At the Drive-In Archives - Le Canal Auditif

Le Rockfest 2017 : un weekend sans embûches

Le plus gros rassemblement de « gens pas en forme qui font des moshpits sans s’arrêter pendant trois jours au Canada » s’est une fois de plus terminé, à la plus grande tristesse des punks complètement épuisés. Cette année, nous n’avons pas eu droit à de grosses déceptions ni de grosses surprises. Pas beaucoup de mésaventures par ailleurs; la température fut plus clémente qu’annoncé, l’horaire fut respecté presque parfaitement, seul un groupe fut annulé… on a vu pire à Montebello.

Vive le Québec…

La « Saint-Jean du Rockfest » ressemblait ma foi assez peu à une Saint-Jean (probablement parce que ce n’était pas la Saint-Jean). Mis à part Les Cowboys Fringants, Mononc’ Serge et Robert Charlebois, c’était plus du genre Francofolies 2.0… parce que oui, même Planet Smashers, des anglophones, nous ont fait leur set habituel en français! Ils avaient écrit les traductions sur des affiches de carton au sharpie, et leur spectacle était tout de même impeccable, comme toujours. Le seul concert en anglais fut, tenez-vous bien, Jérémy Gabriel. Son spectacle consistait à massacrer le plus de classiques états-uniens insipides que possible en trente minutes. Pour un francophone qui sait plus ou moins parler anglais, ça fait dur.

Passons aux choses sérieuses

Autour de 50 groupes par jour se sont produits sur les cinq scènes du Rockfest, je ne mentionnerai donc essentiellement que les points importants de la fin de semaine. Le festival a commencé avec Soulfly, qui a défoncé la scène principale de leur métal brésilien. Tous les membres étaient super énergiques, et malgré le coup de vieux que Cavalera prend, il sait toujours faire faire les iconiques et lassants « HEY HEY » à la foule et ça donne un bon spectacle. The Word Alive a pris la relève un peu plus tard avec un excellent spectacle très bien exécuté et très puissant qui n’aurait pu mieux se trouver que sur les petites scènes Tony Sly, avec leurs fans près d’eux.

Blind Witness nous ont une fois de plus offert une excellente performance et ce, même avec un autre batteur que le leur, car il est actuellement en tournée avec Suffocation. Leur musique est en général bien écrite au départ, mais l’exécution sur scène presque sans faille lui procure une autre couche de violence. Cabana semblait un peu fatigué par moments, mais pas assez pour déranger le concert.

Wu-Tang Clan leur a succédé directement avec une très bonne performance. Leur DJ nous a démontré quand le temps venait qu’il n’est pas qu’un pousseux de boutons comme certains; ses solos de table tournante étaient très bien exécutés. Les MCs étaient aussi bien préparés, on voit qu’ils connaissent leur musique et qu’elle a été dûment répétée. Ce n’est tout de même pas la performance hip-hop du siècle, l’aspect visuel était presque absent et c’était un peu faible au niveau des échanges avec la foule, mais l’essentiel était bien là.

Je tiens, avant de continuer, à faire une petite mention spéciale à Metalord qui a dû mentionner leur collaboration (qui s’est révélée être longue d’une seule pièce) avec Jérémy Gabriel pour que la foule daigne venir entendre leurs mauvais pastiches de Metallica. C’était un beau pied de nez, mais leur musique n’en est pas sortie plus originale.

De retour à l’excellence avec les classiques Bad Religion, qui nous ont prouvé vendredi après-midi qu’il n’y a pas d’âge ni de style pour être un punk. Les membres, tous habillés comme des monsieurs, sont aussi rodés que dans leurs jeunes temps, et aussi intelligents. Lur concert est meilleur que bien des jeunes plus énergiques, et surtout exempts de « fuck Trump » redondant et de « fuck la société » poing en l’air.

