la joie de vivre tout comme la langoureuse Make Something. Delirium And Persecution Paranoia, avec ses sept minutes et des poussières, fait partie des pièces de résistance digne de ce nom sur la galette.

Nap Eyes fait bonne impression avec ce premier album qui verse dans le punk lo-fi avec une petite touche de pop britannique. Décidément, il faudra tenir à l’œil le quatuor de Halifax dans le futur. Whine Of The Mystics jette les bases et même si ce n’est pas encore parfait, ça promet pour le futur.

Ma note: 6,5/10

Nap Eyes
Whine Of The Mystics
You’ve Changed Records
40 minutes

https://napeyes.bandcamp.com/

Yukon Blonde – On Blonde

Yukon BlondeLe groupe canadien Yukon Blonde est de retour trois ans après Tiger Talk. Bien du temps est passé depuis la dernière galette et Jeff Innes, le chanteur, a eu le temps de faire paraître son premier album solo sous le nom High Ends. Comment est-ce que cela a influencé la conception de On Blonde?

Tout d’abord, il faut dire qu’il s’agit certainement de l’album le plus accessible de la formation jusqu’à ce jour. On Blonde contient une bonne dose de mélodies accrocheuses et de rythmes dansants. On y retrouve parfois un peu le côté electro-pop qui se pointait le bout du nez sur Super Class de High Ends. Yukon Blonde a toujours flirté avec l’électro, mais cette fois-ci, ils osent plonger et utiliser des sonorités issues des décennies 80 et 90.

Confused qui ouvre la marche nous renvoie trente ans en arrière avec ses synthétiseurs très présents et Jeff Innes qui prend une approche vocale qui rappelle Duran Duran. La pièce est entraînante et facile d’approche, tout comme le reste d’On Blonde. Le côté mélodieux de la formation paraît particulièrement sur l’accrocheuse Saturday Night ou la rythmée Favorite People.

Certaines pièces se rapprochent plus du son indie qui a toujours été présent chez le quintette. Make You Mine avec ses rythmes disco-punk lents et sa guitare simple, mais efficace, fait partie des meilleurs coups d’On Blonde. Como se rapproche aussi de ce qui avait séduit par le passé: une guitare acoustique, un bon riff de guitare et une mélodie qui accroche l’oreille.

Par contre, certaines pièces de ce nouvel album laissent peu de traces, You Broke The Law est d’une platitude incroyable. Sans saveur, sans couleur… c’est beige en ti-péché. Starvation est tout aussi insignifiante avec ses gros synthétiseurs monotones.

On Blonde n’est pas un mauvais album, mais ce n’est certainement pas non plus un chef-d’œuvre. Si vous avez aimé Tiger Talk, sans doute, trouverez-vous votre compte sur celui-ci, quoiqu’il faut aimer l’approche «synthétiseur» que le groupe y préconise. Ce n’est pas totalement raté ni totalement réussi.

Ma note: 6/10

Yukon Blonde
On Blonde
Dine Alone Records
41 minutes

http://www.yukonblonde.com/