2016 Archives - Le Canal Auditif

Les 20 meilleurs EP de 2016 selon LP Labrèche

20. Dear Denizen – Now Here

Paru en toute fin d’année, le groupe mené par Ngabonziza Kiroko a pondu un Ep où le soul détient une place de choix. Si Mumford and Sons ne faisait pas de la musique plate, ça se rapprocherait de ce qu’on trouve sur Now Here. Ça élève l’âme avec des refrains fédérateurs et puissants et évite tous les pièges du convenu.


 
 

19. Cri – Tell Here

Les années passent et la scène électro montréalaise se développe de belle manière. Cri est un exemple de ce qu’on peut offrir dans l’électro sensuel avec des touches de R&B et de pop. Tell Her est son EP le plus achevé et surtout une œuvre à la fois dansante, mélodieuse, intelligente et bien tissée. Je m’attends à ce qu’il soit un gros nom planétaire dans les 3 prochaines années à l’instar de Kaytranada.


 
 

18. Thomas Monica – Delta mystique

Thomas Monica piquait ma curiosité lorsqu’il avait fait paraître son premier EP, mais Delta mystique affirme son talent indéniable. On y trouve de la pièce pop-rock bien composé avec des refrains mélodieux à souhait. Le français nous offre 15 minutes de plaisir qu’on espère bientôt pouvoir convertir en un album complet. Il serait temps!


 
 

17. Loïc April – Div/sion

L’ex-Protofiev a lancé en janvier dernier un premier EP en solo. Les trois chansons de Div/sion sont toutes excellentes. Vous pouvez vous attendre à un mélange de punk mélodieux à la Weezer, de post-punk inventif et de textes bien écrits. La lourde et mélancolique Nos mémoires, la bruyante Fantôme et la dynamique Ne rien faire sont délicieuses.


 
 

16. On a créé un monstre – Théâtre des catastrophes

La bande d’OACUM fait généralement dans la musique à la distorsion bien présente. Voilà qu’ils ont décidé d’aller dans une nouvelle direction qui leur sied très bien. Ils ont laissé de côté la distorsion pour inclure plus de pianos et laisser libre cours à leur don pour la mélodie efficace. C’est surprenant et totalement réussi particulièrement sur Par-dessus bord et Kaléidoscope.


 
 

15. Bronswick – Chassés-croisés

Catherine et Bertrand font de la chanson en français de qualité. Signée chez Lisbon Lux (Le Couleur, Paupière), la paire offre de la musique électro de qualité avec de très belles mélodies efficaces. La vaporeuse Un degré de séparation fait partie des meilleurs moments d’un EP qui flatte gentiment les tympans. Insomnie fait aussi belle figure avec ses basses plus lourdes et sa trame dynamique.


 
 

14. Solids – Else

Solids nous est revenu cette année avec un EP des plus lourd, bruyant, mélancolique et mélodieux. Bref, tout ce qui m’a toujours plus chez le duo montréalais. Plus gras que jamais, Else nous propose quatre nouveaux titres qui valent le détour. La délicieuse Blank Stare, la lourde et dissonante Wait It Out ainsi que l’entraînante Blurs vous feront passer d’excellents moments.


 
 

13. Abakos – New Constellation

Le duo de Pierre Kwenders et Ngabonziza Kiroko (Dear Denizen) a fait paraître un premier EP cet automne. Leur projet est à la fois hyper mélodieux, aventureux dans ses trames électroniques audacieuses et leur petit côté politique. Il y a quelque chose de sombre qui habite la paire et qui se transforme en pépite d’art lorsqu’exprimé à travers la musique.


 
 

12. Navet Confit – EP 7

Notre légume mariné préféré a fait plusieurs projets marquants cette année dont son Minneapolis Normcore Karaoke Mixtape. Parmi ceux-ci se trouve l’EP 7 qui en plus d’inclure la chanson Ton Voyage tiré de son LOL, compte sur 4 chansons qui n’ont pas fait l’album. C’est parfois mélancolique à souhait et beau, surtout sur Triangles et parfois fuzzé à souhait sur Vers la mer ou vers le ciel.