S’en est suivi Born of Osiris, qui ont offert à leurs fans une performance massive et presque sans faille. Ils jouent ensemble avec plus de chimie que de nombreux groupe beaucoup plus expérimenté qu’eux. Encore une fois, c’est une formation qui est à son maximum sur de plus petites scènes, plus proches du public. Les deux chanteurs (le principal ainsi que le claviériste) mènent la foule avec brio du début à la fin, en faisant mentir l’esthétique un peu kitsch de leur band sur internet. Le groupe en live n’est pas le même que celui en studio. Les éclairages furent parmi les mieux exécutés du festival (en ne considérant pas les énormes actes comme Rammstein), dommage que le soleil fut encore assez présent.

Pépé et sa Guitare, A.K.A. le groupe le moins susceptible au monde à se produire juste en face de Bullet for my Valentine, nous avait préparé une setlist sur mesure à l’occasion du festival, avec une reprise de Ruby Soho de Rancid ainsi qu’un medley métal comprenant Slayer, Metallica, Pantera et plus. Le spectacle a pris du temps à bien accrocher l’audience, mais une fois terminer, tout le monde en voulait plus! Ce devait être une des meilleures performances de Pépé dont j’ai eu connaissance; l’interaction avec le public était bien placée et appropriée, et la musique était très bien exécutée comme toujours. J’ai fini par manquer BFMV, que j’avais prévu aller voir, hypnotisé par son folk rassembleur.

Si l’on attendait assez longtemps ce soir-là, on pouvait apercevoir les subtils et distingués Rammstein sur la scène principale. Le sextuor nous avait concocté un concert à l’image de leur musique : perfectionniste, dense, sensationnaliste et puissante à souhait. Pyrotechnie, explosions, lance-flammes, gaz, effets spéciaux, lumières, tout y était dans cette performance théâtrale réglée au quart de tour. La scène gigantesque était bondée de matériel pour faire ci ou ça à une ou deux reprises pendant le spectacle d’une heure et demie. Il n’y avait réellement aucune faille dans cette performance où le spectacle a complètement transcendé la musique du groupe, qui a pourtant été exécuté avec tout autant de précision. La formation prend vraiment tout son sens sur une scène; c’est comme s’ils s’étaient rendu compte que leur musique un peu redondante avait besoin d’un bon boost en direct. Ce fut un magnifique point d’exclamation à cette première journée bien remplie.

Jamais deux sans trois…

La deuxième et dernière journée principale fut moins chargée, mais les performances qui s’y donnèrent furent tout sauf décevantes. Ça a commencé avec Anti-Flag, qui a réchauffé les punks déjà bien chauds sur un moyen temps avec une performance énergique et captivante. Avec une couple de susmentionnés « fuck la société » et « fuck Trump » (à quoi s’attendre de moins d’un groupe au nom aussi subtil qu’Anti-Flag!), le moshpit en était un révolutionnaire en maudit. Le groupe bientôt quadragénaire de Pittsburgh se sentait bien en forme; la musique était vacillante, mais l’énergie était énorme. Peu après une reprise de Shoud I Stay or Shoud I Go de The Clash, Chris#2 (chanteur et bassiste) et Pat Thetic (batteur) sont allés jouer la dernière pièce au milieu de la foule, au grand malheur des gardes de sécurité qui tentaient tant bien que mal de contenir les révolutionnaires en chaleur.

Il fallut attendre le milieu de l’après-midi pour avoir un autre aussi bon spectacle, cette fois d’un style très différent. The Specials a allumé quelques joints à distance avec leur ska/soul/reggae bien dansant. On assistait par moments à une belle recherche sonore au niveau des guitares et des claviers, et malgré le petit manque d’énergie des vieux membres, ils avaient une belle chimie entre eux.

Les massifs suédois Meshuggah ont tout bonnement déclenché leur iconique apocalypse pendant trois-quarts d’heure sur la scène Jägermeister, attirant du même fait le déluge sur Montebello (il y a certainement corrélation à faire). Rien de nouveau ne peut être raconté sur les performances de ce groupe en live : ils sont d’excellents musiciens, ils connaissent leur musique sur le bout de leurs doigts, leur son est gargantuesque et leur attitude scénique est parfaitement en phase avec leur œuvre. C’est sans surprises une autre des meilleures performances de la fin de semaine.

