Parkay Quarts - Content Nausea - Le Canal Auditif

Parkay Quarts – Content Nausea

WYR0714CDinsertBlablabla, Parquet Courts le plus new-yorkais de tous les groupes new-yorkais. Blablabla, Andrew Savage et sa bande blablabla… Qu’est-ce qui n’a pas encore été dit sur le quatuor texan exilé, on l’aura compris depuis, à New York? Si les poncifs se succèdent (la totalité de la presse française, c’est affolant) sur ce malheureux groupe de brave gars, la discographie de Porquay Court semble se tenir dans un ensemble homogène plein de cohérence et de grande qualité.

Abordons les nouveautés. Cette fois-ci, Parqét Kart se divise en deux. Sur Content Nausea, on ne retrouve que Andrew Savage et Austin Brown, les deux autres sont en train, je cite «l’un de finir des études de mathématiques et l’autre de fonder une famille». Le CD aurait été enregistré en deux semaines sur un pauvre magnétophone quatre pistes. Pourquoi les gars? Ne nous faites pas croire que ce n’est pas pour le style que vous avez fait ça. Bon… Après, le commun des mortels (moi le premier) s’en tape totalement de la manière dont les deux survivants temporaires de Parquai Carts ont enregistré leur galette de douze titres. Ce qui compte, c’est ce qu’il y a dessus (et si vous voulez du son bien dégueulasse, vous écoutez le premier album du Velvet en mono).

Et la chose commence parfaitement. Lâché quelques semaines avant la sortie de l’opus, le simple Uncast Shadow Of A Southern Myth est grave cool. Comme l’a fait remarquer le patron du Canal Auditif c’est «très Pavement, [c’est] absolument génial». J’acquiesce de toutes mes forces. C’est étonnant comment un seul titre peut parfois doper le niveau d’un album. Pièce pilier, en conclusion et le plus long également Uncast Shadow est vraiment très bon et constitue à lui seul la raison pour laquelle vous devez vous jeter sur la discographie à la musique lascive, lo-fi et brutalement rock’n roll de Perquat Court.

J’aime bien Andrew Savage. Et j’aime bien Content Nausea. Andrew Savage est un type totalement angoissé. Il subit les tracas de la vie moderne et tente de les exprimer sur les paroles anxiogènes que composent Content Nausea. Une sorte de post OK Computer en fait. Si le malaise se succède, Savage et son flegme d’ado aux cheveux trop longs et trop bouclés en sont pour quelque chose. L’homme a une grande personnalité, un personnage, une voix. Il arrive à retranscrire tous ces éléments dans une musique plus tendue que jamais (le titre éponyme, Psycho Structures, Kevlar Walls…).

Sur la fin de Content Nausea, tu sais que si Andrew Savage te tend une bouteille de Jack Daniel’s et te propose de remonter dans tes souvenirs pour explorer tes spleens d’adolescents (que tu haïssais, mais dont tu es presque nostalgique), tu accepterais. En fait, Parcuai Kert est l’essence même du rock. Le groupe qui se fout totalement que personne ne retienne leur orthographe. Le groupe qui parle du malaise de la vie moderne avec la fougue d’un enfant de treize ans.

OK, intrinsèquement, Content Nausea est sans doute moins top que Sunbathing Animal. Plus répétitif, moins aventureux et efficace… N’empêche qu’avec un dilettantisme hors du commun, Andrew Savage est en train de construire un groupe référence d’une époque où toutes les oreilles sont tournées vers Brooklyn, les souvenirs idéalisés du rock et les converses cracra. Il y a même pas deux ans sortait Light Up Gold. Une tripotée de concerts, un maxi et deux albums plus tard, Parquet Courts a fait plus de chemin que les centaines de groupes qui émergent du bouillon New-Yorkais.

Ma note: 7/10

Parkay Quarts
Content Nausea
What’s Your Rupture?
34 minutes

parquetcourts.wordpress.com/

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