arca Archives - Le Canal Auditif

Les 3 étoiles du 22 septembre 2017

Björk – The Gate

Björk lancera en novembre son nouvel album, Utopia, qu’elle qualifie de « Tinder record ». Il faut dire que Vulcanira était un album qui traitait de séparation et qui reflétait les événements qui se passaient dans sa vie privée avec peu de pudeur. Utopia semble plutôt se tourner vers des solutions pour les situations actuelles. Que ce soit la présidence de Trump, le Brexit ou encore les problématiques environnementales qui se font de plus en plus menaçantes. En tout cas, on a bien hâte de voir ce que Björk va nous offrir. En attendant, The Gate, une coproduction d’Arca, est très convaincante.


 
 

Totem Tabou – Poiesis

Christian Saint-Pierre d’Odd Limbs et La Fôret Rouge est aussi impliqué dans le projet Totem Tabou qui avait fait paraître Hublot en octobre 2013. Le groupe est de retour pour nous envoyer un EP intitulé Poiesis le 27 octobre prochain. On peut déjà plonger dans la pièce-titre qui est réussie avec son rythme hachuré, sa mélodie vocale à la Queens of the Stone Age et son art rock intéressant.


 
 

Labelle – Benoîte (feat. Nathalie Natiembé)

Labelle est une musicienne de l’île de la Réunion qui vient tout juste de faire paraître un album titré Univers-île. La jeune femme sera aussi des festivités des 10 ans d’Infiné dans le cadre du MAMA qui se déroule du 18 au 20 octobre prochain. En attendant de la voir sur scène, on peut tomber en amour avec cette chanson qui mélange des rythmes autochtones à l’île africaine avec de l’électro-pop et une mélodie vocale réussie. Le tout accompagné de Nathalie Natiembé, une chanteuse de maloya, un style de musique unique à l’île de la Réunion.

Les 50 meilleurs albums de 2017… à date…

Voici donc ce moment si plaisant de l’année où on vous fait un inventaire des sorties remarquées. Parmi celles-ci, on retrouve que des albums ayant obtenu la note de 8 ou plus. Rien de moins! On vous offre la crème de la crème sur un plateau. Pour vous faciliter la tâche, nous avons regroupé les albums par genre tout en faisant une catégorie spéciale pour nos bons produits locaux, qu’ils soient anglophones ou francophones. Bonne écoute.
 
 

From Québec with love

Peter Peter – Noir éden
Colin Stetson – All This I Do For Glory
Philippe B – La grande nuit vidéo
Kid Koala – Music To Draw To : Satellite
Tim Darcy – Saturday Night
Leif Vollebekk – Twin Solitudes
Mat Vezio – Avant la mort des fleurs cueillies
Samuele – Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent
TOPS – Sugar at the Gate

Hip-Hop / R&B

Run The Jewels – Run The Jewels 3
Loyle Carner – Yesterday’s Gone
Sampha – Process
Thundercat – Drunk
Kendrick Lamar – Damn.
Vince Staples – The Big Fish Theory
Lomepal – Flip
Ho99o9 – United States of Horror
Jay-Z – 4:44

Folk

Mount Eerie – A Crow Looked At Me
Fleet Foxes – Crack-Up

Rock

Nine Inch Nails – The Fragile : Deviations I
Polaroid3 – Rivers
Slowdive – Slowdive
Oxbow – Thin Black Duke
Flotation Toy Warning – The Machine That Made Us
The XX – I See You
Ty Segall – Ty Segall
Foxygen – Hang
The Sadies – Northern Passages
Dirty Projectors – Dirty Projectors
Vagabon – Infinite Worlds
Future Islands – The Far Field
Feist – Pleasure
King Gizzard & The Lizard Wizard – Flying Microtonal Banana

POP

Lorde – Melodrama

Punk/Hardcore

Meat Wave – The Incessant
Pissed Jeans – Why Love Now
USA Nails – Shame Spiral
Priests – Nothing Feels Natural

Métal / Post-Rock

Grails – Chalice Hymnal
Pallbearer – Heartless
King Woman – Created in the Image of Suffering

Électronique / expérimental

Clark – Death Peak
Arca – Arca
Xiu Xiu – Forget
Pharmakon – Contact
Tigran Hamasyan – An Ancien Observer
Jlin – Black Origami
Bonobo – Migrations
Com Truise – Iterations

Bonne deuxième moitiée (déjà entamée) de 2017 les mélomanes!

Critique : Arca – Arca

Alejandro Ghersi est un habitué des productions trash et expérimentales. Après avoir travaillé avec quelques artistes de génie par le passé, et l’on parle ici de gros noms comme Björk, Kanye West, Frank Ocean ou FKA Twigs, il est retourné à la production de contenu solo sous son projet Arca. Après des albums particulièrement sombres, chaotiques et troublants, parfois même violents, dans les dernières années, Arca marque un pas important.

Plus calme et rêveur, l’album se veut une communion avec le personnage Arca et Ghersi lui-même. Se livrant, redécouvrant ses origines vénézuéliennes en chantant en espagnol, Ghersi nous montre un aspect réel et profondément humain de sa production que l’on n’avait jamais encore vu aussi clairement. Principale innovation : l’artiste reprend la place d’honneur de ses productions par le chant, chose qu’il n’avait que rarement faite depuis son adolescence. L’innovation vient donner une vulnérabilité palpable aux chansons de l’album. C’est totalement déroutant lorsque l’on considère les productions monolithiques et plus grandes que nature de Mutant (2015) et Xen (2014), qui s’imposaient avant tout par leur force.