Le soleil se couchait pour la dernière fois sur le Rockfest 2017 quand Converge se sont mis à pulvériser pesanteur et vocifération sur les pauvres punks palpitants. L’énergie que dégage ce groupe est incommensurable; soit tous sauf le guitariste étaient sur le speed, soit ils sont inhumainement infatigables. Les quatre membres étaient bien rodés malgré la complexité de leur musique, et c’est assez contre-intuitif considérant tous les mouvements qui n’étaient pas dédiés à jouer de leur instrument! On pourra voir s’ils sont capables de garder leur énergie surhumaine plus d’une demi-heure en août au Metropolis.

At the Drive-In succédèrent à Converge avec la même énergie disjonctée en nous jouant un mélange de leurs plus gros classiques et de pièces tirées de leur nouvel album. Le chanteur et son éternel afro ont sauté partout pendant une heure un peu au détriment de sa performance vocale, mais sans graves conséquences. Tous les musiciens étaient d’ailleurs un peu vacillants par moments, et ce surtout lors de changement de métrique, or dans ce type de performance la performance visuelle est presque aussi importante que la musique. C’était d’autant moins dramatique quand on regardait la réaction du public, qui attendait le groupe depuis la programmation de l’année précédente (le quintette n’avait pas pu passer la douane).

Les deux dernières performances du festival ne furent pas les moindres, au contraire; Queens of the Stone Age ont donnés le coup de grâce aux planches de la scène Budweiser, comme une antithèse de la soirée précédente. Rammstein sont au visuel ce que QOTSA sont à la musique; le groupe arrivait accompagné d’une montagne d’instruments et d’amplis pour chaque détail de leur musique, laissant l’aspect visuel complètement de côté. Il n’y avait souvent même aucun spot sur les musiciens, les laissant errer dans leur sainte recherche sonore en paix. Ils mettent la musique avant tout. C’est très en phase avec la philosophie du groupe, vestigiale des mouvements rock et hard rock plus âgé, qui ont une grande influence sur le son du groupe. Les arrangements étaient parfois considérablement différents des albums, souvent pour donner plus de puissance à la musique, et ce fut un franc succès. Les gars, frais sortis du studio, jouent comme s’ils n’avaient jamais arrêté de tourner, et ça donne un autre spectacle perfectionné au quart de tour qui a un effet bœuf sur l’audience. Dommage qu’ils aient arrêté leur set dix minutes avant leur temps, tout le monde en aurait pris plus.

La classique pluie de larmes de punks en deuil du Rockfest dut attendre un brin, parce que Mononc’ Serge et Anonymus renouvelaient leur partenariat de plus belle avec leur spectacle du temps des fêtes. La justification de Mononc’ pour avoir gardé le concept a été aussi absurde que toutes ses introductions, on suppose donc que le quintette n’aimait que trop leurs habits rouges. Pour ceux qui connaissent, il est inutile de mentionner que le concert était lui aussi presque sans faille. Ils interprétèrent les classiques de leur discographie, au grand bonheur des festivaliers qui se reconnaissaient maintenant tous dans L’âge de Bière.

Ceci mit fin au Noël des punks avec une élégance proportionnelle à celle du festival (« And a home delivered bucket of fried chicken »). Avec une édition comme celle-ci, ça donne le goût que Noël revienne chaque année. Maudite bonne chose que ce soit le cas!

http://www.montebellorockfest.com/

Critique : At The Drive-In – in•ter a•li•a

Décidément, mai est le mois des grands retours. En effet, au moment même où le groupe shoegaze Slowdive fait paraître son premier album en 22 ans, la formation texane At the Drive-In nous revient avec son emo-punk-hardcore enragé sur in•ter a•li•a, un premier disque en 17 ans. Mais alors que le retour de Rachel Goswell et sa bande nous a séduits, celui des seconds nous laisse un peu perplexes.

