Adam Granduciel Archives - Le Canal Auditif

Critique : The War On Drugs – A Deeper Understanding

On aime ou on déteste la musique de The War On Drugs. Ce groupe polarise, car il tire ses influences d’un « classic rock » à la Springsteen, Dire Straits, Fleetwood Mac, Tom Petty & The Heartbreakers, etc. Une époque révolue, morte et enterrée, pour bien des mélomanes jeunes et moins jeunes. D’autres, comme moi, respectent grandement le travail de la formation, car en plus de garder la flamme bien vivante de ce rock anachronique, le sextuor réussit subtilement à le moderniser en y ajoutant un quelque chose d’indéfinissable tirant ses origines des balbutiements du shoegaze.

En 2014, The War On Drugs est passé à la vitesse supérieure avec la sortie du magnifique Lost In The Dream; une chevauchée dans un monde aussi contemplatif que douloureux, celui du torturé Adam Granduciel. Pour son 4e album studio, le meneur a changé le mal de place en déménageant ses pénates – et ses acolytes – momentanément à Los Angeles. Fort de sa signature avec la maison de disques mastodonte, Atlantic Records (pour ne pas la nommer), le groupe revient avec A Deeper Understanding.

Un disque inspiré par le vieillissement du corps et de l’esprit, celui qui réconcilie avec le passé, celui qui apaise et efface les regrets… Même si Granduciel n’a pas résolu tous les tourments intérieurs qui l’assaillent – ce spleen perpétuel – l’homme tente de garder la tête hors de l’eau et nous propose une création émouvante et, malgré tout, remplie d’espoir.

Même si les mélodies vocales sont prévisibles, même si les changements d’accords semblent répétitifs et même si les atmosphères sont similaires d’une pièce à l’autre, il y a une force indicible qui prend aux tripes; une sincérité désarmante qui fend le cœur. Le dernier disque à m’avoir autant ému était A Rush Of Blood To The Head quand Coldplay faisait encore de la musique. À bien y penser, A Deeper Understanding fait partie de la même famille que la référence mentionnée et pourrait catapulter le groupe à un niveau de popularité inégalée.

Dans la vie, il y a la tête et il y a le cœur. Il y a aussi l’âme… pour ceux qui y croient. Et chez The War On Drugs, c’est le cœur et l’âme qui s’expriment sans fard. Dans une société qui a de monstrueuses difficultés à souder l’intellect à la conscience, la musique du groupe peut forcément rebuter. Sans atteindre le même niveau de qualité chansonnière que Lost In The Dream, Granduciel réussit son pari de nous procurer, et ce, pendant plus d’une heure, une abondance de frissons et de mélodies à faire pleurer le plus insensible, le plus « tough » des hommes.

Bien entendu, comme toute création du groupe, ça s’écoute d’un bout à l’autre, sans interruption, mais quelques chansons valent franchement la peine d’y revenir. La conclusion triomphale (solo de guitare inclut) dans Pain, l’extrait à écouter dans votre auto, les vitres baissées si possible, intitulé Holding On et la délicieusement vaporeuse, d’une durée de 11 minutes, titrée Thinking Of A Place font office de chansons phares de cet excellent album.

Malgré la répétitivité de la formule, Adam Granduciel nous bouleverse avec une authenticité des plus honorables. Ceux qui les avaient en aversion entretiendront bien sûr leur détestation (on ne s’en sort pas !) et les fans, eux, seront aux oiseaux.

Un véritable pourvoyeur de frissons comme il s’en fait très peu.

Ma note: 8/10

The War On Drugs
A Deeper Understanding
Atlantic Records
66 minutes

http://www.thewarondrugs.net/albumannounce/?ref=https://www.google.ca/

Les 10 albums à surveiller en août 2017

Dead Cross – Dead Cross (4 août)

Dead Cross est un nouveau groupe de punk hardcore à apparaître sur la scène californienne. La formation est composée de membres qui ont tous fait leurs preuves auparavant : Mike Patton (Faith No More et Fantômas), Mike Crain (Retox), Justin Pearson (Retox et Head Wound City) et Dave Lombardo (ex-Slayer et Fantômas). Patton est toujours aussi excentrique et ses maniérismes vocaux collent à merveille à la musique brutale du groupe.


 
 

Oneohtrix Point Never – Good Times OST (11 août)

Le musicien Danien Lopatin lancera à la mi-août la trame sonore du film Good Times, un drame judiciaire réalisé par Ben et Josh Safdie et qui a été sélectionné pour la compétition officielle de la Palme d’Or à Cannes. D’ailleurs, Oneohtrix Point Never a remporté le prix de la meilleure trame sonore de film pour celui-ci lors du festival. En attendant le reste de l’album, vous pouvez vous remplir les oreilles de la touchante et émouvante The Pure and the Damned sur laquelle chante Iggy Pop.


 
 

Photay – Onism (11 août)

Photay est le nom de scène d’Evan Shornstein. Ce jeune compositeur de musique avait fait tout un tabac avec son premier EP en 2014. Voici qu’il lancera un premier album en bonne et due forme, le 11 août prochain. Si l’on se fie aux simples parus à ce jour, le jeune homme réussi toujours à naviguer dans les eaux de l’électronique d’avant-garde tout en y insérant un minimum de mélodie. C’est très convaincant.


 
 

Cloakroom – Time Well (18 août)

Cloakroom est un groupe à la mélancolie pesante qui avait fait paraître le très appréciable Further Out en 2015. Voici qu’ils reviennent avec Time Well qui semble se poursuivre dans la même veine de tristesse distorsionnée. Seedless Star exulte ce son qui se se rapproche des chansons plus douces de Deftones et celles des groupes emo des années 90 comme Sunny Day Real Estate et Pedro The Lion.


 
 

Grizzly Bear – Painted Ruins (18 août)

Le groupe américain Grizzly Bear s’apprête à lancer son 5e album, Painted Ruins, en août. Ceux qui avaient très bien fait sur Shields sauront-ils offrir un autre album d’aussi grande qualité? Quatre simples sont apparus sur le net dans les deux derniers mois et à date, on peut dire que c’est très satisfaisant pour les tympans. Leurs mélodies vocales sont toujours aussi riches, leurs trames originales et leur son nuancés.


 
 

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