Les pièces d’Arca sont aériennes, cathédralesque même au niveau de l’environnement sonore, à un point où l’on ne peut qu’être sublimé par des moments forts comme Piel, Reverie ou Sin Rumbo. Si ces productions restent résolument contemporaines, des influences classiques s’y intègrent ça et là avec facilité pour accentuer le tout. Quoi demander de mieux dans un album purement romantique comme celui-là? À l’inverse, un Desafio vient embrasser le passé plus pop de l’artiste. Une surprise bienvenue pour détendre un peu l’atmosphère méditative et parfois douloureuse du reste du disque. Ces aspects divers finissent par rendre l’écoute plus facile que ses arides opus précédents. On ne parle pas d’une écoute nécessairement très accessible, mais qui offre du moins une porte d’entrée intéressante à la carrière solo du DJ établi à Londres.

Bref, Arca s’impose réellement comme un essentiel de 2017, mais également de la musique électronique en général. Ghersi est un pionnier qui aura réussi à populariser lentement, mais sûrement, un pan complet de la techno expérimentale qui restait inconnue aux yeux du grand public, sans toutefois se dénaturer. Un exploit qui exige reconnaissance.

Ma note: 9/10

Arca
Arca
XL Recordings
43 minutes

http://www.arca1000000.com/

Arca – Mutant

ArcaLe Vénézuélien d’origine, Alejandro Ghersi, mieux connu sous le nom d’Arca, a fait énormément de chemin en quelques années. Quand il a quitté le quartier cossu de Caracas de son enfance pour aller étudier la musique à l’étranger, Ghersi ne pouvait certainement pas s’imaginer qu’il était à quelques années d’être étroitement associé au travail de grosses pointures comme Kanye West et Björk, et de stars en ascension comme FKA Twigs.

En parallèle à ces collaborations de haut niveau, Arca travaille à des projets solos ambitieux et de haute qualité. Depuis ses premiers mini-albums, sa musique dégage une étrange sensualité synthétique qui le place dans le voisinage du R&B alternatif, mais qui utilise un vocabulaire stylistique extrêmement vaste, allant de l’IDM abstraite d’Autechre à la musique de chambre soignée et délibérée de type Beethoven ou Philip Glass. Ces références peuvent sembler lourdes, voire impossibles à porter, mais Arca y arrive de façon convaincante, du moins quand il ne se perd pas dans un concept trop hermétique.

Plus tôt cette année, Ghersi avait présenté le montage sonore Sheep, une commande pour un défilé du collectif de mode Hood by Air. Le ton de cette composition était particulièrement assuré et irrévérencieux, moins attaché qu’auparavant à ses influences et à ses prédécesseurs. Ce que Mutant nous offre au cours de ses soixante-deux minutes, c’est le large éventail de ce qu’Arca sait faire, tant sa récente assurance que le travail d’orfèvre auquel il nous a habitués. Parfois intensément rythmées, parfois ancrées sur des boucles asymétriques qui tiennent à peine debout, parfois délicatement et mélodiquement assemblées, parfois à la limite de la cacophonie, les compositions d’Arca sont remarquablement variées, mais maintiennent une unité de ton grâce aux timbres qu’il choisit.

L’aspect visuel n’est pas négligé non plus dans l’œuvre d’Arca, grâce principalement à sa collaboration constante avec l’artiste visuel Jesse Kanda (qui est aussi son chum, ça aide). Les images des pochettes de ses albums tout comme ses vidéoclips reflètent bien sa musique, étrangement organique et sexuelle, mais technologiquement déformée au point d’en devenir carrément grotesque. Le couple a d’ailleurs poussé le bouchon un peu loin avec le vidéoclip de la pièce Front Load, qui a dû être retiré de YouTube pour son caractère trop explicite.

Ce ne sont donc pas les raisons qui manquent pour qu’Arca fasse parler de lui, et malgré toute cette attention, le jeune musicien n’a encore rien fait pour décevoir. Mutant est une belle et longue excursion dans son univers. Si elle nous laisse parfois sans point de référence clair, elle n’en est pas moins constamment fascinante.

Ma note: 8/10

Arca
Mutant
Mute Records
62 minutes

http://www.arca1000000.com/

Les 3 Étoiles: semaine 73

LCA_Les3etoiles
 

LYDIA KÉPINSKI – LE MORSE

Parmi notre couverture du Coup de cœur francophone, il y avait la jeune et sympathique Lydia Képinski qui s’y produisait. Située quelque part entre Klô Pelgag, Joëlle Saint-Pierre et inspirée par la musique issue de l’Europe de l’Est, la jeune femme fait de la musique pop poétique où elle s’amuse avec la langue avec une habileté notable. Découvrez là avec son premier simple intitulé Le Morse.


 

ELEPHANT STONE – THE DEVIL’S SHELTER (FT ALEX MAAS)

Elephant Stone ont collaboré avec le chanteur du groupe américain The Black Angels pour The Devil’s Shelter. Le résultat est une pièce dynamique, entraînante, accrocheuse et psychédélique à souhait. Entre les sons de la cithare et les synthétiseurs, on retrouve un lieu commun que partagent les deux groupes. Particulièrement rock, mais loin de la lourdeur, le simple vaut le détour.


 

ARCA – VANITY

Arca fera paraître Mutant la semaine prochaine et pour nous aider à patienter, le compositeur a fait paraître Vanity, le premier extrait. Le clip est aussi réalisé par Arca. Comme quoi, il possède plusieurs cordes à son arc. Vous y trouverez un visuel qui épouse à merveille le côté bizarre et inquiétant de Vanity.