En fait, in•ter a•li•a sonne comme si le temps n’avait eu aucune prise sur le chanteur Cedric Bixler-Zavala et le guitariste Omar Rodríguez-López, les deux cerveaux derrière At the Drive-In, aussi connus pour avoir fondé The Mars Volta après la dissolution de leur premier groupe en 2001. Ainsi, les gars sont toujours aussi enragés, comme en témoignent l’énergie brute de ces onze nouvelles chansons et les thèmes qu’elles abordent. Mais contrairement à un album comme In/Casino/Out, un classique du genre paru en 1998, ce nouvel opus manque de nuances.

Techniquement, le groupe complété par le guitariste Keeley Davis, le bassiste Paul Hinojos et le batteur Tony Hajjar se révèle tout aussi solide, avec des riffs acérés et des pièces aux métriques souvent irrégulières, sans jamais verser dans le prog à se casser la tête. Mais l’album souffre d’un manque de mélodies puissantes à entonner à tue-tête, comme l’ado qu’on était quand At the Drive-In a surgi sur la scène punk-hardcore au milieu des années 90. Pourtant, la voix de Bixler-Zavala conserve son timbre unique malgré le passage du temps, capable des envolées les plus aigües, tel un Geddy Lee en colère. Sauf que l’ensemble manque de raffinement.

Le ton est donné dès le premier titre, No Wolf Like the Present. Le riff est implacable, certes, typique de la bande originaire d’El Paso, mais on ressent vite un essoufflement dans le refrain, tandis que Bixler-Zavala répète le titre de la chanson jusqu’à plus soif. La décharge se poursuit sur Continuum, un autre titre qui ne nous laisse aucun répit. Ici, la voix est enrobée d’un écho qui agace. L’album semble d’ailleurs souffrir d’un excès de production qui donne quelque chose d’un peu générique à l’ensemble. On s’étonne même de penser à Limp Bizkit, et ce n’est pas un compliment, alors que la formation a toujours été au mieux avec un son plus brut, abrasif.

Le tout est livré à vive allure, mais au final, peu de pièces nous laissent un souvenir mémorable. Governed by Contagions reste une des plus solides, tout comme la très réussie Hostage Stamps, qui permet au moins de clore l’album en beauté avec un riff à inscrire parmi les plus redoutables de la discographie du groupe. Même chose pour Call Broken Arrow, une des pièces les plus techniques et les plus proches de l’univers prog-rock à la Mars Volta. Mais on en aurait voulu beaucoup plus…

En entrevue, At the Drive-In a dit que les textes d’in•ter a•li•a avait été vaguement inspirés par l’univers du romancier de science-fiction Philip K. Dick. De nombreux titres évoquent d’ailleurs l’idée de paranoïa, de tyrannie et de surveillance, en écho sans doute à notre époque. On aurait pu croire justement que le retour de la formation sur disque constituerait le remède dont nous aurions besoin en ce moment, ne serait-ce que pour canaliser notre frustration collective. Il faudra attendre.

Ma note: 5,5/10

At the Drive-In
in•ter a•li•a
Rise Records
41 minutes

http://www.atthedriveinmusic.com/

Les 3 étoiles du 24 février 2017

Julien Sagot – Les sentiers de terre

Cette semaine, on a eu droit à quelques bonnes nouvelles. La Nasa a découvert trois planètes au potentiel d’eau liquide dans une galaxie pas si près, mais pas si loin. Le Canadiens a aussi battu les Rangers. Pis Julien Sagot nous a annoncé un nouvel album à paraître au début avril. Pour accompagner la bonne nouvelle, le simple Les sentiers de terre est venu nous chouchouter les oreilles. La pièce onirique compte sur l’apport de Frannie Holder (Random Recipe, Dear Criminals). C’est à la fois marginal, aérien et ancré. On a hâte!

At The Drive-In — Incurably Innocent

Autre bonne nouvelle apprise cette semaine, At The Drive-In fera un retour en album le 5 mai prochain. La troupe de Cedric Bixler-Zavala, Omar Rodriguez, Paul Hinojos, Tony Hajjar et Keeley Davis lancera un premier album en 17 ans. Ce n’est pas anodin. Pour nous ouvrir l’appétit, Incurably Innocent nous rappelle de leur capacité à faire grincer des guitares. Bixler-Zavala se fait aller les cordes vocales qui frôlent souvent les aiguës et ça donne de l’espoir pour In•Ter A•Li•A.


