Arbutus Records Archives - Le Canal Auditif

Critique : TOPS – Sugar at the Gate

Les montréalais de TOPS sont assez réguliers. En 2012, il lançait leur premier Tender Opposites suite à la fin de Silly Kissers dans lequel jouait Sean Nicholas Savage. Puis en 2015, c’était le bien appréciable Staring at You qui avait collectionné quelques bonnes critiques. Le groupe fait dans l’indie-rock avec une très lourde tendance pour la mélodie pop en grande partie en raison de la voix veloutée de Jane Penny.

Sugar at the Gate est sans aucun doute le plus réussi des albums de la formation. TOPS frappe un bon coup dans un style duquel on pensait avoir fait le tour. Avec ses multiples facettes et différentes approches sonores, ce nouvel album frappe le mile à plusieurs reprises et malgré l’éclectisme du son, la voix de Penny rassemble et tient le tout ensemble merveilleusement.

Par où commencer? Cloudy Skies qui ouvre l’album se rapproche de ce que faisait Chairlift. Penny est à s’y méprendre à Caroline Polachek par moments. Est-ce que ça semble pastiché, presque… mais la chanson est tellement efficace et la mélodie intoxicante, qu’on en oublie tout rapprochement rapidement. Petals nous offre une autre approche beaucoup plus dynamique autant dans le riff de guitare qui s’inspire du funk mais l’utilise avec une attaque indie-rock. C’est tout simplement magnifique. Penny est encore une fois impeccable dans ses mélodies et lorsque le chœur embarque lors du refrain, on flotte en apesanteur.

Les guitares plus bruyantes sur la très convaincante Dayglow Bimbo (no sample) avant qu’on pénètre dans la moitié plus douce de Sugar at the Gate. N’en reste pas moins que Cutlass Cruiser est encore assez dynamique et surtout fait miroiter un autre côté de la voix de Penny qui soudainement se fait plus caractérielle. Ça fonctionne une fois de plus.

TOPS lance un troisième album très convaincant aux mélodies pop intoxicante. Il livre plusieurs chansons qui agissent en tant que vers d’oreille et s’y logent pour rester. Sugar at the Gate est un excellent titre qui reflète bien ces mélodies sucrées qui sont faciles à digérer et nous donne un petit rush de sucre.

Ma note: 8/10

TOPS
Sugar at the Gate
Arbutus Records
37 minutes

http://tttopsss.com/

Critique : Lydia Ainsworth – Darling of the Afterglow

Lydia Ainsworth lançait dernièrement Darling of the Afterglow, son deuxième album, qui fait suite à Right From Real, paru en 2013. Contrairement à son premier album qui avait été composé dans la solitude de sa chambre à New York, le nouvel opus lui a été écrit à différents endroits à travers l’Amérique du Nord. Une réalité différente qui amène aussi une couleur différente à la musique de la jeune femme qui fait dans l’électro-pop inspirée de Björk, Fever Ray et un peu de Grimes.

Darling of the Afterglow est un sympathique album qui donne encore la mesure de la voix magnifique de Lydia Ainsworth et de sa capacité à créer des compositions intéressantes et mélodieuses. Bien que l’album soit plus lumineux que Right From Real, il reste tout de même dans la même lignée musicale. Ainsworth ne fait pas de bourde mémorable sur la nouvelle galette, mais ne nous surprend pas non plus.

Ses compositions sont intéressantes et mélodieuses, mais très souvent l’un ou l’autre et non l’un et l’autre. Il y a tout de même de belles exceptions. La Fever Ray – esque pièce d’ouverture, Afterglow, fait partie des bons coups de l’album. Le fan de la compositrice suédoise par contre, risque de trouver que les similarités dans les rythmiques et les choix de sonorités, sont un peu trop claires. I Can Feel It All, est une autre pièce qui fait son effet avec son air contagieux. Dans celle-ci, Ainsworth démontre ce dont elle est capable vocalement et c’est tout à fait plaisant pour les tympans.

Sa reprise de Wicked Game, a ça de bon. Elle évite les pièges du maniérisme, chose que Chris Isaak n’a pas su faire. Cela permet d’apprécier la sobriété et l’authenticité de la chanson tout de même assez simple. Certaines chansons par contre, sont franchement décevantes. La sirupeuse What Is It est fade et fait appel aux lieux communs de la pop de bas étage. Est-ce Jessica Simpson ou Lydia Ainsworth qui chante? Et j’exagère à peine. Ricochet pour sa part alterne entre des moments plaisants et un refrain qui sent le macaroni au fromage réchauffé au micro-onde et encore tiède. Bref, c’est en deçà de ce à quoi Ainsworth nous a habitués.

Dans l’ensemble, il y a quelques bons coups sur Darling of the Afterglow, mais aussi beaucoup de référence à des artistes aussi disparates que toujours actifs. Elle nous offre encore quelques bonnes ritournelles de pop audacieuse, mais à de nombreux endroits, elle nous envoie de la pop sirupeuse et complètement sans intérêt.

Ma note: 6,5/10

Lydia Ainsworth
Darling of the Afterglow
Arbutus Records
41 minutes

http://lydiaainsworth.com/