 
 

11. Baby In Vain – For The Kids EP

Baby In Vain est en voie de devenir l’export le plus intéressant du Danemark loin devant Lars Eller. Le trio tout féminin affectionne particulièrement la lourdeur et les guitares à la distorsion chaude et enveloppante. La Brute du Rock salive chaque fois que l’EP s’entame et arrête de déverser sa bave sur le sol lors des dernières notes de Worthwhile. Ce n’est pas peu dire.


 
 

10. Le Husky – Échec éros

Ça faisait très longtemps que Yannick Duguay ne nous avait pas livré de la nouvelle musique. Sa dernière parution datait de 2010 avec La Fuite. Heureusement, nous avons eu droit à l’excellent EP Échec éros cette année. De la sublime Dans la neige à l’entraînante et groovy Les chiens, l’auteur-compositeur-interprète démontre qu’il n’a pas perdu la main pour deux sous.


 
 

9. Vince Staples – Prima Donna EP

Vince Staples avait fait belle figue avec l’album Summertime ’06 et le jeune rappeur en a remis cette année avec ce mini-album de sept titres. Prima Donna est un peu plus expérimental que son travail précédent et frappe dans le mile à plusieurs reprises. La chanson-titre, une collaboration avec A$AP Rocky, est particulièrement réussi avec ses rimes qui rentrent à la vitesse d’un TGV et son refrain surprenant.


 
 

8. Laura Babin – Water Buffalo

Après deux ans et demi de silence, Laura Babin est revenue avec un excellent EP de quatre titres en novembre dernier. La pièce maîtresse, la chanson-titre, offre de moments sublimes de montée musicale. La jeune musicienne offre une interprétation plus solide que jamais et crée des ambiances efficaces qui se perdent souvent dans la réverbération et les atmosphères riches.


 
 

7. Charlotte Cardin – Big Boy Ep

Je pense qu’on peut dire honnêtement que l’année 2016 a été marquée par Charlotte Cardin qui a fait sa place dans le milieu musical. À coup de trames sensuelles et de pièces mélodieuses, elle a charmé les mélomanes avides de pop qui flirte avec le jazz, le blues et le R&B. Like It Doesn’t Hurt, une collaboration avec Husser (The Posterz) et Les échardes brillent particulièrement sur ce mini-album délicieux d’un bout à l’autre.


 
 

6. Trevor Sensor – Texas Girls and Jesus Christ

Trevor Sensor a fait paraître deux EP cette année. Concentrons-nous sur le premier. Sa voix unique qui rappelle vaguement Bob Dylan et son jeu de guitare folk dynamique vaut vraiment le détour. Voilà un jeune musicien de qui nous allons entendre parler dans les prochaines années. Il possède une âme et sait la manière de l’injecter à ses chansons.


 
 

5. Rosie Valland – Nord-Est

Rosie Valland a surpris un peu tout le monde en faisant paraître un EP en mars dernier, peu de temps après la sortie de son album. La jeune femme s’est dirigée dans une nouvelle direction musicale tout en collaborant avec les mêmes musiciens : Jesse Mac Cormack, les frères Levac (Pandaléon) et Anaïs Constantin. La mélodieuse Concession, la rythmée L’isle et la poignante chanson-titre vous feront passer un beau moment.


 
 

4. Le Monde dans le feu – Le Miracle de la météo

Il se fait peu d’aussi beaux projets qui mettent de l’avant le mot et la poésie francophone que le duo dynamique du Monde dans le feu. Benoît Poirier (Jesuslesfilles) s’est donné sur ce nouvel EP qui file plus vite que la lumière. Rerepas Repupu et Source de vie sont d’excellents moments musicaux.


 
 

3. Jesse Mac Cormack – After The Glow

On va être honnête, j’attends juste le moment où Jesse Mac Cormack va exploser et que tout le monde va se rendre compte de son talent. Ce jour-là où il ne traînera plus dans les bars de Montréal. Ça arrivera, parce qu’After The Glow est une autre preuve de son immense talent de créateur de chansons. La poignante Repeat, la nuancée et touchante Addict et la surprenante Never Enough vous feront passer de beaux moments.


 
 

2. Lydia Képinski – EP

Lydia Képinski sait se débrouiller avec les mots et sur son premier EP, elle montre l’étendue de son talent. La poésie magnifique d’Andromaque accumule les couches plus vite qu’à tes neuf ans quand tu voulais sortir jouer par journée de grand froid et que ta maman s’assurait que tu ne gèles pas. M’attends-tu nous plonge dans une intimité quasi gênante et Apprendre à mentir nous colle dans les neurones.