 

Wilsen — Garden

On termine avec le groupe de Brooklyn nommé Wilsen, signé chez Secret City Records (Patrick Watson, The Barr Brothers). Menée par la talentueuse Tamsin Wilson, la formation donne dans le folk fantomatique assez mélodieux, merci. On y trouve aussi des touches d’électronique efficaces et des atmosphères riches. Leur album, I Go Missing In My Sleep, verra le jour le 28 avril prochain. En attendant, on peut se gâter avec Garden.

Critique : Gone Is Gone – Echolocation

Echolocation est le premier disque complet de Gone Is Gone, une formation composée de membres d’At The Drive-In (Tony Hajjar), Mastodon (Troy Sanders), Queens Of The Stone Age (Troy Van Leeuwen) et du compositeur de musique de film Mike Zarin. Pour ceux qui seraient tentés de référer à Gone Is Gone comme un super-groupe, libre à vous. Si la définition que vous vous faites de l’exercice vous pousse à vous attendre à des chansons fédératrices et ultras accrocheuses à la Velvet Revolver, alors vous n’êtes peut-être pas à la bonne place.

Car Echolocation est un premier effort dense, pesant et brumeux à souhait. Et même si ses propositions stratifiées ne négligent pas la mélodie, il n’en demeure pas moins qu’Echolocation, comme l’EP qui l’a précédé en 2016, est un album complexe. Sans être inaccessible, c’est un album que l’on doit apprivoiser tout de même pour en déceler toutes les subtilités. Pour le dire de manière plus directe : contrairement à plusieurs œuvres de super-groupes, Echolocation semble guidé par une vraie démarche d’auteurs. Surtout, on sent que la livraison en studio n’a pas été bouclée rapidement en raison des horaires trop chargés des membres du groupe. Ce dernier point était d’ailleurs une critique que j’adressais à un autre projet du bassiste de Mastodon, Killer Be Killed.

Vous voulez une formule encore plus claire? OK. Gone Is Gone est pour les fans de Mastodon, l’équivalent d’A Perfect Circle dans l’histoire de Tool : un chapitre exploratoire. Et quelle drôle de coïncidence, Troy Van Leeuwen a été membre d’APC. Une fois ces considérations énoncées, est-il bon Echolocation? Oui, très bon.

Les Slow Awakening, Colourfade, Road et Resurge sont les moments d’ombre de ce disque. On diminue le tempo, on lève la tête vers le ciel et on plonge dans un firmament trouble. Resolve est aussi du nombre des chansons plus introspectives, mais accroche par sa mélodie qui n’aurait pas fait rougir le bon Ken Andrews de Failure (qui signe d’ailleurs le mixage, toute est dans toute). Pawns, Ornament, Gift et Fast Awakening exploitent davantage la force de frappe pure, de ces musiciens d’expérience et mettent en valeur les talents de compositeur de Troy Sanders. On est aussi ravi sur ces titres de se prendre en pleine gueule la guitare si caractéristique de Troy Van Leeuwen, jouée dans les aigus.

Ma pièce préférée est un élégant mélange de ces deux niveaux d’intensité. La pièce qui ouvre Echolocation, Sentient, est un long déploiement d’ambiances et d’atmosphères avant l’atteinte d’un sommet d’intensité : le refrain qui culminant enfin vers un chrono de deux minutes quarante. La batterie est lente et lourde, les guitares sont d’abord tranchantes puis écrasantes le tout est orné de l’incroyable étendue vocale de Sanders. La pièce connaîtra plusieurs moments de détente avant de déployer son climax final. Un morceau hypnotique, je vous le dis.

En conclusion, Echolocation est une bonne production, un effort honnête. J’aurais aimé que les parts d’ombres et les moments plus bruts s’harmonisent mieux à l’intérieur des chansons, mais l’album est tout de même d’une grande cohérence et d’une intrigante complexité. En un mot, c’est un « grower ». Bonne écoute.

Ma note: 7,5/10

Gone Is Gone
Echolocation
Rise Records
55 minutes

http://goneisgoneofficial.com/