Blue Hawaii Archives - Le Canal Auditif

Critique : Blue Hawaii – Tenderness

Deuxième album du duo montréalais Blue Hawaii, Tenderness prend le pari de la pop dansante, parfois un brin house, parfois vers le disco, très très loin du sombre et sexuel Untogether. Les fans de la première heure chercheront donc en vain le frisson similaire au superbe opus de 2013.

Déjà, la pochette nous l’annonçait : le duo composé de Raphaelle Standell-Preston (qu’on connait aussi et surtout pour son rôle dans le groupe Braids) et Alex « Agor » Cowa, sont assis sur un divan, chacun rivé sur l’écran de son cellulaire. Les couleurs pastel viennent pourtant insinuer un certain romantisme en ce moment. L’amour à distance, peut-être? Voilà, la thématique est lancée et l’esthétisme un brin cynique, plaqué.

Dès les premières mesures, on se retrouve plongé dans une ambiance rétrofuturiste. Free at last a quelque chose de très groovy, à la limite du sax jazz. Standell-Preston y fait presque dans le « spoken word ». Suit No One Like You, une réinterprétation du classique de Kenix, très disco-pop.

Versus Game a tout du classique tube pop, mais sans les ingrédients qui donnent un « classique ». Et pour moi, c’est le pire moment de l’album. Rien de nouveau dans l’horizon musical 2017. La mélodie s’accroche dans l’oreille comme un chewing-gum se colle dans un toupet crêpé. La dérape pop continue avec Belong to myself, qui pourrait être une pièce de Santigold, sans la force du débit.

On peut reconnaitre à l’album un certain humour avec ses cinq petits interludes, dont une particulièrement rigolote où une certaine tante Susan appelle « Rafie » pour savoir quelle est la grosse nouvelle que sa mère voulait lui annoncer au téléphone : « I think you may be pregnant… ». Le morceau finit avec « I love you, sweetheart, and I’ll talk to you soon. Bye for now », le tout souligné d’un petit tempo un brin cynique. Inusité à souhait.

L’album commence à devenir plus sombre avec Blossoming From Your ShyI am wondering if I’ll ever be a good wife/I am wondering if I’ll ever have a still life», chante Standell-Preston d’une voix faussement suraigu.

Do You Need Me, la pièce préférée du duo sur l’album (et aussi la mienne) est doucement enrichie des cordes d’Owen Pallett. Pour une fois sur l’album, Standell-Preston libère les pouvoirs de sa voix, qui, il faut le reconnaitre, en jette.

Une fois le deuil fait d’un album aussi profond et troublant qu’Untogether, on parvient à mieux apprécier Tenderness pour ce qu’il est : un album de bonne pop. Une fois la basse bien crinquée, les opportunités pour danser ne manquent pas.

Ma note: 7/10

Blue Hawaii
Tenderness
Arbutus Records
44 minutes

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La playlist à Boubi d’octobre 2017

Hello !

Pour la playlist d’octobre, vous y trouverez les nouvelles pièces de Baths, Blue Hawaii, Jessie Ware, Maggie Rogers, Cut Copy et Wild Beasts, qui ont tout juste annoncé leur séparation (insérez ici votre émoji préféré de bonhomme triste…)

Bon mois d’octobre les mélomanes!

Les 10 albums à surveiller en octobre 2017

Blue Hawaii – Tenderness (6 octobre)

Le duo de Raphaelle Standell-Preston (Braids) et Alex Cowan est de retour avec un deuxième album. Untogether avait déjà fait belle figure avec ses rythmes électroniques efficaces. Par contre, cette fois-ci le groupe a injecté un peu de chaleur dans ses compositions. Il sera bien de voir à quoi ressemblera l’ensemble de Tenderness. Si on se fit à Versus Game, ça risque d’être assez réussi!


 
 

Keith Kouna – Bonsoir Shérif (6 octobre)

Keith Kouna lancera son quatrième album après un hiatus en raison du retour des Goules qui a lancé Coma et qui a tourné par la suite. On voit Kouna revenir aux sonorités plus électroniques de ses deux premiers albums. Évidemment, on est loin du Voyage d’Hiver avec son rythme martelé et une énergie plus près de celle des Goules. Déjà, Shérif nous donne l’idée que ce ne sera pas de tout repos.


 

Pierre Lapointe – La science du coeur (6 octobre)

Ça promet pour le prochain album de Pierre Lapointe. Alors que Punkt n’avait pas totalement convaincu les critiques dont notre Philippe Beauchemin national. On retrouve le côté orchestral qui complète à merveille les airs pop mélodieux et efficaces. Pierre Lapointe risque de frapper un gros coup avec La science du cœur si on se fit aux deux extraits parus à ce jour. Et que dire de la magnifique esthétique visuelle de ses clips!


 
 

Beck – Colors (13 octobre)

Soyons honnêtes, on l’attend un peu avec une brique et un fanal, le nouveau Beck. On a de la misère à croire que Beck nous lancera une galette insipide pour la première fois de sa carrière, mais à ce jour les extraits parus donnent l’impression que Beck a viré du côté obscur de la pop. On remarque plusieurs détails qui nous rappellent de mauvaises réalisations de chansons à vocation populaire et radiophonique.


 
 

St. Vincent – Masseducation (13 octobre)

En voilà une qui nous effraie beaucoup moins. Annie Clark nous a habitués à des chansons de qualités et à ce jour, son nouvel album, Masseducation semble perpétuer la tradition. La mélancolique New York et l’électro-pop Los Ageless attisent notre intérêt. Il faut s’attendre tout de même à une galette plutôt émotive puisqu’elle a avoué elle-même avoir créé un album de séparation.

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