 
 

1. La Bronze – Rois de nous

De loin l’EP que j’ai le plus écouté cette année, Nadia Essadiqi a offert un EP d’électro plus sobre et ça marche à la planche. Rois de nous, c’est une collection parfaite de chansons qui commence par la pièce-titre toute en montée magnifique, qui comprend sa reprise magnifique de Formidable de Stromae et qui compte sur la sensuelle et mélodieuse Monarque.

5 albums à surveiller en décembre 2016

FEMME ACCIDENT – SENSORY GHOST (2 DÉCEMBRE)

femmeaccidentLa formation de noise rock shoegazé Femme Accident nous revient cette semaine avec un nouvel album deux ans après l’excellent Hum. Ce qu’on entend des chansons de prime abord est magnifiquement mélodieux et plongé dans une distorsion chaude et enveloppante. Le trio a l’air en pleine forme et on a très hâte de se vautrer dans ses rythmes accrocheurs et ses airs entraînants.

 
 

 

JEAN-MICHEL JARRE – OXYGEN 3 (2 DÉCEMBRE)

jeanmicheljarreoxygene3Le producteur électronique Jean-Michel Jarre est hyperactif depuis deux ans. Après avoir fait paraître Electronica 1 et 2, il nous revient avec Oxygen 3. Le compositeur au long passé et à la renommée internationale arrive avec ce nouvel album 40 ans après la sortie d’Oxygen. Tout de même, c’est impressionnant. Est-il toujours aussi actuel? Est-il connecté à ce qui se passe sur la scène électronique et aux jeunes qui font avancer le genre? On le découvrira le 2 décembre prochain.


 
 

QUÉBEC REDNECK BLUEGRASS PROJECT – RÉGUINE ROYALE (2 DÉCEMBRE)

qrbpQuébec Redneck Bluegrass Project est beaucoup plus présent sur la scène québécoise depuis la sortie de l’excellent Scandales et bonne humeur, il y a trois ans déjà. La formation rameutée derrière Jean-Philippe Tremblay a lancé la très sympathique et délicieuse T’as-tu tué il y a deux semaines. Parions que ce sera un album parfait pour faire lever ton party de cuisine pendant les fêtes!


 
 

HODGY – FIREPLACE : THENOTTHEOTHERSIDE (9 DÉCEMBRE)

hodgyHodgy a laissé de côté le Beats pour son premier album solo. L’ex-membre du collectif Odd Future (Tyler The Creator, Frank Ocean et Earl Sweatshirt) est aussi l’une des moitiés de Mellowhype. Il reste dans les mêmes eaux musicales que son duo par contre, il est un peu plus rapide dans sa prose. Il sera intéressant de voir comment il se débrouille en solo.


 
 

NEIL YOUNG – PEACE TRAIL (9 DÉCEMBRE)

neil-young-peace-trailLes années défilent, mais Neil Young tient la route. L’auteur-compositeur-interprète lancera le 9 décembre prochain son 37e album intitulé Peace Trail. Il s’agit de son 4e en deux ans après avoir lancé A Letter Home, Storytone et The Monsanto Years. Pour cette nouvelle offrande, le barde revient à une formule plus acoustique. À surveiller!

Heavy Montréal 2016

Le festival Heavy Montréal en était à sa dixième édition cet été, et prenait une tournure plus modeste, avec une programmation réduite et un nouveau site plus petit quoique très convivial. Beaucoup ont été déçus lorsque la programmation a été annoncée. Pour certains, la déception provenait d’une trop grande place au hard rock radiophonique et cosmétiquement métal des têtes d’affiche comme Disturbed, 5 Finger Death Punch, Volbeat et Nightwish. D’autres ont été déçus plutôt par le manque de gros noms, tout simplement. N’empêche, la programmation était variée sans s’étendre jusqu’au punk rock comme dans les éditions précédentes. On ne peut jamais plaire à tout le monde, après tout! Heavy Montréal 2016 offrait des groupes de qualité dans une variété de tons de métal. Voici un aperçu de ce que j’y ai vu et entendu.

Jour 1

C’est la formation post-rock locale USA Out of Vietnam qui a lancé le bal devant une foule encore petite et pas très réchauffée. La troupe de Jonathan Cummins était la plus incongrue de la programmation, comme il l’a reconnu lui-même («C’est quoi, cet étrange groupe de roadies?»).

MONTREAL, QUE.: August 6, 2016-- USA Out Of Vietnam perform during the first day of the 2016 Heavy Montreal festival at Parc Jean Drapeau on Saturday August 6, 2016.  (Tim Snow / EVENKO MANDATORY CREDIT)

MONTREAL, QUE.: August 6, 2016– USA Out Of Vietnam perform during the first day of the 2016 Heavy Montreal festival at Parc Jean Drapeau on Saturday August 6, 2016. (Tim Snow / EVENKO MANDATORY CREDIT)

Pop Evil suivait et annonçait plus clairement de quoi aurait l’air le festival: du metalcore mélodieux, avec une forte influence de «cock rock» californien partiellement assumée. Le groupe a su gagner bien du monde à sa cause avec un set peaufiné jusqu’au dernier détail. Même les «make some noise!» semblaient tomber aux endroits prévus, avec un professionnalisme robotique.

Du côté de la scène Blabbermouth (l’idyllique scène dans les arbres), l’unique invité black metal du week-end, Inquisition, a dû être remplacé au pied levé par le death metal de crottés du groupe Vastum, qui étaient en ville pour une autre tournée la veille. De la musique aussi sombre, jouée dans la joie et en plein soleil entre les arbres, c’est un peu pour ça que Heavy Montréal vaut la peine d’être visité.

J’ai vu la suite par intermittence entre quelques rencontres (des entrevues sont à venir dans nos pages, restez à l’écoute!), mais il y a eu Fear Factory, qui jouait le thrash industriel percutant de son album classique Demanufacture en entier, puis l’intensité sauvage de Dillinger Escape Plan, et le sympathique death metal des Québécois de Kataklysm. Ces derniers ont fait bonne figure, et c’est bien malgré eux qu’ils ont été un peu surclassés par les maîtres britanniques de Carcass, qui jouait juste après. Du gros death metal mélodique livré avec un peu d’humour pince-sans-rire et énormément de précision et d’intensité. Ils n’ont pas mérité leur réputation pour rien.

MONTREAL, QUE.: August 6, 2016-- Carcass perform during the first day of the 2016 Heavy Montreal festival at Parc Jean Drapeau on Saturday August 6, 2016.  (Tim Snow / EVENKO MANDATORY CREDIT)

MONTREAL, QUE.: August 6, 2016– Carcass perform during the first day of the 2016 Heavy Montreal festival at Parc Jean Drapeau on Saturday August 6, 2016. (Tim Snow / EVENKO MANDATORY CREDIT)

Sebastian Bach attirait son lot d’admirateurs, mais je dois vous avouer que ses cris stridents à côté de la mélodie qu’il essayait d’atteindre rendaient son numéro insupportable à mes oreilles. Même Sabaton était mieux, et ce type de métal simpliste à l’européenne n’est vraiment pas mon genre. Quand un groupe place un char d’assaut avec un gros canon sur scène sans une once d’ironie, on se dit qu’il essaie de compenser pour quelque chose. Le type que Spinal Tap parodiait il y a 30 ans est encore bien vivant.

Parlant de musique ancrée dans le passé, c’était ensuite Black Label Society. Monsieur Zakk Wylde n’a pas changé depuis l’époque où il a été recruté par Ozzy Osbourne. On sait exactement à quoi s’attendre avec Zakk: les solos sont partout et toujours à peu près pareils, mais le gars a encore clairement énormément de plaisir à «zigner» sa guitare. On se demande pourquoi il a joué dix minutes de moins que prévu, cependant.

Puis à la scène en face, c’était Mastodon. Avec Troy en t-shirt vintage de Men At Work et Brent en veste western à franges, le groupe de Georgie faisait carrément figure de hipsters dans une programmation peuplée de t-shirts à têtes de mort. Les deux derniers albums de Mastodon ont divisé les fans, mais quand le groupe est en forme sur scène, tout le monde est d’accord. Il s’est brillamment repris pour l’annulation de sa présence à l’édition 2015.

L’avant-dernier groupe sur les grandes scènes était Nightwish, probablement le groupe qui aurait dû clore la journée. Leur métal à saveur symphonique synthétique est loin d’être mon genre, mais le public a été soulevé par la troupe de Floor Jansen, et il faut admettre que le groupe connaît son public et donne un spectacle efficace. Les touches pyrotechniques sont superflues, mais elles sont là et le public en redemande.

On a terminé cette première journée avec Cult Of Luna à la scène dans les arbres. Les rois européens du post-metal donnent un spectacle du tonnerre, viscéral, qui a cloué le bec de tous ceux qui avaient encore des doutes. Les convertis sont assez nombreux à Montréal pour que la troupe ait donné un spectacle supplémentaire en guise d’after-party à l’Astral dimanche soir. La formation suédoise interprétait pour l’occasion, et en intégralité, son album classique Somewhere Along The Highway. Une heure intense avant d’affronter la foule du métro…

Cult Of Luna by Pat Beaudry_001

Jour 2

La deuxième et dernière journée du festival a commencé par pas un, pas deux, mais bien trois groupes metalcore à deux chanteurs. I Prevail y passaient les premiers, pour une foule plus prête à faire la fête que celle de la veille. Un des chanteurs du groupe nous a annoncé qu’il était fier de jouer sur la même scène que Despised Icon, le premier groupe metal qu’il a vu en spectacle «dans le bon vieux temps, en 2009». Ça ne me rajeunit pas! We Came As Romans les ont suivis, exactement dans le même genre.

Après un bref coup d’œil à Despised Icon, techniquement solide, mais un peu rigide devant le public de sa ville natale, j’ai choisi d’aller plutôt voir Mantar sur la petite scène. Une fois devant eux, il n’était plus question de partir! Mantar s’impose peu à peu comme un incontournable de la musique agressive, avec des compositions simples sans être simpliste, des riffs du tonnerre et une énergie presque inquiétante.

Mantar by Pat Beaudry_004

Pendant Animals As Leaders, groupe dont chaque guitare comporte plus de cordes qu’il y a eu de chanteurs dans tous les autres groupes sur scène aujourd’hui (soit plus que six, vous me suivez?), une pluie brève, mais très abondante est venue refroidir les ardeurs. Quoique ces ardeurs n’étaient pas très chaudes, la musique djent du groupe étant un peu dense à absorber pour un public de festival. Hatebreed a su faire pas mal plus d’effet. Le groupe hardcore/thrash a participé au festival plus d’une fois et a son lot de fidèles à Montréal. Ça bougeait fort et intensément.

Ensuite, les vénérables druides allemands de Blind Guardian, groupe de nerd métal par excellence. Pas mon genre du tout, je préfère mon métal sans clavecins ni références médiévales, mais je reconnais sans hésitation qu’on n’a pas affaire ici à un groupe de deux de pique. Mes respects, messieurs.

Zakk Wylde était de retour sur la même scène pour une deuxième journée, cette fois pour présenter le matériel qu’il a lancé en solo, légèrement plus relax que celui de Black Label Society, mais bourré de solos interminables quand même. Pour fans invétérés seulement.

J’ai choisi d’ignorer Alter Bridge pour accorder toute mon attention aux vétérans du death metal Suffocation. Ayoye! D’une intensité sauvage et sans bornes, le groupe de Long Island offre l’équivalent musical d’un film gore, et une belle leçon de brutalité métal que tout jeunot devrait voir. Le chanteur original du groupe, Frank Mullen, ne se déplace plus que pour quelques concerts de choix, ceux qui selon lui en valent le plus la peine, et il était de la partie pour Heavy Montréal. Nos métalleux les plus crottés peuvent se compter choyés d’avoir pu l’entendre avec ses vieux comparses Terrance Hobbs et Derek Boyen.

Suffocation by Pat Beaudry_006

Next, Killswitch Engage, qui attirait assez de monde pour que son côté du site semble plein avant même qu’Alter Bridge ait terminé sa prestation. C’est compréhensible, le groupe offrant une compétente interprétation du thrash et du métal classique depuis déjà plus de 15 ans. À noter: une reprise féroce de Holy Diver de Dio, moment on-ne-peut-plus-métal pendant le weekend.

Il fallait vite retourner à la scène dans les arbres pour ne rien manquer des légendaires Napalm Death, les créateurs du grindcore en personne, le groupe qui a apporté le punk hardcore à sa logique la plus extrême et qui n’a pas lâché le morceau depuis une trentaine d’années. La poussière soulevée par le pit restera dans mes narines quelques jours, mais le souvenir de ce concert restera incrusté bien plus longtemps. La bande de Mark «Barney» Greenway a démontré que ce qui anime les grands groupes, c’est avant tout la passion et l’amour. Napalm Death peut sembler négatif ou misanthrope aux oreilles inattentives, mais c’est la cruauté et le manque d’amour des hommes qui leur sont impossibles à accepter. La colère est une réaction tout à fait normale, voire saine, face aux différentes formes de mépris et de haine. Je n’ai jamais ressenti autant d’amour pour le genre humain après une démonstration de musique si «pulvérisante». Transcendant!

Barney ne fait pas qu’affirmer cet amour, il l’a démontré par ses gestes en grimpant sur scène avec le groupe suivant, Volbeat, pour interpréter la pièce Evelyn qu’il avait enregistrée avec eux en 2010. La chanson cohabitait bizarrement avec leurs reprises de Johnny Cash et de Dusty Springfield, mais Volbeat est ce genre de groupe: un groupe de party qui est fait pour être écouté sans trop réfléchir.

Candlemass by Pat Beaudry_008

Ne restaient que Disturbed et Candlemass, mais pour moi le sommet de la vague était déjà passé. J’ai terminé la soirée à écouter les Suédois proto-doom de Candlemass, dont la musique est restée à peu près inchangée depuis les années 1980: fortement inspirée du NWOBHM, mais qui préfère le poids de la lenteur aux frissons de la rapidité. Une bonne façon de décompresser avant de rentrer à la maison, poussiéreux, un tintement dans les oreilles, mais très content d’avoir vécu l’expérience.

La faune de Heavy Montréal 2016 était belle à voir. À l’an prochain les métalleux!

http://www.heavymontreal.com/fr/

Sondage LCA: on veut votre avis!

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Osheaga 2016 – La programmation

logo LCAHier, c’était le dévoilement officiel de la programmation du festival Osheaga 2016. Les rumeurs incessantes sur la venue de Radiohead ont été confirmées. Ben oui, la gang à Thom Yorke va venir présenter les pièces de leur nouvel album au parc Jean-Drapeau. Gageons que cette fois, le groupe se sera négocié une clause «pas de feux d’artifice». Les deux autres têtes d’affiche sont Lana Del Rey et les Red Hot Chili Peppers. C’est sûr que pour ces derniers, la dernière fois qu’ils ont été «hot» c’était il y a plus de dix ans. Mais bon, des gars tout nus avec des bas sur les parties génitales qui gesticulent avec dynamisme, c’est toujours divertissant.

À ceux qui seront déçus, je réponds: que nenni! Parce que les «plus petits noms» contiennent quelques pas pires perles qui te feront plaisir. On compte parmi les autres noms intéressants celui de la sympathique Grimes ainsi que Flume; deux noms qu’on est bien content de voir. Le duo Disclosure saura faire danser les foules alors que Leon Bridges va les charmer. Daughter, dont le nouvel album est acclamé par la critique, fera le trajet tout comme Todd Terje & The Olsens.

Les Montréalais fouleront aussi les scènes extérieures représentées par Kaytranada, The Barr Brothers, Half Moon Run et Elephant Stone. C’est quand même une brochette honorable pour représenter La Belle Province. Parmi les inconnus qui feront triper tout le monde, il y a la rappeuse anglaise Little Simz, l’américain Jeremy Loops, Haelos et son électro délicieux et la pop de .

Plusieurs autres noms intéressants s’immiscent dans les rangs: Vince Staples, une vedette montante du hip-hop, Foals, Kurt Vile, les ressuscités Wolf Parade, Frightened Rabbit, les fous de Le Matos et les Américains Lane 8 qui font de l’électro comme il faut. Ce n’est quand même pas si pire.

C’est un rendez-vous du 29 au 31 juillet prochain!

http://www.osheaga.com/